The Walking Dead, enfin !

Certains vont à confesse le dimanche matin. Moi, j’y vais le samedi soir, avant de sortir. Ce week-end, j’avoue, j’ai enfin eu ce que je voulais avec The Walking Dead. Après deux saisons de déception (toute relative, la série étant déjà bien, mais pas autant qu’espérée), la série horrifique d’AMC est enfin devenue ce qu’elle semble pouvoir être de mieux : un thriller gore, capable de choquer, de faire crever ses héros à la pelle – et dans d’atroces souffrances – une série qui nous fait relever les genoux sur notre canapé et rire à gorge déployée quand on sent que ça va mal tourner – un bon vieux mécanisme de défense. Et tout ça sans (trop) perdre de la subtilité de son regard la capacité des hommes à rester humain face à la catastrophe. Je voulais donc avouer ici, et sans spoiler, que The Walking Dead est enfin une série satisfaisante pour le fan de la BD que je suis.

Parce qu’elle a très nettement accéléré son rythme.
Les séquences interminables au son des grillons, ça avait son charme, mais on manquait parfois de s’endormir. Il faut dans une œuvre post apocalyptique poser une ambiance, installer la solitude, le vide, le malaise. Mais au bout de deux saisons, on avait notre dose de mollesse. On sentait depuis la seconde moitié de la saison 2 que les choses allaient s’accélérer. C’est fait. Sans se priver d’instants de répit, bien pratiques pour continuer de construire les personnages, The Walking Dead laisse beaucoup plus de place à la violence, au gore, à la mort, bref, aux zombies. Au risque de devenir un divertissement moins profond ? Peut-être, mais on ne regarde pas une série horrifique pour voir des gens causer des plombes sur le seuil d’une maison. Avec cette saison 3, les scénaristes soignent toujours l’humain, mais ont renoncé en bonne partie au vide et à l’attente. « Action ! » comme on dit.

Parce que toute cette attente n’a pas été vaine.
Depuis la saison 1, je ne cessais de dire : pour qu’on s’attache aux personnages, il faut les mettre en danger plus nettement. Nous faire sentir à nous, téléspectateurs, que les zombies sont là, tout près, terrifiants. Que tout le monde peut se faire bouffer, à tous moments. Le « body count » était bien trop faible. Dans la BD, en même temps qu’on s’attache à Rick et aux autres, on les voit se faire croquer. Les effets sont simultanés. L’équipe de la série a préféré d’abord construire les personnages, ensuite les faire crever. Le choix est compréhensible, tant il faut des êtres de chair complexes pour qu’une série tienne la route. Reste que certains, à trop causer, à trop nous gonfler avec leurs états d’esprit, avaient fini par me taper sur le système. Une chance, ceux-là sont maintenant susceptibles de réduire leurs discours à « grrraaaahhh grrruuuueeeuuh. » Évidemment, je ne vous dirais pas de qui je veux parler…

Parce qu’enfin on flippe un peu.
Il y a bien plus de sang dans cette saison 3, et bien plus de chair arrachée – il faudra m’expliquer, au passage, comment les zombies, qui ont des dents toutes pourries, arrivent à croquer jusqu’à l’os… j’ai jamais essayé de mordre quelqu’un, mais à mon avis je me péterais toutes les chicots. Bref. Les scénaristes ont eu la bonne idée de retourner vers la BD, et d’utiliser le décor de la prison, parfait huis clos sombre, labyrinthe truffé de morts-vivants, avec option surprise au tournant. C’est classique, mais ça marche. Et puis, surtout, et c’est là que je refuse de spoiler, il y a là, enfin, de vraies scènes choc. Ceux qui l’on vu causent tous de l’épisode 4 de cette saison 3, pas loin d’être aussi shocking que la BD – enfin, de loin, car on ne pourra jamais faire aussi horrible que la BD, sous peine de passer en interdiction à moins de 18 ans. On sort enfin de certains épisodes tremblant, flippé, ému.

Parce qu’on n’oublie quand même pas complètement de réfléchir à l’humain.
Pendant que Rick et ses copains se font cuisiner en taule, les scénaristes sont allé chercher un autre élément narratif clef de la BD : le Gouverneur. Sa version télé est plus soft – le type du bouquin est clairement indiffusable – plus humanisée, pour pouvoir continuer de porter la réflexion de The Walking Dead sur la fragile frontière entre monstruosité et humanité. Le Gouverneur pourrait bien être un Rick au stade avancé, le dictateur confirmé que Rick pourrait devenir. Il est l’homme détruit par la catastrophe, devenu la catastrophe elle-même. L’horreur. Le vrai Walking Dead, mille fois plus dangereux qu’un zombie parce qu’encore capable de mentir, de duper, de calculer…

Donc, The Walking Dead semble se rapprocher très nettement de ce qu’elle peut être de mieux. Elle n’en devient pas ma série favorite, mais assurément une œuvre à part, la seule série horrifique réussie du moment (je n’aime pas American Horror Story, que je trouve ridicule, pas effrayante). On croyait que Frank Darabont était ce qui pouvait arriver de mieux à la série. Il semblerait que ce soit son départ qui lui ai permis de décoller — même s’il ne s’agit pas de jeter les deux premières saisons.  Zombie or not zombie ? Zombie, assurément !

The Walking Dead est en première diffusion sur OCS, et en rediff sur TF6 et NT1.

4 commentaires pour “The Walking Dead, enfin !”

  1. Chouette critique,
    Perso, j’ai accroché dès le début, et j’attends les episodes avec avidité. J’aimerais tant qu’ils durent 1h30 et pas la moitié.

    Vraiment une très bonne série que la saison 3 rend encore meilleure.

  2. Au début, j’ai regardé cette série par défauts, à cause de mon amoureux. C’était sympa mais je ne cherchais pas à savoir ce qui c’était passé quand je m’endormais devant un zombie croqueur de chaire humaine. Et puis la saison 3 est arrivée avec un personnage qui me ressemble. Vous savez cette femme Noire avec ses locks et ses esclaves zombies! ( en revanche, je n’ai pas de zombies soumis à ma disposition)
    Au delà de cette guerrière, la série prend une autre tournure et fatiguée ou pas, je ne m’endors plus devant les zombies!

  3. Bonne analyse de cette saison 3. J’ai été un peu plus emballé par la saison 1 mais beaucoup moins par la saison 2 et ses nombreuses longueurs.
    Que dire de la saison 3, pour avoir lu le comic Book, j’attendais beaucoup de cette reprise et de l’introduction de Michonne et du gouverneur.
    Comme tu le dis si bien, on a enfin ce que l’on attend le plus, de l’eclatage de zombies en veux tu en voilà.
    Ce que j’apprécie énormément dans la réal, c’est que je suis quand même surpris par la tournure des épisodes qui ne suivent pas forcément la trame du Comic Book. C’est cette attente et ce traitement du scénar qui fait du show de Amc une très bonne saison où chaque personnage prend l’ampleur qui lui est accordée dans la BD

  4. Cette série est purement magnifique.

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