Entre Valois et Hollande, le défi d’Aurélie Filippetti

Il y a urgence à régler les dossiers chauds, mais après? La politique culturelle a besoin d’un nouveau souffle. La jeune ministre saura-t-elle le donner?

Depuis son entrée en fonction comme ministre de la Culture, Aurélie Filipetti l’a martelé: «je suis une femme politique». Manière d’affirmer qu’elle n’est rue de Valois ni pour faire de la décoration, ni pour conforter le quota de la parité ou pour servir l’affichage d’un renouvellement générationnel. Saine affirmation, au demeurant, tant le poste qu’elle occupe a effectivement besoin de muscle politique, après des années de faiblesse, entre gestion à court terme des crises et distribution tactique de postes et de médailles.

Confortée par son élection comme députée d’une circonscription difficile qu’elle a brillamment conquise, la jeune ministre peut à bon droit revendiquer son statut de politique. Ce qui ouvre immédiatement une question en deux temps.

D’abord: quelle politique? Le projet électoral du candidat François Hollande, auquel Aurélie Filippetti a collaboré, était très discret sur la question. Ensuite: avec quelles forces cette éventuelle politique serait-elle mise en œuvre? Puisqu’une véritable politique signifie une action volontariste, qui change un ordre des choses et ne se contente de faire au mieux, ou au moins pire, à l’intérieur d’un état des lieux subi.

Il s’agit bien de la même question: sans projet politique établi, la question des énergies mobilisables n’a guère de sens. Quel projet politique pour la culture? On n’en sait rien, au-delà des dossiers remâchés sans fin, mais dont on voir bien que, précisément, ils seront davantage voués à des ajustements qu’à la mise en œuvre d’un grand projet.

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La cinéphilie pour tous, et pour l’école

Cinéma-découverte, cinéma-passion, cinéma-découverte, cinéma-pensée… Au-delà du simple rapport de consommation et de loisir, le cinéma participe depuis longtemps à d’autres rapports au monde, plus ouverts, plus intenses, plus formateurs.

Au moment où la rengaine de «l’éducation artistique» sert de cache-sexe à l’absence de propositions politiques dans le champ culturel et où la réflexion sur l’éducation tend à se résumer au nombre de postes ouverts ou fermés, reprendre en compte l’histoire longue de la cinéphilie en France, et notamment un de ses effets les plus massifs et les plus efficaces, la présence du cinéma en milieu scolaire, permet de souligner à la fois l’ampleur des enjeux artistiques, pédagogiques et politiques, la multiplicité des pratiques, les espoirs et les dangers qui accompagnent cette action.

Le 17 janvier, sous l’appellation «Patrimoine cinématographique, éducation et construction de la cinéphilie», la journée de rencontres et de débats organisée par l’Institut National du Patrimoine, a permis de mettre en évidence les origines, les conditions d’existence et les perspectives de cette construction qui assemble les films, l’amour du cinéma et l’éducation. A l’école et en dehors.

Ce montage réunit les principaux temps forts des interventions durant cette journée.

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