Résultats des Oscars 2013

Par E.D.

Voici le compte-rendu des Oscars pour ceux qui n’ont pas voulu se coucher à 4h du matin :

Vous avez bien fait de ne pas regarder jusqu’au bout car cette 85ème Cérémonie des Oscars était un peu longue, il faut le dire… Entre-coupée de pubs pour shampoings toutes les 10 minutes, c’est grâce à plusieurs tasses de café que nous avons tenu le coup.

En résume : Une soirée très chantante qui a rendu hommage aux comédies musicales, ce qui laissait présager la victoire des Misérables pour meilleur film… Mais double-surprise : c’est Michelle Obama qui a présenté l’oscar du Meilleur film et Argo qui l’a remporté ! Ben Affleck gagne ainsi la statuette pour la seconde fois depuis Will Hunting en 1997.

Autre surprise : Ang Lee remporte l’oscar du meilleur réalisateur pour L’Odyssée de Pi.

On s’y attendait :

– Daniel Day Lewis, toujours très classe et modeste, a raflé le milkshake du meilleur acteur. C’est Meryl Streep qui a remis cet oscar, le troisième dans cette catégorie pour Daniel Day Lewis. Il faut dire au passage que les deux acteurs vont très bien ensemble sur scène… Avis au directeurs de castings, à quand un film avec ces deux étoiles d’Hollywood ?

– Anne Hathaway a remporté l’oscar du meilleur second rôle pour sa performance de 10 minutes dans Les Misérables

– Toujours aussi subtile, la musique des Oscars s’est amplifiée lors des discours trop longs pour chasser de la scène les vainqueurs qui ont à peine eu le temps de remercier leur mère ou de souhaiter joyeux anniversaire à un cousin que nous ne connaissons pas. Petite touche d’humour, c’est la musique des Dents de la Mer qu’ils ont choisi pour le rôle ingrat de faire taire les vainqueurs.

La musique de John Williams a d’ailleurs servi de fond sonore pendant toute la Cérémonie, pour finir par perdre l’oscar avec Lincoln, puisque c’est L’odyssée de Pi qui l’a emporté pour meilleure bande-sonore.

Voici le reste des vainqueurs, et pour ceux qui veulent voir des photos des belles robes sur le Red Carpet… retrouvez-nous sur twitter @ViddyWellmovies

 

Meilleur film : Argo, produit par Ben Affleck, George Clooney et Grant Heslov


 

Meilleur réalisateur : Ang Lee pour L’odyssée de Pi

 

Meilleur acteur : Daniel Day Lewis pour Lincoln


 

Meilleur acteur dans un second rôle : Christoph Waltz pour Django Unchained

 

Meilleur actrice : Jennifer Lawrence, Happiness Therapy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Meilleure actrice dans un second rôle : Anne Hathaway, Les Misérables

 

Meilleur film étranger : Amour, Michael Haneke


 

Meilleur film d’animation : Rebelle, Mark Andrews

 

Meilleur scénario original : Django Unchained, Quentin Tarantino


Meilleur scénario adapté : Argo, Chris Terrio


 

Meilleurs décors : Rick Carter, Jim Erickson, Lincoln

 

Meilleur montage : William Goldenberg, Argo


Meilleur court-métrage d’animation : Paperman, de John Kahrs

http://youtu.be/f3WVAR1McO4

 

Meilleure Photographie : Claudio Mirando, L’odyssée de Pi

 

Meilleurs effets spéciaux : L’odyssée de Pi – Bill Westenhofer, Guillaume Rocheron, Erik De Boer, Donald Elliott


Meilleurs costumes : Jacqueline Durran, Anna Karenine

 

Meilleure coiffure et maquillage : Lisa Westcott and Julie Dartnell pour Les Misérables

 

Meilleur court-métrage : Curfew, de Shawn Christensen


Meilleur documentaire : Sugar Man

 

Meilleure Bande-sonore : Life of Pi, Mychael Danna

 

Meilleure musique originale : Skyfall. Adele, Paul Epworth (“Skyfall”)


Meilleur mixage de son : Les Misérables


Meilleur montage de son : Paul N.J. Ottosson, Zero Dark Thirty et Per Hallberg, Karen M. Baker Skyfall  ex-aequo !

