Les travaillistes montent, la livre descend

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On se s’alarme pas à Londres du glissement de la livre, lundi 1er mars après la publication de certains sondages qui montrent que les travaillistes sont repassés devant les conservateurs pour les élections législatives du 6 mai prochain, mais sans que se dégage de majorité claire. On ne se s’alarme pas car la dévalorisation de la monnaie fait partie de la stratégie de relance d’après-crise. Depuis deux ans, la chute a été de 25%, vis-à-vis de l’euro, autant de compétitivité gagnée pour les exportateurs de l’industrie britannique qui sont plus nombreux qu’on ne croit.

Il en serait tout autrement si les marchés venaient à s’inquiéter vraiment et s’ils pénalisaient les taux d’intérêt de long terme. Le déficit budgétaire britannique est en effet de 13% du PIB et le gouvernement issu des élections aura bien du mal à le réduire. D’ailleurs, ni le Labour, ni les Tories n’ont encore explicité officiellement leur stratégie d’ajustement. Plus exactement, les travaillistes dénoncent les «coupes thatchériennes» que se préparent à faire leurs adversaires, sous entendant par là qu’ils ne procéderaient pas à une réduction drastique des moyens des services publics, santé, éducation, transports. Mais alors où trouveront-ils les économies nécessaires? Les conservateurs souffrent de n’avoir pas de stratégique économique claire et du manque de leadership de leur chef de file David Cameron. Mais plus Gordon Brown, solidement appuyé par son second Peter Mendelson, s’approche de la victoire, plus l’agitation des marchés va grandir.

Sur le fond, personne à Londres ne songe à une évolution «à la grecque». Car si le déficit est lourd et s’il faut, comme en Grèce le réduire de 8 points de PIB, la dette a été maintenue à 40% du PIB grâce à la «règle d’or» de Gordon Brown, rien à voir avec Athènes où elle va monter à 130%.  Bref, no worry.

Image: House of Parliament & Westminster Bridge / Boot Shrew via FlickrCC

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