TOP 10 2012

Par E.C

Faire une liste des meilleurs films de l’année paraît très arbitraire. On en oublie toujours, et puis classer dans un ordre des films si différents les uns des autres paraît toujours un peu absurde. Le classement que vous allez lire est donc un classement où l’ordre choisi n’a pas grande importance. Selon moi, ces dix films sont les dix films qu’il ne fallait pas rater cette année. On y trouve des réalisateurs affirmés, des petits nouveaux, et des cinéastes moins connus. Décider parmi les trois premiers titres qui obtiendrait la première place fut très difficile. C’est à celui qui mérite une reconnaissance plus large que j’ai accordé la première place.

TOP 10 DES FILMS 2012

 

 

 

  1. The Deep Blue Sea, Terence Davies.
  2. Cosmopolis, David Cronenberg
  3. Amour, Michael Haneke
  4. I Wish –  nos voeux secrets, Kore-Eda Hirokazu
  5. Frankenweenie, Tim Burton
  6. Moonrise Kingdom, Wes Anderson
  7. Camille redouble, Noémie Lvovsky
  8. Laurence Anyways, Xavier Dolan
  9. Vous n’avez encore rien vu, Alain Resnais
  10. Martha Marcy May Marlene, Sean Durkin

 

Soulignons les extraordinaires performances de quelques acteurs de ces films:

Rachel Weisz qui offre à Terence Davies sa beauté tragique et livre sa meilleure performance.

La prestation époustouflante de Melvil Poupaud dans Laurence Anyways

L’incroyable Noémie Lvovsky: actrice fascinante et réalisatrice sensible.

Et des couples d’acteurs: les déchirants Emmanuelle Riva (qu’ils feraient bien de nominer à l’Oscar!) et Jean-Louis Trintignant ; Sabine Azéma et Pierre Arditi, les plus émouvants Orphée et Eurydice qu’il nous ait été donné de voir.

TOP 10 des films qu’on attend le plus en 2013

1. The Master, Paul Thomas Anderson. Deux grands retours: celui du génie qui a signé There Will Be Blood, et du phoenix Joaquin rené de ses cendres. (voir la bande-annonce)

1bis. Nightingale, (ou Low Life) James Gray. On pensait ce film prêt bien avant, mais il semble que James Gray souhaite tenter à nouveau le festival de Cannes 2013 pour son premier film en costumes. C’est aussi le retour de Joaquin Phoenix, qui retrouve pour la quatrième fois son réalisateur fétiche !

2. Zero Dark Thrity, Kathryn Bigelow. LE premier grand film sur l’après 11 septembre, qui raconte la chasse de Ben Laden. Le film fait en ce moment scandale aux USA, et on ne serait pas surpris que Bigelow remporte un prix important aux Oscars. (voir la bande-annonce)

3. Happiness Therapy (Silver Linings Playbook), David O’Russell. Seul film de la liste que l’on ait vu. Et je vous garantis que cela en vaut la peine. Russell explore avec délicatesse et humour le thème de la folie ordinaire. (voir la bande-annonce)

4. Django Unchained, Quentin Tarantino. Serait-ce le premier “vrai” film sur l’esclavage ? Pour la première fois, Tarantino confère un sens politique à son film. Mais rassurez-vous, son humour et son goût de la peinture sanguinaire sont toujours bien présents. (voir la bande-annonce)

5. Lincoln, Steven Spielberg. Daniel Day-Lewis en Lincoln. Voilà qui suffit à nous allécher ! (voir la bande-annonce)

6. Night Moves, Kelly Reichardt. Après avoir signé trois grands films (Old Joy, Wendy and Lucy, La dernière piste), notre petite favorite revient avec un drame alléchant sur un groupe d’éco-terroristes.

7. Side Effects, Steven Soderbergh. On espère bien que ce film là sera le grand retour de Soderbergh (qui s’était égaré dans l’univers du strip-tease masculin…). On attend également beaucoup de Rooney Mara, actrice absolument fascinante qui devrait mener une grande carrière. (voir la bande-annonce)

8. To the Wonder, Terrence Malick. Pourquoi des fans absolus de Malick attendent-ils avec si peu d’impatience son prochain film ? C’est que To the Wonder nous inquiète. Les critiques à Venise ont été bien mauvaises, et la frénésie avec laquelle Malick tourne en ce moment nous fait peur… Quant à la bande-annonce, elle semble être une pâle réplique au génial Tree of Life. (voir la bande-annonce)

9. Stoker, Park Chan-wook. Le film où l’on a hâte d’avoir peur !!!! Et Mia Wasikowska ajoute toujours un critère de qualité à ce qu’elle entreprend. (voir notre analyse de la bande-annonce)

10. Les Misérables, Tom Hooper. Celui là, on vous le dit, c’est vraiment pour rire. Rire parce que le bombardement médiatique américain nous laisse présager le pire. Rire tant la musique est mauvaise. Rire tant les extraits diffusés montrent une réalisation catastrophique. Rire quand on se rend compte que peut-être le réalisateur n’a pas compris qu’il ne s’agissait pas de la révolution de 1789. Et rire (jaune) devant le massacre de ce chef d’oeuvre de la littérature française. (voir la bande-annonce)

Et vous, quel film attendez-vous en 2013 ?

