Próxima estación : polar

PacoetCarlos

Photo : Paolo Bevilacqua. Taibo II et l'auteur argentin Carlos Salem à bord du Train noir

Avant le début officiel de la Semana Negra, les auteurs embarquent tous dans le train noir, qui les emmène de Madrid à Gijón. Embarquement immédiat.

Voie 13, le train spécial pour la Semana Negra partira à 8h10. Une centaine de personne se presse déjà sur le quai malgré l’heure matinale. Si ce train était l’Orient-Express d’Agatha Christie, les 140 passagers qui vont monter à bord seraient sans aucun doute coupables. Tous ces auteurs des mauvais genres (polar, fantaisy, science-fiction, bd) partent pour un lent voyage de 9 heures qui les conduira à Gijón, au nord de l’Espagne, pour le début du plus important festival européen consacré au polar et aux autres littératures considérées comme mineures (mais qui ne le sont pas).

Ce groupe d’auteurs reconnus et réputés ressemble à une colonie de vacances. Embrassades, cris et rires se font entendre dans toute la gare madrilène de Chamartín. Dès le départ du train, personne ne tient en place. Paco Taibo II, le grand manitou de cet évènement, a décrété que le wagon-bar, malgré la loi anti-tabac, serait fumeur. Qu’on se le dise, ici, il est interdit d’interdire. Certains se mettent à chanter au fond d’un wagon, d’autres, plus sérieux, entament un débat sur l’écriture de polar. C’est un joyeux bordel organisé dans ce train noir. Comme à son habitude, Taibo est partout. Il va chercher une canette de Pepsi tout en répondant à une interview au téléphone et en vérifiant le programme des tables rondes du lendemain. Tous les voyageurs se sont rués sur le premier numéro d’A Quemarropa (A bout portant), le quotidien du festival, lecture obligatoire pour chaque participant durant les dix prochains jours.

Vers 14 heures, premier arrêt à Mieres, petite vile des Asturies, pour une pause déjeuner accompagnée de la boisson locale, le cidre. Gijón n’est plus très loin. Une halte à Oviedo, pour faire monter à bord le président de la région, et c’est enfin l’arrivée à destination. Une fanfare accueille les “semaneros”, c’est ainsi qu’on appelle les auteurs invités de la Semana Negra, sur des airs de musiques de films. A l’extérieur de la gare, une vieille tradition, des manifestations et beaucoup de bruit. Cette année, les ouvriers de l’usine Chupa Chups (les sucettes) réclament une hausse de leurs salaires. Un peu plus loin, d’autres manifestants, un peu plus agressifs, protestent contre le plan de rigueur de Zapatero. Mais tout rentre vite dans l’ordre. Après les discours officiels, Taibo coupe le ruban qui inaugure, pour la 23e année, ces dix jours de fête et de littérature.

Un commentaire pour “Próxima estación : polar”

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