Désespérante Housewife

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La guerre qui fait rage entre Nicollette Sheridan, anciennement Edie Britt dans Desperate Housewives, Marc Cherry, le créateur de la série, et ABC, son diffuseur, ferait une excellente Une de L’Équipe. On savait de longue date que l’ambiance n’était pas au beau fixe sur le tournage du prime-time soap le plus populaire des années 2000, mais ce qui a démarré il y a presque deux ans comme une anecdote est en train de devenir un cas d’école… de la magistrature, une triste illustration de la tendance des Américains à se faire des procès au moindre désaccord, et un exemple édifiant des égos démesurés qui se croisent à Hollywood.

Résumons : à l’automne 2008, Marc Cherry, un type gentil mais avec un caractère qu’on dit variable, colle une claque — de quelle ampleur, là est la question — à Sheridan, qui semble elle au moins aussi sympathique que son personnage, la peste Edie. Difficile de dire ce qui s’est passé entre ces deux là, mais Sheridan reprend le boulot, et on croit que tout est bien qui finira bien. A tort. En février 2009, son personnage quitte la série. On demande même à Sheridan de vendre à la presse sa propre disparition, avec les sourires qui vont avec. Quand on s’engage dans une série, c’est un risque. Les plus sceptiques se disent alors que ça sent l’embrouille. Et ils ont raison. En avril dernier — soit plus d’un an après les faits — l’actrice intente un procès à son ancien patron pour coups et blessures, harcèlement moral et licenciement abusif, et demande 20 millions de dollars de dommages et intérêts.

Selon elle, Cherry lui faisait vivre un enfer depuis plusieurs mois, la poussant à bout dès que possible, à tel point qu’elle était en état de stress permanent, un état qui aurait nuit à la qualité de son jeu et donné une bonne raison à ABC de lui montrer la porte. Selon Cherry, la “claque” n’aurait été qu’une petite tape sur le côté de la tête, une indication lors d’une répétition. Un avis que semblent partager l’ensemble des autres housewives, qui ont soutenues publiquement le scénariste. Derniers rebondissements, la semaine dernière, Sheridan a rajouté deux paragraphes à sa plainte, attaquant cette fois-ci ABC, leur reprochant d’avoir défendu — à tort — Cherry, et de l’avoir poussé au silence. Attaque à laquelle ABC a répondu… par l’attaque, en embauchant Adam Levi, un avocat spécialiste des conflits hollywoodiens, désormais chargé de collecter toutes les “preuves” dont disposerait Sheridan (notamment des certificats médicaux) pour mieux les détruire.

Difficile de dire si Cherry est un con violent qui cogne ses actrices ou si Sheridan est une has been aigrie — elle n’a pas décroché un seul rôle depuis son départ de Desperate Housewives. Si le geste présumé du premier reste inexcusable, l’acharnement grotesque de la seconde est d’un tel ridicule qu’il mériterait d’être adapté dans la série elle-même. On ne peut s’empêcher de voir dans cette histoire la plus triste illustration du désarrois dans lequel sont poussées certaines “vedettes” après leur licenciement. D’abord tout à fait d’accord pour courber l’échine contre une prolongation de contrat, Sheridan hurle au scandale une fois renvoyée. Plutôt que de tourner la page et de se remettre au boulot, elle s’accroche piteusement à ses millions. Desperate Housewives sera terminée (en 2011 normalement) que la comédienne et son ancien patron se crêperont sans doute encore le chignon…

Image de Une : Desperate Housewives, ABC.

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