Moi, L…, accro aux anxiolytiques et futur Alzeihmer

Si j’en crois une étude très récente portant sur les ravages des benzodiazépines chez les personnes âgées, je suis mal barré. J’ai une chance sur deux, au détour de la soixantaine, de devenir dément. Ce qui n’est pas sans me surprendre. Je pensais que mes chances de devenir zinzin avoisinaient les 100%.

Je vais donc redoubler d’effort et multiplier mes doses d’anxiolytiques par dix. Je n’entends pas devenir un vieux sage et raisonnable. Je veux pouvoir me balader une plume dans le cul le long du Canal Saint-Martin en dansant la Carmagnole et en chantant vive le roi. Et détrousser les filles. Et insulter le bourgeois.

Je prends des benzodiazépines depuis que j’ai eu l’âge d’effectuer mon service militaire. Depuis je n’ai jamais cessé d’en prendre. Et je ne compte pas m’arrêter. Surtout depuis que j’ai arrêté l’alcool et la télé.

Les médecins sont assurément dans leur rôle lorsqu’ils nous avertissent des dangers de ces merveilleuses pilules qui ont le pouvoir de taire nos angoisses. Qu’assurément, il serait plus avisé de réduire la consommation à quelques semaines. Que celle-ci ne devrait être que ponctuelle et exceptionnelle.

Mais une fois que ces vérités ont été dites, on fait quoi au juste ? On les interdit ou on culpabilise encore plus les consommateurs en leur promettant que s’ils continuent sur cette voie, ils finiront séniles et gâteux ?

Je ne prends pas des benzodiazépines par plaisir.

Je prends des benzodiazépines parce que l’absorption de ces molécules me permet de mener une vie normale. Que sans elles, soit je me serais déjà offert un saut sans élastique au-dessus du pont des Arts, soit j’aurais opté  pour un café au Pastis au réveil. Ou alors je serais devenu fou bien avant l’âge où je suis censé le devenir. Un fou Dostoïevskien. Exalté et résigné. Avec les yeux exsangues et la bouche déformée. Ou bien comme Virgina Woolf je me serais mis à parler en grec ancien aux oiseaux.

Il ne viendrait à l’idée de personne de remettre en cause l’utilité des vaccins contre la variole ou la polyo. Ou de mégoter sur les vertus de médicaments visant à soigner une bronchite chronique. Ou de dire sa méfiance vis-à-vis d’antalgiques à prendre en cas de rage de dents aigüe.

Par contre, à intervalles réguliers, les sommités médicales aiment à stigmatiser la frange de la population qui s’adonne à la consommation d’anxiolytiques. Sans jamais rappeler que ces médicaments ont permis à des millions de gens de continuer sur le chemin de leur vie sans être terrassé par des crises d’angoisse ou des attaques de panique qui transforment le quotidien d’une existence en un vaste champ de bataille où les morts se comptent par milliers.

Nous dira-t-on un jour combien de suicides ont été évités depuis l’apparition de ces médicaments ? Combien de tentatives de suicide ne sont restées qu’à l’état de vagues projets ? Combien de familles ont pu continuer à demeurer soudées sans que se délite le lien social ? Combien de personnes ont eu la force de continuer à apprendre le dur métier de vivre alors qu’en eux des vagues incessantes de terreur mugissantes les empêchaient de sortir de leur lit ?

Combien ?

Je veux bien admettre que dans des maisons de retraites, des infirmières peu scrupuleuses administrent, à tort et à travers, à des papys trop jacasseurs quelques pilules de réconfort, mais d’un autre côté la société se donne-t-elle vraiment les moyens d’apporter à nos aînés toute l’attention nécessaire à leur détresse mentale ?

Et surtout, si demain, on restreint l’accès à ces médicaments, par quoi va-t-on les remplacer ? Parce que l’angoisse, elle, ne disparaîtra par simple décret des autorités sanitaires. Par l’alcool ? La coke ? Les deux en même temps? L’imbécilité crasseuse de la télé réalité ?