 

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5 Mauvaises raisons d’aller voir Les Misérables

Par E.C


Pour l’air de chien battu d’Anne Hathaway :

Penser que l’actrice américaine va sans doute recevoir l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour son interprétation de Fantine laisse pantois… Même si l’on sait bien que la combinaison prostitution + perte de poids + mort tragique est idéale pour décrocher la statuette ! Les parodies pleuvent sur internet tant l’interprétation de la fameuse chanson « I Dreamed a Dream » est ridicule. Anne Hathaway a certes perdu du poids, s’est coupé les cheveux très courts, et pleure beaucoup (et trop). Mais son visage qui ne quitte pas une seconde un petit air de chien battu montre une interprétation bien faible et caricaturale du rôle légendaire de Fantine.

Pour admirer la nullité de la comédie musicale :

La musique de Claude-Michel Schönberg se révèle accablante… Trois mêmes accords la plupart du temps, ou bien des lignes mélodiques statiques pendant quinze minutes d’affilée… Au bout d’une heure de ce tintamarre, on a envie de se mettre à genoux pour supplier que ça s’arrête, en prenant l’air halluciné de Hugh Jackman (Jean Valjean) lorsqu’il s’interroge sur son existence (voir les nombreux « Who Am I ? » chantés dans les églises) ! Quant aux paroles en anglais de Herbert Kretzmer, elles sont consternantes. On se croirait dans le fameux sketch de Gad Elmaleh sur les comédies musicales. C’est du genre « Vivre dans un donjon, c’est difficile ». En voici quelques exemples : lorsque Valjean adopte Cosette, la petite fille lui demande subtilement « Will you be like a papa to me? » Notez l’utilisation délicate du français ! La palme revient au duo d’amour entre Marius et Cosette (à prononcer C’sette, apparemment) : Lui « I am lost » Elle « I am found »

Pour la « subtilité » de la mise en scène :

Une chose sûre, Tom Hooper aime le gros plan. Le très très gros plan. Si bien qu’il arrive à rendre tout le monde très moche. Au moins, il traite tous ses acteurs de manière égale ! De la sueur qui perle sur le front de Russell Crowe (Javert), au sourire illuminé de Eddie Redmayne (Marius), en passant par les grands yeux tristes d’Anne Hathaway (décidément, de cette expression on ne se remet pas). Hooper filme, il faut bien le dire, un peu n’importe comment. Certains plans sont plus qu’étranges, comme celui du début où l’on voit Valjean marcher péniblement dans ses chaînes de prisonnier. On a également A-DO-RÉ la représentation de la Révolution de 1832 : Les étendards sont élevés, (comme dans la Marseillaise), les révolutionnaires sont tous de jeunes hommes vigoureux, qui se dressent sur les barricades en entonnant leur chant incompréhensible de « Red – the blood of angry meeeen. Black – the dark of ages paaaaaast !!!». Et nous qui pensions naïvement qu’ils allaient chanter en utilisant les couleurs du drapeau français… Quelle déception !

Pour la représentation inoubliable de Javert :

C’est Russell Crowe qui interprète le célèbre ennemi de Jean Valjean. Le pauvre Russell, anciennement Gladiateur qui faisait plier l’Empire Romain, fait peine à voir. Lui aussi arbore un petit regard tristounet, parfois rageur lorsqu’il croise celui de Valjean. Des rimes étonnantes sont trouvées pour sonner avec le nom de Javert (« monsieur le maire », entre autres). Pour souligner l’ego surdimensionné du bonhomme, on le fait parler de lui-même à la troisième personne. Et pour montrer ses tendances auto-destructrices, on le voit régulièrement marcher au bord d’un balcon en face de Notre-Dame, au-dessus d’un précipice menaçant : la Seine. Comme ça on ne sera pas surpris si un jour il décide de sauter.

Pour écouter la non-voix de Hugh Jackman :

La question qui se pose régulièrement pendant les 2h30 de projection, c’est celle-ci : Comment, mais COMMENT, Hugh Jackman a-t-il pu faire carrière dans la comédie musicale ? À Melbourne ainsi que dans le West End, à Londres, Hugh Jackman était réputé pour ses talents musicaux. Mais ses vibratos sont plus qu’épouvantables, et vers la fin du film, on se demande comment ses poumons vont survivre ! Jackman semble persuadé qu’il possède de fortes capacités lorsqu’il n’a en fait aucune puissance vocale. Sans compter les fois où il chante faux. Arrive un moment où on voudrait lui dire d’arrêter pour respirer un bon coup, de peur de le voir s’effondrer à tout moment !

Vous l’avez donc compris, n’allez voir Les Misérables que si vous désirez rire un bon coup. En revanche, si vous pensez aller voir une adaptation du roman de Victor Hugo, passez vite votre chemin.

