Le dessert des Qatars

N’était-ce cette tête à claque de Victoria qui lui sert tout à la fois d’épouse et de directrice de conscience, de banquière et de mère nourricière, de femme fatale et d’épouse castratrice, David Beckham serait un type tout à fait fréquentable. Propre sur lui, modeste, consciencieux, travailleur, footballeur plutôt doué, doté d’une belle technique et d’une certaine vision du jeu, tireur de coups de pieds arrêtés avisé, aimé par ses coéquipiers, loué par ses entraîneurs, il serait même une crème de joueur, à porter haut dans l’étendard de nos joueurs fétiches, au même titre que Ryan Giggs, Javier Zanetti, Alessandro Del Piero, toute cette rimbambelle de remarquables joueurs, qui, au lieu de se prostituer du coté des sables chauds de Dubai, continuent d’illuminer de leur constance les pelouses continentales. Sauf que sur sa route, David a croisé la pisse girl, sa Yoko Ono à lui, et que depuis, son existence part en couilles.  

De simple footballeur à priori sympathique, Victoria en a fait une girouette de statuette de starlette en goguette, tout juste bon à combler l’imaginaire de jeunes filles en fleur, rêvant de perdre leur virginité dans les bras du bel éphèbe, épilé jusqu’au ras des testicules. Un homme tronc vendant son image de farfadet de blondinet pour des publicités assez émoustillantes et évocatrices, capables de donner des regrets à des dames en partance, rêvant une dernière fois à des étreintes enflammées, disputées dans le corridor de leur lubricité déclinante.

Beckham au PSG, c’est un peu comme Carla Bruni jouant dans le dernier Woody Allen, Midnight in Paris. A lire le déroulé du générique, on se demande ce qu’elle vient foutre là mais vu qu’elle a juste deux répliques à déclamer, on n’en tient pas trop compte et, pour appâter le chaland, on met son nom bien en haut de l’affiche, histoire que le film ne passe pas trop inaperçu. Les Qataris ont bien retenu la leçon. Vu que Carla Bruni refusait obstinément de s’entraîner les jours de pluie et qu’elle rechignait à enfiler un maillot qui jurait de trop avec la couleur de ses cheveux, ils se sont rabattus sur Beckham qui, après Manchester, Madrid, Milan, Los Angeles, mourrait d’envie d’offrir à sa promise la possibilité de parfaire sa connaissance de la peinture impressionniste en lui payant un abonnement à l’année au musée d’Orsay.

Footballistiquement, ça ne peut pas faire de mal au PSG dont on se demande encore, au regard de leurs dernières prestations, comment ils peuvent se retrouver en tête du championnat, sauf de se rappeler qu’on parle là du championnat français dont le niveau se situe quelque part entre le zéro et le néant.

Le PSG cette année, c’est la piste aux étoiles sauf que le machiniste a oublié de remplacer les ampoules. Avec Pastore qui semble être aussi intéressé de briller sur la pelouse du Parc que le PS de trouver une circonscription pour Jack Lang. Avec Jeremy Menez qui est en train d’inventer l’auto-fellation footballistique ou le syndrôme du joueur qui aimerait devenir, dans le même mouvement, l’auteur d’un coup franc magique, prenant la direction de la lucarne, avant de courir comme un dératé dans les buts, enfiler le maillot du gardien de but et sortir une parade de derrière les fagots pour sortir sa propre frappe. Avec Gameiro qui court avec l’enthousiasme juvénile d’un chien fou à la poursuite d’un bâton que Pastore ou Nenê ont pris soin de cacher dans le revers de leur short.

Chapeau tout de même au Qatar qui, avant de jouer au Monopoly avec le PSG, avait déjà persuadé Don Blatter de lui offrir  Madame la Coupe du monde comme cadeau de mariage, sous le prétexte ahurissant qu’il fallait désormais que cette dernière  ouvre ses cuisses à de nouvelles cultures, comme si on décernait là la prochaine destination de l’exposition universelle,  avec, comme alibi culturel et linguistique, la tête de plus en plus ahurie et effarée de notre Zizou national.  

Tout en promettant que les stades seraient automatisés, auto- rafraîchissants, auto-destructeurs, que la distribution de crème solaire tout écran, niveau de protection 254, serait non seulement gratuite mais obligatoire sitôt le débarquement à l’aéroport, que dans les robinets des hôtels beaux et resplendissants comme des Parthénons modernes, de la bière fraîche et glacée coulerait de nuit comme de jour, et qu’au détour de chaque couloir, des escouades de calls girls, débarquées tout droit de la Sibérie Occidentale, s’offriraient en pâture et sans rechigner à la lubricité démoniaque des visiteurs accourus des quatre coins de la planète. 

