Mais achetez donc Community !

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Chose promise, chose due. Désormais, le lundi, ce sera post critique. Comme le mot “critique” est un peu surfait, disons plutôt ceci : le lundi, on parlera d’une série, et non pas d’un sujet “transversal”, comme on dit, encore moins d’une actrice, d’un acteur ou du dernier trailer. D’une série dont il faut parler. Parce qu’elle est neuve, parce qu’elle est chouette, ou parce qu’elle craint à mourir. Dans la catégorie “jetez-moi ça par dessus le bord de votre télé”, nous avions dit tout le bien qu’on pense de Hellcats. Cette semaine, au risque de me répéter, et de passer pour un agent infiltré de NBC et de Sony, je dis : mais bon Dieu de bon Dieu de bon Dieu (et encore je me retiens), qu’est-ce que vous attendez, chères chaînes françaises, pour acheter Community ?

Pour ceux qui ignoreraient mon classement des 10 meilleures nouveautés de 2009-2010, Community était en tête, devant (si, si) Treme, pourtant une grande œuvre de l’immense David Simon. Treme, elle, arrive déjà, ce samedi, sur nos télés. Sur la confidentielle Orange, mais tout de même. Community, qui est outre-Atlantique sur le point d’entamer sa deuxième saison, attend elle toujours son heure. Pourtant, de mémoire de sériephile, ça fait belle lurette qu’on n’avait pas rigolé comme ça. Rembobinons : Community, c’est l’histoire d’un groupe d’étude dans un “community college”, ces universités pour grandes personnes ayant foiré leurs études et voulant enfin posséder un diplôme. Ahahahahahaha. Hilarant, non ? Non. Ce qui fait la force de cette comédie, c’est que ses scénaristes se sont tenu à cette peinture d’une bande de losers le temps… du pilote. Au pire de deux ou trois épisodes, avant de partir en vrille.

Les études ne sont ici qu’un décor, un prétexte à déconade massive, à concours de répliques et à parodies. Portée par des acteurs tous inconnus chez nous (à l’exception, si l’on veut, de Chevy Chase, ancien pilier du Saturday Night Live et, pour les spécialiste, de Alison Brie, la Trudy Campbell de Mad Men) mais tous absolument géniaux, Community a su donner à sa dizaine de personnages principaux un caractère bien défini, un humour à part, une sensibilité, une vraie épaisseur. Évoluant en permanence (surtout à partir de la mi-saison) entre la gentille comédie attachante et le délire le plus total, la série rappelle dans son ton ultra référencé, sa pléiade de personnages et son humour absurde 30 Rock, sa voisine d’NBC, mais elle pousse encore plus loin le délire. Il se dégage une réjouissante impression de dérapage au visionnage des ultimes épisodes de la première saison. Comme si les scénaristes, désormais assurés de revenir en seconde saison, s’étaient complètement lâchés — cf. l’épisode du paintball, déjà culte, en vidéo ci-dessous.

Résumons : un casting cinq étoiles, des personnages énaurmes (Abed et Senor Chang sont du calibre d’un Barney Stinson, Jeff est un sommet de coolitude sensible), des scénaristes excellentissimes, capables de truffer leurs textes de blagues référencées (on y parle énormément de cinéma et de séries, de Mad Men à Will Hunting), un rythme infernal, Community frôle la perfection côté comédie grand-public (par opposition à une bombe indé comme Louie). A chaque fin d’épisode (d’ailleurs, les chutes de Abed et Troy sont à se casser les cotes), on a l’impression d’avoir partagé un fou rire légèrement alcoolisé avec Jeff et ses camarades, une de ces rigolades incontrôlables, qu’on ne peut avoir qu’avec un groupe d’amis. De ceux qui nous font lâcher, plein d’affection et de joie : “ahhh… les cons…”

Ah, et, oui, ce serait dommage que la France n’ai pas droit à ce plaisir. Donc, pour Community, je me ferai commercial : Cher PAF, ACHÈTES-MOI ça. ET VITE !

Image de Une : Community, NBC.

7 commentaires pour “Mais achetez donc Community !”

  1. “Abed et Senor Chang sont du calibre d’un Barney Stinson”

    Abed est tres tres tres loin au dessus d’un Barney et meme d’un Sheldon.
    Community c’est genial, extremement intelligent et fin, et tres marrant. Mais je ne vois pas comment ca peut passer en France quand il faut au minimum une culture pop americaine enorme pour ne serait-ce que comprendre les principales blagues.
    C’est la serie la plus meta jamais faite je pense, avec Abed qui commente les evenements en direct live comme s’il etait un telespectateur qui decortique les mecanismes des sitcoms, et qui va jusqu’a faire une mise en abyme (pas assez utilisee) avec sa propre serie parallele a l’interieur de la serie qui reprend les memes personnages, joues par d’autres acteurs, que ceux de la serie elle-meme.
    Bref c’est genial vivement la suite cette semaine.

  2. Trop de références incompréhensibles par 99% des Français.

    De toute façon, intraduisible.

    Mais tellement drôle !!

  3. Je viens de finir la série, et j’en suis fan. Je me suis fait happé dès le pilote samedi soir pour finir le 25eme épisode deux jours après.

    Et effectivement, ce qui en ressort c’est un certain nombre de fous rires, des “ah les cons” assez régulièrement et une impression de déconnade permanente. 😀

    Même sans saisir toutes les références (exercice encore plus difficile sans les sous-titres, dont j’ai choisi me passer depuis quelques semaines), l’humour reste très abordable pour moi.

    J’ai particulièrement adoré l’épisode sur le Paintball complètement déjanté et dégagé de toutes contraintes. On sent que les scénaristes se sont fait plaisir et nous font plaisir. x)

  4. Et encore si il n’y avait que la série “Community” ignorée par les télés française, mais Il y en a tellement!

    J’aimerais bien connaitre les prix de vente de ces séries en 1er diffusion, et les mettre en parallèle avec les budget des prime-time de TF1 et France2 ou encore des chaines TNT type W9.

    Lorsque l’on voit TF1 s’engager par effet de mode sur Dexter pour finalement le reléguer à 23h et abandonner toute promo, on comprend bien que ça manque de “couilles” à la direction des programmes, et qu’il faut pas froisser Mamie…

  5. très bonne série malgré un finale un peu confus et pas très heureux. J’aime surtout le ton décalé parfois acide et je n’avais pas reconnu Chevy Chase que j’adore tout de suite.
    Quant au fait qu’on ne la voit pas sur le Paf, eh bien je me dis que si c’ets pour être massacrée comme tant de séries, c’est mieux ainsi..

  6. Quoiii ? ca ne passe pas encore en France ?! Je vis au Mexique et ça fait un carton sur le câble (comme aux US mais en moins fort quand même) depuis des mois !

  7. Entièrement d’accord avec tout ce qui a été dit. Je rajouterai des épisodes cultes comme celui avec la bataille au paintball ou celui du contrôle de la cantine façon Les Affranchis.

    Et quand on est passé par la fac de Lettres de Montpellier cela rappelle pas mal de souvenirs.

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