Rentrée US 2013-2014, celles qui…

Chose promise, chose due. Alors qu’il ne me reste plus que 3 ou 4 séries à voir avant la fin de cette première partie de saison, je me fends d’un petit bilan. Je ne vais revenir sur toutes les séries (pour ça, voyez mes posts « Rentrée US »), mais sur 10 d’entre-elles, sur lesquelles je vais coller des étiquettes qui dépendent de mon impression après une poignée d’épisodes — le chiffre varie selon les séries, celles que je suis et celles qui m’ont coupé l’envie d’entrée de jeu. Voici donc 10 séries américaines qui ont marqué ma rentrée 2013-2014, pour une bonne, ou pour une mauvaise raison…

Celle qui est juste la meilleure : Masters of sex.
Il y a des saisons où on peut discuter, débattre, objecter, douter. Cette année, Masters of sex est assez largement au-dessus du lot. Parce que le lot est bas, et parce que la série de Showtime est une vraie réussite : scénario simplement captivant et concrètement intéressant, enjeux dramatiques et émotionnels forts, dialogues pleins d’esprit, personnages complexes interprétés par des acteurs renversants (Michael Sheen, Lizzy Caplan). C’est du tout bon.
Sur Showtime, et sur OCS City chez nous.

Celle qui m’a déçu parce que j’en attendais peut-être trop : Agents of S.H.I.E.L.D.
D’ailleurs, qu’est-ce que j’en attendais ? Joss Whedon est un excellent auteur de divertissements, mais ce n’est pas non plus David Simon ou David Milch. Sa série est ce qu’elle est, pleine d’action, avec des blagues un peu geek et un gentil décalage. Mais ce n’est pas une bombe de culture pop, elle n’est pas aussi maline que Buffy (dont les débuts n’étaient pas non plus une tuerie, sans mauvais jeux de mots) pas aussi osée que Firefly et pas aussi intrigante que Dollhouse (si, si). Bref, je voulais dire « wooouah, trop cool », et je dis « ouuuais, sympa. » On a fait plus littéraire, comme conclusion, mais pour résumer mon sentiment après une poignée d’épisodes, je ne suis pas plus excité que ça de voir la suite…
Sur ABC, et prochainement sur M6 chez nous.

Celle qui m’a agréablement surpris parce que je ne savais pas quoi en attendre : Hello Ladies.
Stephen Merchant appuie là où ça ne fait pas que du bien : sur un machisme plus complexe que celui du sale con bourrin, celui de certains braves types qui tournent goujats à force de mal s’y prendre en amour. Son héros est un boulet, mais un boulet solitaire, malheureux, qui a un bon fond, qui est attachant, mais qui ruine toutes ses relations à force de douter de lui et des autres – un type méga « insecure », comme disent les Ricains. C’est inégalement drôle, mais très justement vu sous les grosses blagues. Je range Hello Ladies avec une de mes comédies préférées, qui elle aussi parle d’un sale con attachant, sur un ton très différent, Eastbound & Down.
Sur HBO, et sur OCS City chez nous.

Celle qui est la plus frustrante : Super Fun Night.
Rebel Wilson est censée être une fille hilarante, mais sa série est juste sympathique (pour l’instant). Parce que Rebel Wilson ne sait pas écrire pour la télé ? Sans doute plutôt parce qu’elle n’a pas sa place sur une grande chaîne, et qu’elle aurait du aller sur le câble. On ne fait pas de l’humour rock’n’roll et un peu gras sur un grand network. On le fait pop et vaguement huileux. Je ne suis pas sûr d’être clair, mais vous voyez l’idée : ailleurs, poussé à fond, ça aurait été mieux.
Sur ABC.

