The Dark Knight Rises: l’émotion l’emporte sur la déception

ATTENTION CET ARTICLE CONTIENT DES SPOILERS !

Le problème quand on sort de The Dark Knight Rises c’est qu’on est partagé entre la déception et l’émotion. Déception forcément, puisque le premier réflexe est celui de comparer le film au deuxième volet de la trilogie, chef d’œuvre du genre. The Dark Knight bénéficiait de deux atouts majeurs : c’était le premier film de Nolan sur le terrorisme d’aujourd’hui, sur la guerre contre un Mal que l’on ne sait identifier. Nolan y déployait tout son savoir-faire esthétique, montrant une ville dévorée par les ténèbres au cœur de laquelle sillonne un chevalier noir, justicier masqué, luttant seul contre tous pour la survie de sa ville. Le second facteur avait été celui du hasard génial d’avoir choisi Heath Ledger pour incarner le Joker. Animé par un plaisir du jeu évident et lumineux, Ledger fit de son Joker l’incarnation d’un Mal sans nom, sans raison, et sans commune mesure. Talent et hasard firent donc de The Dark Knight un film extraordinaire, une légende même, de ce fait bien difficile à surpasser.

Le problème majeur de The Dark Knight Rises est avant tout scénaristique. Une intrigue plutôt simpliste, des retournements prévisibles, des personnages esquissés… Tom Hardy, quoique acteur très respectable, n’arrive pas à la cheville de la performance de Ledger. Le visage dévoré par un masque, l’acteur en est donc privé pour exprimer ses émotions. Là où Hardy trouve un obstacle, d’autres y trouvaient leur génie ! Souvenons-nous de l’éclatante performance d’Edward Norton dans Kingdom of Heaven, où grâce à sa seule voix, l’acteur parvenait à éclipser le reste du casting ! Ici, c’est la voix justement qui bride un abandon du spectateur au personnage. Incompréhensible lors des premiers teasers, la voix de l’acteur a été à nouveau modifiée pour la sortie du film en salles. Mais l’on continue à lutter pour comprendre le discours de Bane (bien simpliste pourtant), et cette voix fabriquée nuit à l’incarnation de cette nouvelle figure du Mal. Alors que la force du Joker résidait dans l’absence de psychologie (d’où vient ce sourire de l’Enfer, on ne le saura jamais), agité par un désir de chaos terrifiant car inexplicable, Bane en revanche est mû par des sentiments trop communs, trop explicatifs, pour pouvoir fasciner. Ce Goliath au masque de fer est bien moins terrifiant que le David de Ledger, petite créature tordue et sautillante. Quant au personnage de Miranda Tate, faiblement interprété par Marion Cotillard (mais d’où vient cet accent ? Ses allées et venues entre anglais et américain, il faudrait qu’elle se décide…), les révélations la concernant sont trop attendues pour émouvoir. Et la dernière scène de l’actrice restera comme l’une des plus ridicules d’une trilogie pourtant de haut niveau.

Passées ces critiques, venons-en au plaisir majeur de ce film qui vient d’un casting éclatant. Anne Hathaway en Selina Kyle est une très bonne surprise, Nolan ayant eu l’intelligence de faire de cette femme-chat un être diamétralement opposé à la merveilleuse Catwoman de Michelle Pfeiffer. Il est bien plaisant d’ailleurs de voir Batman et Kyle travailler côte à côte ! Joseph Gordon-Levitt, que l’on aimerait voir plus souvent, apporte une force de caractère et une intelligence de jeu prodigieuses à son personnage. Et notre héros, Christian Bale, séduisant à souhait, livre enfin dans ce troisième opus la totalité de son talent. Bale fait partie de cette rare espèce d’acteurs (façon Day-Lewis) qui allie force et grâce, espièglerie et noirceur, avec une facilité déconcertante. Ce qui émeut le plus chez lui, c’est de retrouver par instants son visage d’enfant innocent. Bale révèle ainsi les blessures de son Bruce Wayne, un être poursuivi par le chagrin et la mort.

L’émotion surgit bien sûr de ce thème. D’un être qui rêve d’innocence et de victoire sur le Mal, et qui ne cesse d’être rattrapé par la tragédie : la mort prématurée de Ledger, puis le massacre d’Aurora. Une émotion qu’on a du mal à contenir lorsque se révèle le réel sujet du film. Une fois de plus, Nolan parle du chaos, de la violence humaine, et de la terreur. Le cinéaste livre une œuvre hantée par le spectre du 11 septembre : drapeaux américains déchiquetés flottant au vent, immeubles en flammes, policiers prisonniers de décombres, ville dévorée par la fumée de ses propres cendres. Gotham et New York ne font plus qu’une. Bane est suivi par des adeptes à la foi aveugle, qui n’hésitent pas à mourir pour lui. Anarchiste convaincu, ce colosse veut « rendre la ville à ses habitants ». Alors, le propos de Nolan surgit. Divisée par une crise financière majeure, la ville se retourne contre elle-même. Les riches deviennent l’ennemi à abattre, on les traîne dans la rue, on les frappe, on les juge. Tout ordre, toute justice a disparu. Ce que Bane lâche dans la ville c’est la violence de l’homme. Dans une citation magnifique du Procès d’Orson Welles, on voit un juge (le génial Cillian Murphy), lui-même coupable de crimes (il était l’épouvantail de Batman Begins), condamner des gens à mourir pour le simple plaisir du spectacle : les condamnés doivent marcher sur l’eau gelée, la chute et la noyade étant inévitables.

