Caen: l’ascenseur remonte au premier

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SteveSavidanAvatar1Le Stade Malherbe jouera en Ligue 1 la saison prochaine. Sans surprise, car il survole le championnat diffusé sur Eurosport depuis le début de saison. Objectif désormais pour les Normands: le titre.

Stade Michel d’Ornano, lundi 19 avril 2010. 22h45. Caen et Nîmes se séparent sur un bon vieux 0-0. D’autant plus soporifique qu’il a fallu écouter Jean-Luc Arribart et Christophe Jammot aux commentaires. On a juste eu une tentative de bicyclette de Kandia Traoré, l’attaquant ivoirien du Stade Malherbe (6 buts cette saisoon), à se mettre sous la dent. Quelques accélérations de Steven Langil, le feu follet bourguignon, et un but refusé pour hors jeu de l’Argentin du bocage, Juan Eduardo Eluchans. Sinon, Franck Dumas, l’entraîneur caennais, a encore grossi et le Malherbe Normandy Kop s’est déchiré pour sortir un tifo de douze mètres carrés. Un lundi soir de Ligue 2 comme les autres.

Heureusement, c’est bientôt fini pour Caen. Le club retrouve l’élite au terme d’un de ses plus mauvais matches de la saison. Car la saison fut bonne. Les Caennais survolent le championnat -leaders depuis la 5e journée, invaincus à domicile, seulement 3 défaites à l’extérieur-, à peine taquinés par Brest, seule équipe capable de disputer un titre que les Normands méritent le plus.

Malherbe a dominé le championnat de Ligue 2 grâce à une qualité technique supérieure, dans un championnat où l’on joue souvent un “jeu direct”, euphémisme désignant dans le jargon un collectif tout pourri. L’équipe s’est appuyé sur quelques vieux grognards, qui ont traîné en Ligue 1 sans jamais se faire remarquer: Benjamin Nivet en meneur (le meilleur de la saison), Proment en ratisseur, Tafforeau en arrière gauche, Leca en défense centrale – ces trois joueurs ayant tous la particularité de se prénommer Grégory. Ne pas oublier les deux tauliers du groupe: les historiques Nicolas Seube, capitaine chevelu et vaillant, ainsi que Titi Deroin, “le Président” comme l’appelle sans rire le speaker de D’Ornano.

Pour animer le jeu, les Caennais ont pu compter sur deux révélations offensives: d’abord Steven Langil, prêté par Auxerre, que tout d’Ornano espère voir rester l’an prochain. Pas très adroit et plutôt brouillon au début de la saison, il a considérablement progressé au fil des matches (jusqu’à prendre un peu le melon), plantant parfois quelques patates de 25 mètres (9 buts), débordant chaque défenseur sur son aile droite grâce à sa vitesse de course. Deuxième éclosion du côté du Vaugueux, Youssef el-Arabi, formé au club (le centre de formation normand a notamment produit Gallas, Rothen et Bernard Mendy) qui peut jouer en pointe, sur le côté ou en 10. D’abord remplaçant, il a gagné du temps de jeu, à mesure que Kandia Traoré (ex-goleador du Havre) décevait, pour finalement inscrire 8 buts – oui, ce n’est pas beaucoup, mais ce sont des statistiques de Ligue 2 ; n’est pas Cristiano Ronaldo qui veut.

Hier, en fin de match, l’ambiance était bizarre. Dumas faisait la gueule ; le président du club, Jean-François Fortin critiquait un arbitre trop clément avec “l’antijeu” des Gardois ; les joueurs et le public étaient contents, sans plus. Pourquoi ? Parce que l’on sait depuis plusieurs semaines que Malherbe, sauf accident industriel (voir ce qui se passe actuellement à Bordeaux) remonterait en Ligue 1. Même en jouant mal, ils étaient plus forts.

De fait, ce que joue le SMC, ce n’est pas la montée: depuis 20 ans, le club n’arrête pas de faire l’ascenseur entre les deux premières divisions. Ce qui s’est passé hier soir a un vague parfum de routine. Non, ce que tout le monde attend dans la ville de Guillaume le Conquérant, c’est le titre. Il s’agit d’ajouter une seconde ligne au palmarès du club, après le titre en D2 (déjà) en 1996.  Pour cela, il faut semer de remarquables Brestois -porté par l’ancien Caennais Bruno Grougi notamment, excellent- , qui ont pris la roue des Caennais depuis le début de l’année 2010. Trois points séparent les deux équipes à cinq journées de la fin du championnat. Ca devrait suffire, mais rien n’est joué. Le président Fortin a d’ailleurs prévenu ses joueurs dès hier: “Je trouverais que ça ferait un peu désordre qu’on ne soit pas premiers”.

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Jérôme Lefilliâtre

Crédit photo : Stade Malherbe de Caen

Pour revivre la saison du SMC, allez faire un tour sur l’excellent blog Malherbe’s poetry.

Un commentaire pour “Caen: l’ascenseur remonte au premier”

  1. Ni Caen ni Nîmes ne sont situées dans des paysages de bocage. Pour quelle équipe joue donc Eluchans ?

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