Quatre ans de bloguitude


Bon.

Puisque personne n’a jugé pertinent de souhaiter un bon anniversaire à mon blog à la con et à son auteur tout aussi con voire plus – bande d’ingrats que vous êtes – je me vois donc contraint de me prendre dans mes bras et de me féliciter d’appartenir toujours à la blogosphère.

A dire vrai, je ne sais toujours pas ce que je fous là.

Aucune idée.

J’étais juste venu pour prendre un verre, le tenancier m’a offert le gîte, j’ai pris la chambre du sous-sol, et depuis ce jour-là je ne suis plus reparti.

Quatre ans que cela dure et à dire vrai je prolongerais bien mon bail de quelques années supplémentaires.

Je ne m’explique pas bien la raison de cette longévité, je pensais sincèrement m’offrir un petit tour sous les projecteurs, accomplir mon numéro de mariole à la petite semaine, prendre quelques coups, crachoter mes quatre vérités, puis retourner à mon anonymat.

Pourtant, force est de constater que je suis toujours là.

A pondre dix fois par mois, douze mois par an, des papiers qui plaisent ou déplaisent, des chroniques, des articles, des billets où je me prends à témoin afin d’écrire des choses me tenant à cœur.

Sur l’actualité, sur la vie en général, sur moi, sur vous, sur ce monde qui me dépasse et me déborde.

Essayer de fixer des vertiges, tenter de mettre de l’ordre dans mes pensées, porter haut l’étendard de mes goûts et dégoûts, dire que vous n’êtes pas tout seuls, essayer de m’aider en vous aidant, tâcher de vous arracher un rire, un sourire, une émotion, une indignation, une insulte, n’importe quoi à même de vous prouver que vous n’êtes pas encore morts.

Être vivant avec tout ce que cette assertion peut supposer en arrière-plan : se persuader d’adhérer à la marche du monde alors qu’on serait plutôt enclin à penser que toute cette sombre farce ne rime à rien.

Pourtant dépasser ce simple constat et se prêter tout de même au jeu.

C’est peut-être cela ce blog.

Une tentative d’être au monde.

Un cri qu’on envoie du fond de sa solitude afin de sentir précisément un peu moins seul.

De jouer cartes sur tables.

D’être d’une impudique pudeur. Ou d’une impudeur pudique.

Quelque chose qui tiendrait à la fois de l’exercice littéraire, de la gymnastique intellectuelle, du simple entretien des neurones, du contrôle technique, de la confession, de l’abjuration, de la condamnation.

Du dépouillement de soi.

La nécessité de faire entendre sa petite voix chétive afin qu’elle vous attendrisse, vous réconforte, vous insupporte, vous dérange, vous horripile, vous amuse.

Oser se mettre en avant, et dans le même mouvement, en ressentir aussitôt une honte profonde et sincère, comme si on mesurait la parfaite vanité de l’exercice, cette outrageuse et dégoûtante arrogance qu’il faut avoir pour  donner ainsi son avis sur n’importe quel sujet passant sous ses fenêtres alors que personne, au fond, ne vous le demande, si insignifiant vous êtes.

Si insignifiant nous sommes. Tous. Oui toi aussi. Surtout toi d’ailleurs !

J’ignore combien vous êtes à me lire.

Je n’ai jamais voulu le savoir.

Ne seriez-vous qu’un seul que ce serait déjà beaucoup.

Voyez, j’étais parti pour écrire un billet léger, et en cours de route, sans me prévenir, il a pris la tangente et m’a forcé à adopter un ton bien plus sentencieux que prévu voire atrocement pompeux.

Comme quoi, j’ai encore du travail à accomplir pour plier ce ” blog à la con ” à ma seule volonté.

Rendez-vous à l’année prochaine donc.


Sans faute.


