Les questions que tout le monde se pose sur la Ligue des Champions

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PippoAvatar copyGravesenAvatarGazzaAvatarTeddyBertinAvatar C’est une ex’ qui nous déçoit rarement. Les conquêtes estivales à peine oubliées, elle est déjà là aux premiers jours de l’automne. Elle a beau prendre ses grands airs avec son nom de “Champion’s League”, on la retrouve avec le même plaisir chaque année, les mardis et mercredis. Elle nous tient chaud lors des longues soirées d’hiver et nous émoustille le printemps venu. Ses équipes improbables, ses “fucking disgrace”, ses rencontres mythiques… c’est la Ligue des Champions.

Le Mondial sud-africain a été tristounet? On sait que la LDC devrait nous offrir notre quota de bons matches. Le triomphe de l’Inter mourinhesque et de son 4-5-1 en 2010? De l’histoire ancienne. Le “Mou” est au Real de Madrid et a promis d’envoyer du jeu (hum, hum). Le mercato atone, sur fond de surchauffe du système? Pas grave, on verra des jeunes. La France qui perd? Mais non, l’AJ Auxerre est de retour sur la scène européenne. En huit points, Plat du Pied répond à toutes vos interrogations sur la coupe aux grandes oreilles.

  • Quel Mourinho au Real?

Une carne sous des dehors de gendre idéal. Beau gosse et polyglotte, le Portugais est le coach de ce début de siècle. Demi-dieu à Chelsea depuis qu’il a rapporté le titre de champion d’Angleterre à Stamford Bridge, l’arrogant s’en est ensuite allé du côté de Milan. Là, il a ferraillé avec les journalistes (son autre exercice favori), mais il a surtout ramené la Ligue des Champions à Papi Moratti. Sa méthode? Faire de Samuel Eto’o un milieu droit à fort caractère défensif. Une performance du même acabit que de faire passer Christian Estrosi pour un type sympa.

Le chef d’oeuvre du Mou restera la demi-finale retour des Nerazzurri au Camp Nou: défaite 0-1, à dix contre onze, mais qualification. Heureux, le “Special One” improvise une petite danse devant les supporteurs du Barça, club où il fut entraîneur-adjoint dans les années 90. Les Blaugranas, chafouins, déclenchent les tuyaux d’arrosage. Ils vont pourtant devoir s’habituer aux taquineries de José. Le gars est ambitieux. Il veut devenir le premier coach à remporter trois LDC avec des clubs différents (le FC Porto, l’Inter Milan, le Real Madrid) et à s’imposer dans les championnats anglais, italien et espagnol. A Bernabeu, Mourinho devra gérer une certaine abondance de biens au milieu et en attaque et contenter un public exigeant. Et enfin dépasser le stade des huitièmes de finale, que le club squatte depuis un bail.

Le prono PDPS: défaite en finale contre Chelsea

  • Les clubs allemands, la nouvelle hype?

Un point d’interrogation pour répondre immédiatement par la négative. Certes les stades sont pleins et bien jolis de l’autre côté du Rhin, et certes ils ont fait chauffer la carte bleue cet été, surtout du côté de Schalke 04, puisque le Bayern a été bien sage. Mais la LDC ne se gagne pas d’un coup d’un seul: elle s’apprivoise. Peuvent en témoigner Lyon, enfin en demi-finale la saison passée, ou Chelsea, qui n’a toujours pas réussi à contenter Abramovitch. Les Allemands ne vont pas la séduire comme ça. Le jeune Werther peut en témoigner: conquérir un coeur, c’est long, et cela fait souffrir.

Après, on a tout de même de fortes chances de voir les trois clubs teutons en huitièmes. Le Bayern de Monsieur Pélican, en finale l’an passé, assurera bien le service minimum. Quant aux deux autres équipes, elles sont tombées dans des groupes très abordables. Schalke 04, déjà trois défaites en trois matches de championnat (classe), devra se défaire de Lyon, Benfica et de l’Hapoel Tel Aviv. Faisable. Le Werder, lui, a hérité d’un groupe un peu plus difficile, avec l’Inter, Tottenham et Twente.