La violence de l’homme. Voilà le sujet qui préoccupe Nolan. Lui, qui a fait de ce Batman une trilogie sur la terreur, mais qui ne cesse de rêver encore et toujours qu’un chevalier noir viendra un jour les sauver de cette noirceur rampante. Comme l’homme chauve-souris le dit lui-même à Jim Gordon : « un héros peut-être n’importe qui. Même un homme faisant une chose aussi simple que de mettre un manteau autour d’un petit garçon pour lui montrer que le monde ne s’est pas écroulé. » Christopher Nolan a fait du cinéma sa maison, en espérant peut-être qu’en nous procurant quelques heures d’évasion, il pourrait nous redonner, ainsi qu’à lui-même, de l’espoir en l’humanité. Après de nombreux malheurs, son Bruce Wayne obtient son happy-end. Espérons que Nolan aura aussi le sien.

Viddy Well.

E.C

lire le billet

Infos ciné et séries!

Le cavalier sans tête est de retour…

Fox a annoncé la production du pilote d’une nouvelle série : Sleepy Hollow sera peut-être remis au goût du jour dans une version contemporaine du thriller fantastique inspiré de la nouvelle de Washington Irving de 1820. Au placard les chapeaux haut-de-forme et les manteaux longs. Cette adaptation semblerait suivre l’idée originale de Tim Burton où le personnage principal enquête sur une série de meurtres dans un petit village (dans la nouvelle, il s’agit d’un maître d’école). Ichabod Crane est ici un agent du FBI qui travaille en collaboration avec la femme sheriff de Sleepy Hollow, où sévit une lutte implacable entre «le bien et le mal». Déjà vu? Allez hop, on prend un peu de Dale Cooper de Twin Peaks, on rajoute Frances McDormand de Fargo, on mélange le tout avec un zest de Tim Burton… et on attend quelques mois pour voir ce que ça donne.

Au scénario : Alex Kurtzman at Roberto Ocro (Fringe, Star Trek, Transformers…) qui ont pitché le projet aux studios, et Philip Iscove (Underworld).

Quant au casting, qui remplacera l’irremplaçable Johnny Depp en Ichabod Crane ? Suspense…

 

Jonathan Rhys Meyers dans Dracula

NBC a annoncé la création d’une première saison en 10 épisodes. La star des Tudors aura le premier rôle de cette série inspirée du roman de Bram Stocker et dont le tournage commencera plus tard dans l’année. Il s’agit d’une co-poduction avec la maison de production britannique Carnival Films & Television à qui l’on doit l’excellent Downton Abbey.

 

L’humour de The Office dans la nouvelle série Hello Ladies

 

Ricky Gervais et Steven Merchant

 

Stephen Merchant, collaborateur de Ricky Gervais sur The Office et Extras, aura sa propre série sur HBO où il jouera le rôle d’un Anglais un peu desespéré qui part à Los Angeles pour rencontrer la femme de ses rêves. Pour ce faire, il tente d’infiltrer le monde du glamour…

 

 

 

 

 

 

 

Le Festival du Film de Toronto a annoncé sa sélection

En ouverture du festival cette année, le film de Ryan Johnson Looper, un thriller/science-fiction avec Bruce Willis et Joseph Gordon Levitt. Parmis les films en avant-première :

  • Terrence Malick, To the Wonder.
  • Deepa Mehta avec Midnight’s Children, l’adaptation au cinéma de l’énorme roman de Salman Rushdie avec ses milliards de points de vue… Pour ceux qui auraient envie de s’écrier «Ce livre est inadaptable !» Retenez-vous, puisque c’est Salman Rushdie lui-même qui a écrit le scénario… Voilà qui devrait être intéressant.
  • David O. Russel, Silver Linings Playbook avec Robert De Niro et Bradley Cooper.
  • Robert Redford, The Company You Keep.
  • Noah Baumbach, Frances Ha.
  • Roger Michel, Hyde Park on Hudson.
  • Ben Affleck, Argo.
  • François Ozon, Dans la maison.
  • Après Never Let me Go et Atonement (Reviens-moi en français…), Joe Wright continue dans sa lignée d’adaptations avec Anna Karenina avec celle qui semblerait être devenue son actrice fétiche, Keira Knightley.

 

Le plus américain des cinémas français s’exporte en Chine

EuropaCorp, vient de signer un contrat de trois ans avec Fundamental Films, un des plus grands distributeurs en Chine où les derniers films produits par la société de Luc Besson ont connu un succès commercial certain.

Viddy Well!

E.D.

