Epître au seul lycéen qui n’a pas eu son bac

C’est à toi malheureux couillon qui n’as pas été foutu de décrocher son baccalauréat que ce billet s’adresse. A toi que la France regarde avec tout le dédain et mépris dont elle est parfois capable. A toi, demeuré d’entre les demeurés, qui a réussi l’impossible exploit d’échouer là où n’importe quel ahuri aux facultés intellectuelles frôlant le néant cosmique, sans même s’être foulé sa demie-portion de cervelet, s’en tire avec les honneurs.

C’est que tu dois bien te sentir seul en ces jours où la jeunesse de France parade dans les rues avec son précieux sésame en poche et entrevoit des lendemains prometteurs.

L’année dernière, le taux de réussite au bac général atteignait le pourcentage astronomique 88,2% et il en sera, à quelques postillons prés, de même pour cette année. Si l’on compte les candidats qui ont oublié de se présenter, ceux qui ont passé toute l’année scolaire à sécher les cours, ceux qui ont connu des problèmes de santé récurrents, ceux dont la vie a été  fracassée par le divorce de leurs parents ou par la mort de leurs hamsters, bref tous ceux qui n’ont pu se présenter dans des conditions décentes à l’examen, on doit graviter autour de 95 pour cent de réussite.

Reste les autres : ces odieux 5% de lycéens qui, malgré leur implication, leur assiduité, leur bonne volonté, malgré leur travail fourni tout au long de l’année scolaire, se sont manqués à l’examen final et se sont vus invités à retenter leur chance l’année prochaine.

Leur solitude doit être terrible. Ecrasante. Incommensurable. Le premier grand traumatisme de leur vie d’adulte qui peut-être ne sera jamais surmonté. Le premier accroc significatif qui plombera à jamais leur moral et continuera à les hanter longtemps encore. Cette infamie d’être le seul parmi tous ces camarades de cordée à avoir été recalé. Cette honte ressentie et décuplée à l’infini lorsqu’on apprend que de tout votre lycée vous êtes l’unique cancre à avoir failli.

Ce sentiment terrible de l’échec, je ne voudrais à personne de le connaître.

A mon époque, il était encore permis et toléré de rater son bac, j’en suis l’exemple vivant même si la faute en incombe à des examinateurs antisémites qui furent incapables de saisir la subtilité kabbalistique de mes équations arithmétiques pas plus que mon génie à revisiter les lois de la physique sous un tropisme des plus novateurs où je proposais aux neutrons de partouzer  avec les protons afin de les aider à réduire le problème de la solution finale.

La grande différence consistait à ce que je n’étais point le seul dans ce cas-là.

Le fils de la voisine, pourtant élève au-dessus de tout soupçon, catholique bon teint, cavalier émérite, promis à reprendre la pharmacie familiale, n’avait-il pas lui aussi échoué ? Et que dire de cette buze de Durand, impénitent bucheur, travailleur forcené à défaut d’être doué, qui, contre toute attente, hérita de notes si catastrophiques que ses parents portèrent plainte pour usurpation d’identité.

Bref, cela se faisait de rater son bac.

Et à la rentrée de septembre, nous étions tout de même un certain nombre à redoubler et à remettre le couvert. Il existait même ceux qui se servaient du rab pour une troisième fois sans pour autant qu’ils fussent condamnés à porter l’étoile jaune de leur échec patenté.

Mais aujourd’hui ?

Tout juste si de nos jours celui qui ne décroche pas une quelconque mention n’apparaît pas comme un bachelier de seconde zone, un bachelier au rabais, un bachelier poussif. Alors que dire de celui qui échoue ?

Il doit se sentir aussi seul que le benêt qui n’arrive même pas à repartir avec ses 1500 euros à Qui veut gagner des millions, coupable d’avoir prétendu que le sigle de l’ONU répondait à la dénomination de l’Organisation des Nains Utopistes.

Pour ces infortunés hères existe-t-il au moins une cellule psychologique à même de les soutenir dans ce carnage des illusions perdues? Peuvent-ils en présentant leur collante déficiente dans n’importe quelle pharmacie de l’hexagone avoir le droit à une ration de Lexomil gratuite ?

Ont-ils seulement un endroit où se cacher autre que dans le cachot familial d’où ils ne seront autorisés à ressortir qu’une fois l’été passé et encore, en rasant les murs ?

Le jeune homme qui a échoué au baccalauérat demeure un mystere insondable pour les sciences humaines.

Et le récidiviste, une espèce en voie d’extinction.