Ou alors au malade qui confiera à son médecin qu’il ne s’en sort pas, que sa vie est un enfer, que ses nerfs sont débiles, que ses nuits sont perdues, ses jours hagards, lui dira-t-on comme au siècle dernier que tout est question de volonté, qu’il est en parfaite santé, et qu’avec un peu d’exercice physique, tout finira bien par rentrer dans l’ordre ?

Il serait temps qu’on arrête de culpabiliser les consommateurs d’anxiolytiques et qu’on les considérere comme ce qu’ils sont : des malades qui ne se résignent pas et s’en vont, cahin-cahan, superbes de volonté, sur le chemin d’une vie qui les effraye.

Billet écrit après absorption d’une pilule de 2 milligrammes de valium.

 

29 commentaires pour “Moi, L…, accro aux anxiolytiques et futur Alzeihmer”

  1. Au nom de tous les agités du bocal,merci.
    Personnellement,si les autorités se mettent à rationner abusivement ce genre de produits,je suis prêt à les remplacer par tout ce qui s’avèrera être efficace;quant à devenir dingue,pour moi c’est déjà quasiment fait!

  2. Quelle vacherie l’Angoisse, ( A à dessein) mais malgré votre enfer quotidien n’est elle pas aussi votre force ? Il me semble que vous la sublimez par l’écriture.

  3. @ Stephane; bienvenue au club!
    @Closede : Sublimez, il ne faudrait pas exagérer non plus…

  4. Sans flagornerie aucune, j’adore votre humour parfois grinçant et votre liberté de ton, votre style(t) ciselé, etc..etc…bon ça c’est dit, je ne le répéterai pas.
    Surtout ne vous jetez pas dans les bras d’Aloïs, c’est un salaud, il vous promet l’oubli et ne vous laisse que l’Angoisse, quant à la gaudriole même pas la peine d’y penser.

  5. Lorsqu’on étudie l’art et la littérature, on se rend compte que les plus grands n’étaient pas les plus sains d’esprit ! Est-ce une condition au génie ?

    Baudelaire m’a beaucoup marquée et si les anxyolitiques n’existaient pas encore, il remédia d’une autre façon à son mal-être, comme bien d’autres.
    La souffrance morale ouvre à d’autres vérités, permet à l’esprit de visiter des contrées inconnues. “Le Poète est semblable au prince des nuées” ; “les parfums, les couleurs et les sons se répondent” ; la Vie ne s’arrête pas à ce que l’on voit.

    Apprendre à vivre avec son mal est peut-être la meilleure voie, et savoir l’exploiter. C’est ce que vous faites apparemment :)

  6. “un saut sans élastique au-dessus du pont des Arts” et votre géphyrophobie alors ? Il vous faudrait des pilules pour affronter le pont et à ce moment là, plus envie de sauter; je crois que vous êtes dans une impasse…

  7. ah ah ah bien vu!!!!!

  8. Ils m’ont bien permis de tenir ces anxiolytiques et ce pendant des années, ma psy à l’époque me disais que j’avais l’âme slave (personnellement je dirais bi-polaire mais c’est moins romantique…), j’ai fini par les arrêter, pour les remplacer par le vin et les bulles qui me rendent gaie, par contre jamais avant 18h, j’ai des principes 😉

  9. Beau billet, conclusion splendide. Quitte à finir dément, autant quand même profiter un peu de la vie avant et si ces médicaments peuvent aider…

  10. J’aurais bien une piste pour que la consommation de médocs diminue un brin : faire que les élites du monde humain soient moins cons. Mais ça paraît un chouïa compromis, depuis six mille ans.

  11. Le suicide des vrais “dérangés” (anxieux, bipolaires,que sais-je encore) est, pardonnez-moi, une sorte de sélection naturelle. Il me parait assez normal, dans cette optique-ci, que toute substance tendant à empêcher ceci finisse à long terme par provoquer de sérieux dégats. (un peu comme un elastique)

  12. @Burt le Super Flic : apparemment vous, vous êtes à l’abri, jamais rien lu d’aussi con.

