Rosetta de malheur

                                                                                                                                                                                                                                                  J’avoue avoir boycotté délibérément tout l’espèce de charivari organisé autour du bitonio répondant au doux nom de Rosetta, les péripéties de son harponnage plus ou moins réussi sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko ou la découverte ébaubie des premiers clichés envoyés par le cameraman de service perché là-haut dans l’immensité du cosmos.

M’eût-on donné la possibilité d’assister en direct à la séance de brushing de Mireille Mathieu que j’aurais montré le même égal désintérêt.

Évidemment étant aussi doué pour les sciences que Fleur Pellerin pour la littérature, affichant la même mine ahurie devant une équation du second degré que face au théorème de Pythagore, il m’est quelque peu difficile de me rendre bien compte des extraordinaires défis relevés par les savants afin de mener à bien leur périlleuse entreprise.

Certes, n’étant malgré les apparences que semi-débile, je devine qu’envoyer un bidule de cette espèce traverser en père peinard la Voie Lactée pour s’assurer de ne pas poser un lapin à une comète choisie d’avance et occupée à tracer son chemin parmi une forêt d’étoiles doit représenter un défi d’une difficulté inouïe à réussir.

Déjà que j’ai du mal à trouver ma porte d’embarquement lors d’une escale opérée dans une contrée étrangère, je n’ose imaginer les embûches rencontrées pour s’affranchir ainsi de telles contingences physiques et permettre ce mariage contre nature entre une sonde conçue par des hommes et une comète à l’origine indéterminée.

Pour autant, je suis l’un de ceux (le seul ?) qui pensent que les péripéties de l’univers doivent rester à tout jamais nimbées d’un halo d’incertitude et de mystère, qu’il n’appartient pas finalement au genre humain d’aller farfouiller dans les entrailles du cosmos afin de tenter par ricochet d’expliciter l’origine de la vie terrestre.

Ce qui revient à affirmer prosaïquement qu’il vaudrait mieux commencer par apprendre à soigner les hémorroïdes avant de songer à entamer des périples stratophériques.

D’avoir été capable de marcher sur la Lune ne m’a personnellement rien apporté si ce n’est que je trouve qu’elle a depuis perdu quelque peu de son charme, que sa capacité d’envoûtement a disparu, qu’elle n’interagit plus avec nous avec la même fascination qu’au temps où elle était encore cet astre inviolé, source de perpétuel émerveillement.

Je ne sais si je crois en Dieu mais je n’ai nulle envie qu’on vienne m’expliquer par le menu le mécanisme à l’œuvre dans le positionnement des planètes, l’ordonnancement de la vie extraterrestre ou l’infinie et merveilleuse complexité du système solaire.

Ou qu’on m’explicite que tout Sagalovitsch que je suis, je ne demeure que la résultante d’une lente évolution qui, à partir d’un hypothétique Big-Bang, a permis à un atome de se transformer en un bidule puis en un zboub avant d’émerger un beau matin sous la forme de mon très lointain ancêtre que je me permets de saluer ici bien bas.

Et je ne suis pas convaincu qu’à force de reculer ainsi un peu plus loin les limites du possible, on ne finisse pas par découvrir des vérités si implacables qu’elles mettraient en péril  l’extraordinaire fragilité de l’esprit humain, que confronté ainsi à des certitudes froides et indiscutables explicitant le pourquoi du comment, le cortex cérébral ne vacille alors dans le chaos et la folie.

Ce n’est pas parce que l’homme a la capacité de repousser encore et toujours les frontières de la connaissance qu’il doit nécessairement entreprendre à tout prix ce voyage sans s’inquiéter auparavant de ses conséquences toujours incertaines.

