Valérie, la cocue de la république

 

Il se murmure, dans les sphères autorisées, que les français n’aiment pas Valérie Trierweiler.

Ah.

Je n’étais pas au courant.

Appartenant moi aussi, à mon corps défendant, à la patrie française, dans un pur moment d’introspection, je me suis convoqué dans l’antichambre de ma conscience et je me suis posé la capitale question : et toi tu l’aimes ou pas, Valérie ?

J’attends toujours ma réponse.

En même temps, considérant que je n’aime pas grand monde, il se pourrait tout à fait que sans même la connaître, je n’éprouve vis-à-vis de Valérie qu’une parfaite et stricte indifférence.

D’ailleurs si ça se trouve, il se peut que Valérie soit elle aussi tout à fait indifférente à mon sort.

J’ai du mal à croire la chose possible mais je ne peux écarter cette éventualité.

Toutefois, toujours dans les mêmes sphères autorisées, ce conclave des gens qui font et défont l’opinion, il se murmure qu’au regard des derniers évènements, les français pourraient être amenés à reconsidérer leur jugement et à adopter vis-à-vis de Valérie ce qu’il convient d’appeler une tendresse compassionnelle.

Dans la mesure où il est bien plus facile de s’identifier au sort d’une femme bafouée qu’à celui d’une compagne de président en exercice tant nous avons du mal à trouver dans notre histoire personnelle de vagues similitudes ou ressemblances avec la vie d’une châtelaine élyséenne.

Certes il nous est parfois arrivé de côtoyer les sommets de la puissance étatique en se rendant à une convocation de notre commissariat de quartier, sans pour autant parvenir à saisir la complexité d’une existence passée entre la réception de l’ambassadeur du Pérou et des voyages en airbus transformé en montgolfière royale.

Par contre, nous sommes beaucoup plus familiers de ce très léger trou d’air occasionné par la tromperie de notre camarade de jeu, surpris en pleine conversation amoureuse avec un autre dont on découvre effaré l’existence.

Qui, hein ? qui n’a jamais connu cet ébranlement radical en découvrant, au détour d’une chaussette inconnue découverte au pied du lit, d’un braconnage de téléphone portable, d’un retour improvisé à la maison, d’une confidence relayée par un tiers, d’une descente dans le disque dur d’un ordinateur, de la lecture d’un relevé bancaire, d’un prénom scandé au détour d’un orgasme irrépressible, l’infâme vérité ?

Cette révélation vertigineuse d’apprendre que celui ou celle avec qui on pensait être à l’abri de telles mésaventures, avec qui on songeait à partager l’intimité de son caveau familial, à qui on confiait sans crainte les secrets de son cœur, se trouve être en fait un lâche imposteur qui, profitant de notre confiance, tout en nous jurant de son amour éternel, s’en allait conter fleurette à on ne sait quel troubadour de passage.

Ah cette atroce brûlure qui alors saisit notre âme tout entière et nous rend non seulement amer vis-à-vis de l’être venant de nous trahir mais surtout vis-à-vis de nous-même.

C’est bien là le pire.

C’est nous, au final, que nous accusons de tous les maux.

Nous qui n’avons rien voulu voir ou savoir.

Nous qui crédules pensions que ce genre de turbulences ne pouvaient advenir que chez la femme d’à-côté.

Alors nous rentrons dans l’hiver de notre vie.

Nous nous rapetissons et, de peur d’avoir à supporter le regard mi-amusé mi-désolé des autres, de tous les autres, trop heureux qu’ils sont de se croire à l’abri d’une déconfiture si cinglante, nous nous replions sur nous-mêmes et jurons que plus jamais…

 

( Pour suivre l’actualité de ce blog, c’est par ici : https://www.facebook.com/pages/Un-juif-en-cavale-Laurent-Sagalovitsch/373236056096087?skip_nax_wizard=true )

21 commentaires pour “Valérie, la cocue de la république”

  1. Ah ça ! on m’y reprendra plus à donner ma confiance à un sexagénaire qui se teint les cheveux !!!!
    Nous sommes tous cocus !
    (et sinon, vous aviez déjà entendu parlé de Lady Gaga avant la semaine dernière vous ?)

