Nous sommes tous des grecs allemands

Les grecs ont inventé le concept de démocratie, les allemands ont poussé jusqu’au raffinement le plus exquis l’art d’exterminer un peuple. Socrate, Platon, Homère se sont attachés à définir l’essence de la condition humaine ; Hitler, Goebbels et Goering se sont attardés à la réduire en poussière.

Vu sous ce tropisme forcément partisan, et outrageusement réducteur, la balance ne penche pas vraiment en faveur de nos cousins germains au regard de leur réticence à venir secourir les pâtres grecs en leur prêtant voire en leur donnant quelques uns des marks qui empoussièrent encore leurs buffets remplis de la vaisselle ramenée par Grand Papa lors de ses conquêtes éclairs des Sudètes et autres territoires annexes.

Le discours des allemands n’est point illégitime. Au nom de quoi devraient-ils secourir les grecs alors que ces derniers n’en foutent pas une depuis des décenies entières tandis qu’eux cravachent comme des damnés pour continuer à asseoir leur domination en Europe ?

 

Un raisonnement à priori implacable n’était-ce l’histoire quelque peu particulière de la nation allemande.

C’est donc ce peuple, auteur du plus parfait des génocides de toute l’histoire de l’humanité, qui rechigne à porter assistance à un autre peuple que la bêtise et l’incapacité de ses dirigeants a poussé dans l’abîme.

Au nom de ce principe, il eût alors été des plus logiques, au sortir de la seconde guerre mondiale, de laisser aussi les allemands à leur triste sort : celui d’une nation exsangue, défaite, ravagée, démunie, blafarde, pestiférée, égarée dans la grande nuit de l’Histoire.

Une nuit dans laquelle elle errerait encore si, plus par nécessité économique que par empathie compassionnelle, le monde civilisé ne s’était pas efforcé de la remettre sur pieds et de lui donner les moyens de survivre après sa tentative de suicide avortée.

Ne serait-ce que pour cette raison, l’Allemagne, hors toute contingence économique, a le devoir impérieux de rendre la monnaie de sa pièce. Faute de quoi, elle prendrait la responsabilité funeste d’amener une nouvelle fois l’Europe au bord du précipice.

48 commentaires pour “Nous sommes tous des grecs allemands”

  1. La photo, c’est de votre collection privée ? Vous n’aimeriez pas aussi les films de Gladiateurs ?

  2. Voilà ce qui arrive quand on prête de l’argent à des pauvres…

  3. Oui. Et qu’on leur vend des canons par-dessus le marché (c’est le cas de le dire).

  4. Voila un excellent billet, tout y est brièvement mais assez logiquement dit. Et en plus, le coup de la vaisselle m’ a bien fait rire. Alors c’ est vrai, on aurait en effet pu les laisser croupir dans les ruines fumantes de Dresde, mais comment feraient les commerçants front national pour rouler en Audi ? Hein, je vous le demande ?

  5. Finalement, les Allemands ont amené l’Europe au bord du gouffre d’avoir une économie trop performante et de pratiquer une rigueur des dépenses publiques trop austère… Comme quoi, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Heureusement que la France est là pour montrer le chemin, avec ses déficits abyssaux, ses élus cumulards, leurs voyages en Jet et leurs courtisanes prises en charge par l’argent public… :-) Et depuis dimanche, les Grecs ont à nouveau des amis !

    Bon, alors, cette photo ?

  6. vider les banques : Cantona en a rêvé, les Grecs l’ont fait

  7. pour les photos, après Cléopâtre à Cannes, les légions romaines en boxer :)

  8. @ Hannah :-)

    N’est ce pas Sagalovicius, habilement grimé, qui fonce, sabre au clair et flamberge au vent, sur l’objectif ?

  9. En fait la photo représente un motard en colère athénien

  10. Et un point démago pour Bernard ! Merci pour cette analyse pertinente de la situation européenne, Bernard Poujade.

  11. 😀 Sont pas mal, les Hells Angels grecs.

  12. @ Bernard : non, si Laurent est du genre coureur des Thermopyles, faut l’appeler Sagalovis

  13. C’est pas beau de jouer avec les noms. D’ailleurs dans je ne sais plus quelle librairie il m’avait mis dans le rayon littérature étrangere!

  14. n’ayant pas suffisamment de connaissances, j’argumente souvent plus avec mes tripes qu’avec des lois ou mécanismes économiques et j’interpelle les financiers sur un point qui me turlupine, pourquoi est ce qu’on suspend la cotation des sociétés lorsqu’elles sont en danger sur les marchés boursiers et on ne le fait pas pour les pays souverains qui doivent continuer à subir la dégradation de leur statut par des agences (controversées), et se voir traiter comme de simples particuliers insolvables, avec à la clé des taux qui accentuent l’endettement

  15. Vinnie, Bernard, Hannah vous interpelle!

  16. merci Laurent :)
    tiens je ne connais pas de Grecs… ils se tirent ailleurs et c’est pas en France
    morphologiquement les types là, on dirait plus des lanceurs de marteau que des marathoniens

  17. @ Lolilol : Je sais, le bons sens est difficile à encaisser, alors on l’appelle démagogie.

