ANGE OU DÉMON : le duel Aniston-Jolie

C’est avec un « Bientôt mariés ! » unanime que les magazines people se réjouissent : Jen, petite fiancée de l’Amérique depuis une quinzaine d’années, a enfin trouvé l’amour ! Le vrai cette fois-ci, affirment-ils. L’actrice de 43 ans va épouser Justin Theroux (acteur-scénariste-producteur-réalisateur) sept ans après son divorce ultra-médiatisé d’avec Brad Pitt. Et cela fait sept ans que la presse people s’évertue à opposer Jennifer Aniston à Angelina Jolie, faisant des deux actrices des ennemies mortelles : c’est Jen vs Angie, à vous de choisir votre camp. Angelina Jolie nous est présentée comme la briseuse de ménage par excellence. Manipulatrice, calculatrice, ce n’est autre que le démon de la chair, Eve incarnée, qui a attiré Brad dans ses filets, comme un aimant semble-t-il, sans que ce dernier ait son mot à dire… Ce phénomène d’opposition entre l’épouse fidèle et bafouée, véritable ange du foyer, et l’affreuse tentatrice est bien loin d’être nouveau particulièrement aux Etats-Unis. Les magazines américains ont de tous temps pris le parti de celle considérée par l’œil public comme « pure » contre celui des maîtresses en occultant totalement le rôle joué par l’homme. On l’a vu récemment avec le cas Stewart-Pattinson-Sanders. Tout ça c’était bien la faute de Kristen, le pauvre Rupert n’a fait que céder… Depuis Adam on le sait, l’homme est faible et ne peut résister à la tentation. Avant lui, Brad était aussi sans défense face à la séduction destructrice d’Angie…

Ce qui est curieux pourtant, c’est l’hypocrisie avec laquelle la presse people prend (ou non) le parti de ces femmes. Ces magazines cataloguent les actrices ou autres célébrités dans un rôle précis. Jennifer Aniston sera à jamais la Rachel de Friends, celle pour qui les Américaines ont espéré un happy-end pendant les dix ans de la série, s’identifiant à cette jeune femme jusqu’à en copier la moindre coupe de cheveux. Jennifer Aniston n’a depuis jamais été détrônée de son statut de « petite fiancée de l’Amérique ». Tout le pays  est en émoi lorsque la jeune actrice, simple « girl next door », réalise son « conte de fées » en épousant Brad Pitt, sex-symbol américain par excellence. Et à en croire les commentaires, si cette jolie sorcière ne s’était pas pointée, le mariage Pitt-Aniston serait encore d’actualité. Ainsi naît le combat Madone vs Eve, Ange vs Démon. Combat qui ne date pas d’aujourd’hui…

CATÉGORIE MADONE

Perçues par le grand public comme des femmes pures et innocentes surtout grâce à leur physique, de grandes actrices comme Grace Kelly ou encore Audrey Hepburn avaient beau êtres adorées du public, leurs mœurs n’avaient pourtant rien pour susciter l’admiration d’une Amérique ultra-puritaine. Grace Kelly pendant sa carrière hollywoodienne avait pour habitude de séduire tous ses partenaires masculins (à l’exception de James Stewart, dit-on). Mais la beauté froide qu’était Grace Kelly, avec son teint pâle et sa blondeur virginale, en faisait l’incarnation de la pureté et de l’innocence : une beauté aussi céleste ne pouvait faire d’elle qu’un ange. Et pourtant, l’actrice était bien plus séductrice que la Lisa de Fenêtre sur cour ou encore de Amy, l’épouse angélique du Train sifflera trois fois. Dans Mogambo, son personnage est opposé à la sensualité sans bornes d’Ava Gardner et c’est bien contre son gré que son personnage succombe à un Clark Gable irrésistible. Mais la belle n’ira pas plus loin qu’un baiser, et restera fidèle à son époux. Tout est bien qui finit bien ! C’est donc à sa beauté que Grace Kelly doit de ne pas s’être attirée les foudres du public, ce qui lui permit de conserver son image de femme pure et intègre. Autre image de la perfection faite femme : Audrey Hepburn. Cette dernière, au charme incomparable, eut pourtant plusieurs liaisons avec des hommes mariés. L’actrice vécut une célèbre romance avec William Holden, son partenaire dans Sabrina et Deux têtes folles, pourtant bien casé. Mais voilà, Grace Kelly, Audrey Hepburn, comme Jennifer Aniston aujourd’hui (précisons en passant que la filmographie de cette dernière est loin d’égaler celles des deux actrices précédentes) n’avaient pas un sex-appeal évident. Jamais celles-ci n’entraient dans la catégorie de ces actrices connues pour leur volupté ou pouvoir de séduction.