 

 

 

 

lire le billet

A Vienne, sur les traces de Sissi (Partie 2)

COSTUMES ET DECORS : du réel au conte de fées.

(par E.D.)

L’aventure Sissi continue… Retour sur les décors et costumes de la trilogie. Réalité ou fiction : « où s’arrêtent les cheveux de Romy Schneider et où commence la perruque ? Ce chapeau à poils verts que porte l’empereur est-il une fantaisie visuelle ou historiquement correct ? Mais où se passe cette scène ?» Voilà autant de questions auxquelles nous avons tenté de répondre lors de cette escapade à Vienne.

C’est sous une pluie battante que Viddy Well s’est rendu à la Hofburg au coeur de Vienne où se trouve le Musée de Sissi. Pour accéder aux appartements impériaux, il faut d’abord passer par une installation sombre et claustrophobique : le musée dédié à l’Impératrice d’Autriche. Bravant une horde de touristes, l’audio-guide collé à l’oreille (nous y compris) et agglutinés devant les objets ayant appartenu à la célèbre Sissi, nous tentons une percée vers les spacieux appartements où la famille impériale résidait l’hiver. Là encore sont exposés portraits de l’Impératrice et robes à lourdes traînes conservées comme des reliques sous des cloches de verre. Interdiction de prendre des photos à l’intérieur, même sans flash, sous peine d’entendre un «Verboten!» ; il faudra donc me croire sur parole. Des phrases écrites par l’Impératrice parcourent les murs du musées, évoquant son désir de liberté. Nous sommes loin de la jeune Sissi du film ; légèrement contrariée de passer si peu de temps avec son mari, la vraie Sissi semble bien plus mélancolique. La robe de celle que l’on appelait «La Dame en Noir» est d’ailleurs exposée dans la partie la plus sombre du musée – dans le film, cette robe noire apparait dans le deuxième volet, lorsqu’elle voyage ou lors des missions qui lui sont attitrées en tant que figure impériale. Elle survient pour la première fois lorsque les rapports entre l’Impératrice et sa belle-mère se compliquent et que son enfant lui est enlevé. L’authentique Sissi se révèle lorsqu’elle n’est pas sous les contraintes de la cour, ce qui est retranscrit par le choix des costumes : tenues traditionnelles pour des mouvements plus libres en Bavière, robes à carcan à la cour…

L'Impératrice Elizabeth dite Sissi

À Hofburg ou dans le palais de Schönbrunn, son apparât est tout autre. Vêtue de riches couleurs ou d’un blanc éclatant, Sissi dénote toujours par ce qu’elle porte et contraste avec son entourage. Elle occupe souvent une position centrale dans ces décors somptueux et les personnages de la cour qui l’encadrent constamment servent de faire-valoirs visuels avec des robes moins élaborées ou aux couleurs plus ternes. Seule la belle-mère, l’antagoniste impériale, arbore un bleu royal éclatant.

 


 

Si le film passe sous silence les drames de l’histoire, il expose visuellement certaines contraintes subies par l’Impératrice. Rarement seule à l’écran, Sissi est constamment accompagnée par des femmes de la cour et dans les pièces les plus spacieuses de Shönbrunn. Le décor, toujours mis en valeur, tente de rétablir la grandeur de l’Autriche… En réalité, Sissi aimait s’isoler principalement dans deux des plus petites pièces du palais, une pour la lecture, l’autre pour sa toilette où elle passait des heures à s’occuper de sa longue chevelure. Détail qui n’échappe pas dans le film ; qu’elle parte à la pêche, au galop à travers les vallées d’Autriche dans les scènes de chasse, ou quasi-mourante et clouée au lit pendant des mois, Sissi est un peu le James Bond de l’Autriche : elle n’est jamais décoiffée. Sa robe non plus, n’est jamais froissée. Une beauté naturelle, sans effort : son seul rituel de beauté dans le film est de se brosser les cheveux. Au musée de Sissi sont exposés les ornements de sa coiffure que l’on retrouve dans un portrait de l’Impératrice et dans le film :

 

 

 

 

 

Les nombreux portraits de la Hofburg et de Schönbrunn ont clairement servi d’inspiration pour les costumes du film ainsi que pour la place qu’occupent les acteurs dans le cadre.  Un grand nombre de plans ressemblent à de véritables tableaux. Les uniformes de la garde impériale sont les premiers exposés à Schönbrunn. De même, le casque de l’empereur à plumes vertes, son uniforme que l’on retrouve sur un grand nombre de représentations de l’héritier, tout semble repris de manière fidèle dans le film.

 

L'Empereur François-Joseph 1er

 

Le bureau de l’Empereur est ici d’un blanc et doré lumineux digne des pièces les plus spacieuses de Schönbrunn. L’Empereur est surcadré ; entre la verticalité des tableaux, des encadrements des fenêtres, des trois chaises au premier plan qui entourent l’acteur de velours rouge alors qu’il s’applique à accomplir ses tâches administratives, tout est fait pour louer l’empire.