 

 

20 commentaires pour “Epître au seul lycéen qui n’a pas eu son bac”

  1. Excellent post.
    C’est drôle, Laurent, vous partez du principe que c’est un garçon qui rate… Vous n’êtes pas super paritaire, sur ce coup, hahaha !)

  2. 20 sur 20
    Bravo pour votre éloge de l’échec. On se sent seul, incompris, mais… unique représentant de son génie, définitivement démarqué du troupeau, encore mouton mais maître de son destin enfin.

  3. SVP! Délogez ce blog gonflant, lourd, prétentieux et à la syntaxe débile. Merci.

  4. Quelle écriture, c’est vraiment plaisant à lire ! Quel humour ! mdr 😉 J’ai bien ri en vous lisant ! 😀

    Ce sujet m’intéresse vraiment beaucoup car je pense aussi que c’est bien dommage que le système détruit, juge, condamne aux moyens d’examens, de notes, et de remarques peu élogieuses, tous ces génies, inconscients de l’être, réduit à des incapables, des idiots !

    Et je crois que souvent, les parents tombent malheureusement dans le piège de croire ce système, qui n’est pourtant pas capable de révéler la réelle richesse de leur enfant. Or l’école ne révèle pas forcément “l’intelligence”, vaste notion ! Car l’école est ennuyeuse, elle nous gave, elle nous assomme, elle nous contraint, et il faut s’en remettre à la chance pour tomber sur l’enseignant passionné qui réussira à transmettre son savoir avec efficacité !

    Je pense que le système éducatif gagnerait à supprimer toute forme de jugement de valeur, à vraiment aider plutôt que de simplement juger, constater… Enfin, y a de quoi trouver de l’inspiration du côté des pays nordiques… !

    Au plaisir,

    Nivek
    De reussite-etudes.fr

  5. Quoi ? Ca fait des mois que je suis les élucubrations d’un type qui n’a pas eu son bac du premier coup !

  6. Sympathique papier mais qui oublie, une fois de plus, le tiers des jeunes qui ne peuvent même pas candidater au bac parce qu’ils ne l’atteignent pas. Combien de fois faudra-t-il répéter que 88% c’est ou c’était le taux de réussite des candidats.
    63%, c’est le taux record de ces dernières années d’accès au bac pour une classe d’âge. Il y a donc plus d’un jeune qui le soir où “toute la France” brandit son diplôme, se sent un peu éloigné de ce monde là…

  7. Vision réaliste d’un sésame qui est entrée comme une mesure d’intelligence dans la mémoire collective. Et puis après, il s’agit de savoir s’en servir, se servir de l’histoire pour comprendre que les guerres ont pour origines des hommes qui diffusent des doctrines a des gens appeurés et peu cultivés, se servir des mathématiques pour comprendre et critiquer les chiffres qu’on nous diffuse à outrance dans les médias, se servir de la physique pour comprendre les phénomènes qui nous entourent. Et avec tout ça, se construire une personne avec ses propres gouts, objectifs pour la vie et prendre le temps de comprendre les cultures, les personnes qui nous entourent. Ce n’est pas sur une feuille que se joue notre vie, c’est dans la vie qu’on joue.
    Cela dit la partouze de protons me fait bien rire!
    Bien à vous

  8. Lorsque j’ai eu 14 ans, j’ai vu de mes propres yeux que, parmi mes petits camarades, ceux qui étaient les plus intelligents, les plus vifs, les plus indépendants d’esprit, les plus doués du sens de l’humour, les plus originaux, etc… étaient en même temps ceux qui ne supportaient pas d’être enfermés toutes la journée et de devoir se gaver de leçons et d’exercices.
    Evidemment, non seulement ils étaient les élèves les plus agités et les plus chiants pour l’institution scolaire, mais encore ceux qui obtenaient les plus mauvaises notes, de telle sorte qu’ils ont été virés, certains avant même de décrocher le brevet élémentaire.
    Leur seule déficience réelle a été d’être incapables de comprendre, malgré mes exhortations, que le rapport de force entre eux et l’Institution était en leur défaveur et qu’il allait falloir accepter d’aller sous le joug jusqu’aux derniers diplômes universitaires.
    Il est tout à fait évident que l’école et l’Université ne forment pas les élites mais, bien au contraire, sélectionnent seulement les sujets les plus conformes et les plus sages alors même que souvent, dans une pitoyable réaction post-juvénile, ils se promènent, une fois leurs précieux diplômes en poche, avec les plumes de l’insurgé marxiste ou fasciste et croient sincèrement ne pas être des cons.

