De la vie de l’écrivain en tournée ( de promotion )

Bon, contraint et forcé, je reprends la route de ce blog.

Je ne suis pas chez moi, d’ailleurs je ne sais pas bien où je suis, quelque part en France je suppose, dans une anonyme chambre d’hôtel où j’aurais cherché refuge après une humiliante séance de dédicace lorsque d’aimables lecteurs m’auront trouvé toutes les qualités du monde, sauf celui d’être un auteur assez sérieux pour que l’on débourse quelques centimes pour s’enticher de son dernier chef d’œuvre.

J’écris ces lignes sur une espèce de bidule minuscule avec un clavier qwerty qui toutes les deux secondes se chope une méchante attaque de panique, me menace de déposer le bilan sans préavis et m’avertit à tout bout de champ qu’il ne répond plus de rien.

J’avoue que c’est de très loin que j’ai suivi l’actualité de ces derniers jours. Pas le temps. Pas de connexion. Pas de journal. Pas grand-chose.

J’ai quand même retenu que les goys s’étaient dénichés un nouveau guide. C’est bien. Je suis content pour eux. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils ont besoin d’un gourou pour savoir s’il est de bon ton de marier la veuve de l’orphelin avec le fils du divorcé mais ceci ne me concerne pas.

Je trouve le nouveau pape très avenant. Doux comme un agneau et tendre comme une biche. On lui donnerait le bon dieu sans confession ce qui vu sa charge tombe plutôt bien. Et puis, comme tout argentin, il aime par-dessus tout l’art footballistique ce qui d’emblée vous classe un homme.

J’imagine sans peine que Maradona va bientôt entrainer le Vatican Football Club. Avec François Premier sur le banc pour implorer le seigneur d’intercéder en faveur de ses ouailles.

J’ai essayé de regarder en streaming le Saint-Etienne/PSG d’hier soir mais mon bidule m’a dit, non, non, non, je n’ai pas ça en magasin.

J’ai installé des logiciels improbables, j’ai écrit au nouveau pape, j’ai convoqué le gérant de l’hôtel, j’ai joué au jokari avec le clavier, j’ai viré de l’argent aux restos du cœur, j’ai appelé au secours la maîtresse du rabbin ; en vain.

J’ai suivi le match sur un site moribond, sans images, avec des commentaires écrits en apache.

Je n’ai pas compris grand-chose au déroulé de la rencontre.

Le temps que ma page veuille bien se rafraîchir et Saint-Etienne en avait déjà pris deux. Je suis allé me servir un valium bien frappé. Quand j’ai repris dialogue avec le bidule, les verts avaient réduit le score. Je me suis resservi un autre valium avec cette fois un soupçon d’Effexor.

Mes efforts ont fini par payer. Les verts sont revenus au score. De joie, j’ai tenté un triple salto arrière mais je me suis réceptionné dans la baignoire.

La vie d’un écrivain en tournée n’est pas de tout repos.

Sans vous demander votre avis, on vous déporte aux quatre coins de l’hexagone.

On a une fiche de route, délivrée par l’éditeur, où tout est inscrit : l’heure de départ du train, le portrait-robot de la personne qui va vous réceptionner, le discours à tenir, la tenue à revêtir, les anecdotes à raconter, la buvette où se restaurer, l’heure à laquelle se coucher, les conseils pour ne pas déprimer après s’être rendu compte que la seule personne qui avait acheté votre livre était une lointaine cousine que vous aviez perdu de vue depuis des générations.

Il y a aussi un numéro d’urgence pour les cas les plus désespérés.

Quand vous vous êtes retrouvés à papoter avec vous-même, quand vous vous êtes auto-signé des livres, quand vous avez songé à vous reconvertir dans la vente par correspondance d’aspirateurs asthmatiques.

Je ne les ai pas encore appelés.

J’attends de connaître l’humiliation suprême.