La réalité, bien moins filmogénique, n’aurait pas eu le même impact : le bureau de l’Empereur était visuellement chargé de meubles et de boiseries sombres, placé sur le côté de la pièce, en retrait, à l’opposé de la position centrale qu’il occupe dans le film.

 

 

Quant aux plans d’extérieur du palais, on les retrouve essentiellement au début du deuxième volet, suite au mariage de Sissi. Une ouverture à la hauteur de la gloire du nouveau couple impérial, avec des plans fronteaux de Schönbrunn, faisant là encore office de tableaux. Le soucis de ressemblance avec les commandes de portraits que l’on trouve dans le palais est si frappant que les intentions du film deviennent évidentes… l’espace de quelques heures, la fiction souhaite réécrire l’histoire et la transformer en véritable conte de fées.

Malgré cette expédition à travers l’histoire et les nombreux décors, le mythe Sissi reste toujours intact : nous ne savons toujours pas si Romy Scheinder portait ou non une perruque, surtout dans le troisième film.

 

 

Viddy Well,

E.D.

 

lire le billet

A Vienne, sur les traces de Sissi (Partie 1)

Dans un grand moment nostalgique, Viddy a décidé de partir en vacances sur les traces d’une de ses héroïnes d’enfance : Sissi. Viddy Well est donc allé à Vienne pour découvrir l’histoire de la fameuse impératrice à la chevelure de princesse. Voici donc la première partie du récit de nos découvertes…

 

SUR LES TRACES DE SISSI : DU CONTE DE FÉES AU RÉEL…

par E.C

Pour toutes les petites filles qui aiment les contes de fées, Sissi est le film rêvé : une vraie princesse, Elisabeth l’Impératrice d’Autriche ; un château merveilleux, celui de Schönbrunn ; et surtout une actrice à la beauté légendaire, Romy Schneider. Enfant, on se laisse donc emporter par l’histoire romanesque de Franz et Sissi et leur amour indestructible, qui parvient à vaincre la plus malveillante des belles-mères, la maladie et jusqu’aux problèmes politiques internationaux les plus épineux !

Arrivées à Vienne, nous nous sommes donc précipitées sur les lieux de la romance : la Hofburg et le palais de Schönbrunn. Mais lors de la visite, le peu d’enfance qu’il restait en nous s’effondre devant les informations que l’audio-guide nous procure. Choc, en effet, lorsqu’à peine entrées dans les appartements impériaux on nous apprend que le fameux François-Joseph n’était pas un joyeux luron ! L’empereur s’installait à sa table de travail dès cinq heures du matin, et estimait que venait le moment de s’arrêter de travailler une fois atteint l’état d’épuisement. Le Franz du film, lui, n’hésite pas à aller courir dans les champs avec Sissi pour cueillir des pâquerettes quand celle-ci estime qu’il a trop travaillé et ne lui a pas prêté suffisamment d’attention… Il ose même (en plein milieu de la journée, le filou) quitter sa table de travail pour admirer le portrait de son épouse installé dans son bureau. On est quand même soulagées d’entendre que l’amour de François-Joseph pour Elisabeth était pure vérité. Cette dernière, en revanche, n’avait pas vraiment l’air d’adorer son époux… « Vendue à quinze ans », dira-t-elle, « le mariage est une institution absurde ». La Sissi du film, elle, évidemment n’a d’yeux que pour son Franz, et passe son temps à repousser les avances de ses nombreux admirateurs, notamment celles du charmant Comte Andrassy (la rumeur en son temps ayant fait du Comte l’amant de la réelle impératrice). Ce que le film montre, dans sa troisième partie, c’est que l’impératrice passait la plus grande partie de son temps hors d’Autriche, et ne voyait guère son mari.

Avec le poids de ses 5 kg de cheveux, qui lui arrivaient jusqu’aux chevilles, la vraie Sissi était digne des stars d’aujourd’hui : réputée pour sa beauté, l’impératrice était obsédée par sa jeunesse et sa ligne. Ses journées étaient souvent consacrées à divers soins du corps et du visage, exercices pour maintenir sa taille fine, et surtout s’imposait un régime des plus stricts. On la voyait donc rarement attablée aux côtés de son mari lorsque celui-ci sortait (enfin !) de son bureau pour dîner. Notons d’ailleurs que selon les informations du guide, le dessert préféré de Franz n’était pas l’Apfelstrudel, comme l’indique le film, mais le Kaiserschmarrn, dessert à base d’œufs. On est donc bien loin de la charmante Bavaroise qui dévore des pieds de cochon et se délecte de pichets de bière à la table royale dans Sissi Impératrice !

Les choses se gâtent brutalement lorsqu’au cours de notre visite, on nous annonce une bien plus grande tragédie. Une tragédie telle que l’on tombe des nues, tellement le film l’avait rendue insoupçonnable. Lorsque le troisième volet se termine, le couple royal est en Italie avec leur petite fille, premier enfant du couple, et l’impératrice vient de sauver les relations italo-autrichiennes grâce à son instinct maternel (voir le fameux : « Viva la Mamma ! »). La petite fille est en pleine forme. Comment soupçonner que cette petite Sophie est en réalité morte à l’âge de deux ans ?