Viddy Well !

 

 

 

lire le billet

10 films qui auraient pu être bien différents !

Par E.C

L’Odyssée de Pi, d’Ang Lee (sortie le 19 décembre) aurait pu être réalisé par M. Night Shyamalan. Avant d’atterrir chez Ang Lee, le projet était déjà passé entre les mains d’Alfonso Cuaron et de Jean-Pierre Jeunet. Inutile de dire que, signé par un autre réalisateur, cette adaptation du best-seller de Yann Martel aurait été toute différente. Or c’est un classique hollywoodien que ce jeu de chaises musicales. Retour sur ces films qui auraient pu être si différents…

1. À L’EST D’EDEN (East of Eden), Elia Kazan, 1955.

Marlon Brando

Montgomery Clift

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Difficile de dissocier le chef-d’œuvre de Kazan de James Dean, l’idole des jeunes que cette adaptation de Steinbeck a révélé. Mais au départ, Kazan réservait le rôle à son acteur fétiche, sa découverte d’ « Un Tramway nommé Désir », son interprète de « Viva Zapata ! » et de « Sur les quais »… Marlon Brando ! Brando – sans doute trop âgé pour le rôle (il avait 7 ans de plus que Dean) aurait donc joué Cal, l’adolescent écorché vif, face à Montgomery Clift, auquel Kazan voulait confier le rôle du « bon frère », celui que le père aime sans réserve, Aron (finalement joué par Richard Davalos). Etonnant, non ? Entre Brando et Clift, il aurait été bien difficile de prendre le parti de Cal au détriment d’Aron! Mais Kazan se rend compte que Brando et Clift, qui ont la trentaine, sont trop âgés pour les rôles. Il auditionne donc de plus jeunes acteurs pour son Eden et songe un temps à engager Paul Newman. Ironie du sort, c’est Newman qui héritera de la plupart des rôles destinés à James Dean, après sa mort soudaine.

à voir: le screentest de Newman et Dean

2. SUEURS FROIDES (Vertigo), Alfred Hitchcock, 1958.

Tout comme Kazan ne jure que par Brando, Hitchcock lui ne veut que Grace Kelly. Mais Rainier le monégasque, mari de la star, refuse qu’elle revienne au cinéma, même si sa princesse d’épouse en meurt d’envie… Le grand Hitch commence par proposer le rôle à Vera Miles, qui jouera la sœur de Janet Leigh dans  Psychose (1960). Mais l’actrice tombe enceinte. Entre en scène Kim Novak, sublime star sensuelle des fifties… Hitchcock ne cessera d’affirmer par la suite qu’il n’aime pas la performance de son actrice principale. Grosse erreur de jugement ! Car on a bien peine à imaginer quelqu’un d’autre que Novak dans le rôle double de Madeleine-Judy. Novak possède la grâce nécessaire au rôle de la blonde Madeleine et la vulgarité de la rousse Judy. Et puis quand on voit James Stewart choisir les vêtements, la teinte de cheveux, et le vernis à ongles de Judy pour la transformer en Madeleine, c’est Hitchcock que l’on voit en filigrane métamorphoser Kim Novak en Grace Kelly, son idéal absolu.

Grace Kelly

Kim Novak

 

 

 

 

 

 

 

 

3. DIAMANTS SUR CANAPÉ (Breakfast at Tiffany’s), Blake Edwards, 1961.

Ce classique très surestimé tire son prestige de la vision d’une Audrey Hepburn icône de mode,  au pic de sa classe. Or la nouvelle avait été écrite par Truman Capote pour Marilyn Monroe… De fait, on imagine bien plus la voluptueuse Monroe que l’aristocratique Hepburn dans l’univers de Capote avec ses sous-entendus (sur la bisexualité de l’héroïne) et son héroïne assoiffée d’argent ! Marilyn devait donc incarner la charmante Holly Golightly, avec pour réalisateur John Frankenheimer. Mais sur les conseils de Lee Strasberg, directeur de l’Actor’s Studio et maître à penser de la star, Marilyn finit par lâcher le projet. Hepburn entre alors en scène et n’ayant jamais entendu parlé de Frankenheimer, demande un réalisateur plus connu… Ce sera Blake Edwards.