LES TENTATRICES

Marilyn Monroe, Ava Gardner, Lana Turner… On le voit bien à leurs filmographies, ces sex-symbols obtenaient au cinéma d’autres genres de rôles… Femmes fatales, prostituées… Elles étaient loin d’avoir des rôles d’épouses bien sages ! Lorsque la liaison d’Ingrid Bergman avec Roberto Rossellini fut connue, l’enfer s’abattit sur l’actrice. Ostracisée par Hollywood, le Congrès alla même jusqu’à fustiger cette relation immorale. Elizabeth Taylor, elle aussi, en fit largement les frais lorsqu’elle « débaucha » Eddie Fisher, marié à la petite fiancée de l’Amérique de l’époque, Debbie Reynolds. La grande Liz fut victime des pires accusations dans la presse people. Mais ces attaques n’étaient rien comparées à celles que la même Liz Taylor allait endurer quelques années plus tard lorsqu’elle entama sa liaison passionnelle avec Richard Burton sur le tournage de Cléopâtre. Rejetée par les Etats-Unis pour ses mœurs impardonnables aux yeux des puritains, critiquée par le Vatican, Liz fut longtemps l’incarnation de la tentatrice absolue. Qui, en effet, pouvait résister à ces fameux yeux violets ? On voit bien là toute l’hypocrisie de la société : on adulait Liz comme sex-symbol au cinéma mais il fallait l’agonir d’injures lorsque ces mêmes atouts s’exerçaient dans la réalité. Double hypocrisie d’ailleurs, puisque le mariage soi-disant harmonieux du couple Fisher-Reynolds était en réalité un arrangement trouvé par les studios. C’est bien le même phénomène que l’on retrouve aujourd’hui. N’est-ce pas son physique ouvertement sensuel que les médias reprochent à Angelina Jolie ? La presse people semble en effet obsédée par la vie sexuelle de la star à qui l’on prête mille amants et mille vices cachés. Et n’est-ce pas la vue de ces photos trop intimes qui ont choqué les américains dans l’affaire Pattinson-Stewart-Sanders ? Voir la virginale Bella de Twilight se révéler en jeune femme sûre de sa séduction dans les bras d’un homme marié, en voilà trop !

Angelina Jolie conserve aujourd’hui sa réputation de séductrice malfaisante alors qu’elle est maintenant en couple depuis pas mal d’années et mère de six enfants. En revanche, que Jennifer ait trouvé l’amour en séduisant un homme qui était pourtant en couple depuis plusieurs années (sans être marié, peut-être est-ce là toute la différence ?) n’a pas bouleversé les foules. Il faut dire que cette fois l’autre femme était une inconnue du grand public. On n’a donc que faire visiblement des non « people »…

Il est franchement agaçant de voir avec quelle hypocrisie on oppose ces femmes entre elles en les catégorisant, comme si leur physique les prédestinait à un rôle spécifique. La presse people a cette fâcheuse habitude de cataloguer les actrices comme des objets sur une étagère, oubliant le caractère humain de ces histoires de couples. Il serait bon de lire, un de ces jours, un article sur Jennifer Aniston qui ne reviendrait pas sur l’affaire Jolie-Pitt. Car comme le disait Billy Wilder : « Personne n’est parfait ! »

Viddy Well !

E.C

lire le billet

TRUE ROMANCE, le meilleur film dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler.

Réalisateurs et producteurs, Tony Scott et son frère Ridley Scott ont fondé la prolifique maison de production Scott Free Productions. Celui qui est présenté partout comme «le réalisateur de Top Gun», s’était plutôt dédié à la production télévisuelle ces dernières années, avec un grand nombre de projets actuellement en cours de post-production.

Ceci n’est pas tant un hommage à Tony Scott qu’à un de ses films postérieur à Top Gun (1989) et généralement moins connu du public : True Romance, sorti en 1993. Film hybride qui mélange les genres ; à la fois road trip movie, film d’action, romantique, dramatique, drôle, au casting hallucinant, True Romance a tout pour plaire, et pourtant, il n’est pas rare d’entendre suite à «Tu connais pas True Romance ?», la désolante réponse : «Non… C’est quoi ce film ?»

L’histoire

Clarence (Christian Slater) travaille dans un magasin de B.D. dans la ville industriellement déprimente de Detroit. Il rencontre Alabama (Patricia Arquette), une call-girl débutante. Les deux se marient et prennent la fuite vers Hollywood pour revendre une malette de drogue appartenant au mac d’Alabama (l’excellent Gary Oldman).

Casting

Difficile de réunir un casting plus complet avec le budget de l’époque : on y retrouve Christian Slater en arnaqueur amateur, Patricia Arquette en call-girl, Brad Pitt à ses débuts en Big Lebowski ou fumeur de cannabis invétéré glué au canapé, Gary Oldman en mac avec des dreadlocks (un look étrangement précurseur de celui de Johnny Depp dans Pirates des Caraïbes), Christopher Walken en Sicilien Scorsesien, Michael Rapaport en acteur raté et bien d’autres dont Dennis Hopper, Val Kilmer et Samuel L. Jackson…

Le scénario

Alors employé dans un vidéoclub de L.A..,  Roger Avary écrit la trame initiale du scénario, une première base qui a besoin d’être retravaillée. Il demande à un ami et collègue dans le même vidéoclub, un certain Quentin Tarantino alors inconnu du public, de ré-écrire le projet. Tarantino s’éxécute et signe son premier scénario de long-métrage en lui donnant une fin tragique à la Bonnie & Clyde, avec l’intention de réaliser le film. Le scénario est vendu au plus bas du marché, Tarantino se retire du projet pour se consacrer à la réalisation de Reservoir Dogs qu’il a écrit entre-temps, mais insiste pour que sa fin soit gardée.