Celle que je vais rapidement oublier : We are Men.
Jerry O’Connell est à la série télé américaine ce qu’est le flashouilleur à Men in Black : tu vois ses séries et pfffiooooouchhhh, tu les oublie. On fait un pari ? Dans deux saisons, on dira « ah ouais il a aussi fait cette série là, ce truc naze avec Kumar et Monk sur des célibataires qui glandent en balançant des inepties vaguement machistes. » Et on ne se souviendra plus du nom de la série. Ça s’appelait We are Men, et c’est déjà annulé.
Sur CBS.

Celle pour laquelle je vais me forcer à voir plus d’épisodes : The Crazy Ones.
Attention, expérience en « live. » Le pilote de The Crazy Ones m’a profondément agacé, ne m’a pas fait rire, et m’a fait me questionner sur les intentions de David E. Kelley envers McDonald (la chaîne de fast-food n’a pas payé pour qu’on fasse sa pub, mais ça n’enlève rien à la pub). Bref, malgré Kelley, Gellar et Williams (ou à cause d’eux, faut voir), je ne voulais pas voir la suite. Mais, parce que c’est eux, je vais de ce pas voir les épisodes 2 et 3, et je vous dis ici. (Une heure plus tard). Bof, toujours pas, en fait. C’est moins hystérique, j’ai ri deux fois en deux épisodes (c’est pas terrible comme ratio) mais je crois que j’ai un problème avec Robin Williams, et plus globalement avec la litanie permanente des personnages, le remplissage assommant du moindre silence par des blagues balancées par des acteurs vaguement sous speed. En comédie, j’aime le rythme et le tempo, pas la vitesse.
Sur CBS.

Celle qui n’est pas faite pour moi : Ravenswood.
Je n’aime pas Pretty Little Liars, je n’avais que peu de chance d’aimer son spin-off. Que je n’ai pas aimé. Ça joue mal, c’est grossièrement écrit, pauvrement mis en scène, et la lecture de l’horreur est aussi mole et banale qu’elle est bourrin et poussive dans American Horror Story. Là, en deux phrases je viens de renforcer mes liens d’amitié avec les fans clubs de Pretty Little Liars et de American Horror Story.
Sur ABC Family.

Celle pour laquelle je me suis enflammé un peu vite : The Blacklist.
Après le pilote, j’étais content. Voilà un bon divertissement, fun, efficace, rythmé, avec un antihéros joyeusement poussif incarné par un vrai bon acteur (James Spader). En fait, The Blacklist est une arnaque bien faite, un énième polar systématique planqué derrière un personnage charismatique. Chaque épisode, on nous refait le même coup, le mystère, le Spader qui déboule, qui se paye la poire d’agents du FBI candides comme il faut, qui finalement sert ses intérêts tout en aidant l’air de rien les gentils. Niveau descendance du Silence des Agneaux (la gentille qui bosse avec le méchant), NBC a fait beaucoup mieux avec Hannibal.
Sur NBC, prochainement sur TF1.

Celle qui est vraiment trop moche pour que je la suive : Once Upon a Time in Wonderland.
Je sais, je suis un garçon superficiel, mais il arrive que les apparences condamnent une relation d’entrée de jeu. Ce sera le cas entre Wonderland et moi. Cette série est trop moche, même avec la belle Sophie Lowe dedans. Si seulement je pouvais faire un vœu : des effets spéciaux moins hideux…
Sur ABC.

Celle qu’il devrait être la prochaine sur la liste des annulations : Betrayal.
Ce n’est pas la pire série de la rentrée, juste un soap longuet sans alchimie entre ses héros et sans subtilité dans les sentiments. Mais je voudrais revoir Hannah Ware dans une bonne série, comme à l’époque de Boss, donc j’espère que ses audiences vont continuer de piquer du nez, et que Ware ira voir ailleurs (comme dans la série, mais en vrai — professionnellement)…
Sur ABC.

8 commentaires pour “Rentrée US 2013-2014, celles qui…”

  1. Tout à fait d’accord pour la plupart, même si je me laisse quand même emporté par Blacklist, et qu’en fan de Once Upon a Time je reste plein d’espoir pour la suite de son spinoff.