  • Le Barça a-t-il encore la foi?

Ils sont les amants préférés du foot moderne (note de l’éditeur de l’article: cette phrase n’a pas été comprise au moment de la mise en page, mais elle était tout de même jolie). Ils ont tout gagné récemment (Euro 2008, coupe-Liga-LDC en 2009, Mondial 2010). Les Catalans Puyol, Piqué, Pedro, Iniesta, et Xavi, renforcés par Villa et Mascherano seraient inarrêtables. Un jeu léché et déstabilisant que seul Mourinho a su contrer l’année dernière, une insolente conservation de balle et des joueurs capables de “faire la différence à eux tout seul”. Oui mais. Les héros semblent fatigués. Le Barça a été défait à domicile par le promu Alicante, et l’Espagne, menée par les joueurs catalans lors du Mondial, est loin d’y avoir séduit. Les gentils héros que sont Iniesta, Xavi et Puyol sauront-ils repousser les sirènes de la gloire pour remettre le bleu de chauffe (note de l’éditeur de l’article: cette phrase gagne le prix de l’assemblage de clichés dans cet article)? Pas sûr mais ce serait beau.

Le prono PDPS: élimination en quart

  • Notre dernier carré?

En septembre, on vous donne déjà la composition du dernier carré. On est comme ça, on pense à vous et à Bwin. Alors, après consultation d’Elisabeth Tessier et du Roi Heenock, nous retrouverons en demi-finale Chelsea, Arsenal, Madrid et le Bayern. L’année dernière, le dernier carré était improbable, et celui-là le reste encore puisqu’il n’y a vraiment que Chelsea qui ne déçoit jamais. Les autres ont alterné le meilleur, comme le Bayern, ou le pire, comme Madrid chaque saison.

Nos explications: Chelsea parce que c’est les plus forts ; Arsenal parce que sinon Christian Jeanpierre va pleurer en direct à Téléfoot ; Madrid parce que Mourinho les a menacés du goulag; le Bayern, parce que Müller, Van Buyten (futur Français) et Ribéry (plus Robben à partir d’avril).

Pour composer le dernier carré, il faut aussi penser aux absents. Barcelone parce qu’à un moment, il faut que cela s’arrête ; Milan AC, parce qu’ils pèsent aussi lourd qu’une équipe de rugby ; Man U parce que sinon les bébés d’Arsenal vont pleurer ; l’Inter parce le Mou est parti ; le Pana parce que Govou… Et Marseille ? => “Ahah, ptdr”, Amandine du 38.

  • 2011, l’année icaunaise?

La dernière fois que l’AJA était allée traîner ses guêtres avec la fine fleur de l’Europe, c’était avec Mexès, Cissé, Kapo et Boumsong, en 2002-2003. Forcement une autre époque. Troisième de poule, éliminée. On souhaite aux Bourguignons une LDC à la Guy Roux, 96-97 style. A l’époque, Gérard Bourgoin avait payé son meilleur pinard aux auteurs du doublé championnat-coupe de France. L’AJA perdait Laurent Blanc, Corentin Martins et Christophe Cocard, prêtait Lachuer et Guivarc’h pour donner du temps de jeu aux jeunes Steve Marlet et Antoine Sibierski.

Une équipe couçi-couça qui fit rêver les Français jusqu’en quarts de finale. Charbonnier, Franck Silvestre, Diomède, Lamouchi et Laslandes sur le pré, ça donnait victoire à Glasgow contre les Rangers (2-1, doublé de Thomas Deniaud) et à Amsterdam contre l’Ajax tenant du titre (des pions de Laslandes et Marlet). L’histoire est belle est se terminera contre le futur vainqueur en quarts de finale, le Borussia Dortmund de Mathias Sammer (3-1, 1-0). Guy Roux criera à l’injustice pendant des années. Avec Pedretti dans le rôle de Lamouchi et Jelen dans celui de Laslandes, on peut y croire. Et puis, le Real, l’Ajax et le Milan, c’est du surfait.

