De François Hollande, je n’attendais rien mais il m’a quand même déçu


Ce n’est pas du désamour ; d’amour entre François Hollande et moi, il n’y en a jamais eu, même pas une ébauche, même pas le début d’un flirt.

Ce n’est pas de la désillusion ; je ne nourrissais guère d’illusions à son sujet même si, avec le temps, le prestige de la fonction, le poids de la charge, je croyais en la capacité du bonhomme à se sublimer et à surprendre.

C’est juste de la déception.

Une déception d’autant plus amère que de lui je n’attendais rien, ni en bien ni en mal, j’avais voté pour lui comme d’autres se marient de raison.

Au dernier moment, le fiancé Dominique tant convoité avait chu par excès de lubricité, François, qui jusqu’alors se tenait en embuscade, s’était proposé de le remplacer ; résigné, désireux surtout de changer d’air, on l’avait adopté pour le pire et le meilleur, se doutant tout de même qu’à ses côtés, ce ne serait pas dimanche tous les jours.

Les débuts ne furent guère fameux, de nombreuses disputes éclatèrent, de la vaisselle fut brisée : lui promettait qu’avec le temps, sous peu, d’ici la fin de l’année au plus tard, le quotidien s’améliorerait, on pourrait à nouveau faire bombance, changer le revêtement du toit, voyager au long cours.

Il jurait sur son âme, il ne pouvait en être autrement, c’était mathématique, après la pluie viendrait forcément le beau temps : pour l’heure, il fallait continuer à faire le dos rond, à patienter, à prendre sur soi, à encaisser les coups, bientôt les vents nous seraient favorables.

En attendant que le destin nous sourît à nouveau, il s’aventura dans de grandes expéditions à l’étranger, déclara la guerre à la moitié de la planète, joua avec ses petits soldats, adopta des mesures martiales, bomba le torse, roula des pectoraux.

On l’avait pris pour un oiselet, il agissait comme un matador.

A la maison pourtant, c’était toujours la même rengaine : on en avait fini de manger notre pain blanc, les prochaines récoltes s’annonçaient abondantes, en moins de temps qu’il ne faudrait pour le dire, on retrouverait le chemin de notre splendeur passée.

Le temps a passé, la fièvre a continué de monter, lui n’en démordait pas, elle finirait par baisser, il en répondait de sa vie, il jurait sur la tête de ses enfants, il mettait sa tête à prix, il s’agenouillait devant moi, se tapait sur le poitrail, me tendait un couteau et me suppliait de l’éventrer si jamais l’avenir lui donnait tort.

Au moment de se coucher, il disait ”tu verras, j’ai consulté les astres, ils vont tous dans le même sens, demain dès l’aube, nous allons entrer dans l’été de notre vie ”.

A place de l’été tant attendu, nous avons eu le droit à un hiver sans fin.

La guerre a éclaté, des barbares sont entrés dans nos villes, la sang a coulé à grands flots, il a endossé sa tunique guerrière, a réuni tout le village, a proclamé l’état d’urgence.

Un soir, ivre de sa puissance, désireux ne point voir son autorité être remise en cause, pensant surtout aux échéances futures, il a tapé du point sur la table et s’est exclamé ” je déchoirai le premier qui se tiendra sur mon chemin ”.

On a pensé qu’il agissait là sous le coup de la colère, que le spectacle de tous ces morts l’avait égaré, qu’il ne pensait pas vraiment ce qu’il disait.

Sauf que non.

Le lendemain, il n’a pas voulu en démordre.

Il ne changerait pas d’avis, il ferait ce qu’il avait dit, c’était une question de principe, quand on est un homme de stature, on ne revient pas sur sa parole.

On a convoqué les anciens, les vieux sages, les penseurs et les philosophes : tous l’ont conjuré de revenir sur sa parole, il valait mieux se dédire que de poursuive dans cette voie, qu’il n’aboutirait à rien à s’entêter de la sorte, que sa mesure était inepte, inefficace, inapplicable, qu’il allait perdre son âme, créer de la division dans le pays, jeter l’opprobre sur des citoyens au-dessus de tout soupçon.