Marilyn Monroe et Truman Capote

4. CLÉOPÂTRE (Cleopatra), Joseph L. Mankiewicz, 1963

Inutile de présenter ce chef d’œuvre incomparable sur le tournage duquel Elizabeth Taylor rencontra Richard Burton. Et pourtant, cet œuvre magistrale faillit bien ne jamais voir le jour! Le tournage de Cléopâtre commence en effet sous la direction de Rouben Mamoulian – metteur en scène de la vieille école MGM, spécialiste des films de Greta Garbo. Le casting ? Elizabeth Taylor en Cléopâtre, Peter Finch en Jules César et Stephen Boyd (le Messala de Ben Hur) en Marc Antoine. Peu de temps après le début du tournage, Taylor tombe gravement malade, ce qui interrompt la production. Mamoulian démissionne en 1961. C’est à la grande Liz qu’on doit l’idée géniale de confier le péplum à Joseph L. Mankiewicz, son réalisateur de Soudain l’été dernier. Le changement d’emploi du temps est tel que les deux acteurs masculins, sous contrat pour d’autres projets, doivent quitter le film. Rex Harrisson remplace Finch, et Richard Burton, Boyd. C’est ainsi donc que Cléopâtre devient Cléopâtre, que Liz et Rich commencent leur immortelle histoire d’amour, et que Mankiewicz, quoiqu’en disent les critiques de l’époque, signe l’un de ses plus grands films.

Peter Finch

Stephen Boyd

 

5. RAPHAËL, OU LE DÉBAUCHÉ, Michel Deville, 1971.

Ceux qui aiment ce film méconnu, un véritable bijou, identifient à jamais Maurice Ronet et Françoise Fabian à leurs personnages romantiques et désespérés, Raphaël de Loris et Aurore de Cherois. Pourtant, Michel Deville et sa co-scénariste Nina Companeez avaient écrit pour un couple tout différent : Alain Delon et Catherine Deneuve. Perspective alléchante mais qui aurait sans doute nui au film. Dans leur seule confrontation au cinéma – « Un flic » (1972) – les deux géants du cinéma français ne montrent pas une vraie alchimie. Et loin d’avoir le physique angélique d’un Delon, Ronet a une poésie grave et sombre, un visage hanté par une blessure intime, qui conviennent bien mieux au caractère autodestructeur de Raphaël. À la brutalité poétique de Ronet, Fabian répond avec une délicatesse et un art du sacrifice que l’on est loin d’oublier…

Alain Delon et Catherine Deneuve dans "Un flic"

Maurice Ronet et Françoise Fabian

 

6. INDIANA JONES, Les aventuriers de l’arche perdue (Raiders of the Lost Ark), Steven Spielberg, 1981.

Difficile d’imaginer un autre qu’Harrison Ford pour le légendaire Indiana, dites-vous ? On est bien d’accord… Et pourtant, si Ford était bien le premier choix de Spielberg, son producteur, George Lucas, n’en voulait pas. Et quel heureux élu aurait pris sa place ? Tom Selleck ! Indiana Jones aurait sans doute perdu toute crédibilité en gagnant une moustache… mais on aurait bien ri !

Tom Selleck

7. LE PARRAIN 3, (The Godfather : Part 3), Francis Ford Coppola, 1990.

Le rôle-clef du Parrain 3, l’histoire de la rédemption impossible de Michael Corleone (Al Pacino), c’est Mary, la fille du mafieux le plus célèbre de l’histoire du cinéma. Dès le départ, Coppola choisit la toute jeune Winona Ryder, alors star absolue des nouvelles actrices. Elle a tout : le physique d’une Italo-américaine, avec sa chevelure et ses yeux de jais, et une sensibilité frémissante qui devrait faire merveille. Sauf que l’actrice tombe gravement malade – une dépression dont elle parlera par la suite – dans l’avion qui l’amène à Rome où doit se tourner le film. Coppola décide alors d’engager sa fille Sofia, 19 ans, future réalisatrice à succès. Après tout, le bébé que l’on baptise à la fin du premier Parrain, c’est elle. A la sortie, c’est un déchaînement de haine tant Sofia – qui n’a pas le physique idéal de Winona – paraît malhabile. Pourtant, son malaise évident apporte une touche intéressante au personnage… Mais que ne donnerait-on pas pour voir une version alternative, avec  Winona la magnifique aux côtés de Pacino !

Winona Ryder

Sofia Coppola dans "Le Parrain 3"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8. In Burtonland : BATMAN LE DÉFI (Batman Returns), Tim Burton, 1992 et MARY REILLY, Stephen Frears, 1996.