 

Hormis cette énorme impasse, qui serait venue entacher la tonalité romantique voulue, la trilogie suit l’histoire impériale dans les grandes lignes. Le premier film, Sissi, relate la rencontre : comment Franz devait au départ épouser Hélène, sœur de Sissi, comment il tomba immédiatement amoureux de la petite sœur âgée d’à peine quinze ans et décida du jour au lendemain d’en faire l’Impératrice d’Autriche contre l’avis de sa mère. Ceci dit, les livres d’Histoire ne font pas état d’une pêche à la ligne coincée dans les gilets princiers, ni de rencontre fortuite au bord du lac… On voit également une jeune fille attachée à ses origines, à sa liberté, et à la nature. Ce qui la rendit difficile à maîtriser pour la mère de l’Empereur, l’archiduchesse Sophie de Bavière. Cette dernière fut un véritable cauchemar pour Elisabeth. C’est ce que l’on voit dans le deuxième volet : Sissi Impératrice. Sophie y fait espionner sa belle-fille par une de ses suivantes, lit son journal intime, et entend tout faire pour monter son fils contre sa nouvelle épouse. A la naissance du premier enfant du couple (le seul que l’on verra dans la trilogie, le couple royal ayant eu quatre enfants), la méchante Sophie enlève l’enfant à sa mère afin de l’élever elle-même. Fait avéré puisque l’Archiduchesse jugeait Sissi trop jeune pour élever un enfant. L’enjeu du deuxième film est donc le suivant : Franz doit choisir entre sa femme et sa mère. Dans la fiction, c’est bien sûr la femme qui gagne, puisque Sissi récupère son enfant à la fin du film et obtient la permission de l’élever comme elle l’entend. En réalité, la petite Sophie, ainsi que les deux enfants qui la suivront, n’auront jamais été rendus à leur mère. Le troisième et dernier film, Sissi face à son destin, traite de la maladie de l’Impératrice, qui fut victime d’une tuberculose sévère et partit à Madère pour se soigner. C’est sans doute le film qui procure le plus de plaisir esthétique, les paysages de Madère, puis de la Grèce, fournissant un décor romantique à souhait. On peut donc y admirer à loisir la beauté de Romy Schneider, mise en valeur par un maquillage plus subtil qu’auparavant et par des costumes particulièrement flamboyants. Bien sûr, le film se termine sur une réconciliation de l’Autriche et de l’Italie, que Sissi provoque en courant au devant de sa petite fille dont elle a été privée pendant sa longue maladie. Pas d’anarchiste italien en vue, évidemment, il est bien trop tôt…

Certes, nous ne regarderons plus Sissi avec nos yeux d’enfants. Aujourd’hui, nous le regardons en version originale, en critiquant toutes les inexactitudes historiques, le ton propagandiste, la présence gênante de Magda Schneider, le ton excessivement mielleux de la romance… Mais la nostalgie persiste, car de ces films médiocres naquirent une immense actrice, au visage sans pareil, véritable impératrice du cinéma : Romy Schneider. Née avec Sissi, elle fit tout pour se détacher de cette héroïne factice. Et pourtant, c’est bien cette même impératrice qui allait la rendre immortelle dans la plus belle interprétation de sa carrière dans Ludwig de Luchino Visconti.

Viddy Well !

 

lire le billet

Trois idées de «Period drama» à regarder.

Elles connaissent un succès retentissant outre-manche et ne nous parviennent que rarement à la télévision française, pas même en DVDs sous-titrés, et c’est bien dommage… Vous connaissez peut-être déjà l’excellente adaptation de la BBC d’Orgueil et Préjugés (1995) avec Colin Firth et Jennifer Ehle en 6 épisodes, voici une suggestion de trois autres mini-séries britanniques, ces fameux «period drama» dont raffolent les Anglais. Si vous êtes à court de fiction, c’est l’occasion de réviser (ou de découvrir) vos classiques de la littérature anglaise.

 

CRANFORD – La mini-série du comérage sur fond de campagne anglaise.

avec Judi Dench, Imelda Staunton, Jim Carter, Simon Wood.

Adapté du roman d’Elizabeth Gaskell, Cranford (2007) est une mini-série en 5 épisodes  qui porte le nom d’une bourgade du fin fond du Cheshire où il ne se passe pas grand chose… 1840. La menace de l’arrivée du chemin de fer vient bouleverser le paysage rural ainsi que le rythme de vie tranquille des habitants. Progrès et révolution industrielle sont à l’ordre du jour, certains accueillent la modernité à bras ouverts, d’autres voient dans ce changement monstrueux la perte de valeurs fondamentales. Un bouleversement idéologique qui passe par l’arrivée de nouveaux personnages… Des voisins qui lisent Dickens (scandale…), un charmant docteur aux pratiques avant-gardistes (Simon Woods), qui éveille des espoirs de mariage d’un village essentiellement composé de vieilles-filles. Cranford se démarque d’autres adaptations du même style ; plus qu’une série aux tons pastel sur fond de papier-peint défraîchi où il n’est question que de mariage, de malentendus amoureux, de broderies ou de dentelles et de journées ponctuées par l’heure du thé tant attendue, Cranford retrace le portrait d’une époque avec beaucoup d’humour… À voir si vous êtes fan du genre !