Tony Scott prend connaissance du projet et souhaite le réaliser ; il demande à Avary de transformer la fin en happy end et de ré-écrire le film de manière linéaire ; Tarantino lui avait donné une forme non-chronologique à la Pulp Fiction. Les deux fins sont tournées, mais Tony Scott hésite encore. Trop attaché aux personnages, il finit par choisir le happy end. Si nous avons souvent l’habitude de défendre le point de vue initial de l’auteur au détriment des enjeux commerciaux, cette fois, il faut l’avouer, nous sommes bien heureux de voir Clarence et Alabama réunis, s’éloignant à bord d’une cadillac violette sur fond de couché de soleil… Cette voiture, Tony Scott l’offre à Patricia Arquette à la fin du tournage.

Quentin Tarantino par Mark Seliger

 

Du scénariste au réalisateur

Tarantino étant devenu le réalisateur que l’on connait, il est intéressant de voir le seul film qu’il ait écrit et non réalisé. Où s’arrête la marque de Tarantino et où commence celle de Tony Scott ?

Un employé dans un magasin spécialisé, lecteur invétéré de BDs rares, un peu geek de cinéma et de films de kung-fu sur les bords… L’ouverture du film semble légèrement auto-biographique lorsqu’on connait les débuts des deux scénaristes.

Si l’on reconnait déjà les thèmes, les dialogues et l’usage de la musique qui ont par la suite fait le succès des films de Tarantino, Tony Scott s’approprie clairement le scénario et s’en démarque, surtout lorsque le film bifurque dans les scènes d’action, genre favori du réalisateur, à l’esthétique télévisuelle des années 90. On ne peut tout de même s’empêcher d’imaginer ce que seraient devenues les scènes de tueries filmées par Tarantino…

La scène de quasi-torture, lorsque Christopher Walken interroge Dennis Hopper, qui joue le rôle d’un policier, rappelle fortement la scène culte de Reservoir Dogs où Michael Madsen, «Mr. Blonde», interroge un autre policier sur fond de musique des années 70 «Stuck in the middle» de Stealers Wheel. Un film précurseur de l’oeuvre de Tarantino à bien des égards : à voir !

Viddy Well,

E.D.

 

Pour voir la bande-annonce :
http://youtu.be/RZ6fWOkhQe4
lire le billet

“A Royal Affair”, by Nikolaj Arcel – Trailer

Period drama is on its way… with a glimpse of Danish film A Royal Affair, directed by Nikolaj Arcel (screenwriter of the original Swedish version of Millenium) and co-produced by Lars Von Trier.

The film premiered at the Berlin Film Festival winning both Best Actor and Best Screenplay awards. It also seems to have been critically acclaimed in the UK where it was released last June.

Denmark, 1766. Young Queen Caroline is married to mad King Christian VII. She falls in love with the King’s physician. In the background of this love affair and along with this transgression starts the ideological revolution of the Enlightenment, which defies the King’s conservative regime…

Casting

The film stars Mads Mikkelsen as Johann Friedrich Struensee or as… ‘the lover’. You might know him as the bad guy in Casino Royale, as any foreign actor with an accent in a James Bond movie who does not qualify to be a James Bond girl. He also starred in Coco Chanel & Igor Stravinsky and The Three Musketeers. You will soon see him in TV series Hannibal as Dr. Hannibal Lecter, another lovely character.

Next on the road to success: young and apparently quite talented actor Mikkel Boe Følsgaard as the mad King Christian, whose performance put the film on the spotlight at the Berlin Film Festival with his Best Actor award.

Wearing the least comfortable costume: Alicia Vikander as Queen Caroline Mathilde, who is also to be seen in Anna Karenina very soon.

The Best Screenplay Award was granted both to Nikolaj Arcel and Rasmus Heisterberg who have been working together on several films.

The film will be released on November, 9 in the US and on November, 21 in France.

Viddy Well,

E.D.

 

lire le billet

“Great Expectations” by Mike Newell – Trailer review

The trailer for the new adaptation of Great Expectations has been released!

Starring the charmingly creepy Ralph Fiennes as Magwitch, Helena Bonham Carter as Miss Havisham, Sally Hawkins as Mrs Joe, Jeremy Irvine (War Horse) as Pip and Holliday Grainger (Anna Karenine, Bel Ami) as Estella. Let us keep this last name in mind, we are about to hear a great deal of it; Holliday Grainger will appear in 3 films before the end of this year (Anna Karenine, Bel Ami and Great Expectations). You might have seen her before in Jane Eyre as Diane Rivers or in the tv series The Borgias.

This dark adaptation of the classic is directed by Mike Newell, who previously directed Four Weddings and a Funeral, Donnie Brasco, Mona Lisa Smile, and more recently Harry Potter and the Goblet of Fire. And indeed, there seems to be a bit of a Harry Potter feel to this film which is perhaps also due to the presence of the uncanny Helena Bonham Carter. She keeps proving it, from Sweeney Todd: The Demon Barber of Fleet Street to the Harry Potter series and soon Les Misérables, never did anyone look better in rags…

As for the screenplay, we owe it to David Nicholls. He mostly wrote for television with a four-episode adaptation of Tess of the D’Ubervilles. He adapted his own best seller novel One Day to the screen in 2011.

