“La différence entre Vampire Diaries et Twilight ? Nous, on a du cul…”

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Les vampires sont partout. Entre nous, c’est agaçant. J’ai personnellement choisi mon camp, celui de True Blood, j’ai baillé à m’en décrocher la mâchoire devant Twilight, apprécié Being Human, lâché après un seul épisode The Gates… et hésité face à Vampire Diaries. Il faut dire que ce pur produit made in CW, histoire au demeurant classique de vampires, de lute fratricide et d’amour torturé a été imaginée par Kevin Williamson, le papa de Dawson et de Scream, deux œuvres majeures — quoi qu’inégales — de mon petit répertoire intime. Alors quand Ian Somerhalder, qui incarne Damon, le frère diabolique de Vampire Diariesqui en plus est un ancien de Lost (Boone, vous vous souvenez ?) , est passé par le Festival de Télévision de Monte Carlo, en juin dernier, j’ai sauté sur l’occasion. Parce que franchement, c’est pas un peu gonflant toutes ces séries sur les vampires ?

Ian Somerhalder : Vampire Diaries n’est pas une série de plus sur les vampires. Si on ne regarde que le pilote, c’est clair qu’on est dans le registre de Twilight : la mortelle rencontre le vampire, elle tombe amoureuse. Ok, ça c’est fait. Ensuite, les choses changent. Par exemple, nous, on a du cul. Pas eux. Non, sans blague, on sait ce que l’on doit à Twilight. Sans leur succès, on ne serait pas là.

Qu’est-ce qui se passe entre les ados et les vampires ?
Ben… Vampire Diaries se passe dans un lycée, donc il y a pas mal de chances que ça plaise aux ados… Au-delà de ça, les jeunes ont besoin de références, de modèles, de confidents, etc. Ils ne parlent pas beaucoup avec leurs parents. En gros, ado, on apprend plus de ses potes ou de ses petites copines… mais aussi de la télé et du cinéma. Le message de Vampire Diaries, c’est qu’il n’y a rien de mal à avoir peur, rien d’anormal à se sentir seul, à faire des erreurs, à tomber amoureux. Il n’y a rien de mal à tout cela. C’est la beauté de la vie, son côté imprévisible.

Y’a rien de plus sexy qu’un vampire en ce moment…
C’est clair, il suffit de voir les vieux films de vampires, où ils étaient des exclus, des monstres, des malformations de la nature, pour se dire que les choses ont bien changées… Ces nouveaux vampires, ces beaux vampires peuvent s’intégrer plus facilement à la société, ce qui est indispensable du point de vue de la narration de séries comme Vampire Diaries. Ils sont aussi puissants, dangereux, sexy, mystérieux et donc ils personnifient en quelque sorte la sexualité. Nous sommes tous attiré par le danger, non ?

Clairement… On aime aussi les bad guys, non ?
Oui, c’est assez intéressant, surtout si on applique cette affirmation à la fiction. Prenez Christoph Waltz dans Inglorious Basterds. C’est la pire des enflures. Il n’y a absolument rien en lui qui nous permette de nous identifier ou de le trouver sympathique, et pourtant, on ne peut s’empêcher de le trouver charmant. Damon est exactement comme ce personnage : il a les pires intentions, mais il est dangereux et sexy.

Un peu d’horreur, beaucoup d’ados, c’est la recette idéale pour Kevin Williamson…
Totalement. Kevin est particulièrement doué pour exprimer les angoisses adolescentes, aussi bien existentielles que purement fun. Il s’est appuyé sur l’univers vampirique, et le tour était joué.

Vous m’en voulez si j’appelle Vampire DiariesDawson avec des canines” ?
Pourquoi pas. C’est vous qui voyez. Moi j’appelle ça Vampire Diaries.

Un mot du final de Lost, tout de même. Vous en avez pensé quoi ?
C’était impossible de faire quelque chose qui plaise à tout le monde. Et puis… il fallait clore six ans de narration, six ans qui ont été pris de manière totalement différente selon les téléspectateurs. Chacun voulait sa propre fin, chacun avait une envie. Le plus important, pour moi, c’est que toute bonne histoire doit laisser des questions sans réponses. Et je crois que Lost y est arrivé.

Vampire Diaries, le dimanche à 20h45 sur Canal+ Family. 3 épisodes. Prochainement sur TF1.

Image de Une : The Vampire Diaries, CW.

6 commentaires pour ““La différence entre Vampire Diaries et Twilight ? Nous, on a du cul…””

  1. Vampire Diaries est bien meilleure qu’elle n’en a l’air au premier abord. Passés les premiers épisodes qui ont un vilain goût de réchauffé, la série se lâche et surprend. Le rythme s’accélère, les rebondissements s’enchaînent et on en redemande. C’est beaucoup plus fun et beaucoup moins fleur bleue que Twilight. Après, ça n’a pas l’originalité, ni le mordant d’un True Blood évidemment.

    Merci pour cette interview, j’aime bien Somerhalder dans la série, c’est celui qui joue le mieux. En tant que personne, il me semble avoir un côté un peu suffisant mais au moins ses réponses sont spontanées et il dit des choses relativement intéressantes. Beaucoup de jeunes acteurs ont des discours hyper-formatés où on n’apprend rien du tout “it’s an amazing show, we have the best cast and crew ever…”

  2. Ben oui les vampires sont partout, cher confrère, c’était écrit dans Slate.fr il y a quelques jours : http://blog.slate.fr/globule-et-telescope/2010/08/25/nous-sommes-tous-des-vampires/

  3. Je profite de ce billet car pas trouver d’autres endroits pour pose cette question “Est-ce la revue Generique(s) va revenir vu que la société éditrice se trouve en liquidation judiciaire?”

  4. Non, Générique(s) ne reviendra pas, mais son équipe travaille sur l’Hebdo Séries, émission sur canal+.fr et TPS Star (et sur ce blog) et espère revenir prochainement… à suivre

  5. Anne Rice et Lestat souffrent bien, tout de même. Du mythe du vampire, il ne reste pas grand chose et la séduction aseptisée lasse bien vite.

  6. Anne Rice souffre ? C’est elle qui a detruit le mythe du vampire justement et qui nous a amene en fin de compte les horreurs du genre Twilight.

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