  13. Oh non, pas à l’abri du tout. Vraiment jamais rien lu d’aussi con ?

  14. @Burtlesuperflic :C’est le parallèle que vous faites entre le suicide et le médoc qui l’empêcherait que je trouve un peu simpliste, comme si l’un impliquait le mauvais résultat de l’autre.

  15. J’ai une amie qui essaye de tout arrêter. Ses angoisses là défigurent, c’est pas gagné, je l’aide comme je peux mais je ne sais pas si je suis de très bon conseils. Il faudrait peut être d’abord que je me sauve. Dans tous les cas 35 ans et puni à vie c’est triste.

  16. J’ignore si 2 milligrammes de valium sont une dose consternante pour n’en avoir jamais pris, mais je vois que les quelques soixante lignes de ce billet ont battu le rappel de quelques concernés qui pensent reconnaître le génie et sz reconnaître à son anormalité. Le génie “maudit”, de Rimbault à Van Gogh en passant par Schubert ou Mozart ne doit rien aux artifices. Eux avaient du génie et nous, frères humains, croyons les approcher par la bande.

  17. Vous plaisantez ? Vous pensez vraiment qur Rimbaud carburait à l’eau de Vichy ?

  18. Mille merci pour cet article réconfortant. Je dois dire que je n’ai jamais rien lu de tel et que je n’ai jamais rencontré que des médecins moralisateurs et des pharmaciens condescendants. Un médecin a eu l’inconscience de me dire qu’il suffisait de faire des exercices de respiration et un peu de sport. Bien. Je fais beaucoup de sport et peu d’exercices de respiration. Mais sans médicaments, je n’aurais jamais réussi à travailler, à avoir une vie de famille, ni même à faire de sport. En fait je regrette seulement de ne pas avoir eu le courage de demander une aide médicale plus tôt et d’avoir du coup passé mes années de fac dans une angoisse perpétuelle. Et encore une fois ces deux phrases, « Je ne prends pas des benzodiazépines par plaisir » et « Il serait temps qu’on arrête de culpabiliser les consommateurs d’anxiolytiques et qu’on les considérere comme ce qu’ils sont : des malades qui ne se résignent pas et s’en vont, cahin-cahan, superbes de volonté, sur le chemin d’une vie qui les effraye » me font extrêmement chaud au cœur. C’est si juste et pourtant si peu reconnu et si peu exprimé.

  19. Merci et bon courage!

  20. Tombée par hasard sur votre blog je ne peux qu’être d’accord.Je suis dans le même cas que vous.Moi aussi on m’a diabolise les “calmants”les”drogues”Si on a du diabète ou autre c’est À VIE.Bon,mais les “tranquillisants”on peut s’en passer avec la VOLONTÉ.Ah,on vous en mets plein la tête de la VO-L’ON-TE.MARRE.Et marre. Suis née prema 700g,j’ai vécu.J’en paie le prix,ça va rien demande,même pas reconnue handicapée.Perdu 2 BB avant therme=les médocs.Divorcee.seule mais J’ai travaillé,eu des amis,vit encore pas mal près de ma retraite.
    Alors les leçons de Morale à 1cent d’€ que les Braves Gens bien “normaux se les gardent.Avec mon traitement à vie je suis comme eux,si personne sait,je suis Madame Tout le Monde.

  21. Je me posais justement la question enfer ou anxiolitique?

  22. déprimés chroniques, vous en rêviez, raphaël mezrahi le réalise: la 1ère nuit de la déprime :)
    http://www.foliesbergere.com/La-1ere-nuit-de-la-deprime-fid138.aspx

  23. Ca fait plus de quatre semaines maintenant que j’ai arrêté le Nordaz et je n’ai trouvé aucun médecin et surtout je n’ai de leçon à recevoir de personne. J’ai aussi pris du Xanax et du Temesta des années avant durant de courtes périodes de quelques mois. Ce sont des drogues licites qui devraient être prescrits avec un peu plus de précautions surtout quand c’est pour quelques années. Je reconnais leur utilité aussi mais je trouve qu’il n’y a pas assez de prévention pour dire qu’elles sont les véritables potentiels concernant les dangers potentiels et ainsi arrêter. Contre le stress, il y a la Valériane, un produit de phytothérapie qui fait son effet.

