Rentrée US 2012-2013 : semaine 1

Cette fois-ci, c’est la bonne. C’est la rentrée. J’ai remis mon cartable sur mon dos, j’ai pas oublié mon équerre, mes billes et mes malabars, et je suis retourné à l’école. Une école plutôt cool, où il faut avoir le courage de se vautrer dans un canapé moelleux pour regarder les pilotes des nouveautés US. Que du bonheur ? Pas vraiment, tant cette classe 2012-2013 fait pour l’instant plutôt peur, avec assez peu de projets excitants et une absence remarquée des chaînes du câble, qui ont visiblement préféré se réserver pour la mi-saison. La première semaine n’ayant proposée que deux séries fraiches (je ne compte pas Go On et Animal Practice, déjà critiquées après leur diffusion olympique), je suis allé chercher une minisérie diffusée le 3 septembre. Au programme, donc : Coma de A&E (la minisérie), The New Normal et Guys with Kids de NBC.

 

COMA (A&E)

Comment je la sentais. Plutôt pas si mal. Comme je ne savais presque rien de l’histoire, je me fiais au casting, plutôt balèze : Lauren Ambrose, qui a toujours l’air d’avoir 18 ans alors qu’elle en a 34, Genna Davis, James Woods, Ellen Burstyn, Richard Dreyfuss et quelques autres vieux de la vieille. Je n’ai pas lu le livre de Robin Cook, ni vu le film de Michael Crichton avec Michael Douglas. Donc, pas vraiment d’a priori.

Ce que je pense du pilote. Ou plutôt, de ses premières 90 minutes, le jeu étant un peu différent avec une minisérie en 2×90′ (que j’appelle aussi volontiers un téléfilm en deux partie quand j’ai moins de temps à perdre). Avec de bons acteurs, il faut être mauvais pour rater son coup. Coma n’est pas une franche réussite, elle est un peu longuette (comme beaucoup de miniséries qui auraient pu n’être qu’un film de 2h), certains de ses dialogues et de ses personnages secondaires sont un poil faciles, mais on s’y laisse prendre. Le mystère est gentiment entretenu, la “vérité”, découverte en fin d’épisode, est assez flipante pour qu’on s’inquiète, Ambrose est un peu trop candide — limite suicidaire — mais elle est attachante, Woods est comme d’hab ambigu et Burstyn cinglée. Ce n’est pas du grand art, mais du divertissement correct, suffisamment bien troussé pour qu’on se demande comment ça va finir.

Ma note : 5,5/10, pour le casting et la tenu globalement correcte de l’ensemble.

 

THE NEW NORMAL (NBC)

Comment je la sentais : Tendue. Le sujet est attirant, son ouverture, son côté “conservatismes, je vous emm…” tentant. Une série sur un couple gay et une mère porteuse, on aurait voulu voir le pilote assis inconfortablement dans le salon d’un bigot à fusil du Texas. Juste pour rigoler. Le souci, c’est que c’est Ryan Murphy qui est à la manœuvre. Autant dire, un bourrin, aussi délicat dans son écriture que le redneck dans son dégommage de tourterelles. Je craignais donc que The New Normal soit aussi balourde qu’elle devait être bénéfique à l’évolution des mentalités.

Ce que je pense du pilote : Ryan Murphy a fait exactement ce qu’on craignait qu’il fît : une comédie caricaturale, où tous les personnages en font des caisses (un critique américaine écrivait que le personnage de la grand-mère de l’héroïne, incarnée par Ellen Barkin, lui “faisait mieux saisir toutes les nuances de Sue Sylvester“) et où tout, ou presque, sonne faux, artificiel, trop écrit. Pas une once de sincérité, d’humanité, de naturel, que du poussif, de l’artifice, des émotions lyophilisées et des répliques réchauffées. Sans doute les conservateurs la prendront quand même dans le bide — les Républicains sont directement visés — et les associations de défense des droits LGBT pourront s’en réjouir si la série marche un temps. Mais le critique, surtout celui qui n’aime pas Ryan Murphy et ses postures commercialo-provoc’, n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent.

Ma note : 3/10, pour ce que The New Normal défend.

 

GUYS WITH KIDS (NBC)

Comment je la sentais : Pas terrible. Les bandes annonces ne faisait vraiment pas rêver, et le sujet ne touche que de loin le célibataire sans enfants que je suis. Et pourtant, j’aime beaucoup Jimmy Fallon, qui me fait généralement rire, et ça me faisait plaisir de revoir une autre “fille de” du début des années 2000, après Lauren Ambrose, Jamie-Lynn Sigler, alias Meadow Soprano, ici mère au foyer.

Ce que je pense du pilote : Je m’interrogeais jeudi sur l’état de santé des sitcoms. Le manque d’inspiration criant de Guys with Kids a été le déclencheur de cette interrogation. Ses personnages ne sont pas antipathiques, loin de là. Leurs histoires ne sont pas nulles, non. Elles sont justes sans grand intérêt, déjà vues, prévisibles, et surtout leur réservoir est si peu chargé en bonnes blagues qu’on peut difficilement dépasser les 3km/h et qu’on fait panne sèche au bout de 10mn. La preuve, je n’ai en tête qu’une seule réplique amusante, par ailleurs présente dans les trailers : Le “welcome to the octogone !” lancé par un des pères à un bambin quand il le dépose dans son parc… On a connu Jimmy Fallon plus inspiré, et surtout plus culotté.

Ma note : 4/10, parce que les acteurs sont sympas, et que si ça se trouve, Jimmy Fallon était aux toilettes pendant l’écriture du pilote et que, quand il va revenir, ce sera mieux.

 

Mon vainqueur de la semaine : Coma

On a fait nettement plus glorieux comme vainqueur, mais au moins je ne me suis ni franchement ennuyé, ni agacé devant cette modeste minisérie. Je n’aimais pas Murphy, je ne l’aime pas plus. J’aimais Jimmy Fallon, il m’a déçu. La suite, avec Revolution et The Mob Doctor, la semaine prochaine !

3 commentaires pour “Rentrée US 2012-2013 : semaine 1”

  1. Pour l’instant sur les nouveautés
    The New Normal: j’ai tenu 7 minutes, j’ai pas souris une fois. Ça sent la provoc’ a deux balles avec des caricatures sur pattes, vraiment pas envie d’aller plus loin.

    Guys With Kids, là j’ai regardé le pilot en entier cette fois mais c’est pas bon. les vannes tombent toute à plat et voir Anthony Anderson dans un rôle aussi fade quand on a encore et pour toujours Antwon Mitchell en tête, ça fait mal.

    Ben & Kate: Agréablement surpris, j’en attendais pas grand chose et c’est plutôt sympathique, Rien de folichon mais ça se regarde avec plaisir.

    A côté de ça on est quand même content de l’existence de nos voisins anglais, leurs BBC et la nouveauté Good Cop.

  2. Peu de suspens pour la critique de revolution…
    Il fallait oser faire une série aussi minable…

  3. Je pense que quand des séries comme True Blood, Breaking Bad ou Dexter seront finies, peut-être que leurs créateurs s’attèleront à de nouveaux projets plus réjouissants… faut espérer!

« »