P.S : Pour marquer le coup, je vais essayer de changer l’illustre photo apparaissant sur la droite du blog. Histoire de constater que mes cheveux n’ont toujours pas repoussé.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                         Pour suivre l’actualité de ce blog, c’est par ici : https://www.facebook.com/pages/Un-juif-en-cavale-Laurent-Sagalovitsch/373236056096087?skip_nax_wizard=true

15 commentaires pour “Quatre ans de bloguitude”

  1. Revenez-nous pour croiser vos doutes avec nos incertitudes. Pour partager l’angoisse de la rentrée. A bientôt.

  2. Une de mes collègues de travail quantifiait (rassurez-vous, la plante est toujours… très vivace) ainsi les cons : « Au moins 95 % ! » Cela laissait une marge. Infime, certes, mais assez large pour contenir – avec quelques autres – votre moi torturé. C’est un point de vue personnel, donc discutable. Le discuter serait d’aussi peu d’intérêt que les quelques lignes de Caroline Moreau. Un blog, c’est comme la télé : si l’on n’aime pas, on clique ailleurs.

    Cela dit, le pourcentage de cons décrété – très subjectivement, mais non sans justesse au regard de ses critères – eût pu être, sinon inversé, du moins mieux équilibré par d’autres de mes collègues. Ma statisticienne à moi avait horreur des sourds de la tête, des personnes incapables d’admettre qu’autrui puisse avoir un autre avis que celui qu’on défend. Ça existe ? Ça existe ! C’est d’ailleurs un handicap – et certainement pas congénital – qui sous-tend maints clichés, propos de beauf, à terme donc, vilenies à l’égard d’autrui et souffrances personnelles, qu’un rien de réflexion et moins de hâte à juger peuvent atténuer.

    Malgré les très horrifiques défauts discernés chez vous par Caroline Moreau, pour fréquenter votre blog (et souvent quasi-journal) depuis quelques mois, je vous renouvelle votre assignation à résidence dans la marge des 5 %.

    Pour les faiblesses formelles, vos lecteurs s’érigeraient vainement en correcteurs. Quoique leurs rangs comptent d’occasionnels Zoïle. Quant à vos idées, ils ne se font pas faute de les discuter. Tant mieux : n’avez-vous pas pour dessein (nullement anémié !) de : « tâcher de [nous] arracher un rire, un sourire, une émotion, une indignation, une insulte, n’importe quoi à même de [nous] prouver que [nous ne sommes] pas encore morts » ?

  3. eh bien : bon aniv
    changez rien .

  4. J’adore ce que vous faites .
    Caroline Moreau n’y connaît rien.
    Continuez svp merci !

  5. Tu vas voir, la thérapie peut durer encore longtemps…

  6. Donc Caroline Moreau lis Sagalatovitch et moi aussi…
    Je pense que Sagalatovitch est probablement un connard qui écrit un blog à la con…
    ça n’enlève rien au fait que je prends très souvent mon pied quand je lis ses articles… ça fait probablement aussi de moi un connard…

  7. j’aime beaucoup ce blog et si Caroline Moreau n’apprecie pas qu’elle ne le lise pas. lire est un choix libre.

  8. Happy Birthday! Que ceux qui ne vous aiment pas aillent voir ailleurs si nous y sommes. Mais ils pourront chercher longtemps car nous serons toujours avec vous.

  9. on est toujours le con d’un autre, qu’on ( con ) se le dise !

  10. Ne lâchez rien ! restez con comme nous autres !

  11. J’aimerais bien lire le blog de Caroline Moreau tiens.. Pour ma part, j’aime bien votre blog, c’est frais, ça change !

  12. Nous autres lecteurs aussi idiots que toi, te laissons avec Caroline. Comme on le dit chez nous c’est elle qui te “mo-yen”*

  13. Je suis un connard tendance Sagalovitsch !

  14. cher Laurent
    vous êtes devenu Krys-tique
    Avant vous étiez chauve, maintenant vous avez un grand front
    cool et prêt à mordre, il ne vous manque plus que le panneau :
    “attention blogueur à la con libre” bon anniv’

  15. longue vie à ce blog!!
    bon ça c’est fait, j’ai tout de suite remarqué la nouvelle photo et ça me fait dire; je pense très sincèrement que si je vous croisais, je ne vous reconnaitrais pas c’est sure!
    bien joué :)

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