  24. Perso je prends depuis 40 ans des anxiolytiques et 20 des anti dépresseurs.
    Sans cela je serai en hôpital psy(mais je pense qu’on me donnerai aussi des médocs.) Mais si ça n’avait pas existe je n’aurais JAMAIS pu avoir une vie
    Un tant soi peu normale.Pas de travail,pas de tissu social,pas de compagnon
    Pleurer des le matin,être mal,indéfinissable ment MAL.
    je ne prend pas ça par plaisir(suis trop gourmande!) ni pour me faire plaindre
    Et n’en parle qu’à des intimes(c’est TRÈS mal vu) Essayer d’arrêter? Pas a 66 ans.G toute ma raison,une bonne mémoire…On verra la suite.
    Ces traitements m’ont un peu chahuté le foie j’ai bp de Gamma.J’ai pris du poids.J’ai du faire une croix sur la maternité après une FC a 30 ans.
    Mais bon,je dis merci à la Recherche.Ma maman aussi était mal dans sa peau,mais à l’époque ou nous étions enfants rien de très efficace pour elle.
    Résultats : babie blues,maltraitances malgré …amour,placement pour nous,
    Alcool pour elle vers la trentaine,ambiance intenable dans la Famille…
    j’ai pas fais connaître ça à des enfants.Mon frère à mis fin à ses jours.
    Bon,en essayant doucement de me sevrer,ça m’a doucement envoyé …à l’hôpital,dans ma jeunesse.Peut être j’ai tort,mais quand on est réellement
    Dépressif avec un lourd passe,aucun psy. Ne peut nous guérir,c’est en supplément,ça soulage.Mais le cerveau C AUSSI DE LA chimie comme tout
    Le reste du corps.Nous sommes pleins de CHIMIE et de PHYSIQUE…et les médocs qui nous redonnent les substances que l’on fabrique pas,c’est bien qu’ils existent,naturels ou fabriqué en usine.
    il faut seulement une étroite surveillance pour toutes ces médications.
    Cela dit les”fiche ses cochonneries à la poubelle’ “,les “prends sur toi,y’en à qu’on connu pire”,les “secoue toi” je ne veux plus les entendre.
    Certains de ceux la ne prennent pas de Médocs mais…de l’alcool.Comme ma mère et la sienne avant,alors…C plus sain???

  25. J’oubliais d’ajouter que mon frère et moi on est nés prématurés.A l’époque
    C’est un miracle qu’on ai survécu.
    Ma mère s’en est jamais remise,mon père est parti assez vite…CT au Québec il y a longtemps.
    Ça faisait beaucoup pour nous car placements,retour chez maman qui n’allait
    Pas(nous aimais…mais nous battais)
    Un e Fc,un BB mort on utero,avec le seresta,Laroxyl,etc…pas de maternité possible ou de pauvres enfants en manque des la naissance.
    J’avais des séquelles discrètes de la mienne,pas question de reproduire cela.
    les médicaments,chimiques comme naturels sont des poisons,certes,c’est la
    Quantité qui fait le poison.Dans la nature c’est pareil,des plantes médicinales
    Peuvent tuer.MAIS ÇA AIDE.
    ON A DU DIABÈTE ON EST TRAITE À VIE.Moi c’est la dépression et l’anxiété,j’ai RIEN DEMANDE,toujours travaille,en France depuis 32 ans…on me rembourse mes médicaments qui compensent le SEROTONINE que mon cerveau ne produit pas,ou mal ou que mon corps éliminé .
    courage à DEV’. Quand a Superflic…non,jamais entendu rien de plus plate.
    Voyez vous cher ….Superflic,j’ai jamais eu envie de me suicider.On peut être déprimé sans ça. Quand a la Sélection Naturelle,il y a bien des gens qu’elle
    Aurais du ne pas faire naître.