Le prono PDPS: Auxerre entre en huitièmes grâce à une victoire 1 à 0 (but de Grichting) à Bernabeu, avant de se faire sortir par Schalke 04, et une bicyclette refusée à Jelen.

Le prono alternatif: dernier du groupe, malgré deux 2-2 contre l’Ajax (doublé de Jelen à chaque fois)

  • Où s’arrêtera l’OL?

C’est la grosse cote. JMA ne cache pas que la Ligue des Champions manque à sa collection. L’an dernier au prix d’un jeu sale et d’un championnat quasi bâclé, les Gauliens ont accroché une demi-finale qui les a fait flipper (lire l’interview de Lloris dans So Foot de septembre). C’est le problème de Lyon, un club bourgeois incapable de s’enflammer mais très fort pour expédier les affaires courantes en mode bulldozer s’il le faut…. Alors? Une finale est peu probable, le temps de se remettre du choc d’avoir atteint le dernier carré.

Reste également le problème Puel et son amour incompréhensible pour Jean II Makoun, le turn over, et les milieux en défense… L’OL a raté son début de saison comme jamais et cela ne semble pas s’arranger. Claude a plus que jamais la pression sur les épaules. Même JMA pourrait, sur les conseils de son éminence grise Bernard Lacombe, ne pas lui pardonner une troisième année sans titre. Alors, on continue la progression européenne ou on assure un titre national?

Le prono PDPS: élimination en huitième de finale

Le prono alternatif: victoire en Europa League

  • Après le BATE Borisov et l’Unirea Urziceni, qui sera l’équipe surprise?

Tous les ans, on tape sur google ce nom à la prononciation rigolote, en se demandant bien où ça peut se trouver. Entre potes, on dit le plus sérieusement du monde: “Oh, tu sais, il faudra se le farcir le déplacement à l’Unirea Urziceni.” Ou encore “Le BATE Borisov, c’est très costaud derrière”. Pendant quelques matches, on se prend même à rêver d’une épopée européenne pour notre nouveau chouchou roumain ou biélorusse. Et puis, le foot du fric finit par reprendre la main. Moche. Cette année, le tirage nous a gratifié d’un sympathique club slovaque, le MŠK Žilina, au blason voisin de celui du FC Nantes. Pour se rendre compte de l’opposition, passez par le stand VHS du club.

  • Qui sont les Français exotiques ?

La Ligue des Champions, c’est un peu comme la réunion de famille annuelle. On y retrouve le cousin éloigné, celui avec lequel on faisait des conneries gamin, mais à qui on n’a plus grand chose à dire aujourd’hui. Dans le foot, c’est la même chose. La compét’ européenne permet de croiser des anciennes connaissances de Ligue 1. Malheureusement, ne croyez pas L’Equipe.fr, ce bon vieux José-Karl Pierre-Fanfan ne joue pas à Bursaspor, le champion de Turquie. La faute à une malformation cardiaque qui a stoppé la carrière de JKPF trop tôt. Sinon, on recroisera avec plaisir du côté de Cluj le Franco-Portugais Anthony Da Silva. Les nostalgiques du PSG époque Laurent Leroy et Bartholomew Ogbeche se souviendront eux de Romain Rocchi, désormais milieu expérimenté de l’Hapoel. Et puis, n’oublions pas la légion française du Pana.

Quentin Girard, Olivier Monod, François Mazet et Sydney Maréval

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Crédit photo: José Mourinho le 11 septembre 2010 à Madrid (REUTERS/Juan Medina).

2 commentaires pour “Les questions que tout le monde se pose sur la Ligue des Champions”

  1. Pronostic surement provocateur, mais Lyon qui gagne l’Europa league, ça veut dire que l’OL terminerait 3ième de sa poule, c’est bien ça?

    Un tantinet chouilla pessimiste comme prévision, n’est ce pas?

  2. Totalement d’accord. Et les gens qui s’y connaissent en pronos à PlatduPied n’étaient pas d’accord.
    Mais bon vous savez ce que c’est, la démocratie (qui une nouvelle fois montre ses limites), tout ça…

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