Raymond le flan



(Même un peu brûlé par l’EDF, Raymond garde un coeur tendre)

Petit à petit la France du foot liquide l’héritage de Knysna. Raymond Domenech livre une interview étonnante de sincérité footballistique au magazine SoFoot. Loin du grand méchant loup il apparaît comme un pauvre meneur d’hommes.

Le titre est terrible. “Parfois j’ai fait des choses, quand même“. Raymond Domenech plaide sa cause dans les colonnes du magazine SoFoot. Pour une fois, l’ironie semble absente des propos du sélectionneur et l’homme répond aux questions posées. Bref tous les ingrédients sont réunis pour essayer de comprendre le garçon.

Un (bon) tacticien

La preuve est là, étalée sur 10 pages. Domenech peut parler foot. Il sait décortiquer le jeu d’une équipe comme le Portugal en 2006. “Il [Ronaldo] reprend le ballon le long sur son côté et il te fait quarante ou cinquante mètres au sprint, il t’amène le ballon le long de la ligne. Et qui était dangereux? Pas lui, il n’a marqué que peu de buts. C’étaient leur deux milieux offensifs Deco et Maniche.

Raymond a même des convictions! “Avoir des occasions, c’est rentrer, c’est venir faire du nombre pour créer des mouvements. […] C’est ça le rôle des milieux.” Pourtant on a bien l’impression que les milieux de l’EdF sous R.D. ressemblaient plus à des piquets qu’à Steven Gerrard.

Dans le même style de principes qu’on n’a jamais vu sur le terrain, le rôle des latéraux. “J’ai toujours demandé aux latéraux de participer. [….] Pour moi les premiers, les vrais attaquants, ceux qui vont tout décaler, ce sont les latéraux.” D’où les performances fulgurantes d’Evra et Sagna sous les ordres de l’ancien moustachu.

Un piètre meneur d’homme

Si l’on croit Domenech sincère dans ces lignes (ce dont on peut aussi douter, So Foot l’accuse ainsi plusieurs fois d’être de mauvaise foi) il faut se rendre à l’évidence: cet homme ne sait pas se faire comprendre et s’imposer face à un groupe de pro. En vrac, ses consignes étaient “il faut que tu marques” à Toulalan, “prenez les couloirs” aux latéraux, “attention aux ballons par dessus” à Abidal… Autant de consignes non respectées, de mots d’ordres non appliqués.

D’ailleurs quand les journalistes lui rappellent que Malouda l’avait qualifié “d’entraîneur défensif“, l’homme accuse le coup. “Il y a une incompréhension quelque part“. Voilà, une bonne analyse. C’est un peu tard pour s’en rendre compte malheureusement.

Pour qui les a-t-il pris?

Raymond explique par la suite que les joueurs n’appliquaient pas ses consignes par manque de confiance, par peur de se faire contrer s’ils se livraient. Peut être. Mais son rôle aurait pu être de redonner confiance à un groupe orphelin de leaders.

Au final, Raymond n’a pas su bien juger ses hommes et s’adapter à leurs (absence de) qualités. Il demande à Toulalan des transversales de 50 mètres, à Gourcuff de prendre à son compte le jeu de l’équipe de France, à Sagna de jouer comme Alvès (oui, l’équipe référence de R.D. est Barcelone). Il va même jusqu’à comparer la ligne d’attaque Messi, Pedro, Villa à celle Anelka, Ribéry, Govou de la coupe du monde en Afrique du Sud, faisant un éloge appuyé des qualités de l’ancien lyonnais qui à l’époque se faisait surtout remarquer pour ses conduites  en état d’ivresse.

Des errements humains plus que tactiques prévisibles de la part d’un homme capable de demander sa copine en mariage à la télé au sortir d’une élimination au premier tour de l’Euro 2008…

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Olivier Monod

Photo Flickr Gaël Chardon

2 commentaires pour “Raymond le flan”

  1. […] Raymond Domenech s'explique… un an aprèsFoot Mercato.netBotter en touche, évacuer une question, répondre à côté, Raymond Domenech a toujours joué avec les médias quitte à se les mettre à dos. Longuement interrogé par So Foot, il a pour une fois vraiment parlé football et philosophie de jeu, revenant sur les …Domenech joue l'auto-défenseEurosport.com FRRaymond le flanSlate.fr […]

  2. Le mec fait une longue et sincère interview dans laquelle il fait son autocritique, son analyse de ce qui n’a pas marché, et tu réussis à continuer de lui marcher sur la gueule comme un malpropre, malhonnête en plus.
    C’est bon, on n’est plus en été 2010, tu peux arrêter de sauter dans le wagon de l’Équipe et de Pierre Ménès pour lui cracher à la gueule.
    Son remplaçant Laurent Blanc est exactement aussi médiocre que lui, on va peut-être arrêter de piétiner un homme à terre non ?

    Je ne vois absolument pas l’intérêt de cet article, qui ne fait que reprendre une interview, la lisant en diagonale pour n’en retenir que ce qu’on veut bien y voir, à savoir que Raymond Domenech est bien le bouc émissaire qu’on cherche tous quand l’analyse de l’échec est trop complexe…
    Personnellement, je trouve que R.D. sort grandi de ce lynchage aussi permanent que ridicule et infondé.

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