Juste avant que ces crétins de branleurs de météorologues de mes deux à qui on n’avait rien demandé, s’accordassent à affirmer que pendant toute la durée de la compétition, réchauffement climatique ou pas, les températures valdingueraient autour des 50 degrés, ce qui obligerait les joueurs à porter des gants réfrigérés pour effectuer de périlleuses touches, que le ballon serait tellement chaud bouillant qu’il faudrait songer à proscrire tout jeu de tête, et que le petit malin qui s’amuserait à enlever son maillot afin de fêter un hypothétique but, s’exposerait à finir sa course dans les coursives de l’hôpital surclimatisé pour soigner ses brûlures au troisième degré.

Bref, le Qatar c’est du lourd, du très lourd. En prenant d’assaut la citadelle parisienne, ils pensent s’offrir le marche-pied idéal pour conquérir l’Europe avec David Bechkham comme maréchal d’empire. Vu comme c’est parti, ils repartiront bien vite, la bite sous le bras et la valise remplie de trophées… de la Coupe de la ligue.

20 commentaires pour “Le dessert des Qatars”

  1. Je ne pense pas qu’ils vont repartir vite. Ils seront champions cette année et peut être les 10 suivantes. S’ils continuent d’investir au niveau d’un Man City, il n’y a rien en France qui les arrêtera. Pour la ligue des champions, ce sera plus long mais pas impossible.

  2. Bravo, quel beau papier, on ne pouvait pas mieux dire. De plus, Beckham va voler la vedette à Pastore et la foot francais va enfin devenir marrant. Quant on pense que les voisins des quataris sont en train de crever de faim, et que quelques mois de salaire de Beck suffirait a faire vivre 100.000 personnes, c’est révoltant.

  3. Je suis supporter Lyonnais…désolé, vous n’êtes pas obligé d’aller plus loin si vous le souhaitez (à la vue de votre descriptif ça risque de vous faire mal). En plus j’habite Marseille. C’est pour vous dire à quelle point le PSG me gonfle (Sainté aussi d’ailleurs), et encore plus avec son pognon hydrocarburé (à Sainté il avait du charbon à l’époque où ils avaient une équipe).
    J’entends les discours sur “le PSG a perdu son âme”, “c’est du business”, …
    Ca fait un moment que le foot (voire le sport) c’est un problème de pognon, non?, et puis depuis quand un club de foot à une âme ? (s’il est rétrogradé il va au paradis?). En l’occurence pour gagner un truc intéressant (la coupe d’europe) il faut du fric (qui je vous le rappelle n’a pas d’odeur, en particulier de gazole), et donc je donne rendez vous dans deux-trois ans à tout le monde quand le PSG sera en demi finale de la ligue des pseudo-champions (Notez bien que j’en suis déjà à l’avance le premier dégouté). Bref on dit tout le temps que le niveau est nul, que les club Français ne gagnent jamais rien, …, les Qataris ont compris ce qu’il fallait faire pour y remedier et recycler leurs pepettes au passage.
    Juste pour conclure, l’idéal serait que l’on admette que: 1°) ce n’est que du foot 2°) ce n’est qu’un jeu 3°) il faudrait expliquer les 1° et 2° à tout plein de mecs qui vont au stade, aux pseudo-journalistes, aux types qui encadrent les jeunes (donc mon fils) dans les clubs et à leur parents. Ca nous ferait des vacances, mais c’est pas gagné. .
    Vous n’êtes pas obligé de me répondre, je ne suis pas sur de vous lire (Je m’essais à la misanthropie moi aussi).

  4. :) on peut comprendre aussi le couillon de service (moi) qui prefere voir son club chéri végéter dans le mou du classement que de gagner des titres à coup de pétro dollars. Et franchement, la ligue des champions, je n’y crois pas un seul instant. Vu le niveau de la L1, la barre est trop haute. Manque de concurrence interne.