The opening of Dickens’ novel

My father’s family name being Pirrip, and my Christian name Philip, my infant tongue could make of both names nothing longer or more explicit than Pip. So, I called myself Pip, and came to be called Pip.

Thus begins the all time classic by Charles Dickens, and so does the trailer of this most recent adaptation with the mention of the name «Pip» as the first words we rightfully hear.

Viddy Well,

E.D.

The movie will first be released in Ireland and the UK on november 30.

To view the trailer on Youtube, copy this link:

http://youtu.be/f9wemtsBnP4

lire le billet

“Trouble with the Curve”, le prochain film avec Clint Eastwood non réalisé par Clint Eastwood

La bande-annonce n’est pas encore disponible avec les sous-titres français, mais celle-ci en révèle tellement sur le film qu’on peut tout de même comprendre les enjeux.

Pour la première fois depuis 1993, Clint Eastwood joue mais ne réalise pas. Son dernier rôle en tant qu’acteur exclusivement était pour le film de Wolfgang Petersen, Dans la ligne de Mire. Il avait annoncé vouloir se consacrer uniquement à la réalisation après Gran Torino. Voilà un come-back surprenant. Pourquoi avoir accepté (pris le risque ?) de faire ce film ? Le mystère se dissipe légèrement après une petite recherche sur le réalisateur, Robert Lorenz, qui n’est autre que le 1er assistant réalisateur de Clint Eastwood. Ils ont travaillé ensemble sur Million Dollar Baby et Mystic River. Robert Lorenz était également 2nd assistant à la mise en scène sur le film Sur la route de Madison. Trouble with the Curve est cependant son premier film en tant que réalisateur.

La confiance accordée à son assistant l’a-t-elle emporté sur le sujet du film ? Malgré un casting de taille, l’histoire ne semble pas aller au delà du bon «baseball movie» habituel, ce genre à part entière aux Etats-Unis. Ou bien Clint Eastwood affectionne-t-il tout simplement le sujet ? On ne peut s’empêcher de remarquer les ressemblances de certains thèmes avec Million Dollar Baby ou Gran Torino… Un homme un peu aigri sur le point de prendre sa retraite fait une rencontre décisive et sa dernière mission devient un succès. Dans Million Dollar Baby, Clint est un coach sur le déclin qui fait son come-back grâce à sa protégée interprétée par Hilary Swank, une jeune boxeuse. Ici, Amy Adams joue le rôle de la fille dans un rapport père-fille également conflictuel. Le rôle, qui à l’origine avait été proposé à Sandra Bullock (casting logique après sa performance oscarisée sur thème de football américain avec The Blind Side) a finalement été attribué à l’excellente Amy Adams. On se souvient de sa performance récente dans The Fighter aux côtés de Christian Bale. Clint Eastwood interprète ici un recruteur de baseball qui perd la vue (encore un personnage reclu ou sur le déclin) et qui part pour un dernier voyage avec sa fille à la recherche d’un nouveau talent. Justin Timberlake fait également partie du casting, lui qui, depuis The Social Network a officiellement prouvé être bien plus qu’un « dick in a box » (voir sur Youtube si vous ne connaissez pas), nous sommes heureux de le voir dans un rôle dramatique.

Alors à qui doit-on ce scénario ? Un certain Randy Brown, un jeune premier ? ll n’a qu’une entrée sur Imdb… Son premier scénario aurait-il touché le jackpot ?

En attendant, on espère que le film n’est pas à l’image du titre… On l’attend au tournant.

Sortie aux US en septembre et en France le 21 novembre 2012.

Viddy Well,

E.D.

 

lire le billet

Infos de la semaine

Enfin des nouvelles de Todd Field !

Le réalisateur revient enfin, six ans après le magnifique Little Children, avec deux nouveaux projets. Prévu pour 2014, The Creed of Violence est enfin sur les rails depuis que Christian Bale a été confirmé pour le rôle principal. L’histoire se déroule en 1910 au Texas et suit Rawbone, un criminel, qui après un accord avec des agents du gouvernement, accepte d’acheminer les armes qu’il a volées vers le Mexique. L’agent Lourdes sera son gardien. Mais Lourdes sait une chose que Rawbone ignore : l’agent est le fils du dangereux criminel.

De manière parallèle, Field a le projet d’écrire avec l’écrivaine Joan Didion un thriller politique intitulé As It Happens. L’écrivaine est notamment connue au cinéma pour son scénario de Panique à Needle Park. Espérons que Field sera également le réalisateur de ce projet alléchant !

Kelly Reichardt aligne un casting alléchant

Le prochain film de notre réalisatrice indépendante préférée s’intitule Night Moves et raconte l’histoire de trois éco-terroristes planifiant l’explosion d’une digue. Peter Sarsgaard (Jarhead) sera le fabriquant de la bombe, Jesse Eisenberg (The Social Network) le leader du groupe et Dakota Fanning (The Runaways) une riche jeune femme qui finance le groupe. Après trois chefs-d’œuvre (Old Joy, Wendy & Lucy et Meek’s Cutoff) inutile de souligner que nous sommes très enthousiastes.