  9. @ Sophie: Vous savez bien que les filles sont plus intelligentes que les garcons a cet age là. C’est seulement aprés que cela se gâte! Là elles sont au maximum de leur potentiel
    @ Maxime: Merci! Ca fait chaud au coeur
    @ Sylvie: Merci pour l’info mais vous savez je ne suis pas journaliste
    @ Job: Si seulement vous saviez! Et je ne vous parle même pas de mes notes au bac français!

  10. elles ne deviennent pas plus ni moins intelligentes, elles font des choix en deçà de leurs capacités, pour tout plein de raisons

  11. N’empêche, Jacques a raison. Faut faire semblant. (Moi, j’ai fait semblant pendant toutes mes études pour aller plus vite au bout et en être débarrassée.) ;0)

  12. @Sophie k : “Faire semblant” est l’expression exacte. Cela consiste à régurgiter les cours en les agrémentant, çà et là, d’un brin d’ironie assorti d’un doigt de paradoxe. Les profs adorent ce genre d’assaisonnements. On peut même dire qu’ils en raffolent.

    Aujourd’hui, les ingrédients du fond de sauce culturel français sont les suivant (leurs proportions et leur ordre sont à l’appréciation de chacun) :

    de l’antiaméricanisme ; du corporatisme ; le culte de l’Etat ; l’amour de la terre qui ne ment pas (recyclée par certains en écologie) ; un zeste récurrent d’antisémitisme (recyclé par beaucoup en antisionisme) ; l’extension à l’Europe entière d’un universalisme abstrait (celui-là même qui a déjà anéanti les cultures régionales en France) ; l’hypocrisie au sujet de l’argent ; l’idolâtrie de la culture (surtout pour sa fonction “distinguante”) ; l’élévation du pinard et de la boustifaille (notamment la charcuterie pur porc) au rang des beaux arts ; la réhabilitation des envahisseurs barbares (Ostrogoths, Wisigoths, Normands et autres Mérovingiens) devenus soudainement des garçons raffinés, capables de rivaliser en tous domaines avec les Romains de l’âge classique ; une dilection très marquée pour tous les orientalismes (le monde arabo-musulman, c’est en même temps “la cause des peuples” et le très gros business : rien que du bonheur !)…
    A ce qui précède s’ajoute, depuis quelque temps déjà, la haine de soi (à tout le moins, la mésestime) comme symptôme d’une culpabilité postcoloniale persistante et morbide.

    Ce fond de sauce est à verser indifféremment sur n’importe quelle tambouille littéraire ou philosophique de gauche ou de droite (cependant pour la tambouille de gauche, il est vivement recommandé de remplacer la boustifaille pur porc par des merguez ; d’ajouter quelques branches de relativisme culturel et de multiculturatlisme).

    Pour ma part, la culture je trouve ça trop bien, mais je sais plus c’est quoi…

  13. @Nivek :
    Votre commentaire me laisse perplexe. À dire vrai je ne partage absolument pas votre point de vue et je crois que ces idées sont très mauvaises pour l’avenir de notre école, et plus encore pour notre avenir. J’ai quitté le système éducatif il y a peu, j’ai observé et écouté ; et certaines choses me sautent aux yeux de par leur illégitimité et leur ingratitude.
    Vous écrivez :
    « C’est bien dommage que le système détruit (…) tous ces génies, inconscients de l’être, réduit à des incapables, des idiots. (…) L’école est ennuyeuse, elle nous gave, elle nous assomme, elle nous contraint »

    Je crois que vous oubliez, et vous n’êtes malheureusement pas le seul, que pour certains enfants l’école est encore perçue comme une chance, la seule qu’ils n’auront jamais de s’élever, d’exister. « Le système détruit », écrivez-vous. Je crois que notre école est la plus grande chance, probablement la seule chance d’ailleurs, qui soit donnée à nos enfants, à nos jeunes. Arrêtons de cracher dans la soupe, de démolir tout ce qui nous est donné et remettons-nous en question. Vos paroles sont typiquement celles de tous ces parents d’élèves qui sont viscéralement certains que leur enfant est ce génie incompris qui n’a d’autre choix que de lutter contre le système, système exclusivement destiné à le détruire. Je crois que c’est ingrat, lâche et totalement illégitime. Trouvez-vous normal qu’un professeur n’ose plus punir un élève qui n’a pas fait son devoir, sous peine de voir débarquer les parents criant au complot et à l’injustice contre leur fils, ce génie ? Je trouve cela choquant, je trouve cela irrespectueux et grave. Je crois que cette mentalité de « l’enfant-roi » ne sert personne, pas même l’enfant. Voilà comment on est en train de créer cette jeunesse qui n’a plus de valeurs, plus de principes, plus aucun respect pour rien. Voilà comment on est en train de créer cette jeunesse prétentieuse et arrogante, qui se croit au-dessus du monde, mais qui n’a pas le tiers des connaissances, des valeurs de mes grands-parents. Époque différente, mœurs différentes…peut-être… il n’empêche qu’en ayant arrêté l’école à 13 ans et passé sa vie dans l’agriculture ma grand-mère conjugue bien mieux que moi. Alors oui, à son époque il y avait du respect pour l’enseignant, pour l’enseignement, pour ce qui était donné. Jamais l’enfant n’aurait défié l’autorité de l’enseignant et quand bien même il l’aurait fait, jamais il n’aurait trouvé un centième de soutien dans son entourage.

