On ne remplace pas Lost si facilement…

Le 2 février prochain, sur ABC, Lost, plus formidable entreprise sérielle grand public de ces dix dernières années (de mon point de vue), entamera son ultime saison. La dernière série de network vraiment innovante (même si on peut parler plus franchement d’un génial recyclage) tirera alors pour de bon à sa fin, et laissera derrière elle un vide immense en matière de thriller SF de haute volée (aussi sympathique soit Fringe, le projet suivant de J.J. Abrams, on est loin de l’inventivité de Lost). Comment remplacer Lost? Quelle série pour reprendre le flambeau? C’est la grande angoisse d’ABC, qui tente depuis trois saisons de trouver la parade…

En 2006, la chaîne avait déjà essayé de nous faire le coup de l’embrouille spatio-temporelle avec Day Break, sympathique mais médiocre série, qui ne dépassa jamais la barre fatidique des 13 épisodes. On y suivait les aventures d’un flic accusé à tort de meurtre (Taye Diggs), et contraint, à la manière de Bill Murray dans Un jour sans fin, de revivre le jour de son arrestation à l’infini – bien pratique pour démêler les fils de l’intrigue… Cette année, rebelote, puissance 1000, avec Flashforward, LA grosse bécane de la rentrée US.

Son pitch: l’humanité toute entière perd conscience pendant 2 mn 17, et aperçoit lors de cet «évanouissement» son futur dans six mois. Comment expliquer ce phénomène? Qui en est responsable? Peut-on lutter contre le futur? Captivant, a priori. Problème, vendue, survendue depuis le printemps dernier, annoncée comme le messie des séries, Flashforward ne sera malheureusement pas le nouveau Lost… Pourquoi pas? Parce que :

  1. Rien de pire que d’être annoncé comme «le nouveau Lost».
  2. Rien de pire que de multiplier les clins d’œil à son modèle: une pub Oceanic Airlines dans le pilote, un kangourou qui sort de nulle part, et deux acteurs de Lost, Sonya Walger et Dominic Monaghan.
  3. Là où Lost semble naturellement improbable, dingue, déroutant, Flashforward se force.
  4. Pas d’île. Pas de jolies filles sur une plage. Pas de beaux mecs sur une plage.
  5. Même après neuf épisodes, on n’est toujours pas agrippé à son canapé.
  6. Le plus important: un casting beaucoup, beaucoup, beaucoup plus faible que celui de Lost, mené par un Joseph Fiennes intenable, capable de vous couper l’envie d’en savoir plus sur le joli mystère de la série.

Les audiences de Flashforward, insuffisantes, tendent à prouver que le nouveau Lost n’est pas encore arrivé. Et si la solution, c’était de ne pas faire de nouveau Lost?

P.S : Flashforward est disponible sur TF1 Vision, et sur la première chaîne prochainement.

2 commentaires pour “On ne remplace pas Lost si facilement…”

  1. C’est vrai que “Lost” était un très bon concept et les premiers épisodes excellents mais les dernières saisons m’ont beaucoup déçu. “Fringe” ne joue clairement pas dans la même ligue, je n’ai même pas regardé toute la 1ère saison tellement ça fait ‘cheap’, seul le premier épisode peut faire illusion… Même Eureka était bien mieux à mon sens car aillant pris l’angle humoristique franchement…
    Sinon comme série de SF de bonne qualité y’a Battlestar Galactica quand même ! et je pense que c’est plutôt la fin de BSG qui marquera à terme, plutôt que celle de LOST que la plupart ont arrêté de regarder après la saison 2 (à raison) …

  2. Chère Sandy,
    Je suis bien entendu un grand fan de BSG, mais elle n’est pas vraiment dans la veine de Lost, et… c’est une série du câble, donc pas aussi “grand public”… Quant à Lost, avez-vous vu les saisons 4 et 5 ? Si tel est le cas et vous trouvez toujours la série décevante, alors nous sommes juste en désaccord :) Rarement on aura vu une telle inventivité, une telle maestria dans l’exercice narratif. Enfin, ça reste mon point de vue… et celui d’un paquet de mes collègues 😉
    Bien à vous…

« »