  26. Kippour c’est le Nouvel an juif.
    C’est pas un médoc,mais une Fête et si on est en Famille et entre amis avec une ambiance chaleureuse,ça remplace les calmants au moins pour une journée.On oublie de les prendre dans la joie de repas et discussions partagées,et la vue de petits enfants qui jouent.
    Si la Société était plus chaleureuse,les gens moins seuls,on prendrait peut être moins de “pilules” mais depuis la nuit des temps les gens se tourmentent
    S’ignorent,ou,pire,s’écharpent.
    Dans tous les pays.Dans toutes les religions.Pour toutes les cause.
    Et certains États sont gouvernés par d’authentique GRANDS MALADES très
    Dangereux.Ouvrez les journaux, la télé…OK?

  27. Woo…non,C 10 jours après Rosh ashana,le vrai nouvel an ,le Yom Kippour.
    Mon compagnon vient de me le rappeler.
    Ma mama nous a souvent pourri la vie en disant qu’elle était de parents juifs.
    cT vrai,mais petite pour moi juif ça voulait dire…triste.
    Après la guerre y avait de quoi.Certes.
    quel grand malade à fait occire des millions de gens parmi lesquels une majorité de juifs??? La sélection naturelle ,sympa,l’a épargne,lui et ses comparses,il était pas tout seul…
    Et ça continue,la mainmise de vrai fous sur des peuples entiers.
    Avec de bonnes doses de calmants,ces gens la auraient peut être épargnés leurs prochains.Rien de pire que les malades dangereux qui s’ignorent.
    Et laissons le petit peuple anonyme des fragiles recevoir des médocs remboursés.Bisous a tous,teigneux ou pas…je reviendrai pas sur ce blog.
    Mais regrette pas d’y avoir fait des visites toutes les semaines.MERCI.

