Raps de Ligue 1 – Pleine lulu #1

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TeddyBertinAvatarSélection des raps de Ligue 1 les plus authentiques, du flow ouvriériste et nostalgique de Sochaux à la hargne lilloise anti-JMA.

Ce titre accrocheur a retenu votre attention? Réjouissez-vous, chers lecteurs, ce n’est que le début. Vous avez sous les yeux la première rubrique récurrente de “Plat du pied, sécurité”. A raison d’une périodicité pour l’instant aléatoire, et grâce aux bons conseils de nos amis de Slate.fr,  nous allons vous offrir, désormais, une sélection de vidéos sur un thème particulier. Notre modèle? L’excellente série “The Joy of Six” sur le site du Guardian, qui revisite, semaine après semaine, les meilleurs penalties, les plus beaux Arsenal-Chelsea, les légendes du dribble… Pour cette inauguration, on débute par un best of des hymnes rappés.

“Sochaux, la crinière du lion”

KLX – Stéphane Kurdyban à la ville – vient de Bondy, dans le 9.3. Mais son département de cœur, c’est le 2.5. Le Doubs. Alors, le garçon, dont la dernière tape vient de sortir, a composé un hymne à son club de toujours, le Football Club Sochaux Montbéliard. Habilement, il l’a intitulé “La crinière du lion” (bah oui, Sochaux, Peugeot, le lion, tout ça). Le flow est plutôt fluide, le clip mériterait presque un 6.0 en note artistique… mais tout s’écroule quand on écoute les paroles.

“Passéiste”, dirait n’importe quel porte-flingues sarkozyste. KLX résume l’affaire d’une phrase: “Notre lion a engendré des lionceaux”. Traduction: “Les arabesques de Doudou Jacques Faty et Damien Perquis, ça commence à bien faire.” Alors, on se raccroche au – forcément glorieux – passé du FCSM: “On fait partie du paysage, plus de 80 ans d’âge”; “A l’origine du professionnalisme, on est longtemps resté une référence”. Ouais, ici c’est Sochaux.

A retenir: le bruit du rugissement d’un lion, piqué sur la chaîne Planète. Le tacle aux footix: “Arrête de sucer les vainqueurs, c’est trop facile.” A lire aussi: la critique des 3points.com.

“C’est du VAFC 2010”

Il a VA dans la peau, Major Mädj, à en voir ses yeux rêveurs dans les douches. L’artiste compte plusieurs clips à son actif. Quasiment autant d’hommages au club de ce poète de Francis Decourrière. Didactique sur le fond, le rappeur du 59 reste néanmoins très faible sur la forme. Son clip est terne et souffre de la comparaison par rapport à son homologue sochalien. Signalons tout de même son clin d’oeil à Philippe Carayon de Canal Plus, qui a usé plusieurs paires de godasses sur le parking de Nungesser les samedis soirs de match.

Le principal intérêt de ce chant de soutien pour la saison 2010 réside dans ses paroles. On n’a pas encore compris si c’était du second degré confinant au génie, ou une lente agonie, bercée par des lyrics de plus en plus incompréhensibles. Petite sélection:

“Un faciès de gitan sous le maillot, c’est du Abardonado”
“Des Balkans, j’ai flingué des attaquants dans le match, c’est du Bisevac”
“Ma gueule dans Materazzi, j’en ai déjà tèje ma zizanie, c’est du Mater !”
“Il y a que les buts de Samassa qui m’amadouent”

Avec cette fin en apothéose, comme pour se rappeler qu’il y a un peu près un an, L’Equipe se paluchait sur le jeu virevoltant des Nordistes: “4-3-3 du Barça à VA, ça c’est du Montanier.”

A lire aussi: la critique des 3points.com

“Montpellier La Paillade”

Mourad – alias Mister Moor – a 30 ans, vient du Limousin. Son clip “La Paillade” est militant. Pour le gros son et les punchlines qui vont bien, mieux vaut passer son chemin (“Tellement que ma ville est belle, je chanterai pour elle / Mais ce qu’elle a de plus beau, c’est le Montpellier Hérault”). Tout juste entend-on un vague et gentillet tacle aux voisins du Gard (“Qui ne sautait pas était nîmois”).

Comme il l’explique dans une interview au webzine du club, Mister Moor veut dédicacer son morceau à ses potes de la Butte Paillade, une des tribunes les plus animées de la Ligue 1, et souvent dans le viseur des pouvoirs publics, qui la jugent trop remuante: “Mon dernier match contre Valenciennes, je le dédicace à ceux qui pointent au comico”; “A Saint-Etienne, on nous accueille à la bombe lacrymogène pour une torche de fumigène”.

“Ça c’est le Losc”

Voilà un Lillois, Pac’ino, qui ne supporte pas les relations incestueuses entre son président, Michel Seydoux, et celui de Lyon, Jean-Michel Aulas. La liste est longue des Dogues refourgués à un prix délirant du côté du Rhône (Keita, Bodmer, Makoun). Eh bien, Pac’ino n’aime pas ça. Et il le rappe:

“Nos valeurs ne s’achètent pas avec des grosses liasses.
Faut que ça rentre dans la tête de Jean-Michel Aulas.”

Ou encore:

“Pas comme Cris, Emerson connaît le replacement”

Pour le reste, on est plutôt sur la ligne de nos collègues des 3points, qui soulignent la faiblesse du message délivré. Longue litanie de l’effectif de la saison dernière, jeu de mot éculé sur Eden Hazard, voire incohérences flagrantes (“Ta soit-disant défense est en fait une arnaque, elle est passée en revue par Ludovic Obraniak”)… la coupe (de la Ligue) est pleine. Dommage, car le garçon a du potentiel, à un juger par son faux-air de Seth Gueko, qu’on imaginerait bien ponctuer un des refrains “ça ça ça ça c’est le Losc!” par un zdedededex tonitruant.

Il manquera inévitablement des perles à notre liste. Laissez dans les commentaires les clips que nous aurions oublié, nous les ajouterons.

Sydney Maréval

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3 commentaires pour “Raps de Ligue 1 – Pleine lulu #1”

  1. Et vous oubliez “Numéro 26”, le rap à la gloire d’Eden Hazard ? Voyons, les mecs… 😉

    http://www.youtube.com/watch?v=ZJmizCiJadY

  2. […] Ce billet était mentionné sur Twitter par Julien, Quentin Girard et seb, Plat du Pied . Plat du Pied a dit: Les meilleurs raps de Ligue 1 http://fb.me/DJ0v4yh8 […]

  3. Ah ah énorme ! Y a du talent en France et pas que sur les pelouses ! :)

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