Mi-saison 2012-2013 : Semaine 8

Enfin une vraie semaine, avec plus d’une nouveauté dedans. Dans cette mi-saison étirée comme un vieux Malabar, les choses ne se sont pas franchement resserrées, mais la chaîne History, championne des audiences câblées depuis le carton (critiquable) de Hatfields & McCoys, proposait deux séries en une seule soirée, la minisérie The Bible (amen) et le nouveau bébé (poilu) de Michael Hirst, Monsieur séries historiques, Vikings (beuaaar). Parce que c’était la semaine du cheveu, le même soir, ABC lançait Red Widow, avec Ansom Mount de Hell on Wheels (qui meurt vite, c’est dans le titre…). Alors, heureux ?

THE BIBLE (History)

De quoi ça cause. De tout un tas de types qui entendent Dieu et qui, du coup, font plein de trucs dingues (crâmer des buissons, traverser des mers sans nager, transformer l’eau en vin, etc.) qui finiront dans un bestseller très courru dans les tables de chevet des hôtels ricains : la Bible.

Comment je la sentais. Nerveusement. La dimension religieuse jouait assez peu pour moi, étant agnostique, mais la Bible reste un texte majeur, que tout le monde devrait lire un jour (avec le Coran, la Torah, etc.), croyant ou pas. Du coup, elle mérite qu’on la raconte intelligemment, sobrement. Pas dans une version ridicule, gonflée aux hormones, où Jesus II est de retour, mais sérieusement. Ce que les bandes annonces laissaient craindre. Vu que les producteurs de cette chose sont les créateurs des Anges du Bonheur, une bondieuserie heureusement quasi inconnue en France, je ne m’attendais pas à une analyse critique et moderne du texte sacré…

Ce que je pense du pilote. J’ai appris plein de trucs sur la Bible. Par exemple, pendant la destruction de Sodome, et ben y’avait un ange asiatique qui lattait la tête de tous les méchants pécheurs en mode kung-fu. Et Abraham beuglait toujours “Ayez foi en Dieu !” avant de massacrer ses ennemis. Boursouflée, sans doute fidèle, dans les grandes lignes, au texte, cette Bible est franchement pénible à suivre pour un téléspectateur autre que 13 millions d’Américains aussi croyants que piètres téléspectateurs qui se sont collés devant dimanche dernier. Les acteurs ne sont pas (tous) mauvais, la mise en scène pas (toujours) pompière, mais c’est d’une linéarité crasse, et d’un chiant certain si vous ne la regardez pas, soit 1. avec ferveur parce que vous êtes très croyant et que vous n’avez pas l’honnêteté de trouver ça nul. Ou 2. en rigolant franchement, surtout quand l’ange asiatique se la joue Kill Bill.

Ma note : 3/10, Dieu me pardonne, mais je préfère Jesus II, le retour. Cette version-là de la Bible ne vaut pas un clou.

VIKINGS (History)

De quoi ça cause. De Ragnar Lodbrok, un célèbre Viking, figure moitiée historique moitiée légendaire, qui eu l’idée saugrenue, quand ses copains barbus s’en allaient chaque été piller, détruire et violer ne vous déplaise vers l’Est, vers la Russie, d’aller voir ce qui se passait à l’Ouest, vers chez nous et les Anglais.

Comment je la sentais. J’avais des doutes. La campagne de pub lorgnait vers Game of Thrones (“Un orage arrive”, disaient les affiches, comme si on se souvenait pas de “l’hiver arrive”), ce qui ne pouvait pas faire de mal mais laissait craindre une chose extrêmement prétentieuse. La présence de Michael Hirst, le “roi” de la série historique, des Tudors aux Borgias américains (dont il ne fait plus partie), n’était pas pour me réjouir. Je n’aime pas sa vision “rock’n’rollisée” de l’Histoire, et Les Tudors restent dans mon Top 10 des séries sur lesquelles je me suis acharné.