  28. Le 17 mai 2015. Merci ! Je suis en ce moment alitee et je lutte pour ne pas prendre d anxyo suite aux conseils de mon medecin (toutes les raisons evoquees ci-dessus). Voyant que mon etat empirait peu a peu, j ai demande l avis d un autre medecin qui m a prescrit de suite un anxyo et un psy. Je connais les causes de mon etat et les ayants tjts gerees, je me suis sentie nulle de ne pas avoir su les gerer d autant plus que comparez a d autres ma vie a de tres bons cote. Par respect pour ceux qui souffrent suite a une vie de tristesses sans fin, je ne me donnais pas le droit de me plaindre. Mais voila ! Le ressenti de chacun est different. Ce qui est moindre pour l un peut etre tres important pour l autre. Un matin, je suis restee une demi heure avec cet anxyo dans la main, pleurant, tremblant. Le portant a mes levres, le retirant, etc… Un combat interieur. Bien? Mal ? Etant hypersensible aux plus anodins des medicaments suite a une maladie grave et a vie, je me projetais deja sur le sevrage, que je voyais deja impossible. Ma fille me voyant dans cet etat (encore de la culpabilite car c etait la premiere fois qu elle me voyait ainsi – j ai 57 ans) m a motivee pour que je reussisse a le prendre. Les jours passant, j ai constate que la dose n etait pas suffisante (1 tranxene 5 mg par jour) mais je n ose pas augmenter (j esperais tant que cela suffirait hop encore une culpabilite en +). Je vais aller voir mon medecin qui me soigne pour une MICI rare depuis 2006 et lui parler de ma situation et de la visite chez ce second medecin. En attendant le rdv chez le psy, j ai decide d ecrire mon histoire de vie. Ceci fait, j ai note chaque jour depuis le 7 mai 2015, mon etat, mes questions, mes reponses, mes ressentis. Je ne dis pas que c est facile car on remue en quelque sorte le couteau dans la plaie mais j en ai ressenti le besoin pour etre honnete avec moi-meme et le psy que je vais aller voir en esperant que c est une personne a l ecoute. Ce matin, en me reveillant a nouveau avec un debut d angoisses et de tremblements, j ai repense a tout ce que j avais ecrit. Deja hier soir d ailleurs. Je me suis rendue compte qu il y avait parfois des contradictions. Et j ai compris. La peur des benzo me faisait ecrire des tas d excuses, des tas de raisons pour ne pas en augmenter la dose. Donc, au lieu d attendre 9 h pour prendre le tranxene, je l ai pris a 7 h au moment des symptomes. J ai evite les tremblements, les larmes, l anxiete. Je ne dis pas que je vais bien car mon estomac (mon point sensible) tape encore un peu 5 h apres mais c est supportable et j ai decide de me lever cet apm malgre la fatigue (sans les vertiges yess !). Ce matin, je ne suis pas allee sur les videos de relaxation, sur les forums ou l on parle des prises de benzo. J ai tape sur google : prendre des anxyo sans se sentir coupable. Je suis tombee sur votre blog et chacune de mes pensees etait identique aux votres a part pour le sevrage qui s il est fait quand on s en sans l envie n est pas a rejete. Je dis bien uniquement si on en ressent le besoin. S il ne vient pas… c est ainsi. Je Je dis merci car apres de longues semaines de souffrance, je vais peut etre en voir le bout. Merci pour ma deculpabilisation. Merci pour m avoir confirme que ca n est pas parce qu on prend des anxyo qu on est “zinzin”, faible, sans volonte. Au contraire, il en faut pour accepter qu un jour, a un moment T, on arrive plus a etre la personne forte que l on etait. Cela ne veut pas dire qu on ne le redeviendra pas et si pour cela il faut une bequille chimique et bien cela se fera ainsi et si on arrive arreter et bien tant mieux pour ceux qui y arriveront. Ca n est pas que je vais vers la facilite, que je baisse les bras devant les epreuves de la vie. Loin de la. Je me suis tjrs battue. Comme il est dit, je ne prends pas de benzo par plaisir. Il s agit d une question de survie. Oui, je me sauve la vie. S il y avait un autre moyen, je le prendrais. J ai essaye la relaxation, les pensees positives, la marche… mais au moindre stress… les symptomes revenaient. Ca n est pas de la faiblesse de caractere. J ai compris que cela peut arriver a tout le monde si a un moment de grande fragilite morale, un evenement survient. C est pas de bol car si cet evenement etait survenu a un autre moment, il aurait ete gere comme auparavant “envoye, c est pese”. Bien sur, on peut traverser la vie sans avoir jamais croise le chemin de l anxiete menant a une depression et cela malgre de grandes souffrances (j en suis temoin puisque cela etait le cas pour moi) et heureux sont ceux qui y arrivent. Mais, avec ce qui m arrive aujourd hui, je sais qu il ne faut pas juger ceux qui sont obliges de prendre des anxyo. Ce ne sont pas des “fous”, des assistes chimiques, des faibles, des gens pour lesquels on ne doit eprouver que pitie voire mepris. Au contraire ! Il faut du courage pour accepter de se soigner chimiquement en connaissant les risques divers et nombreux. J ai choisi cette facon en dernier recours. Pour continuer ma vie car j aime la vie, pour la serenite dans mon couple, pour voir mes enfants heureux et non extremement inquiets sur l etat actuel de sante de leur maman. Si pour cela, je dois passer par un psy, un traitement suivi alors que j essayais de ne pas trop penser a ma MICI invalidante en ne voyant mon medecin que chaque trois mois, le risque de ne pas arriver a me defaire des anxyo… et bien j y passerai… pour l amour de la vie… pour l amour des miens. Bonne route a tous !

  29. PS : excusez-moi pour les fautes mais j ecris sur un tout petit portable…..

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