Je préfère rester pour toujours comme le personnage d’Yvonne dans Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry qui regardant le ciel s’interroge de la sorte dans ce qui doit être l’un des passages les plus sublimes de la littérature universelle :

 “Et la terre tournant inlassablement sur son axe tout en accomplissant ses révolutions autour du soleil, et le soleil tournant autour de la roue lumineuse de notre galaxie, et les indéfiniment innombrables galaxies tournant à l’infini en leurs révolutions, leurs majestueuses révolutions, tournant jusqu’à l’éternité et le voyage ininterrompu de la vie à travers toutes ces planètes, longtemps après qu’elle même serait morte, des hommes ne continueraient-ils pas à déchiffrer tous ces mondes du fond de leur ciel nocturne et aussi longtemps que la terre tournerait dans la suite de ces lointaines galaxies…indéfiniment ne se poseraient-ils pas la même sempiternelle et désespérante question : dans quel but ? Quelle force peut donc mouvoir ce sublime mécanisme céleste ?”

                                                                                                                                                                                                                                                                                                            Pour suivre l’actualité de ce blog, c’est par ici : https://www.facebook.com/pages/Un-juif-en-cavale-Laurent-Sagalovitsch/373236056096087?skip_nax_wizard=true

27 commentaires pour “Rosetta de malheur”

  1. Quel rapport avec le fait de croire ou pas en Dieu ?

    N’y a-t-il pas une certaine façon de concevoir l’existence de Dieu tout en le laissant en dehors de tout ça ?

  2. certes mais tout le monde ne carbure pas au mescal. et ça “Évidemment étant aussi doué pour les sciences que Fleur Pellerin pour la littérature” ça sonne naunaute…quant à “à soigner les hémorroïdes” c’est fait. sinon, plaisir à vous lire.

  3. Sans juger de votre opinion sur le sujet, vous auriez peut-être dû vous renseigner un peu avant d’écrire des erreurs assez énormes sur le système solaire.

    Erreur #1 :
    “je devine qu’envoyer un bidule de cette espèce traverser en père peinard la Voie Lactée”
    ==> La Voie Lactée n’a pas été traversée. Vous êtes vraiment loin du compte. La sonde Rosetta est à peine entre Mars et Jupiter, dans le système solaire qui lui est situé dans un minuscule bras en périphérie de la Galaxie. Il faudrait 100 000 ans pour la traverser à la vitesse de la lumière.

    Erreur #2 :
    “occupée à tracer son chemin parmi une forêt d’étoiles doit représenter un défi d’une difficulté inouïe à réussir.”
    ==> Savez-vous combien d’étoiles compte le système solaire ? Une seule, le Soleil ! Donc la sonde n’a pas tracé son chemin parmi les étoiles, il n’y avait que du vide autour d’elle.

    Amicalement,
    Jérôme

  4. À part nous faire perdre du temps à lire, et nous faire part de votre archaïsme, d’un degré rare de bêtise, ainsi qu’une espèce de haine viscérale pour la science, quel est l’intérêt d’un tel article ?

  5. C’est indéniablement ce que j’ai lu de plus stupide concernant Rosetta. Et probablement un des trucs les plus stupides qu’il m’ait été donné de lire en 2014

  6. Et les apports technologiques, c’est du mou de veau ?
    Sans conquête spatiale, pas de satellites. Peut-être préféreriez vous communiquer via un télégraphe ? (même 140 caractères deviendraient dispendieux à transmettre)
    Pas de micro-ondes, pas d’alliages spéciaux, pas de nouveaux textiles et j’en passe….
    La seule chose qui puisse me faire douter, c’est la propension humaine à saloper son propre lit, d’où une inquiétude certaine quant au sort d’une éventuelle colonisation extra-terrestre par l’homme (‘hors du charnier natal’)…
    Quand bien même, je crois que ce qui fait la noblesse de l’humanité, c’est bien cette quête de la compréhension et du savoir…
    Enfin, pour ma part, je ne pense pas que Malcolm Lowry la dénonce.

  7. Quelle force peut donc mouvoir ce sublime mécanisme céleste ?” C’est à la question que cherchent à répondre les scientifiques, ces merveilleux adeptes de “l’Aventure” sans lesquels le croisement du soleil et de la lune continuerait de donner droit à des interprétations et pratiques aussi puériles qu’inhumaines…

  8. Point de vue intéressant, qui illustre le bonheur que nous avons de vivre dans une société qui laisse tout de même la liberté à ceux qui le veulent de chercher et comprendre afin que nous ne restions pas dans les noirceurs du Moyen Âge.
    Sans ces pionniers, nous n’aurions ni médicament, ni même les outils de communication qui permettent, justement, d’exprimer et de partager ce point de vue :)

  9. Vous avez bien raison.
    Parfois il vaut mieux ne pas savoir c’est pour ca que je n’ai lu cet article jusqu’au bout.