    Supprimer tout jugement de valeur proposez-vous. Non, je ne suis pas d’accord. Il ne s’agit pas de cacher la réalité à nos enfants pour les protéger. Tout est jugement de valeur. Soyons clairs : il y a des bons et des mauvais, c’est comme ça. Et dans leur futur travail, on ne prendra pas tant de précautions à leur cacher la réalité. L’école n’est pas parfaite, loin s’en faut ; cependant les plus adaptés et conformés au système sont bien ceux qui s’en sortiront le mieux. Ce n’est peut-être pas très glorieux, mais c’est la réalité.

    Nous sommes devenus prétentieux, irrespectueux et la légitimité de nos actes nous importe peu. Le pire étant que c’est cette génération d’ingrats qui devra éduquer mes enfants et leur inculquer des valeurs.

  14. @ Sophie : Vous ne pensez pas que l’école ” à la française ” est complétement dépassée ? Je vois au Canada combien les enfants s’épanouissent à l’école, comment ils interagissent avec leurs professeurs, comment on leur apprend à apprendre et non pas à les contraindre à apprendre des connaissances parfaitement inutiles. Si l’on s’ennuie à l’école, alors la vie ne vaut vraiment pas la peine d’être vécue. Ces journées entamées à l’aube se finissant aprés 5 heures c’est une pure hérésie. Un contre-sens total. Un enfant ça doit jouer, se dépenser, se découvrir que ce soit sur un terrain de sport ou dans un club de photos.

  15. @ Jacques : Oui, mais je ne me donnais même pas cette peine, à l’époque, sauf peut-être à partir de la seconde, et encore. La souffrance ne tenait pas à ce qu’on apprenait, mais à la manière de l’apprendre. Ça s’est encore dégradé depuis, puisque à l’époque, on pouvait encore savourer des cours de Français d’amoureux de la langue et des textes, et pas des pensums de disséqueurs techniques de grammaire. (Au-delà de la plaisanterie, tout est devenu technique, c’est désespérant.)

  16. @ Sophie D. : Ce n’est pas l’école en soi qu’on ne respecte pas, mais ce qu’elle est devenue, son contenant, et surtout ceux qui la pensent comme un moyen de fabriquer des clones corvéables, et pas des êtres éduqués, justement.

  17. ça ne me choque pas, pour comprendre, comme l’anatomie, on est bien obligé de passer par la dissection,non? enfin, moi j’aimais bien disséquer:)
    comme Laurent confondait vince et vinnie j’ai cru que c’était tout le temps sophie K. qui s’exprimait!

  18. à l’école, j’ai développé des facultés que je ne perdrais jamais : savoir feinter pour prendre une direction opposée en course lancée pendant une partie de trap-trap, motiver mes troupes pour aller délivrer nos camarades emprisonnés à la gouttière du bureau du directeur de l’école, gagner discrétement quelques places dans la file d’attente de trente minutes pour aller manger, oser regarder dans les yeux les “grands” du collège, écrire très petit, finement, des déclinaisons de latins ou des conjugaisons d’espagnols à glisser sous ma trousse, lancer des regards intéressés à une personne intéressante…. et j’en passe.
    Par contre, analyser, décortiquer, réfléchir… il m’a fallu attendre les études supérieures malheureusement.

  19. Je crois que nous sommes beaucoup dans ce cas là!

  20. D’abord, merci Sophie D., pour l’intérêt que vous avez pu porter à mon commentaire :)

    “Votre commentaire me laisse perplexe. À dire vrai je ne partage absolument pas votre point de vue et je crois que ces idées sont très mauvaises pour l’avenir de notre école, et plus encore pour notre avenir. J’ai quitté le système éducatif il y a peu, j’ai observé et écouté ; et certaines choses me sautent aux yeux de par leur illégitimité et leur ingratitude.”
    Ce qui est paradoxal, c’est que vous semblez à la fois soutenir et critiquer un système qui ne sait pas se faire respecter, car, selon moi, n’a pas su évoluer avec son temps.