    Par contre un gros manque dans cette liste selon moi, Brooklin Nine Nine, seule nouvelle série à me faire rire cette saison, et je parle de vraiment rire, tout au long de chaque épisode. C’est un plaisir rare.

  2. @Avo : Brooklyn 99 est en effet une des rares séries (plus ou moins) convaincantes de la rentrée, mais il ne s’agit pas ici d’un classement des plus réussies, juste de 10 séries notables.

  3. Pour moi aussi, rentrée très décevante au niveau des nouveautés…

    J’ai tenu 10 minutes devant les pilotes des “Goldbergs” et de “Wonderland”…J’ai tenu 3 épisodes de “Agents of SHIELD” et de “The Blacklist” avant de laisser tomber…

    Je poursuis courageusement “Hostages”, parce que vu les audiences, je me dis que la série n’aura pas de saison 2, alors au point où j’en suis, autant voir la fin…(et pus j’aime beaucoup Toni Colette, même si elle est mal exploitée ici).

    Je me garde “Masters of sex”, “Brooklyn 9 9 ” et “The Michael J Fox show” sous le coude, pour un peu plus tard…

    Finalement, la seule nouveauté que je sauve…c’est “Mom”. Ca n’a pas inventé l’eau tiède, mais je ris franchement plusieurs fois par épisode, surtout grâce à Anna Faris et Allison Janney, qui sont très bien toutes les 2, avec un vrai timing comique qui fait mouche…Mais sinon, encore une rentrée décevante dans l’ensemble…

  4. The Blacklist, j’ai vu les 5 premiers épisodes et je suis de plus en plus déçu. Il y a de ci de là, des indices concernant le mari de Liz, mais c’est toujours pour les deux dernières minutes, ce qui frustre réellement. En plus le personnage qui mange des pommes… Quel cliché. Spader est bon, mais ça ne peut pas tout faire.

    Niveau comédie, j’étais parti avec 8 nouveautés et We are Men, pilot hideux, pas étonnant que ce soit arrêté. Super Fun Night, vu les 3 premiers épisodes et ça m’a suffit, c’est quand même hyper plan plan. The Millers, j’étais en parti enthousiaste, vu le pilote et ouh, des blagues sur des pets… Sérieux ??? Dads, un pilote complètement râté, un deuxième épisode ou j’ai pas mal rit, puis un 3, 4 et 5 trop mauvais pour continuer. Le problème des 3 premiers épisodes de The Crazy Ones est que je n’ai pas rit un instant… Etant donné que c’est une comédie, je passe. The Mickael J Fox show. J’ai regardé les 4 premiers épisodes et c’est trop mielleux pour moi. La morale en fin d’épisodes, c’est hyper gênant. Finalement les bonnes surprises viennent de Mom avec un beau et drôle duo Farris – Janney. Je vais continué de suivre la série pour voir si les quelques caricatures qui saupoudrent chaques épisodes deviennent lassantes ou attachantes. Enfin Brooklyn Nine Nine, des enfants dans un commissariat de police, c’est drôle et efficace (pas toujours mais en grande partie). Les rôles secondaires sont bons (Charles et Gina). Samberg pourrait s’avérer un poil agaçant sur le long terme, mais j’imagine qu’on s’y habituera avec plaisir. J’ai zappé le reste des nouvelles comédies du network.

    Concernant le câble, je testerais Master of sex et Hello Ladies pendant mes vacances de fin d’année.

    Rock n’Roll
    Julien

  5. Une bien triste rentrée côté nouveauté, pas un drama potable sur les networks. J’avais bien aimé le pilot de Lucky 7 mais ça a été annulé à l’épisode 2, du coup je ne regarde aucun nouveau drama.

    Côté comédie, Brooklyn Nine-Nine est la meilleure comédie loin devant la meute. Pour le reste je regarde sur Michael J Fox Show pour son casting, idem pour The Millers et pourtant c’est pas terrible tout ça.