  10. Bon ben… Un jour, quand l’Homme partira vers les étoiles,, on sait qu’il y aura toujours des gens comme toi pour garder notre bonne vieille planète au chaud.

  11. Avoir marché sur la Lune a permis d’avoir la technologie nécessaire pour faire des ordinateurs pour que des gens puissent s’en servir pour écrire qu’être aller sur la Lune ne leur à servit à rien! Mais bon si tu veux te rassurer on ne connait que 3% de l’univers donc il est toujours nimbées d’un halo d’incertitude et de mystère…
    Si toutefois tu es intéressé par apprendre 10 choses à savoir sur l’univers et ne plus dire de bêtise, je te conseil la vidéo de e-penser sur youtube.

  12. à quand les trolls dans l’espace!
    :)

  13. Quand je serais au pouvoir, ces gens il faudra les tuer… pour le bien de l’humanité.
    Trève de plaisanterie, je trouve que ton obscurantisme est dangereux, bien plus dangereux pour l’esprit que d’apprendre que finalement tout ce que nous pensons être la réalité est un hologramme dont les informations sont contenue sur une surface plate à l’extrémité de notre univers!
    Il y a eu des périodes ou la plupart des gens pensait comme toi, c’était le moyen age, et c’était une période horrible, de guerre permanente, de massacre, de famine et d’épidémie.

  14. Je me souviens de ce truc : quand on écrit infini c’est pour faire joli. Je suis pas contre.

  15. Je ne trouve pas que la Lune ait perdu de son charme depuis qu’elle est accessible. La noblesse de l’humanité c’est, comme dit plus haut, sa quete eternelle du savoir mais aussi sa capacité à sublimer la vie à travers ses sens. Quand je regarde la Lune je le fais avec mes yeux d’enfant et quand elle nous éclaire je pense que beaucoup ne sont pas insensibles à l’enchantement qu’elle donne à la nuit.

    Pitié, à l’instar des philosophes et des enfants, ne perdons pas notre capacité à nous émerveiller pour justement avancer.

  16. A propos des hémorroides, un peu d’eau tiede et du savon chaque fois que vous visitez les toilettes vous aidera assez pour vous permettre de regarder plus loin que l’endroit en question.

  17. @Vincent : ….”c’était le moyen age, et c’était une période horrible, de guerre permanente, de massacre, de famine et d’épidémie.” vous voulez dire en 2014 !

  18. “Résumé c’est ne rien dire” j’adore, faisons comme ça. Il me semble que le moyen âge est un peu plus que simple obscurantisme. Ici, bien que l’auteur aligne les poncifs comme d’autres enfilent les perles, il est écrit : “La notion selon laquelle la langue est empreinte du caractère permanent ou évanescent de son médium fut très débattue au Moyen-âge, lorsque les écrits commencèrent à supplanter la tradition orale. ” http://www.slate.fr/story/93415/insecurite-lecteur Comme quoi ils ne faisaient pas que se foutre sur la gueule. Ce qui ne va pas c’est de definir “l’oralite” comme “nature insaisissable”. Socrate “met en cause la rigidité de l’écriture, qui à l’inverse de la parole orale, ne peut ni s’adapter à la disposition intérieur de l’auditoire, ni distinguer “ceux à qui il doit s’adresser ou devant qui il doit se taire” ” et pour Levinas “la parole orale de l’ “interlocuteur”, d’autrui ou du maître qui enseigne, ne se distingue pas seulement du discours écrit par son absence de rigidité. Elle ouvre sur un présent qui “n’est pas fait d’instants mystérieusement immobilisés dans la durée, mais d’une reprise incessante des instants qui s’écoulent par une présence qui leur porte secours, qui en répond”.” Levinas veut “lutter contre le virement de la pensée en vestige”. Ce n’est donc pas une question “d’insaisissable” mais de temporalité (je résume). Apparement pour Saga le but est chemin, l’inverse étant tout aussi vrai, une pensée vestige à tout jamais. C’est pas mon truc.

