Nous sommes tous des malades mentaux


L’Organisation Mondiale de la Santé vient de publier une étude sur le coût représenté par les maladies mentales, angoisse et dépression notamment, dans les sociétés occidentales comme dans les pays en développement : il est énorme pour la collectivité tant par l’absentéisme engendré que par le prix des traitements.

D’autant plus que la plupart du temps, ces maladies sont soit sous-diagnostiquées, soit pas ou mal traitées.

C’est peu de dire que nos cerveaux sont à la peine.

Évoluant dans des sociétés archi-pressurisées, à la merci de crises économiques qui semblent ne jamais vouloir finir, créant un chômage de masse et une menace constante de déclassement, soumis à l’aléa de violences terroristes, perdus dans un monde aux repères brouillés, nous allons mal.

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Nous bouffons des tranquillisants par poignées, nous sommes fatigués, nous ne trouvons aucun exutoire à nos frustrations engendrées par un mode de vie exigeant basé avant tout sur la compétitivité et la réussite, nous vivons dans des appartements minuscules qui nous coûtent les yeux de la tête, nous souffrons d’allergies causées par des dérèglements climatiques à répétition, nous n’avons plus aucun projet collectif capable de nous transporter et d’habiter nos rêves.

Nous menons des existences rabougries.

Nous sommes dans la défiance perpétuelle, nous n’avons plus confiance en rien, ni dans les politiques qui nous gouvernent, ni dans nos systèmes éducatifs, ni dans le renouvellement des générations : nous n’attendons plus rien de l’avenir si ce n’est qu’il nous épargne de nouvelles souffrances.

Nos vies sont tristes, nos humeurs moroses, nos inquiétudes constantes, nos phobies de plus en plus nombreuses.

Rien ne nous trouve grâce à nos yeux, nous avons la critique facile, nous nous plaignons de tout, nous restons profondément insatisfaits, nous regrettons les temps d’avant, nous avons la nostalgie d’une époque où vivre semblait être une perpétuelle fête foraine, nous sommes désillusionnés, et cette morne désespérance nous amène à nous replier encore plus sur nous-même, dans un réflexe de protéger ce qui reste de nos acquis.

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Nous n’avons plus d’énergie, nous subissons les événements, nous sommes à la merci de mouvements de capitaux dont nous ignorons l’origine et la provenance : tout se passe comme si nos vies ne comptaient pas vraiment, que quelques soient nos efforts, notre détermination, notre courage, nous n’étions plus maîtres de notre destin ni de celui de nos enfants.

Nous avons perdu la main.

Et nous déprimons.

C’est une dépression poisseuse qui accapare nos cerveaux, atrophie nos cœurs, altère nos humeurs et nous rend de plus en plus vacillants.

Pour ne pas tomber tout à fait, nous consommons des tranquillisants, des antidépresseurs, des remèdes de grands-mères, toute une panoplie de drogues diverses et variées, légales ou illégales ; à la première contrariété rencontrée, nous perdons pied, nous sommes devenus si fragiles, si vulnérables, si enclins à la dépréciation de nous-mêmes ou des autres que nous passons le plus clair de notre temps à nous plaindre et à réclamer l’intervention d’un sauveur qui ne s’est plus manifesté depuis des lustres.

Nous ne supportons plus l’arbitraire de la mort ; d’ailleurs la mort en tant que telle a disparu de notre paysage mental, et quand elle nous frappe de plein fouet, c’est tout juste si nous n’allons pas porter plainte pour discrimination et violence faite à autrui.

Confrontés à un monde d’une complexité inouïe, nous restons seuls face à nous-mêmes.

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Et pourtant.

Et pourtant nous évoluons dans des sociétés prospères, nous mangeons à notre faim, nos appartements sont correctement chauffés, nous partons parfois en vacances, nous vivons dans une paix relative, nous épargnons, nous avons des loisirs en pagaille, nous possédons des téléviseurs, des téléphones portables, des ordinateurs, notre espérance de vie s’allonge d’année en année, la médecine nous soigne de mieux en mieux, nous avons tout à portée de clics : nous n’avons jamais été aussi près du bonheur.


Nous sommes peut-être des malades imaginaires.


Nous sommes tous des malades mentaux.

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7 commentaires pour “Nous sommes tous des malades mentaux”

  1. L’intérêt de ce que vous racontez mériterait un peu plus d’attention au style et à l’orthographe : une simple relecture suffirait. Ceci dit en toute affection.

  2. Grave encore. Quand les anti-dépresseurs ne font plus d’effet. Tu commences à mélanger anafranil+valium=anafralium. Un cocktail à réaction rapide qui vous rend heureux pour un instant.

  3. L’espérance de vie en bonne santé recule dans les pays développés. On passe notre vie active à courir derrière l’argent et notre retraite à le dépenser en frais médicaux. Alors qu’on nous vante que le progrès technique est censé améliorer nos vies et notre santé, on se retrouve asservis, assistés par les machines, malades des particules fines, perturbateurs endoctriniens et autres engrais chimiques que ce “progrès” nous balance à longueur de journée.

    Elle est belle notre société civilisée.

  4. Beaucoup de recule, permet de vivre intelligenment….surtout eviter la lobotomisation, mise en place par une societe de pure consommation qui veut s imposer comme moderne.
    Perso…..je me dècale et tout va tres bien

  5. Moi ça va, j’ai un chat, une meuf et des bouquins. J’ai bien ma chaudière qui fuit mais c’est le printemps.

  6. Tapie ,affection , comme maladie ?

  7. étant d’ascendant mixte ashkenase-sépharade (pas de falloushas ?), vous pouvez dire ce que vous voulez des français (quid de leur argent ?).
    j’aimerais tant que la réciproque soit vraie, mais tellement de lois l’empêchent. Eh oui, il y a des lois pour ça
    Ceci nous empêche d’aller un peu au-delà du célèbre : “nous sommes tous névrotico-normaux”

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