Et pour quelques piqûres de plus

seringues

GravesenAvatarAlors que nos anciennes gloires presque toutes retraitées se transforment de temps à autres en Harlem Globe Trotters du foot hexagonal, un ancien docteur des Bleus, Jean-Pierre Paclet, sort un bouquin dans lequel il s’interroge sur les résultats louches des tests sanguins de certains joueurs de la génération 98.

Des “révélations” signées de celui qui, de 2004 à 2008, a observé la déliquescence du système Domenech et le changement chaotique  de génération, jusqu’à porter le chapeau pour la blessure de Vieira à l’Euro austro-suisse. Là où Paclet parle de raison d’Etat, son prédécesseur, Jean-Marcel Ferret, se dit “totalement surpris”.

Comment ça, les Bleus auraient été chargés en 98 ? Rien de nouveau en fait, puisqu’on connaissait, dès avant le début de la compétition, les pratiques dopantes en cours dans au moins deux championnats, ceux d’Italie et d’Espagne. Et n’oublions pas que nous sommes, d’une certaine manière, devenus champions du monde grâce ces championnats. Les expatriés de 98 furent préparés selon les planning du bon docteur Michele Ferrari, éleveur de champions cyclistes, et dont les méthodes ont fait des adeptes, notamment à la Juve de la grande époque.

C’est d’ailleurs par l’ingéniosité des docteurs italiens que la France sortira le faux frère transalpin. A cette époque, sept joueurs sur vingt-deux évoluent en Série A, le meilleur championnat du monde, où l’on coure plus vite et plus longtemps qu’ailleurs. Le capitaine Deschamps (Juve), le roc Desailly (Milan AC), l’illuminé Thuram (Parme), le génie Zidane (Juve), l’opportuniste Djorkaeff (Inter), le soutier Boghossian (Samp) et l’ambianceur Candela (Roma). Deux ans plus tard, ils ne sont plus que quatre. Blanc a rejoint l’Inter, mais Desailly et Deschamps ont dérivé vers l’Angleterre, et le “snake” Djorkaeff serpente à Kaiserslautern.

Avec la fin de cette génération biberonnée à la mamelle du Calcio, les Bleus retombent. En 2006, le retour de flamme passe toujours par Zidane (au Real),  Thuram, Vieira et Trezeguet, cadres d’une Juventus qui sera reléguée pour avoir arrangé son calendrier. Les hispanophiles se prélassent à Madrid, à Barcelone, deux terres d’accueil du docteur Fuentes, un autre éleveur de machines à pédaler, au cœur du scandale “Puerto”.

Le temps a passé et les Bleus ont déserté l’Italie. Ils ont aussi oublié le goût de la victoire. A l’Euro 2008, seul le gardien remplaçant Frey (Fiorentina) et le fantôme blessé de Patrick Vieira étaient sociétaires du Calcio. Pis, cette année, aucun ne parlait l’Italien couramment dans le bus de Knysna. Les cadres d’aujourd’hui préfèrent le jambon lyonnais, la bière blonde bavaroise et la stout anglaise. Menez trop tendre, Flamini trop con, Trezeguet trop vieux et Mexès, trop blond, sont restés dans la botte. Yoann Gourcuff, sûrement daltonien, n’a pas su faire la différence entre les pilules vertes et les capsules rouges du Milan AC. C’est con, maintenant il est coincé en Ligue 1, et la France va jouer avec une attaque Hoarau-Rémy.

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François Mazet

Un commentaire pour “Et pour quelques piqûres de plus”

  1. […] y a quelques mois, l’ancien docteur des Bleus Jean-Pierre Paclet s’interrogeait sur les résultats louches des tests sanguins de certains Bleus champions du monde en 1998. Son […]

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