    @ Hannah : Pourquoi pas ? Bonne question. Je ne sais pas. Sans doute parce que les états ont besoin de revenir plusieurs fois par an lever de nouvelles dettes pour rembourser celles qui arrivent à expiration, parce la plupart des états, y compris l’Allemagne sont en déficit budgétaire. Donc si vous suspendez la cotation des emprunts, personne ne voudra vous prêter de l’argent lorsque vos dettes arrivent à échéance. Une société, ce sont ses actions qui sont cotées. on les suspend lorsque les variations sont trop importantes, à la baisse mais aussi à la hausse, de manière à ce que la machine refroidisse un peu, que tous les gens intéressés aient le temps de ré examiner la situation, et de décider ce qu’ils vont faire plus calmement. Très résumé, c’est ça en gros.

    @ Sophie : histoire de le titiller, on pourrait aussi l’appeler Sagalovix… Moustache, cervoise et sangliers, je le vois bien au banquet du petit village gaulois !

    @ Laurent : Plaignez vous. Les libraires ne jurent que par la littérature étrangère ! C’est un booster pour vos ventes.

  18. Changez Bernard en Marcello et vos ventes s’envoleront!

  19. Un de ces rapprochements incongrus qui font le charme de l’histoire humaine : un parti néo-nazi fait 7% en Grèce. Vous reprendrez bien un peu de moussaka au ZyklonB ?

  20. Des Grecs Néo Nazis, ça ne fait pas très sérieux. C’est comme un club français qui prétendrait sérieusement gagner la LdC.

  21. les Grecs sont condamnés par l’UE à de multiples mesures d’austérité d’ordre financier (certes ils ont pas mal déconné) mais aucune sanction pour faire entrer au parlement un parti néonazi, raciste, négationniste alors que c’est bien plus grave (j’espère au moins qu’ils seront empêchés de participer à un gouvernement..)

  22. Quelle sanction ?? Ils ont été élu démocratiquement!

  23. ah oui pardon suis je bête…, c’est l’union économique pas l’union des hommes et des femmes dans des valeurs communes

  24. @ Saga : Bon vous allez être sympa ce soir, vous allez nous laisser gagner…

  25. Silence dans les rangs. L’heure est grave là. On devrait exclure les clubs grecs des compétitions européenes, ca ferait de la place.

  26. @ Hannah : Explication complementaire à celle de Bernard sur votre question :
    – Il est assez simple de prendre la décision de suspendre un boite cotée, pour un état, le processus prendrait plus de temps.
    – En général, on utilise le temps, bref, de la suspension pour apporter (ou annoncer) des solutions aux problèmes. Pour un état, impossible de respecter ce délai, il faudrait un a deux ans souvent…
    – Enfin, la suspension est assez généralement suivie, à la réouverture, d’une baisse vertigineuse du titre, quelle que soient les solutions annoncées. Dans le cas d’ un état, ça la foutrait assez mal….

  27. @ Saga : Ah non, les clubs grecs, c’ est les seuls qu’on arrive à battre

  28. But de Sainté…

  29. Mais on egalise…

  30. vous aller commenter le match in extenso ??? c’est cool!

  31. et deux un pour Bordeaux !!!!

  32. bon j’ arrete, mais comme je suis seul comme un chien sur ce blog…

  33. Alors Sagalovitsch, pas trop “Vert” ce soir ?

  34. Pffft tout ca pour l’europa league. Minable!

  35. et touc!

  36. Vous ne faites pas la sieste ? Détendez vous mon ami :-)

  37. sur une toile de Ciani, bien sur….

  38. Mais ca vous sert a rien, Rennes mene 3 a zero, donc vous n’ irez pas meme si vous gagnez, alors laissez nous marquer un but..

  39. Tu parles qu’il nous laissera marquer….

  40. Ca y est merci, Maitre !!!

  41. On ne l’entend plus ???
    A part ça, ça a l’air d’être le bordel à Auxerre…

  42. @ Hannah : Mais enfin, Auxerre, c’est un repère des Hooligans !

  43. qu’est ce qui se passe ? j’ai regardé “un prophète”
    j’ai une question subsidiaire à propos des taux appliqués aux états, faut que je retrouve le lien.

  44. “la FED a prêté aux établissements bancaires en difficulté[…] au taux incroyablement bas de 0,01% […] dans le même temps, ces banques et l’ensemble des investisseurs sur les marchés prêtaient aux Etats à des taux beaucoup plus élevés. Des taux qui pouvaient osciller de 6% à près de 9%, soit “600 fois plus que les banques”
    je sais, c’est moins marrant que le foot…:p

  45. @ Hannah : en fait, c’est la même chose, mais chut, faut pas l’dire. :)

  46. (Sinon, Hannah, c’est ça le fondement de la loi Rothschild de Pompidou /Giscard : faire en sorte que les états empruntent aux banques privées à des taux élevés, alors que ces banques elles-mêmes empruntent à une banque centrale à des taux riquiquis. Belle arnaque, hein ?)

  47. Franchement j’espère que c’est du second degré cet article..

    C’est un peu simple/facile de faire porter le chapeau de la situation grecque a leurs seuls hommes politiques.

    Quand aux Allemands rien n’est moins certains qu’ils ne s’en seraient pas très bien (encore mieux ?) sorti sans aucune aide après la 2e GM. Laquelle “aide” était particulièrement intéressée..

  48. ah non, pour une fois, je ne plaisantais pas!

Laissez un commentaire

« »