Justin Theroux dirige Steve Carell et Will Ferrell

L’acteur-scénariste-réalisateur-producteur réalisera Swear To God, une comédie avec les deux grands acteurs comiques de la décennie, Will Ferrell et Steve Carell. Justin Theroux avait notamment écrit le scénario de Tropic Thunder et devrait réaliser la suite de Zoolander.

Mauvaise nouvelle pour Gatsby ?

Difficile de ne pas s’alarmer après l’annonce du report de la sortie de Gatsby le Magnifique. Le film de Baz Luhrmmann, qui était prévu pour Noël, n’arrivera qu’à l’été 2013. Pourtant, Luhrmann a un casting bien solide : DiCaprio, Carey Mulligan et Tobey Maguire… Mais après avoir vu la bande-annonce on s’était déjà fortement inquiété… Et la 3D ne fait qu’ajouter à nos angoisses !

En bref : Le cinéma a perdu un réalisateur cette semaine puisque Mel Stuart (Willy Wonka and the Chocolate Factory) est mort à 83 ans. Sean Penn revient à la réalisation avec l’adaptation de Crazy for the Storm de Norman Ollestad. Saoirse Ronan sera Mary Queen of Scots dans un film qui n’a pour l’instant pas de réalisateur. Keira Knightley sera la femme de Jack Ryan (Chris Pine) dans le film de Kenneth Brannagh.

Viddy Well!

E.C

 

lire le billet

Sur le scénario de JANE EYRE de Moira Buffini : Une leçon d’adaptation

Attention, *SPOILERS* (mais qui donnent quand même envie d’aller voir le film…)

Sorti en Grande Bretagne en septembre 2011, le film nous parvient enfin en France…

«Encore une adaptation de Jane Eyre ?!» Et oui… Mais ne vous méprenez pas, même si la coiffure de Jane demeure inchangée au fil des adaptations, le traitement de celle-ci diffère des précédentes.

 

La scénariste.

Moira Buffini

Dramaturge britannique, Moira Buffini a commencé par le théâtre avec l’écriture de dix pièces. Jane Eyre est son premier scénario, mais pas sa première adaptation. Depuis, elle a écrit Tamara Drewe de Stephen Frears, sorti avant Jane Eyre en France, mais écrit après chronologiquement.

Tous deux salués par la critique, le scénario de Jane Eyre a été complètement ignoré aux Oscars. Le film n’a d’ailleurs été  nominé que dans la catégorie de «Meilleurs costumes», subissant le même sort que Bright Star de Jane Campion l’année précédente. Une  manie qui récidive : le period drama n’est nominé que pour la beauté de ses costumes d’époque…

Malgré des changements effectués par rapport au scénario initial et une réalisation qui ne lui rend pas toujours hommage, la clé de voûte du  film, l’originalité de sa structure, reste la même.

Alors étudions cet objet curieux qu’est une adaptation réussie.

 

 

Restructuration de l’oeuvre d’Emilie Brönte

Le défaut de bien des adapations de Jane Eyre est leur narration linéaire, calquée sur celle du roman de Brontë : l’enfance de Jane Eyre, sa vie au domaine de Rochester, sa fuite et la rencontre avec St John, puis son retour.

Passage obscur de l’oeuvre de Brontë, l’errance de Jane apparaît dans le roman comme une parenthèse dans la narration, le récit semble entrer dans une sorte de non-temps/non-lieu. Une partie à mon sens (et d’après un petit sondage auprès d’autres lecteurs) qui semble tout de même bien longue… Le rythme est soudainement cassé, ce qui au cinéma, devient encore plus flagrant, d’autant plus qu’il a été précédé de rebondissements majeurs dans l’histoire : Miss Ingram n’est plus une entrave au bonheur de Jane, Jane se marie presque, le mariage est annulé et le secret de Rochester exposé. Une accélération dans le rythme des révélations qui se freine brusquement lorsque Jane fuit et entame une nouvelle vie.

Le retour du flashback

L’originalité de cette adaptation réside essentiellement dans la restructuration narrative de l’histoire. Dans cette adaptation, Moira Buffini éclate le schéma classique et linéaire du roman pour lui donner une structure cinématographique et visuellement plus dynamique.

Au lieu d’ouvrir sur l’enfance du personnage principal, Moira Buffini commence par l’errance de Jane et sa rencontre avec St John (la partie finale du roman) en l’utilisant comme réalité temporelle du film. Cette partie devient alors le présent de l’histoire, coupé par des flashbacks.
Les deux premières parties du roman, son enfance puis la rencontre avec Rochester, deviennent le passé de Jane. Le coeur du récit est un flashback entre-coupé de présents. Ces extraits de présent deviennent presque des flashfoward, des projections formant une réalité vague et incertaine. Ce constant va-et vient dans la temporalité traduit le sentiment du personnage principal : où qu’elle aille, le souvenir de Rochester la hante, son passé vit dans le présent. Si bien que les scènes de présent semblent être celles qui sont contre-nature, irréelles presque – Jane poursuit sa vie sans la vivre vraiment, le poid de son passé l’emporte. Plus l’histoire avance, plus le présent de Jane Eyre s’esquisse, entre rêve, réalité, projections et attentes, jusqu’à ce qu’enfin, le présent rejoigne le noyau de son passé : Jane retourne vers Rochester.