    Sur le cable Masters of Sex est effectivement d’un très bon niveau (espérons que Showtime ne gâche pas une énième série en la prolongeant même quand elle n’a plus rien à dire) et j’adhère à fond à Hello Ladies également.

    Heureusement qu’à côté de tout ça il nous reste de bonnes vieilles valeurs sûres, sinon ça serait une rentrée série à devenir dépressif.

  6. American horror show est pour moi la série la plus intéressante en ce moment.

  7. J’ai suivi tes semaines de rentrée US et je suis pour la plupart du temps d’accord avec toi.

    Masters of sex est également ma number 1, c’est juste génial et si original ! Ce qui de nos jours n’est pas de refus…
    Pour ce qui est de Hello Ladies, c’est vrai qu’au début je le sentais un peu moyen et puis au fil des épisodes je trouve ça pas trop mal! C’est un schéma assez intéressant. Après c’est pas la série du siècle mais ça fait pas de mal.
    Je ne pourrai effectivement pas en dire de même pour Alice in Wonderland qui (en effet) brûle les yeux. Déjà que la série de base était pas top top niveaux effets spéciaux alors là c’est un loupé. Et franchement, je n’ai même pas apprécié l’histoire qui est un gros cliché bien niais. Je l’ai vite mise au placard au bout de 2 épisodes.

    Pour ce qui est de Super fun night, j’ai tendance à pencher un peu comme toi. C’est pas trop mal, mais c’est pas trop bien non plus. C’est un divertissement “okay” comme l’on dirait mais je le regarde quand je n’ai rien à faire disons. Dommage, j’adore Rebel Wilson, mais bon, peut être mieux au cinéma à mon avis…

    J’ai regardé aussi le pilote de Ravenswood (que, comme une quiche, j’ai regardé avant la suite de PLL… pas très intelligent vu que ça se suivait mais bon xD). Alors de mon côté oui je regarde PLL (par pur divertissement depuis la saison 2 en fait, j’ai un peu cessé d’y croire…) mais pas d’un oeil très attentif.. Du coup Ravenswood c’est un peu pareil, surtout que je crois moyen à l’alchimie entre les deux acteurs principaux : c’est la série de l’ennuie ou de fond. Cette histoire de spin-off on l’aura dit des millions de fois : c’est pas toujours une bonne idée. Period.

    J’adore ton blog et tes avis critiques, même si parfois c’est un avis différent, toutes les critiques sont bonnes à prendre pour pouvoir bien juger une série. Ca fait avancer mon débat sériel c’est cool ! Et ça me tient un peu au courant de ce qui se passe dans les autres séries que je ne regarde pas (encore). Keep up the good work!

  8. MOS est sans conteste la série passionnante du moment. C’est une sorte de “prequel” de Madmen (on est dans les 50’s), qui nous laisse entrevoir le chemin restant à parcourir dans une Amérique à la fois ultra moderne et ultra-coincée.

    Il y a de l’épaisseur dans le scénario de chaque épisode; le déroulé ne suit pas le côté prévisible des séries d’action. Idem pour la complexité des personnages (Masters en est un bel exemple). Bref, c’est plutôt fin. Et *cherry on the cake*, on retiendra la reconstitution de l’époque, qui donne un lustre supplémentaire au package.

    Côté Agents of S.H.I.E.L.D., je dois dire qu’après avoir vu le 4ème épisode (Girl in the Flower Dress), je commence à bailler sérieusement. On est sur la voie de Transformer, une vague idée qui repose sur un assemblage d’effets spéciaux, sans grand intérêt sur le plan narratif. En plus, le contexte qui entoure l’existence de S.H.I.E.L.D. étant assez mal présenté, on a finalement l’impression d’un prétexte pour plonger dans les histoires habituelles assaisonnées de quelques super-héros pour donner le change. Quant aux personnages, on a du cliché en veux-tu en voilà. Stan Lee, where are you ?

    Un truc à suivre, Sleepy Hollow, qui n’est pas aussi creux qu’un corps sans tête.

    Pascal

« »