Le sport sous les balles, victime de la comédie humaine

GravesenAvatarLa CAN en Angola commence par un drame. Trois membres de la délégation togolaise sont morts suite à une fusillade dans l’enclave angolaise de Cabinda, où les Éperviers doivent entrer en lice lundi contre le Ghana.

Leur bus a été mitraillé alors qu’il venait de pénétrer sur le territoire de l’enclave en provenance du Congo, accompagné de deux voitures de police… Le chauffeur, le chargé de com’ et l’entraîneur adjoint ont laissé leurs peaux dans l’attaque du groupe indépendantiste du FLEC (prononcez flèque) et sept joueurs sont blessés, victimes des derniers relents de 35 ans de conflits en Angola.

Le continent africain n’avait déjà pas donné l’exemple en novembre dernier. L’affrontement entre l’Algérie et l’Egypte, décisif pour la qualification au Mondial, avait montré l’indigence de la sécurité. Avant le match décisif au Caire, le bus des Algériens avait été caillassé et plusieurs joueurs blessés. Après le match, des incidents dans les rues avaient fait une ribambelle de blessés. Sans solution, la Confédération africaine maintenait un match d’appui trois jours plus tard à Khartoum. Aucune sanction n’était prise.

Lorsqu’on pense massacre, les images des JO de Munich ne sont jamais bien loin. Le 5 septembre 1972, un groupe de terroristes palestiniens de Septembre Noir s’introduit dans l’hôtel où réside la délégation israélienne, et prend des athlètes en otage. Ils demandent la libération de plus de 200 activistes palestiniens. La police allemande donne l’assaut le lendemain: 11 athlètes israéliens, cinq des huit preneurs d’otage et un policier trouvent la mort. Une vaste opération de vengeance sera par la suite organisée par le Mossad (cf Munich de Spielberg).

Depuis, les grands évènements internationaux ne sont plus non seulement l’occasion d’une récupération politique, mais aussi des moments de phobie ultra-sécuritaire, comme la Chine l’a démontré en 2008.

Mais le risque zéro n’existe pas: en 1996, un extrémiste américain, Eric Rudolph, fait exploser une bombe dans le parc du Centenaire à Atlanta en plein JO: 2 morts et 112 blessés.

Une violence parfois ordinaire, comme la semaine dernière au Pakistan, lorsqu’un kamikaze a fait 96 morts au bord d’un terrain de volley

On est bien loin des violences des hooligans, des morts de supporters, de gendarmes, des drames dans les stades. On dépasse la bêtise quotidienne dont le sport est une victime collatérale. Pour se réconforter, il ne reste plus qu’ à aller voir Invictus.

François Mazet

Ajout à 11h30, dimanche: On ne sait toujours pas si le Togo participera à la CAN. Les informations sont contradictoires.

3 commentaires pour “Le sport sous les balles, victime de la comédie humaine”

  1. moi je trouve que s est vrement barbare en afrique on vit comme des animaux toujours c’est les innoscents qui payent toute ces histoires de rebelion na pa de sens au lieu de se rebeller travail ou fait de la politique pour faire un changement les armes ne reglent rien maintenant

  2. […] mois après la fusillade de Cabinda, deux morts lors de la dernière CAN, on réentend parler du foot togolais. Cette fois, à propos d’une équipe fantôme. C’était […]

  3. […] à s’y rendre. Le Togo, qui avait subi une attaque terroriste lors de la dernière CAN («victime de la comédie humaine» comme l’écrivait à l’époque notre poète de service) avait été dans un premier temps […]

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