Annette Bening, actrice phare de la fin des années 1980, est le premier choix de Tim Burton pour le rôle crucial de Catwoman… Une grossesse l’oblige à renoncer. Tant mieux : personne n’aurait pu – ni ne pourra – être une meilleure Catwoman que la féline Michelle Pfeiffer.

Annette Bening

Michelle Pfeiffer en Catwoman

 

Mary Reilly, réécriture de Docteur Jekyll et Mr Hyde,  est au départ un projet Burton, avec Winona Ryder dans le rôle-titre, celui d’une servante embringuée dans la sombre métamorphose de son patron. On imagine déjà les rues glauques de Londres, le brouillard épais, et l’atmosphère sanguinolente. Malheureusement le studio veut imposer Julia Roberts au cinéaste. Il refuse, et c’est l’Anglais Stephen Frears qui s’y colle. Résultat : un film intéressant mais gâché par une fin vraiment ridicule.

Julia Roberts dans “Mary Reilly”

9. TITANIC, James Cameron, 1997.

Que serait-il advenu de ce film épique si James Cameron avait obtenu son premier choix, à savoir Gwyneth Paltrow ? Les noms masculins qui circulaient n’étaient guère plus satisfaisants, allant de Billy Crudup à Matthew McConaughey… No comment !

Gwyneth Paltrow

10. SHUTTER ISLAND, Martin Scorsese, 2010.

Du roman éponyme de Dennis Lehane, Martin Scorsese a tiré un chef-d’œuvre. Mais le projet a longtemps circulé entre les mains de divers réalisateurs avant d’arriver chez Scorsese. D’abord confié au pire, à savoir Wolfgang Petersen, pour aller vers le meilleur, Roman Polanski. Ce dernier en garde le souvenir jusqu’à son Ghostwriter qui s’ouvre sur un plan de ferry dans les brumes identique au premier plan de Shutter Island… Le grand cinéaste de la paranoïa justifiée aurait sans doute livré une interprétation différente de celle de Scorsese, centrée sur la folie. Mais on ne regrette rien tant le film de Scorsese est beau, et fidèle à l’œuvre de Lehane. D’autant que le plan final est d’une beauté bouleversante…

Roman Polanski

 

Leonardo DiCaprio dans "Shutter Island"

 

 

 

 

 

 

 

 

Viddy Well !

 

 

 

lire le billet

Le Cirque du Soleil au cinéma : Bande-annonce de “Worlds Away”

Par E.D.

Voilà près de deux ans que Le Cirque du Soleil a élu comme chapiteau le Dolby Theater, à Los Angeles, théâtre dans lequel a lieu chaque année la Cérémonie des Oscars. Après avoir signé un contrat de 10 ans, le Cirque de Soleil se produit sur les mêmes planches foulées par les plus grandes stars de cinéma. Pour l’occasion, la scène du théâtre se transforme, trapèzes et câbles d’équilibristes sont démontés pour laisser place au frou-frous des robes glamourisantes des étoiles d’Hollywood. Cirque et cinéma se partagent donc la scène la plus célèbre et médiatisée du show-business depuis plusieurs mois. L’année dernière, vous vous en souvenez peut-être, le Cirque du Soleil avait d’ailleurs participé à l’ouverture de la Cérémonie des Oscars avec une performance sur le thème du cinéma :

Mais leur collaboration de s’arrête pas là. De la scène des Oscars au grand écran, le pas à franchir était moindre et voilà qu’à Noël, le film Worlds Away avec la troupe du Cirque du Soleil, sortira au cinéma. Au programme, show féérique et poudre de perlimpinpin, un genre qui marche toujours mieux à Noël qu’au mois d’Août… et surtout, mise en ambiance pour les Oscars, car le nom « Cirque du Soleil » est maintenant associé au Dolby Theater, lui même indissociable de celui des Oscars. Voilà encore une sortie ciblée pour la période des fêtes, nous l’avons bien compris, entre Lincoln et Anna Karenina sortis pour Thanksgiving, et Les Misérables le jour de Noël, ces films font bel et bien partie de la course aux fameuses statuettes. Quant à Worlds Away, il lance la saison du cirque du tapis rouge en rappelant à tout ceux qui ne l’auraient pas encore compris : les Oscars approchent à grands pas.

Pour rendre le show plus spectaculaire, rajoutons la 3D, en prenant soin d’associer à la bande-annonce le nom du maître absolu de la 3D depuis la sortie d’Avatar : James Cameron, qui produit également ce film réalisé par Andrew Adamson (ShrekLe Monde de Narnia).

Sortie du film en France encore inconnue…

En attendant, en voici  la bande-annonce prometteuse.

 

lire le billet