(Voir la bande-annonce)

Viddy Well !

 

 

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BAFTA 2013 : les résultats.

 

La cérémonie des BAFTA (l’Académie britannique des arts de la télévision et du cinéma) a eu lieu dimanche soir. En voici le palmarès, sans trop de surprises. Des résultats assez similaires à ceux des Golden Globes à l’exception du BAFTA de la meilleure actrice, accordé à Emmanuelle Riva à l’hommage pour son rôle dans Amour !

Une bonne année également pour Ben Affleck qui remporte encore une fois la récompense de Meilleur film avec Argo.

Meilleur film : Argo.

Meilleur film britannique : Skyfall.

Meilleur film étranger: Amour.

Meilleur documentaire: Sugar Man.

Meilleur réalisateur : Ben Affleck pour Argo.

Meilleur acteur : Daniel Day-Lewis, Lincoln.

Meilleure actrice : Emmanuelle Riva, Amour.

Meilleure actrice dans un second rôle : Anne Hathaway, Les Misérables.

Meilleur acteur dans un second rôle : Christopher Waltz, Django Unchained.

Meilleur espoir : Juno Temple.

Meilleur scénario original : Django Unchained.

Meilleur scénario adapté : Happiness Therapy.

Meilleure musique originale : Skyfall.

Meilleur film d’animation : Rebelle.

Meilleurs effets spéciaux : L’Odyssée de Pi.

Meilleurs costumes : Anna Karenine.

Meilleur montage : Argo.

Quand au BAFTA de la robe la plus “flashy”: ils n’ont pas su départager.

Viddy Well !

E..D.

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Les vraies stars de Psychose

Par E.C

Oubliez vite Scarlett Johansson et Jessica Biel, James D’Arcy et Josh Yeo, les quatre acteurs interprétant les personnages principaux de Psychose dans le médiocre Hitchcock de Sasha Gervasi. Ces interprétations seront vite oubliées lorsque celles des vraies stars de Psychose font à jamais partie de l’Histoire du cinéma. Voici donc quatre portraits des acteurs légendaires qui ont fait de Psychose (1960) le chef-d’œuvre que l’on sait.

JANET LEIGH est Marion Crane


Celle qui fut l’épouse de Tony Curtis est, à tort, aujourd’hui un peu oubliée. Et pourtant, en 1960, lorsque Psychose sort dans les salles, Janet Leigh est une star. Quel choc donc pour les spectateurs de l’époque que de voir la tête d’affiche du film se faire massacrer au bout de 45 minutes de film ! Ce retournement est resté, comme chacun sait, dans l’histoire du cinéma comme une énième marque du génie d’Hitchcock. Et imprima le nom de Janet Leigh dans la mémoire collective.

Le visage doux et romantique de la jeune actrice la fit débuter dans des rôles apparemment peu intéressants. Mais le caractère bien trempé de la jeune femme et son intelligence lui permirent de s’affirmer, de donner du relief à des personnages communs. Voyez-la donc interpréter Meg, l’aînée des Quatre filles du Docteur March (1949), aux côtés d’Elizabeth Taylor. Rôle vaguement ennuyeux et fade que Miss Leigh s’empresse de pimenter avec ses moues boudeuses et sa vivacité.  Même lorsqu’elle joue des rôles de princesses délicates, elle se démarque des autres starlettes, masquant derrière son air ingénu des qualités manipulatrices dans le fabuleux Scaramouche (qui fera d’elle une star en 1952) ou dans Les Vikings (1958), aux côtés de son mari de l’époque Tony Curtis.

Janet Leigh dans L'Appât

Admirez aussi l’énergie qu’elle dégage dans des comédies musicales comme dans Ma sœur est du tonnerre (1955). Mais Janet Leigh c’est aussi de grands rôles tragiques, comme dans L’Appât d’Anthony Mann (1953), où elle partage l’affiche avec James Stewart ou La Soif du mal d’Orson Welles (1958), aux côtés de Charlton Heston. En 1960, elle devient une blonde hitchcockienne de plus, mais restera comme la seule à connaître un sort aussi tragique.