Le flashback n’est plus purement informatif, cliché ou facilité scénaristique bien souvent exploitée, il structure ici l’histoire. Cette distanciation du roman se révèle plus fidèle au livre puisqu’elle en garde les enjeux tout en lui donnant une nouvelle forme et accroit également l’émotion vers la fin du film.

Indications de mise en scène dans le scénario

Ce qui semble être une composition travaillée au niveau du cadrage et de la mise en scène, se trouve en réalité déjà indiquée dans le scénario. Jane Eyre est souvent décrite comme étant amorcée, avec beaucoup de plan de dos, de profils, de reflets, un grand nombre d’encadrements sont déjà notés, renforçant l’idée de Jane prisonnière de la demeure et de son lien avec Rochester.

Influences littéraires

Tout comme l’oeuvre de Brontë est inspirée de références littéraires entre Romantisme et Gothique, Moira Buffini emprunte à ce passé littéraire pour affirmer l’atmosphère du film. Le décor, la partie d’errance sur la lande n’est pas sans rappeler Les Hauts de Hurlevent. Le travail sur le son, les voix fantomatiques, le souffle du vent, évoque un univers commun aux soeurs Brönte. Jane Eyre gouvernante, l’importance de la maison, les plans sur les fenêtres font penser au Tour d’Ecrou, de Henry James, ou à son excellente adaptation de Jack Clayton, Les Innocents.

L’influence du gothique est fondamentale dans le roman de Brontë, or elle est souvent minimisée ou omise par la plupart des adaptations qui font passer le romantisme de l’histoire avant tout. Cette adaptation est sans doute la plus sombre de toutes, et le scénario l’était encore plus. Un grand nombre d’éléments ont malheureusement été supprimés.

Ce qui est passé à la trappe : du scénario au film

Leitmotive : marque gothique par excellence, l’apparition récurrente d’insectes dans l’histoire (pensons par exemple aux mouches que gobe ce fou de Renfield dans Dracula chez Bram Stoker) est également présente dans le scénario. Jane aperçoit un lézard lorsqu’elle erre sur la lande, puis le motif de la mouche comme signe de mauvais présage ou de noirceur de la scène revient également tout au long du scénario. Eléments dérangeants totalement absents du roman de Brontë, ce sont des inventions scénaristiques qui rappellent l’univers duquel le film est issu. Ces éléments n’ont cependant pas survécu au montage final (ou n’ont pas été tournés?). Seule la mouche apparaît lors de la scène de révélation du secret – tel un signe de putréfaction du mariage impossible entre Jane et Rochester. L’inquiétante étrangeté de la demeure jusqu’à lors familière pour Jane et qui devient monstrueuse, survient lorsqu’elle découvre la vérité sur certains de ses habitants.

Pourquoi ne pas avoir gardé ces ajouts ? Ont-ils eu peur que le public ne comprenne pas ce que font des insectes chez Brontë ?

Passons. Dans le scénario, la présence de la seule amie d’enfance de Jane est beaucoup plus importante. Jane rêve d’Helen lorsqu’elle est perdue, son apparition fantomatique intervient au début. Tel un ange gardien, le souvenir d’Helen accompagne Jane. Jane prie également dans le scénario mais jamais dans le film. La dimension religieuse en est extraite, tout comme le thème de vie et de mort si fort dans la littérature romantique et qui se trouve ici amoindri.

Nos regrets

– L’absence de Grace Poole : mais où est donc passé ce personnage mysérieux qui semble pousser des cris d’outre-tombe dans la nuit, que l’on soupçonne d’être folle dans le roman et capable de meurtre ? Elle qui sème le doute chez le lecteur, n’apparaît ici qu’une fois vers la fin, comme si l’histoire de Jane Eyre était tellement connue de tous que plus personne ne pouvait être induit en erreur par ce personnage inquiétant. Et ceux qui n’ont jamais lu ou vu Jane Eyre ? Ne méritent-ils pas eux aussi d’être angoissés par Grace Poole ?

– Les cheveux d’Helen. Cette pieuse amie de Jane subit la pire des injustices à l’orphelinat dans le roman. Helen a des cheveux magnifiques : ce que la nature lui a donné, le directeur de Lowell School lui reprend. «Vanité !» s’exclame le cruel homme dans le roman. Les cheveux d’Helen sont coupés. Un souvenir qui reste gravé en Jane et qui hante son personnage décrit comme étant quelconque. Helen représente la beauté simple et naturelle et s’oppose au personnage de Miss Ingram, de sa noblesse toute aprêtée et qui menace d’épouser Rochester… À l’inverse de certaines scènes du film, dans le scénario, les cheveux d’Helen ne sont jamais coupés.

Le dernier scénario de Moira Buffini s’intitule Byzantium, un thriller fantastique adapté d’une de ses pièces et réalisé par Neil Jordan, avec Sam Riley (Sur la Route) et Gemma Arterton (Tamara Drewe).

Viddy Well,

E.D.

lire le billet

Daniel Day Lewis as Abraham Lincoln

Entertainment Weekly just released the first picture of Steven Spielberg’s next film Lincoln, which will be released on November 9th in the US.

Daniel Day Lewis will be just in time to rightfully drink everyone’s milkshake at the next round of Oscars!