Quand au salon du livre de Paris, un lecteur de passage, me demandera «  vous ne savez pas à quelle heure il signe Jérôme Ferrari ? ”

 

25 commentaires pour “De la vie de l’écrivain en tournée ( de promotion )”

  1. Mon Dieu! Une tournée? En France?
    Faut-il que le peuple juif paye à ce point la faute d’avoir vendu l’un des leurs aux Romains? 😀

  2. Oui! A tout jamais. C’est d’une cruauté infinie!

  3. Plaignez-vous. c’est une occase pour picoler à l’oeil tous les jours. Et lrsque vous êtes bourré, on vous regarde avec indulgence: Ah maisc’est un artiste :-)

  4. N’y a-t-il donc que la drogue, le cul et le foot pour donner sens à nos vies improbables ?

  5. @Laurent : Et la petite nana qui vous tend son bouquin d’ou s’échappe un bot e papier avec un mystérieux numéro de portable ? Plaignez-vous (s )!

  6. Je ne suis pas un Don Juan comme vous mon cher Bernard

  7. Vous prenez le problème à l’envers, c’est pour ça. Le mieux c’est de faire comme si vous étiez parfaitement inconnu. Si un touriste débarque pour papoter avec vous il sera un peu comme un oasis verbal dans un désert d’ennui. Vous êtes bien assis au moins?

  8. Vous tenez un “Best Of” au fait ?
    En dehors des gens qui pasent lentement en vous dévisageant comme si vous étiez une bête de cirque,

    Moi j’ai déjà eu droit à :

    “Tssst. Je ne risque pas acheter un bouquin pareil ”
    “C’est écrit gros votre truc, ça sent le délayage”
    “Buchet -Chastel, c’est quoi?. C’est pubié à compte d’auteur?”
    “Ca ressemble à Foenkinos ce que vous faites?”

    Plus étrange, carrement “weird” : “Vous n’avez pas la tête du type qui écrit vos bouquins”

  9. Pour vous remettre de toutes ces émotions je vous conseils une petite soirée Dave.
    http://www.look-voyages.fr/look/club-vacances/club-vacances-theme.aspx?ectrans=1&gclid=CJP2056cibYCFcLHtAodZQkAOw#avariete
    http://www.youtube.com/watch?v=WWqJoh9jl30

  10. @ Bernard : Ah, j’ai eu la variante rose Barbie :
    Ben, vous n’êtes pas assez moche pour écrire des livres comme ça .
    ou plus dragueur:
    Je vous l’achète! Vous avez de jolies jambes!

  11. J’ai hâte de voir la trombine de Laurent derrière ses piles de livres. 😀

  12. @Vince, non ni drogue ni foot

  13. @ Hannah : c’est dommage, vous loupez le meilleur !

  14. Première ville touristique de Wallonie, Liège recèle d’innombrables richesses à découvrir. La Meuse, qui la traverse du sud au nord, les collines abruptes et boisées qui l’entourent ainsi que son relief marqué, multipliant les perspectives originales et les quartiers typés, lui confèrent un charme étonnant.

    Un folklore très présent entretenu par une population chaleureuse et accueillante, des quartiers animés et un grand nombre de restaurants achèvent d’en faire une étape incontournable de toute visite en Belgique, cela sans compter une vie culturelle et artistique intense et un patrimoine architectural considérable.

    Les alentours de la ville offrent également de multiples possibilités de promenades et visites touristiques

    maintenant, si tu préfères t’enfermer dans une librairie……

  15. @ Sirandane : le coup des jolies jambes, c’est quand même raide. Ca mérite un Casse toi pauv’ con, et tant pis pour les 40 centimes de droit d’auteur qui vous passent sous le nez :-)
    @ Beni Zeitoun : c’est bien beau Liège, mais tout ça ne vaut pas un coucher de soleil sur les friches industrielles de Charleroi…

  16. Comment être moderne en 2013 ? La chose est aisée, et il suffit d’adopter les positions suivantes :

    – les hommes et les femmes : c’est pareil.
    – les chinois, les français et les allemands : c’est pareil.
    – il faut respecter les religions, toutes les religions. Par exemple, le christianisme et l’islam, c’est bien. La scientologie, par contre, c’est pas bien ! Car c’est une secte, pas une religion (un peu comme la CGT).
    – ne pas voter, c’est pas bien ! Si des gens n’avez pas voté pour Hollande, Hollande ne serait pas président. Pareil pour Sarkozy. Des gens sont morts pour ça.
    – si les gens ne sont pas heureux, c’est à cause de la Crise. Et il y a la Crise à cause des méchantes banques et des méchants spéculateurs. Quand tous les spéculateurs seront jugés et exécutés, les riches pourront enfin donner tout leur argent aux pauvres et le tout le monde sera heureux.