Si vous en voulez plus, réjouissez-vous : il existe une deuxième saison qui date de 2009, Return to Cranford, en deux épisodes, légèrement moins délectable que la première puisqu’on connait déjà l’ambiance et les enjeux de l’histoire, mais on y retrouve les même personnages et l’humour qui a fait le succès de la première.

 

NORTH & SOUTH – Romantisme à l’usine de coton.

avec Daniela Denby-Ashe, Richard Armitage, Tim Pigott-Smith.

Également adapté d’un roman d’Elizabeth Gaskell, North & South (2004) traite de la même époque d’un point de vue plus sombre. L’héroine Margaret et sa famille quittent l’idyllique sud rural de l’Angleterre lorsque son père, le Révérand Hale se voit chassé de sa paroisse. L’histoire se déroule sur 4 épisodes et débute avec leur arrivée à Milton, ville industrielle du nord où se trouvent les usines de cotons. Margaret y rencontre le sévère et cruel – mais en fait charmant – John Thornton («Thorn»= épine, ce n’est pas une coïncidence), et qui n’est autre que le riche maître d’une des usines. Déchirée entre son effroi envers les conditions de vie atroces des travailleurs et ses sentiments pour «Mister Thornton», la jeune Margaret se retrouve confrontée à la dure réalité sociale de son temps et aux différences culturelles qui semblent opposer radicalement le nord et le sud de cette Angleterre en pleine mutation. La conclusion évidente ne retire rien au plaisir que l’on peut avoir à regarder ces quelques épisodes…

Pour ceux qui ne sont pas d’humeur romantique :

 

BLEAK HOUSE – Les orphelins de Dickens.

avec Gillian Anderson, Carey Mulligan, Charles Dance, Anna Maxwell Martin.

 

Gillian Anderson dans Bleak House (2005)

Dans un registre différent, Bleak House (2005) est l’adaptation la plus récente du roman de Charles Dickens. Moins connu et moins adapté que certains chef-d’oeuvres de l’auteur comme David Copperfield ou Oliver Twist, on y retrouve les thèmes récurrents de son oeuvre. Deux orphelins se voient victimes d’une injustice, un héritage leur est refusé ce qui les plonge dans une misère totale. L’histoire en 15 épisodes accompagne le procès qui devrait rétablir leur fortune.

À sa sortie, cette adapation a provoqué une polémique chez les spécialistes de Dickens pour son esthétique en marge des adaptations classiques plus posées. Ici le montage cut, les mouvements de caméra, zooms, et la photographie sombre cherchent à retranscrire à l’écran le style d’écriture de Dickens ainsi que les transitions entre les histoires de son foisonnement de personnages… Un traitement à mon sens plutôt réussi et qui a le mérite d’avoir pris des risques. Vous y trouverez Carey Mulligan à ses débuts et qui poursuit maintenant une carrière prometteuse, ainsi que Scully de X-Files en costume d’époque qui lui va très bien.

Bon visionnage !

Bientôt sur Viddy Well, plus de period drama : Retour sur la production d’Orgueil et Préjugés (1995, BBC).

Viddy Well,

E.D.

 

lire le billet

Dernière chance de voir un chef d’oeuvre !

The Deep Blue Sea, le dernier chef d’oeuvre de Terence Davies, ne connait aucun succès public. Dépêchez-vous !

The Deep Blue Sea

On se demande bien ce qu’il faut qu’il fasse, Terence Davies, pour devenir connu du grand public. Sorti depuis une quinzaine de jours, The Deep Blue Sea ne se trouve déjà quasiment plus sur les écrans. Et pourtant, le cinéaste anglais signe là un chef d’œuvre.

Portrait d’une femme au bord du gouffre, le film retrace l’histoire de Hester, de son mariage convenu et ennuyeux, dont elle s’extirpe pour vivre une passion folle et destructrice. Mélodrame qui se différencie du genre par la posture adoptée par Davies. Sa réalisation, son approche de l’émotion cinématographique s’apparente à la peinture. On sait d’ailleurs l’influence qu’a Vermeer sur le cinéaste (observez la lumière utilisée dans le film, la filiation est assez frappante). En effet, c’est en peintre que Davies met en scène les préparatifs au suicide de son héroïne. Entre deux images furtives ( Hester allumant le gaz, étalant une couverture au sol…), le noir envahit l’écran. Peintre encore lorsqu’il encadre son héroïne dans divers cadres : celui de la fenêtre, du miroir… Davies refuse constamment le pathos à portée de main en gardant l’émotion à distance. Je veux dire par là que, contrairement à Douglas Sirk par exemple, Davies choisit de ne pas traiter le drame de plein front. L’émotion et les larmes ne viendront pas assagir le spectateur. Le cinéaste contourne cette violence là. Minimaliste en tous points, Davies montre une douceur profonde et manie son art avec une délicatesse peu commune. L’émotion va donc s’insinuer lentement mais sûrement au plus profond du spectateur.

