Bienvenue chez Zanzibar

Zanzibar

Le Salon du livre de Paris, qui se tient jusqu’au 31 mars, est l’occasion de découvrir de nouveaux éditeurs. Zanzibar est de ceux-là. “Nouvelles, fictions, rock et polars”, dit la note de présentation. Voilà qui sonne bien et qui donne envie d’en savoir plus. Direction l’allée U, stand 23, le stand collectif de la région Midi-Pyrénées.

Car Zanzibar habite bien loin du microcosme parisien. C’est dans la petite ville de Muret (24 000 habitants) que Laurent Blain, son fondateur, a installé sa jeune maison d’édition. Une maison qui a été créée en janvier 2009 et qui, tout juste un an plus tard, publiait ses deux premiers livres, Des bienfaits de la respiration, de Lydia Peelle et Edson de Bill Morissey,dont je vous parlerai plus bas. Un an de travail et de préparation pour un programme labellisé “Saison Un” qui comptera une vingtaine de titres. Mystérieux sur son passé (“j’ai gagné de l’argent”, dit-il sans plus de précision, la porte ouverte à tous les fantasmes : un braqueur ? un trader ?), il est beaucoup plus disert sur sa ligne éditoriale. “Elle est éclectique, aventureuse et téméraire. Nous aimons la nouvelle, le polar, le rock et la fiction.” Et les Etats-Unis aussi car tous les auteurs viennent du pays de l’Oncle Sam. Un choix assumé. Et pertinent. Jugez plutôt la liste des futurs publiés : D. James Eldon, Jim Shepard, Lew Archer, l’immense Ross Macdonald (celui-là même qui donna envie d’écrire à Ellroy) ou encore Raphaël Aloysis Lafferty. Du lourd, de l’original, pas du polar au sens strict du terme, mais du très bon.

Beaucoup de textes inédits, fruit du travail de fouineur de Laurent Blain, fin connaisseur de la littérature US. Un programme déjà défini pour les deux prochaines années qui reflète l’état d’esprit de ce nouvel éditeur. “Je n’ai pas peur de l’expérimentation et j’apprécie par-dessus tout le mélange des genres.” L’ambition de Zanzibar est de créer une communauté d’auteurs, de traducteurs et de lecteurs. Mon petit doigt me dit que le pari est en passe d’être réussi. Preuve de l’originalité de Blain, la parution, pour le Salon du livre, du Zanzibar Quarterly & Co. Un objet littéraire non identifié, numéroté, qui regroupe des nouvelles, des textes plus courts, des poésies, des essais. Un petit bijou qui risque de devenir collector dans très peu de temps.

Et je ne saurai trop vous conseiller de vous jeter aussi sur le roman de Bill Morrissey, figure de la folk américaine. Auteur d’une dizaine d’albums, il est l’un des musiciens les plus respectés de son genre. Il vit aujourd’hui dans une cabane des White Mountains, dans le New Hampshire, avec sa chienne Molly. Edson est l’histoire d’une rédemption, celle de Henry Corvine, un songwriter à succès qui refuse de se laisser emporter dans le tourbillon du système. Il ne fait aucune concession à l’industrie du disque et, lorsqu’il revient à Edson, il pense qu’elle l’a oublié. Mais là, il se rend compte que ses chansons sont chantées par d’autres. Ce choc le fera-t-il ressortir sa guitare de son étui ? C’est tout l’enjeu de ce roman, écrit avec un soin perfectionniste, rythmé telle une chanson de 268 pages. “Les personnages de Morrissey sont des cols bleus qui vivent dans des petites villes. Ils sont si bien campés qu’on a l’impression de les connaîtres et de faire partie de l’histoire”, dit d’Edson une grande dame de la musique, Suzanne Vega.

Edson

Les commentaires sont fermés !

« »