Le dimanche à Bamako, c’est jour de match pour la Libye

LIBYA/

Un match Libye-Syrie en 2009 au stade Hugo Chavez de Benghazi, c’était le bon vieux temps…

Malgré la guerre, la sélection libyenne joue toujours. Dimanche prochain, elle doit affronter les Comores en match qualificatif pour la prochaine CAN.

L’image est éculée, mais elle revient invariablement. Sur le pont du Titanic, le navire coule, l’orchestre continue de jouer jusqu’au bout. Cela s’applique parfaitement aujourd’hui aux sports professionnels. «The show must go on» et, à la fin, on imprimera la légende. La sélection libyenne de foot doit ainsi théoriquement jouer dimanche à Bamako, au Mali, contre les Comores, un match de qualif’ pour la prochaine CAN. Cela rappelle, en pire, la situation de la sélection de handball tunisienne, coincée en Suède pour jouer le Mondial alors que la foule protestait chaque jour à Tunis.

La Libye est en guerre, coupée en deux, mais le match n’est pas (encore) annulé. D’ailleurs, les Libyens ont sans doute tout intérêt à s’y rendre. Le Togo, qui avait subi une attaque terroriste lors de la dernière CAN («victime de la comédie humaine» comme l’écrivait à l’époque notre poète de service) avait été dans un premier temps sanctionné par la Confédération africaine, pour s’être retiré de la compétition après le drame.

Ce ne sont donc pas quelques frappes chirurgicales occidentales qui devraient pousser la CAF à être indulgente. Déjà, la rencontre a été délocalisée, et c’est presque une faveur. Selon l’AFP, d’ailleurs, l’entraîneur brésilien de la Libye Marcos Paqueta, actuellement dans son pays natal, ne sait pas «dans quelles conditions se trouve la sélection». Et l’homme, qui connait bien les dictatures pour avoir aussi entraîné l’Arabie Saoudite, d’ajouter: «je vais mettre l’accent sur un travail psychologique pour les joueurs. Beaucoup d’entre eux ont laissé leur famille en Libye pour défendre la sélection. J’ai trois athlètes qui vivent à Benghazi et je ne sais toujours pas s’ils seront là. Je vais essayer de faire au mieux dans cette situation».

Reprenons, ton pays est en guerre civile, tu connais sans doute des morts proches de toi, mais tu vas tout de même avec tes potes jouer au foot le week-end pour ce qui est tout sauf une affiche internationale. Logique. The show must go on. On ne sait pas d’ailleurs si les joueurs libyens en profiteront pour apporter un soutien, forcément médiatique, à l’opposition. Si match il y a, le dictateur risque d’envoyer quelques hommes pour les surveiller et peut-être même les pousser à brandir des petits drapeaux verts. Comme nous l’expliquions dans un article précédent, le clan Kadhafi a d’ailleurs un rapport tout à fait particulier au football.

De plus, comme la zone aérienne d’exclusion est effective, il parait compliqué pour les joueurs qui n’ont pas encore quitté le territoire de se rendre à Bamako. A moins d’entamer une long déplacement par la route via la Tunisie ou le Niger. En temps de guerre, un match de foot mérite-t-il une traversée du désert?

Clément Noël

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Photo: le 5 mars 2009 à Benghazi/REUTERS/Ismail Zetouny

Un commentaire pour “Le dimanche à Bamako, c’est jour de match pour la Libye”

  1. Ce serait tout de même choquant que la Libye dans la position politique actuelle laisse leurs joueurs internationaux jouer ce match… ce serait tout de même un drôle de patriotisme…

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