Si l’émotion est si puissante c’est que Davies se montre d’une générosité peu commune envers ses personnages. Hester d’abord, cette femme à la beauté classique, qui s’offre sans compter à l’homme qu’elle aime. Freddie, qui malgré l’antipathie qu’il fait naître face à son égoïsme, suscite également la compassion lorsqu’on le découvre complexé par une éducation lacunaire, et hanté par une guerre qui avait donné un sens à sa vie. Mais l’homme qui illumine ce trio amoureux – et là se trouve le génie de Davies – c’est William, le mari délaissé. Toujours soucieux de ne point contrarier sa mère à son âge, ce juge de la haute société n’a rien en apparence pour séduire. Plus âgé, bien enrobé, installé dans une existence convenable, il ne peut guère lutter contre les multiples attraits physiques de son rival. Mais au fil de l’histoire, William va se révéler un mari bien plus aimant qu’on aurait pu le soupçonner. Ses regards désespérés suffisent à faire comprendre que son amour et au moins aussi grand – si ce n’est plus – que celui que Hester porte à son amant.

The Deep Blue Sea s’ajoute à la longue liste de films qui traitent de l’amour et du désir. Comme le montrait à sa manière Terrence Malick dans Le Nouveau Monde dans une sublime scène entre Q’orianka Kilcher et Christian Bale, Davies explique également le dilemme de son héroïne en une scène. Alors que Mrs Elton soigne son mari malade, elle explique à sa locataire, Hester, que le véritable amour permet avant tout aux gens de garder leur dignité. Et surtout, que personne ne vaut que l’on se tue pour eux. Mais le feu brûle trop fort et l’amour entre Hester et Freddie n’est plus que larmes et cris. Mais pour Hester, Freddie c’est La vie.

La structure en flashback, étonnante de légèreté, offre le plus beau moment du film. Au bord du gouffre, Hester se souvient des moments de bonheur qu’elle a connus avec Freddie. Un instant plein d’innocence à chanter avec la classe ouvrière anglaise « You Belong To Me ». Hester y dévore son amant du regard, et au chant du peuple vient se superposer la voix de Jo Stafford.  Ce glissement musical s’accompagne d’un glissement visuel puisque de la table du café l’on passe au deux amants, désormais seuls, dansant au rythme de la chanson : « I’ll be so alone without you. Maybe you’ll be lonesome too and blue ».

Eh bien Monsieur Davies, je me permets de vous adresser cette prière. Même si la reconnaissance du public n’est pas à la taille de votre talent, sachez que nous sommes nombreux à vous aimer d’un amour passionné et véritable et que sans vous nous nous sentirions bien seuls, perdus dans la mer bleue et profonde.

Viddy Well.

E.C

 

lire le billet

INFOS CINÉ!

En voilà des infos croustillantes pour ce début de semaine !

Russel Crowe en Dracula pour Eli Roth ?

Le réalisateur Eli Roth (Hostel) prépare pour Warner une nouvelle version de Dracula. Mais attention ! Loin d’être une adaptation du roman de Bram Stoker, ce nouveau film sera centré sur Jonathan Harker, devenu ici détective pour Scotland Yard. Russel Crowe est en négociations pour jouer Dracula, le rôle de Harker n’étant pas encore attribué.

Peter O’Toole prend sa retraite

L’immense acteur anglais, aujourd’hui âgé de 79 ans, a annoncé dans un  communiqué qu’il prenait sa retraite. “The heart for it has gone out of me: it won’t come back” a-t’il déclaré, tout en remerciant la profession de lui avoir tant apporté. A nous de le remercier pour ses incroyables performances tout au long de sa carrière. Au revoir Lawrence !

Hunger Games 2 & 3

Philip Seymour Hoffman jouera bien Plutarch dans Hunger Games 2, Catching Fire, qui sortira en Novembre 2013.  Le troisième volume, Mockingjay, sera divisé à l’écran en deux films. La première partie est prévue pour Novembre 2014, et  la deuxième partie l’année d’après, en Novembre 2015.

Anderson part à la chasse

Wes Anderson prépare déjà le casting de son prochain film. Le réalisateur aurait déjà contacté Johnny Depp, Jude Law, Owen Wilson, Bill Murray, Adrien Brody, Edward Norton, Jeff Goldblum, Angela Lansbury et Willem Defoe. Aucun des acteurs n’est pour l’instant confirmé. Le film se tournera en Europe.

Viddy Well !