  2. Bonjour,

    Voici un article qui peut vous intéresser. Il considère que François Hollande a commis une faute morale à l’égard de Valérie Trierweiller : http://juristeg.unblog.fr/2014/01/18/la-faute-morale-de-francois-hollande/

    Cordialement,

  3. Tchouu tchouuuf !
    http://www.youtube.com/watch?v=kVqO-xdGtbk

  4. Pour les cœurs brisés et les corps bafoués, mieux vaut lire Proust ou quelque autre grand auteur que “Closer”, qui est à l’art romanesque ce que l’hypermarché est à l’épicerie fine. [Et je ne suis pas sûr que ce soit certain.] Nul doute que vous le sachiez. Quant à Valérie et vous, l’on ne saurait se prononcer – et puis c’est votre vie, n’est-ce pas ? Mais lorsque vous écrivez : “D’ailleurs si ça se trouve, il se peut que Valérie soit elle aussi tout à fait indifférente à mon sort”, l’on craint fort que vous n’ayez raison. Rassurez-vous cependant : c’est sans doute seulement parce qu’elle n’a pas l’heur de vous connaître. Mais il faut bien quitter votre sort pour revenir au sien, momentanément fort triste. Citoyen électeur de base, je n’avais pas voté pour elle – personne, au reste, ne le fit -, et ne m’intéressais à elle, contraint et forcé, que quand elle parlait ou faisait parler d’elle, à mon sens, indûment. Pour moi, il n’y eut jamais dans la Constitution du 4 octobre 1958 de “première dame” ; il me sembla donc toujours qu’il n’eût jamais dû y en avoir vivant auprès du Président à l’Élysée – épouse ou compagne. Les mœurs monarchiques, croyais-je naïvement, avaient disparu depuis… le Second Empire. Puisque l’on en est à la cinquième République et que l’occasion – qu’on eût souhaité meilleure pour le couple et les Français ! – se présente de couper avec des us d’un autre âge, puisse le palais présidentiel nommé Élysée ne loger, si il ou elle le souhaite, que la Présidente (future) ou le Président actuel ! Le terreau le plus approprié pour cultiver sa vie privée d’élu-e de la nation se trouve dans un domicile à soi.

  5. Ah, Laurent, je t’admire. Comment fais-tu pour t’intéresser à la vie sexuelle de ces robots formatés issus de ces grandes écoles qui, depuis des années, ne pondent que des incultes barbants à l’ego boursouflé ?
    Pour moi, ce sont tous les Aliens “d’Invasion Los Angeles”. Si on ôte leur masque, ils sont aussi hideux que la mort. Dès qu’ils parlent, ils en ont l’accent funèbre. Quand ils écrivent, ils sont aussi plats que des notules d’explications techniques mal traduites. Et quand ils coïtent, on entend grincer leurs mécaniques enrobée de chair artificielle et de poils teints.
    Beurk.

  6. Anarchiste !

  7. * enrobées. Scusi.

  8. C’est vrai Sophie. En ce qui me concerne la vie sexuelle des mollusques ne m’intéresse pas, mais c’est en voyant que le prez’ traine dans ces eaux vaseuses que j’ai compris définitivement l’étendu de son inconséquence et ma naïveté ! Comme quoi, l’info perturbe non pas d’un point de vue moral, elle ne remet certainement pas en question l’évolution de la presse, mais elle sert aux naïfs… après la saignée fiscale et le cadeau de Noël au Medef, mes yeux se sont définitivement décillés. J’ai honte d’avoir attendu si longtemps, mais mieux vaut tard que jamais.

  9. @ Laurent : :) J’avoue. Désolée.

    @ O5live : Absolument. (Va lire Jorion, ça recadre pas mal les choses, et fait du bien dans cet actuel grand désert d’idées 😉
    http://www.pauljorion.com/blog/

  10. Oui un vrai désert… et nos écrivains préférés qui tardent à sortir leur chef d’œuvre ! Qu’est-ce qu’on fait nous en attendant hein ?
    Merci pour le lien, je vais allez lire ce Jojo !

  11. Saga, non seulement vous récidivez en vous adonnant à la trierweiller mais en plus vous m’avez laissé choir un arrière goût de cailloux sucé dans la bouche, c’est fade. “Un ébranlement radical” et une “révélation vertigineuse”. Et pourquoi pas une “chutte à vélo”?

  12. Valérie Rottweiler….elle avait du chien,non?

  13. @the red : oui enfin plutôt le genre rocquet que pit-bull non ? Et là c’est cou-couche panier, rentre dans ta niche.

  14. mouais, elle à plutot un physique de danois je trouve mais bon je ne suis pas trop chienne en fait :)

  15. “L’offre créé la demande.” (Bernard Madoff)

  16. @Vince, une réplique de “prison break”?

  17. @the red : Loi de Say.

  18. Encore sur trierweiler? Vous auriez été plus inspiré si vous aviez enfin daigné écrire ce papier sur les motards!!! Chute de moto?

  19. @baby, Say vous qui le dites.

  20. si c’est pas abusé…
    http://www.economiematin.fr/ecoquick/item/8232-hollande-trierweiler-elysee-dispute-degats-mobilier-national

  21. @ Rakam : Si c’est vrai, ça prouve ce que j’écrivais plus haut.
    Les nouveaux aristos “à la lanterne”, effectivement.
    Tous.

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