Based on the besteller «Team of Rivals», written by Pulitzer prize winner Doris Kearns Goodwin, the screenplay was written by Tony Kushner (Angels in America, Munich).
The story centers on the political struggle that lead to the end of the Civil War, and from this first glimpse of Mr. Lewis’ profile, this is looking good indeed…

Other members of the cast include Sally Field, Tommy Lee Jones, Joseph Gordon-Levitt, Hal Holbrook, James Spader, John Hawkes, Tim Blake Nelson, Bruce McGill, Joseph Cross, David Costabile, Byron Jennings, Dakin Matthews, Boris McGiver, Gloria Reuben, Jeremy Strong, David Warshofsky, David Strathairn, Walton Goggins, Lee Pace, Jackie Earle Haley, David Oyelowo and Jared Harris.

 

Viddy Well,

E.D.

 

 

lire le billet

Top 10 des travestis: Les hommes qui deviennent femmes

En sortant de Laurence Anyways, on s’est réjoui de l’excellente interprétation de Melvil Poupaud en homme qui veut devenir femme. Avant de subir une transformation complète (autrement dit, une opération), Laurence commence par s’habiller et se maquiller encore plus que sa petite amie Fred (Suzanne Clément). Le héros du film de Xavier Dolan devient ainsi une femme tout à fait charmante. Laurence n’est pas le premier personnage de cinéma à réussir la métamorphose avec autant de succès ! Voici les travestis fictionnels que Viddy affectionne tout particulièrement.

1.     Les plus drôles : Sans hésiter, les plus délicieuses sont Josephine et Geraldine (alias Joe et Gerry) dans Certains l’aiment chaud (Billy Wilder, 1959). Voir Tony Curtis se transformer en femme fatale et Jack Lemmon se dandiner devant des milliardaires du troisième âge est fort réjouissant. La comédie atteint son pic lorsque Geraldine oublie qu’elle est Jerry et projette d’épouser son milliardaire. Afin d’éviter la catastrophe, Geraldine-Jerry pratique l’auto-persuasion provoquant l’hilarité du public avec sa fameuse tirade : « I’m a boy. I’m a boy. I wish I were dead. I’m a boy. Boy, oh boy, am I a boy. » Wilder ne se moque pas de la féminité de ses héros, au contraire il l’exalte et rappelle que l’amour entre personnes du même sexe, déguisées ou non, est possible puisque « personne n’est parfait ! »

2.     Le plus créatif : Ed Wood (Johnny Depp) est un homme qui aime les femmes mais qui se sent davantage lui-même lorsqu’il porte une perruque blonde et le pull angora de sa compagne. Le film de Tim Burton (1994) retrace le début de la carrière de ce cinéaste, sacré pire réalisateur de tous les temps, dont le premier long-métrage – Glenn or Glenda – posait justement la question du travestissement. Le plus beau moment du film vient quand la petite amie d’Ed Wood jouée par Patricia Arquette accepte en toute simplicité la révélation qu’il vient de lui faire.

3.     Le plus légendaire : Norman Bates (Anthony Perkins) se déguise en sa maman pour tuer des jeunes filles dans son motel… Là, on sort du ludique et du divertissant pour tomber dans la perversion. Un poil rétrograde, diront les fâcheux : faut-il comprendre qu’un travesti est un fou dangereux ? Mais Alfred Hitchcock réussit avec Psychose (1960) un chef d’œuvre d’horreur et fait de son anti-héros, l’un des plus grands méchants de l’histoire du cinéma.

4.     Le plus séduisant : Bon Bon (Johnny Depp) dans Avant la nuit (2000) de Julian Schnabel. Le plus grand caméléon du cinéma se transforme dans d’autres films que ceux de Tim Burton ! L’acteur vole la vedette à Javier Bardem grâce à sa double interprétation du travesti et du Lieutenant Victor. Faire jouer les deux rôles par le même acteur était un choix risqué mais sensé puisqu’il permet à Schnabel de représenter avec un seul corps à la fois la beauté et la destruction. Pari réussi : Johnny Depp livre une des plus belles interprétations de sa carrière. Ajoutons que Bon Bon est aussi belle que Johnny Depp est beau.

5.     Le plus inquiétant : Trelkovsky (Roman Polanski), le nouveau Locataire (Roman Polanski, 1976) finit par céder au harcèlement de ses voisins qui veulent le persuader qu’il ne fait qu’un avec la précédente locataire, Simon Choulle, pourtant suicidée. Dans une scène terrifiante à l’atmosphère oppressante, Trelkovsky s’habille en Simone, applique du vernis sur ses ongles et se maquille. Mêlant humour et noirceur comme à son habitude, Polanski épate lors de cette transformation inquiétante…

6.     Le plus tragique : Àngel-Juan-Zahara (Gael Garcia Bernal) dans La Mauvaise Education (Pedro Almodovar, 2004). C’est LE film qui a révélé Gael Garcia Bernal au grand public. Thème exploré dans beaucoup des films du cinéaste espagnol (Tout sur ma mère, La piel que habito…), la frontière entre masculinité et féminité se retrouve brouillée à travers le personnage de Bernal. Une splendide femme fatale sur fond de film noir.