  5. Bonjour,
    Je suis quand même venu lire..je vous voulais voir que vous lisiez les commentaires, comme promis dans le texte (tous ne le font pas). je suis d’un naturel curieux.
    En fait je n’avais pas vu vos textes précedents. Je vais les lires.
    Je vous comprends quand vous dites que vous préférez avoir l’espoir que l’on peut gagner “proprement”. mais j’ai peur que le père Noëln’existe malheureusement plus. J’en suis le premier déçu. Je persiste en disant que le foot c’est du business. J’ai d’ailleurs l’impression que toute chose qui à une valeure marchande est de manière inéluctable “absorbée”. Si on reste dans le sport regarder le rugby. J’ai en mémoire des “épopées” il n’y a pas si loin que ça (le racing, toulon..sans remonter à la Voulte) avec des styles de jeu très différent. aujourd’hui c’est “blindé” avec 4 clubs qui peuvent gagner, les plus riches, avec des styles de jeu peu différent.
    Je ne dis pas c’était mieux avant, ce que je pense c’est que la “poésie”, c’est plus là.
    Bonne journée.
    PS: veuillez excuser mes fautes de frappes et d’orthographes, j’ai des mouffles et je suis allé à l’école publique après 1968.

  6. @laurent : Lyon a bien été en demi finale avec des moyens sans commune mesure, le championnat n’est pas devenu plus faible depuis !
    Je ne crois pas une seule seconde que vous préférez voir Saint-Etienne dans le ventre mou plutôt qu’en ligue des champions avec des qataris à sa tête.
    @votyak : C’est quoi le problème avec l’argent du pétrole ? Pour une fois qu’on investit en France …

  7. je vous assure que oui. Ne pas perdre son âme est bien plus important qu’une participation en ligue des champions.

  8. Pour paraphraser Oscar Wilde
    “On peut pardonner à un homme de faire quelque chose d’utile, pourvu qu’il ne l’admire pas. La seule excuse pour faire quelque chose d’inutile c’est de l’admirer intensément.”
    Le foot est tout à fait inutile.

  9. moi je trouve cela marrant, je parle du commentateur ou plutôt du journaliste, qui lui a une âme pensante et écrite, espère un jour qu’il deviendra auteur de polar, bravo donc à l’auteur, tout le reste concernant le foot ou tout autre sport en général, c’est de la détente, juste de la détente, dont l’homme a besoin, pour vivre: car sans rêve, de quelle forme que ce soit, l’homme meurt!!!!!!!!!

  10. bien vu ;ca change de la langue de bois ;bravo

  11. je me demande qui, à part les footeux, connait les beckam,
    moi vaguement parce que je ne vis pas dans un couvent… mais je ne me souviens même pas vraiment de leur tête ni du reste

  12. @rolande: déja fait… ca s’appele dade city!
    @montag: merci!
    @hannah: pfft. Mon oeil! Vaguement dit-elle…

  13. oui vaguement, seulement de nom… en revanche l’intrigant qatar a de quoi intéresser

  14. Disposer des moyens de gagner c’est perdre son âme ? L’âme de sainté c’est ses supporteurs et son passé glorieux. Sans les exploits des années 70-80, vous ne seriez pas fan. C’est sur ces résultats que la ferveur verte continue d’exister mais d’ici quelque temps plus personne ne se souviendra de ces matchs qu’on qualifie déjà de légende. Saint-Etienne perdra alors vraiment son âme parce que plus personne ne s’y intéressera. Je ne le souhaite pas, mais un destin à la reimoise est possible. Nous ne sommes pas en Angleterre, où 4 divisions professionnelles peuvent exister grâce à la passion populaire.

  15. mouais ca fait trente ans que l’on entend cette chanson. Sainté sera centenaire en 2019…

  16. Et 30 ans qu’ils n’ont rien gagné.
    Mais je vois toujours pas en quoi l’argent qatar fait perdre son âme à un club.

  17. Gagner tout en gardant ses valeurs doit rester l’objectif. Sinon c’est du bussiness, juste des biftons alignés…

  18. L’auto fellation, c’est bien plus aisé lorsqu’on est passé d’abord sous l’autobus. Mais en général, dans ces instants-là, on pense rarement à se prodiguer ce genre de douceur. Enfin, n’étant jamais sous un autobus voire un train, et n’ayant jamais pratiqué l’auto fellation, j’en suis réduit aux hypothèses. Quoique passer sous un train est bien plus fatal que sous un bus. Le train en effet déchiquète là où le bus ne fait qu’écraser un corps qui en ressort grosso modo intact, voire, miracle du hasard, donc suffisamment souple pour accéder aux délices privés de l’auto fellation.

  19. et l’auto lib vous avez essayé ? Bonne année au fait, camarade. Courage, la fin n’est plus trés loin!

  20. Bonne année à vous aussi, et à vos potes hockeyeurs, ours baladeurs, etc. :-)

    Votre “Métaphysique du Hors Jeu” est sur ma table, il serait temps que vous sortiez un autre bouquin, mais c’est vous qui voyez.

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