Mauvaise nouvelle, la fin du capitalisme n’est pas pour demain

Aux Etats-Unis, 120 banques ont fait faillite cette année contre 25 en 2007, selon l’agence Reuters. L’addition s’élève à 100 milliards de dollars ou 70 milliards d’euros. Mais, le système bancaire a tenu bon. Un an après, le pic de la crise des “subprimes”, la BNP Paribas, la Société Générale, le Crédit Mutuel annoncent un “retour à bonne fortune”.

Le capitalisme n’est donc pas mort. Voilà une nouvelle, bonne ou mauvaise, c’est selon. Bon d’accord le rapport reçu au début du mois d’octobre par Christine Lagarde, est signé par deux professeurs d’économie à l’Ecole supérieur de commerce de Paris, Didier Marteau et Pascal Morand (1) avec autre économiste, Marius-Christian Frunza, en renfort pour les annexes. Il n’empêche, la mesure du risque de perdre sa mise en allant faire un tour en bourse est faible. Oui, faible. Bon, il faut être patient.

Bonne nouvelle, mauvaise nouvelle, à chacun de choisir donc : depuis 207 années, entre 1802 et 2009, le rendement des actions aux Etats-Unis est de 5,6% par an. Bien sûr à lire comme ça on se dit que 200 ans, c’est bien, mais c’est long quand l’espérance de vie tourne autour de 75 ans. A 200 ans on est sûr de gagner 5,6% par an, mais sur un an on peut voir ses économies fondre. C’est bien tout le problème.

Alors, nos économistes ont pris des périodes de 13 ans, pour voir entre 1802 et 2009, quel était le risque de perdre ses économies placées en actions. Ils ont trouvé sept périodes durant lesquelles le rendement réel (à pouvoir d’achat égal) a été négatif. Sept périodes ou le gain est devenu une perte. Cela s’appelle une crise. Entre 1845-1859, 1905-1920, 1909-1922, 1929-1943, 1962-1975, 1965-1979 et 1969-1982. Soit, au XX° siècle, la Première guerre mondiale, la crise de 29 et la Seconde guerre mondiale, le premier et le second choc pétrolier.

Et c’est là qu’intervient la bonne ou la mauvaise nouvelle, celle qui va désespérer Karl Marx, Billancourt, Jean-Paul Sartre ou Olivier Besancenot, pour réjouir Adam Smith, Neuilly-sur-Seine, Raymond Aron ou … (le choix est libre) : si nous nous plaçons dans un horizon de 2O ans, le risque d’avoir des rendements négatifs est de 0. Zéro, on peut l’écrire comme on veut, en lettre ou en chiffre. Le risque de voir l’économie capitaliste détruire de la valeur est nul.

Bon, le capitalisme ne va pas s’effondrer, mais les capitalistes? Guère plus. Au plus fort de la crise déclenchée par les “subprimes”, le risque de défaillances pour les grandes entreprises françaises, calculé à partir de modèle mathématiques qui après tout permettent de scanner le cerveau humain et de prévoir une éruption volcanique, n’a que rarement dépassé 10%. Vinci qui n’est pas un champion très brillant, si l’on s’en tient à ses performances financières, était à 5% de risque de défaillance à un an, en décembre 2008. Air France, Renault, ou Michelin fleuretaient avec les 10%. Seule, Alcatel était semble-t-il menacée : 20% de risque de défaillance.

Certes, les chiffres mentent. Ils peuvent aussi approcher la vérité. Nous sommes bientôt en décembre 2009 et aucune faillite spectaculaire n’est à déplorer dans l’Hexagone. Si le système n’a pas craqué il reste un détail à régler : le chômage. En attendant qu’il se recule, on peut en revenir à la question posée par Lénine : “Que faire?” “Acheter aux capitalistes la corde pour les pendre?” ou des actions.

PhDx (0 actions, 0 obligation…)

(1) Norme comptable et crise financière. Proposition pour une réforme du sytème de régulation comptable. Rapport au Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi. Didier Marteau et Pascal Morand.

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