 

ANTHONY PERKINS est Norman Bates

Le problème d’Anthony Perkins est d’être resté à jamais dans l’esprit du grand public comme Norman Bates. Ses qualités extraordinaires auraient pu le mener à faire une grande carrière si Norman Bates n’avait été LE rôle de sa vie. Hanté à jamais par ce schizophrène, tueur de jolies femmes, ayant pour seule compagnie la momie de sa maman, Perkins se perdit dans les suites de Psychose (II, III, IV). Et pourtant, rien ne semblait le destiner à jouer un aussi vilain bonhomme. Car c’est en jeune premier que Perkins débute avec son physique romantique et féminin, comme dans Vertes demeures (1959), aux côtés d’Audrey Hepburn. Là où son corps fin et élancé lui donnait une allure de prince charmant en 1959, ce même corps lui donne un air inquiétant l’année d’après. Quels frissons lors de son monologue intérieur, avec ce sourire figé, la voix transformée en celle de sa mère, dans la dernière scène de Psychose !

La transformation de Norman Bates

Perkins fit bien un autre chef d’œuvre après le film d’Hitchcock, lorsqu’il tourna Le Procès d’Orson Welles (1962). Là aussi, Welles utilise le corps anguleux et torturé de l’acteur pour en faire Joseph K., coupable idéal d’on ne sait quel crime dans cette adaptation magistrale du roman de Franz Kafka. Accompagné d’une ribambelle de grandes actrices (Jeanne Moreau, Romy Schneider, Elsa Martinelli, Suzanne Flon), Anthony Perkins livre une interprétation grandiose. Comme dans Psychose, la fin du Procès vous laissera scotché à votre siège, terrifié par tant de grandeur et de force venant d’une personne à l’aspect si fragile.

Jeanne Moreau et Anthony Perkins dans Le Procès

 

VERA MILES est Lila Crane

Sans doute la moins attrayante des quatre stars du film, Vera Miles était pourtant une des petites favorites du grand Hitchcock. Elle tourna avec lui dans Le Faux coupable en 1956, et Hitchcock la voulait pour Sueurs Froides (1958), mais l’actrice, enceinte, ne put tenir (fort heureusement) le rôle. Car Vera Miles ne possédait pas, semble-t-il, le talent ou les atouts nécessaires pour devenir une grande star. Même dans Psychose, elle est cantonnée au rôle un peu ingrat de la sœur de Marion.

 

Vera Miles dans Psychose

Techniquement, c’est elle qui devient l’héroïne du film dans la deuxième partie, car c’est elle qui cherche à découvrir la vérité. Et pourtant, le spectateur restera plus attaché à Norman Bates… Elle sera d’ailleurs souvent cantonnée à des seconds rôles dans des grands westerns, comme dans La Prisonnière du désert (1956), ou L’Homme qui tua Liberty Valance (1962). À l’instar de son rôle dans Psychose, l’actrice resta à jamais dans l’ombre des autres, personnage important mais second, jamais au premier plan. Faites-y pourtant attention, car les seconds rôles sont souvent bien plus difficiles à tenir que les premiers !

 

James Stewart et Vera Miles dans L'homme qui tua Liberty Valance

 

JOHN GAVIN est Sam Loomis

Alfred Hitchcock le surnommait « The Stiff » (« le raide »), c’est dire si le réalisateur avait peu d’estime pour son acteur. Il faut dire que le rôle de Sam Loomis, amant de Marion Crane dans Psychose, ne fait pas éclater son talent. Face à Norman Bates, Sam Loomis ne doit être rien d’autre qu’une incarnation de la virilité pure. D’ailleurs, personne ne prête vraiment attention à l’acteur puisque tous les feux sont braqués sur Anthony Perkins.

John Gavin dans Psychose

C’est avec un autre génie, celui du mélodrame, que John Gavin va faire ses preuves. En 1958, quelques années avant Psychose, Gavin tourne dans ce qui sera le plus beau film de Douglas Sirk : Le temps d’aimer et le temps de mourir (1958). Plein de charme, John Gavin y fait preuve d’une sensibilité de jeu étonnante, et forme un couple romantique à souhait avec la jeune Liselotte Pulver. L’année suivante, il tourne à nouveau avec Sirk dans le très beau Mirage de la vie (1959). En 1960, il tourne Spartacus sous la direction de Stanley Kubrick, pour qui il interprète Jules César. En quelques années, John Gavin tourna donc avec les plus grands du cinéma ! Ami de Ronald Reagan, celui-ci le nommera ambassadeur à Mexico en 1981.

Le Temps d'aimer et le Temps de mourir

 

Inutile de se déplacer pour voir un faux making-of de Psychose à la piètre mise en scène. Mieux vaut voir et revoir Psychose, afin d’en admirer toutes les subtilités, et de profiter de ces quatre grands acteurs du cinéma !

Viddy Well !

 

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