  19. Fleur Pellerin ne dit pas ne pas lire de littérature mais n’avoir plus, depuis 2012, le temps d’en lire ! Avouer votre peu d’attrait pour les sciences pouvait se faire sans impliquer notre jeune ministre de la Culture, moins cultivée que ses prédécesseurs. Cela dit, abonder dans votre sens est possible, avec nuances.

    Un André Brahic, astronome, physicien, astrophysicien est aujourd’hui un lumineux vulgarisateur, tout autant – à sa manière diserte et imagée – qu’un poète amoureux de l’Univers. Cyrano de Bergerac, celui du dix-septième siècle, fut philosophe, mais survit grâce à deux romans : « L’Autre Monde ou les États des Empires de la lune » et « Des États et Empires du soleil ». Ces utopies, écrites avec bouffonnerie et réalisme, n’en sont pas moins éclairées par le philosophe et savant Gassendi, fort convaincu de la véracité des certitudes astronomiques de Copernic et, notamment, de l’héliocentrisme.

    L’on peut aussi, bien entendu, tenir pour un piètre apport de leur science aux Terriens la possibilité de randonner sur l’astre aux croissants, autant d’ailleurs qu’un évidement de sa « capacité d’envoûtement ». Resterait à vérifier si un Roméo d’aujourd’hui courtisant, une nuit de pleine lune, sa Juliette, trouve ledit astre dépouillé de son charme.

    En revanche, l’on peut déplorer que les hommes – devenus désormais « comme maîtres et possesseurs de la nature », selon le pressentiment de Descartes – lorgnent sur Mars (avec étape sur la Lune) pour élargir dans quelques siècles leur espace vital : la Terre, dont le saccage par leurs soins est bien avancé.

    Ce qui revient à constater que l’Homme est sans doute moins apte à s’amender que le singe « sagouin » qui lui sert parfois de métaphore péjorative.

  20. A 100% d’accord sur la totalité de votre article, merci de l’avoir exprimé. Au lieu de dépenser des sommes folles pour des buts plus que nébuleux mais qui flattent l’orgueuil imbécile de certains, occupons nous des problèmes de la terre et il y en a … c’est évidemment beaucoup moins flatteurs mais plus efficace et au moins on sait à quoi sert notre fric !

  21. Selon des gens très bien informés, aucun américain n’aurait marché sur la lune (montage) voir stanley kubrick, il faudrait atterrir …

  22. @anne si tu fais référence à une vidéo/reportage que tu as pu voir sur internet c’était une blague de premier avril faite par france 5 ou arte que les gens on vraiment pris au sérieux. Les américains sont vraiment aller sur la Lune.

  23. 2 solutions:

    Soit on prend l’article au 1er degré (et apparemment nombreux sont ceux qui l’ont fait) et là, oui, c’est un tissu d’âneries (je reste poli…) 😛

    Soit on le prend au second degré voir au 3ème (et j’espère ne pas me tromper en le pansant), et là, bravo… je pense que l’effet escompté est atteint… :)

    heureusement, sur tous ceux qui ont mis des commentaires, il semble que seul 1 internaute partage cette vision archaïque de notre monde… 😉

    Vive le progrès !

  24. Commentaire très drôle … et bravo pour la tolérance … déjà cela prouve que déjà je n’ai pas affaire à des esprits très ouverts … que vous soyez crédule au point de tout avaler c’est votre problème, d’autre part, j’ai d’autres sources sérieuses ou on ne flatte ni ne trompe le gogo. Il faut aller les chercher …

  25. “quelle force peut donc mouvoir ce mécanisme céleste?”
    mais justement , c’est bien là la question!

  26. Un saut de puce sur un tas de caillou !

  27. moi..jaime bien..il manque juste un petit mot sur la vénalité des femmes et ça me convient

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