7.     Le plus attachant : Lorsque Michael Dorsey (Dustin Hoffman) devient Dorothy Michaels dans Tootsie (Sydney Pollack, 1982) il ne soupçonne guère que devenir une femme fera de lui un homme meilleur. Dustin Hoffman rend cette Tootsie si attachante que l’on regrette presque qu’il délaisse sa robe et ses lunettes à la fin du film !

8.     Le plus dérangeant : Martin von Essenbeck (Helmut Berger) dans Les Damnés de Luchino Visconti. Quelle entrée fracassante pour un jeune premier ! C’est en effet dans ce chef d’œuvre de Visconti que Helmut Berger débuta sa carrière. Sa première apparition à l’écran se fait sous la forme d’un show musical, mis en scène et interprété par Martin von Essenbeck, futur Nazi, ici déguisé en Marlene Dietrich.

9.     Le plus romantique : au temps de Shakespeare n’étaient autorisés à jouer sur scène que les hommes. Afin d’interpréter les grandes héroïnes tragiques, les acteurs devaient donc se travestir en femmes. C’est là le sujet de Stage Beauty (Richard Eyre, 2004) dans lequel Ned (Billy Crudup), un acteur, connu pour son interprétation de Desdémone, a bien du mal à se détacher de son double féminin. Un film peu connu qui vaut le détour.

10. Le plus décalé : Henri Rochard (Cary Grant) dans Allez coucher ailleurs de Howard Hawks. Voir Cary Grant, symbole de la séduction masculine en perruque et talon, ne peut que nous réjouir ! Quoique un peu ratée, cette comédie trouve son intérêt dans le travestissement de sa star. Cary Grant se montre irrésistiblement décalé et bien peu à l’aise en talons hauts.

Viddy Well !

E.C

lire le billet

Peinture et cinéma : le complot à travers les siècles…

En mai 2012, une peinture de 1511 a fait un mini buzz sur internet. Un étudiant d’Harvard en vacances à Rome avec sa famille a remarqué une curieuse ressemblance sur une fresque de Raphäel qui se trouve au Vatican : à côte du Pape Gregory IX, un des cardinal semble être le sosie de Sylvester Stallone.

Photo de l’acteur à l’appui, la fresque a fait le tour du site Reddit en une nuit et s’est retrouvée dans la presse le lendemain.

Certains allumés des théories abracadabrantes y ont vu plus qu’une simple coïncidence ; il s’agirait là de la preuve de l’existence du clonage à travers les siècles par la descendance des Illuminati. Un complot qui aurait pour but d’inflitrer les hautes sphères du pouvoir au fil des générations… Politiciens, stars d’Hollywood, il existerait au cours de l’histoire des «Doppelgänger» (des sosies), aux caractéristiques plus ou moins surnaturelles. Vous avez peut-être entendu parler il y quelques temps de cette fameuse photo d’un homme aux traits semblables à ceux de Nicolas Cage, datant de 1870. La photo fut mise en vente sur ebay pour la modique somme de 1 million de dollars, car selon le vendeur, elle prouverait un fait irréfutable : Nicolas Cage est un vampire.

 

Nous restons sceptiques à Viddy Well… et pourtant, Illuminati à part, on ne peut s’empêcher de se demander si nos morphologies sont cycliques. Les gênes de l’humanité convergeraient-il vers un même visage à plusieurs moment de l’histoire telle une lotterie génétique géante et universelle ? Quelles sont les probabilités que cela se produise ? Notre visage a-t-il déjà existé ? Existera-t-il à nouveau un jour ? Etant dans l’incapacité d’apporter ne serait-ce qu’un début de réponse à ces interrogations, je ne peux que constater les faits : il n’est pas rare de voir une peinture ou une sculpture ressembler à un vieil oncle éloigné. La coïncidence devient d’autant plus flagrante lorsque ces personnages rappellent des célébrités du grand écran. En voici un exemple, l’acteur Jack Black ressemble à deux gouttes d’eaux à l’orfèvre Américain Paul Revere (18ème siècle).

C’est donc avec un peu de fierté que nous apportons notre contribution à l’édifice de la vérité aux mille visages… Après avoir écumé les musées de plusieurs villes du monde, *SCOOP*, nous avons découvert deux nouveaux Doppelgänger.

Récemment Viddy Well est parti à Vienne sur les traces de Sissi l’Impératrice (voir articles précédents), et telle ne fut pas notre surprise de voir un parent éloigné de Vincent Cassel au Musée des Beaux Arts : un certain Giacomo de Cachiopin, peint par Anthony Van Dyck.

 

Giacomo de Cachiopin - Anthony Van Dyck

 

Et enfin… En me promenant au Grand Palais, cette peinture de Gustave Courbet m’a interpelée. Son visage familier… ce regard. Je l’avais déjà vu furtivement quelque part. Et puis j’ai su.

Elijah Wood dans "Le Seigneur des Anneaux"

 

Nous avons également aperçu un nu de Denis Podalydès dans un dessin de Edgar Degas à l’exposition récente sur le peintre au Musée d’Orsay, mais nous n’avons pas de preuve à l’appui pour l’instant… nous continuons nos recherches. Affaire à suivre…

Viddy Well,

 

E.D.

 

lire le billet