Ce que je pense du pilote. C’est pas mal du tout, en fait. Travis Fimmel, beau gosse qui n’avait jusqu’ici pas fait grand-chose de glorieux, s’en tire plutôt bien, dans une série qui, après une scène d’intro un rien grotesque, avec combat à la hache et intervention des Dieux, brille plutôt par sa sobriété. Une fois les rires initiaux ravalés face au style de Gabriel Byrne, méchant à moustache et moumoute, il s’agit finalement d’une aventure très simple, d’un récit classique, celui d’un rebelle qui veut aller vers l’Ouest quand les autres vont vers l’Est. Sans trop de chichis, Hirst s’attache à son héros, n’évite pas quelques lourdeurs mais, History oblige, doit nous épargner ses ridicules scènes de culs, généralement copiées sur les téléfilms érotique d’M6. On est encore dans une version décorative de l’Histoire (tout le monde il est beau comme dans une pub Ikea de l’époque médiévale), mais le divertissement est au rendez-vous.

Ma note : 6/10, et je ne dirai qu’une chose : Njut !

RED WIDOW (ABC)

De quoi ça cause. Marta est une mère de famille comblée : elle vit dans une super villa à San Francisco, elle a trois beaux enfants, son papa a l’air un peu mafieux (oula, ça sent l’embrouille) et son mari assure les finances en livrant de la coke (et ben voila, qu’est-ce que je vous avez dit ?). Quand ce dernier se fait descendre (ça devait arriver) elle est contrainte de reprendre le business familial, et de breaking bader.

Comment je la sentais. Mollement. N’ayant aucune connaissance de la série hollandaise dont cette histoire est adaptée, je n’avais pas d’a priori. En revanche, les bandes annonces laissaient craindre un gros côté familial culcul la praline, avec ralenti et i love you post mortem. La simple présence, plus caricaturale tu meurs, du Croate Rade Šerbedžija en papa mafia, me faisait craindre le pire. Même si ça me faisait plaisir, par ailleurs, de voir revenir Goran “Dr Kovac” Visnjic à la télé américaine, ici en homme “d’affaires” inquiétant et charmeur.

Ce que je pense du pilote. Par pitié, épargnez-nous les pilotes de 90 minutes. Soit votre série et accrocheuse et 45 minutes feront l’affaire, soit vous flippez que les 45 premières minutes soient soporifiques, auxquel cas retournez un pilote, changer quelque chose, mais ne nous faites pas subir une interminable intro comme celle de Red Widow. Il faut certes nous rendre Marta attachante, humaine, mais quand cette histoire devient un peu divertissante, c’est trop tard, on a piqué du nez. Car, il faut le reconnaitre, sans améliorer ses dialogues ni la qualité globale des performances de ses comédiens, la série est un peu plus amusante quand Marta se retrouve dans la coke jusqu’au cou, forcée de devenir criminelle. Elle est même parfois un peu drôle. Très mochement mise en scène et très piètrement produite (c’est un peu mieux que l’affreuse Missing, mais limite pour une grande chaîne), Red Widow aurait pu être sympa, si elle était plus nerveuse, plus efficace, plus dense.

Ma note : 4/10, pour Visjnic, savoureux en méchant, et quelques seconds rôles tenus par des acteurs qu’on aime croiser (Lee Tergesen notamment).

Images : Vikings et The Bible (History), Red Widow (ABC)

4 commentaires pour “Mi-saison 2012-2013 : Semaine 8”

  1. Très marrante votre critique de la bible ^^.

    C’est vrai que Vikings est pas mal du tout. Il y a une réelle volonté de montrer la vie quotidienne des Vikings et le pilote n’est ni kitsh ni bourré de poncifs.

  2. “la Bible reste un texte majeur, que tout le monde devrait lire un jour (avec le Coran, la Torah, etc.)”

    C-a-d que la Torah c’est justement a peu pres ce que les chretiens appellent “Ancien Testament” dans la Bible et c’est la partie adaptee (de facon certes ridicule) dans cette serie.
    Etre agnostique ne signifie pas etre ignorant.

  3. Rien d’engageant cette semaine 8 ! Merci pour l’article 🙂

  4. Bonjour,
    Entièrement d’accord avec votre critique de Vikings Pierre. J’ai vu les 4 premiers épisodes et j’adopte ; ce n’est pas la série du siècle mais c’est très distrayant et plaisant. Merci à vous pour cette découverte.

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