  17. Pas mal votre analyse, j’ajouterai que pour être moderne il vous faut un smart phone, en bas de chez moi y’a plein de cybercafés ou plutôt des cages à poule tenues par des pakos et autres chintoc en tout genre, vous avez raison les femmes et les hommes qui s’y trouvent sont pareils, pas du genre aisés et pas modernes pour deux sous, ils n’ont même pas les moyens de s’acheter un ordinateur, alors un smart phone… Par contre entre vous et moi je crois bien que la plupart d’entre eux n’ont pas des gueules tres catholiques et ne votent pas, sans doute la faute à Valls, ou pas, allez savoir.

  18. Voilà où ça mène, la liberté d’expression… Je me dis que peut-être est-ce qu’il est nécessaire de contrôler internet afin de se prémunir des dérives contraire aux valeurs de la République.
    Et puis, pourquoi pas, surveiller un peu les gens. Oh ! pas forcément tout le monde, non, mais on peut quand même faire au moins quelques fichiers, ce genre de choses. Dans le respect des lois, je veux dire.

  19. L’ironie c’est que j’habite rue Victor Hugo, saloperie de République http://www.lemonde.fr/culture/portfolio/2013/03/20/exposition-victor-hugo-et-la-politique_1851183_3246.html

  20. On rigole, mais :
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/03/21/forte-hausse-des-actes-et-menaces-racistes-en-france_1851349_3224.html
    Euh… Copé en 2017 ? Ou Valls, peut-être ? Nan, il va sûrement attendre encore un peu, 2022 par exemple. Ah la la, que du beau monde ! En attendant Lepen évidemment. Faites attention à vous Bernard, parce qu’avec votre nom, hein, si vous voyez ce que je veux dire…
    Finalement Sagalo a peut-être eu raison de quitter la France.

  21. saga, dieu, sa vie, son oeuvre, ses lecteurs chiants

    en pleine deprime post scriptum, on le retrouve dans les neiges au fin fond du quebec:

    http://www.youtube.com/watch?v=4e_ofNUb1Jc

  22. OMG !
    Quel trou du cul !

  23. je vous retranscris ici un mail de “julie” (définitivement bannie des sites de kim jung il, hugo chavez, laurent Sag, nicolas Sark et fidèl castro) et qui souhaite faire appel à vous pour une pétition :

    je lui cède la parole en espérant qu’elle ne dérapera pas une nouvelle fois….

    “je me souviens d’une mise au vert de l’équipe marseillaise préalable à une importante rencontre au cours de laquelle Gignac avait quant à lui été envoyé en cure thermale .
    ou encore de l’annonce de la liste des 22 ne comportant que 21 noms, celui de mathieu flamini (le 22ème), ayant été omis d’être cité…
    en l’envoyant à Liège, et en ne le citant pas dans les auteurs présents au salon du livre de Paris,
    les éditions Actes sud ont tendance à se conduire à l’égard de Saga telle la fff à l’égard de flamini, ou didier deschamps avec Gignac…..
    pour cette différence de traitement, les lecteurs de ce blog ne devraient t’ils pas pétitionner auprès de son éditeur en faveur de laurent (le dédé gignac de la littérature ) ( le flamini du waterman) …?

    et voilà, incorrigible….
    bannie pour sa méchanceté (,à juste titre,), mais toujours aussi insidieusement pouffe cette julie….

  24. zeitoun-julie hahahhhahahaha
    lol et re-lol

    j’aimais bien cette fausse-vraie bio gub-bitch

    un genre litteraire interessant,

    ach comme on dit outre rhin
    liege et les rouches:
    quelle bande de debiles footeux alacon

    julie, j’espere que vous etes sexy
    mais le doute est permis… mec

    sinon, ce sont les meilleures
    elles se donnent comme si c’etait la dernière fois

    fin du fantasme balte.

  25. ça me rappelle un salon du livre de Nancy: “Vous savez à quelle heure il signe Bernard Pivot !”

    Des bises, Laurent

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