Il s’est entêté.

C’est à ce moment que j’ai décidé de divorcer.

Je ne veux plus rien à voir avec lui, il a trop abusé de ma patience et a fini par me salir.

                                                                                                                                                                                                                                             Finalement, il ne valait pas mieux que l’ancien.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                Pour suivre l’actualité de ce blog, c’est par ici : https://www.facebook.com/pages/Un-juif-en-cavale-Laurent-Sagalovitsch/373236056096087?skip_nax_wizard=true

3 commentaires pour “De François Hollande, je n’attendais rien mais il m’a quand même déçu”

  1. La dérision et l’ironie sont privilège du citoyen : à la mine, au feutre ou au clavier, il pourfend. Certes, cela ne vaut pas le feutre ni la rapière du mousquetaire, mais cela détend le bretteur déçu et le lecteur amusé. Blague à part, l’on eût aimé voir « le fiancé Dominique tant convoité » dans ses travaux, non d’alcôve, mais de gouvernement. Lui que la droite appelait si ardemment de ses vœux, lui, ministre des Finances, qui descendit de 40 % (taux fixé par M. Juppé en 1997) à 26 % l’imposition des stocks options. « Alléluia ! » Les grands patrons applaudirent à se quasi fracturer les phalanges, exultation prémonitoire de la ferveur sondagière du « grand patronat », comme disait jadis Georges Marchais. Les trente-cinq heures, une idée du « fiancé tant convoité » refilée à Martine Aubry, sans doute parce qu’elle lui parut avoir meilleure trempe que lui (ce fut pertinemment jugé…) pour les mettre en place ? Etc.

    Chacun est libre de démontrer que le vieux proverbe qui dit l’art difficile, mais la critique aisée, émoustille les rieurs à bien moindres frais. Vous vous y employez. Avec brio, mais non sans emphase : humour oblige.

    D’aucuns se chuchotent in petto, mais si fort, leur regret du « fiancé » perdu que leur quasi-détestation du fâcheux qui s’est faufilé à l’Élysée « par effraction » (François Baroin dixit), éclate. Ainsi fait retour le refoulé, et l’on cogne avec d’autant plus de hargne sur l’usurpateur que tous ces attentats ont brouillé les esprits, qui durent admettre (très brièvement !) que l’homme, dont « la stature » fut si souvent moquée qu’une place l’attend dans le Livre des records, eut – au moins (merci d’y consentir) – quelque envergure (fugace, suppose-t-on).

    Un mystère pour finir : comment être déçu d’un homme dont on n’attendait rien, à qui l’on s’était « résigné » pour « changer d’air » ? À défaut d’admettre que pourtant l’on devait bien en attendre quelque chose, force vous est de reconnaître que le changement d’air, même si la musique ne plaît pas, est bien là.

  2. Cette histoire de decheance de la nationalite est juste un baratin destine a gagner les elections. ca n aura jamais aucune application pratique (a quoi bon dechoir de la nationalite francaise un terroriste mort ?)

    La ou Hollande est surtout decevant, c est qu il se comporte comme un politicien ordinaire: il s est planté, refuse de le reconnaitre et veut quand meme se faire reelire (en comptant sur le FN afin de la jouer chirac 2002).
    Le plus decevant n est d ailleurs pas l attitude de Hollande mais le fait que le systeme francais est tellement verrouille qu on aura le choix entre 3 mauvais comme president:
    – Hollande (echec 2012-2017)
    – Sarkozy (echec 2007-2012)
    – Juppe (echec comme premier ministre 95-97)
    Enfin tout n est pas perdu, meme si Juppe reve d etre president, on a echappe au retour de Giscard :-)

  3. Toujours plus beau, surtout quand il s’agit de François et de DS…, comment fais-tu? À allier lubricité et courage feinte. Je t’aime grand-frère.

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