    Je crois qu’aujourd’hui l’enjeu n’est plus de parvenir à scolariser tous les enfants, car je trouve qu’on peut dire que de ce côté là, la mission est plutôt bien remplie (taux d’analphabète très faible…), même si ce n’est pas parfait… Enfin, pardonnez moi mais, je vois la France plus ambitieuse que ça, pour son système éducatif…

    A mon sens, le réel enjeu c’est de faire évoluer ce système archaïque qui n’a pas su évoluer avec son temps, et qui ne parvient pas à exploiter le potentiel des élèves.

    Quand je dis le “système détruit”, bien sûr, tout est relatif et effectivement, il ne détruit pas tout le monde. Mais reconnaissez quand même que le système véhicule une très mauvaise image de l’apprentissage, sans doute à cause des systèmes de valeur qu’elle a pu mettre (note, sanctions, au lieu d’encourager, ne pas s’arrêter qu’au constat mais voir un peu plus loin pour comprendre pourquoi….). Combien d’enfants s’ennuient à l’école ? Combien d’enfants sont dégoutés de l’école ? Sincèrement, si je vous réponds: “tous”, je crois que j’exagère à peine, car je pense que mêmes ceux qui réussissent à l’école ne s’épanouissent pas forcément pour autant.

    Or on apprend toute notre vie, c’est pour cela que j’estime à présent au plus haut point, l’apprentissage ! Apprendre, c’est changer, c’est évoluer, c’est avoir d’autres références, c’est devenir celui qu’on désir. Chose que ne peut nous faire comprendre un système qui “contraint, assomme, gave”, qui détruit toute forme d’autonomie.

    Sachez que je remercie l’école d’exister ! Seulement, après l’avoir subit et en le subissant encore à présent (j’ai 19 ans, je suis à l’université), je prends un peu de hauteur et tente de réfléchir sur le pourquoi du comment des problèmes que chacun rencontre au cours de sa scolarité. Je remercie donc l’école d’exister, mais je n’attends pas simplement d’elle qu’elle existe, mais qu’elle évolue !

    “Trouvez-vous normal qu’un professeur n’ose plus punir un élève qui n’a pas fait son devoir, sous peine de voir débarquer les parents criant au complot et à l’injustice contre leur fils, ce génie ? Je trouve cela choquant, je trouve cela irrespectueux et grave”
    Votre exemple me semble un peu trop caricatural; car je crois que généralement les parents estiment l’enseignant, et lui font confiance. Mais vous soulevez le fameux problème de “l’enfant-roi”, qui à mon sens révèle le décalage entre notre société moderne (systèmes de communications très développés: internet, portables….) et, le système archaïque qui ne prend pas en compte l’individu (combien de temps est-il capable de se concentrer ? comment fonctionne sa mémoire ? quel rôle joue l’estime de soi dans l’apprentissage ?…. : toutes ces questions essentielles assez vites balayés par un programme scolaire qui demande à être tenu).

    “Supprimer tout jugement de valeur proposez-vous. Non, je ne suis pas d’accord. Il ne s’agit pas de cacher la réalité à nos enfants pour les protéger. Tout est jugement de valeur. ”
    Il ne s’agit pas de les protéger, mais de les estimer à leur juste valeur, en arrêtant de condamner l’élève qui fait l’idiot, qui ne fait jamais ses devoirs, en cessant de faire l’amalgame entre ce qu’il fait et ce qu’il est réellement. Bien sûr qu’il faut punir, bien sûr que c’est surement nécessaire: mais il ne faut pas en rester là ! Il faut aussi tenter de donner les clefs de sorties du cercle vicieux qu’est l’échec scolaire. Que l’empathie l’emporte sur le simple constat !

    Et laissez le monde du travail en dehors de tout cela. Un enfant qui travaille pour apprendre n’est pas un adulte qui travaille pour, notamment, gagner de l’argent. Les objectifs et les attentes, sont biens différents.
    L’un est en construction, tente d’enrichir son esprit; l’autre qui a plus d’expérience, tente de vivre en société en répondant aux exigences matérielles que cela implique.
    L’un tente de gagner sa liberté intellectuelle, l’autre tente de gagner sa liberté matérielle.

    Enfin, encore une fois, veuillez regardez du côté des pays nordiques, s’il vous plait. Et veuillez me dire, si oui ou non, notre système éducatif n’aurait-il pas besoin d’évoluer ?

    Nivek,

    Au plaisir !! 😉

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