E.C

lire le billet

Top 10: Les meilleurs personnages féminins chez Woody Allen

Ah qu’il était bon le temps où Woody Allen faisait de bons films ! Hier, en allant voir To Rome With Love, j’ai été assaillie par la nostalgie. Quel ennui insupportable, quel ridicule que ce film bourré de clichés et de blagues bas de plafond ! Et ces personnages féminins ! De la prostituée à l’actrice nymphomane, de la copine insignifiante à la gentille fille amoureuse, il n’y en a aucune à sauver. Cela est d’autant plus consternant que Woody Allen avait le génie, autrefois, de composer des personnages de femmes complexes et intelligentes.

C’est donc pour contrer mon irritation grandissante que je me suis mise à dresser une petite liste de mes personnages féminins préférés de Woody Allen. Liste assez facile à faire puisque trois actrices illuminent la filmographie du cinéaste. Mia Farrow, d’abord, qui fut LA grande muse, et qui permit à Woody de réaliser ses plus grands films. La délicatesse et la poésie de l’actrice ne furent jamais aussi bien employées que par Woody Allen. Diane Keaton, ensuite, qui restera célèbre à jamais comme Annie Hall. La fantaisie de Keaton, sa vulnérabilité et son humour décalé en ont fait la principale grande actrice comique d’Allen. Et enfin Diane Wiest qui possédait une beauté douce et étrange et avait un jeu hors du commun. On regrette beaucoup que son nom soit aujourd’hui oublié, et que beaucoup omettent de la ranger aux côtés des autres muses du cinéaste.

Voici donc mon Top 10 des meilleurs personnages féminins de Woody Allen

  1. ALICE (MIA FARROW) dans Alice (1990)
  2. ANNIE HALL (Diane Keaton) dans Annie Hall (1977)
  3. MARION POST (Gena Rowlands) dans Une Autre Femme (1988)
  4. LEE (Barbara Hershey), HANNAH (Mia Farrow) & HOLLY (Diane Wiest) dans Hannah et ses sœurs (1986)
  5. CECILIA (Mia Farrow) dans La rose pourpre du Caire (1985)
  6. SONJA (Diane Keaton) dans Guerre et Amour (1975)
  7. CAROL LIPTON dans Meurtre Mystérieux à Manhattan (1993)
  8. HELEN SINCLAIR (Dianne Wiest) dans Coups de feu sur Broadway (1994)
  9. LANE (Mia Farrow) dans September (1987)
  10. MARY (Diane Keaton) dans Manhattan (1979)

Viddy Well !

E.C

lire le billet

THE MUSICAL POST – THE JAZZ SINGER

Maybe we should have started our series of musical posts with the beginning of “talkies”, but it is never too late to come back to our classics… Here are two clips from The Jazz Singer, directed by Alan Crosland and starring Al Jolson.

I can only imagine the beaming smile on people’s faces when they first saw that sound seemed to be coming out of Al Jolson’s lips on a black and white screen in 1927.

You can tell the character who plays Al Jolson’s mother, Eugenie Bessererer, is still used to the silent and dramatic way of acting. Her acting career started in 1910 in an early version of the Wonderful Wizard of Oz. Here we notice she doesn’t speak much and mainly acts with her body, while Al Jolson already seems very at ease with the new technology. He steals the spotlight by improvising dialogue and by pulling the action foward for the first time into the age of talking cinema.

But as Al Jolson says in the movie, “You ain’t heard nothing yet!” – Here is “Blue Skies” written by Oscar winner Irving Berlin.

Viddy Well,

E.D.

 

 

lire le billet

Spotlight on Jason Bell

Photography is truth. The cinema is truth twenty-four times per second.

– Jean-Luc Godard

I don’t know if we can take that as a truth universally acknowledged, Jean-Luc’s God being the art of cinema, but we would like to pay homage to the special bond that has always linked both arts together with a series of posts dedicated to photographers who have collaborated with actors and directors, thus contributing to their immortalization as movie stars. After a first post on photographer Annie Leibovitz, here is a second:

Spotlight on Jason Bell

British photographer Jason Bell graduated from Oxford in Politics, Philosophy and Economy and has, since then, worked with publications such as Vanity Fair, Vogue UK and Vogue US with series of portraits and fashion photographs. He is also the eye behind several film posters such as those of Billy ElliotAbout a Boy and Love Actually.
His most recent work features pictures for Warner Bros with photographs of the cast of Tim Burton’s Dark Shadows, and of the cast of the British hit period drama Downton Abbey.
His photographs can be found at the National Portrait Gallery in London as part of the permanent collection. Among his published books we count Gold Rush (2000), Hats off (2002),Giveget (2004), and An Englishman in New York (2010).
Despite a lot of commercial shots, some are quite visually striking as open windows on the world of cinema. Here is a selection of 11 photographs presenting his work.
For more photographs of his work including landscapes, check out his website: www.jasonbellphoto.com

Viddy Well,

E.D.

Kristin Scott Thomas

 

Kate Winslet

 

Scarlett Johansson

 

Eva Green - Dark Shadows for Warner Bros

 

Stephen Fry

 

Susan Sarandon

 

Kelly MacDonald

 

Ethan Hawke

 

John Malkovitch

 

John Malkovitch

The cast of Downton Abbey for Dec 2001 issue of Vanity Fair

lire le billet