Mesrine, bisounours n°1

Il était l’ennemi public numéro 1. Un homme dangereux, armé, à la réputation brutale et sanguinaire. Jacques Mesrine était aussi un coeur d’artichaut semble-t-il, une sorte de bisounours, d’adolescent immature. C’est du moins ce qui ressort de la lecture des lettres qu’il écrivait à son “amoureuse”, la canadienne Jocelyne Deraiche. Malade, elle a mis en vente ces courriers samedi 30 janvier à l’hôtel Drouot.

Une liaison d’un an, une correspondance de cinq, nous apprennent Les Inrocks : “Ils s’écrivent de juin 1973, alors qu’il est incarcéré à la prison de la Santé, au 1er mai 1978, une semaine avant son évasion. Mesrine signe Bruno, surnom que lui donne sa chère et tendre. Il l’appelle Joyce ou encore Ma petite Canac.

“Bonsoir mon ange, hier une lettre de toi avec l’empreinte de tes lèvres… J’y ai posé les miennes pour me remplir le coeur de toi.”

Qui pourrait imaginer que ces lignes sont écrites par l’un des plus grands criminels de l’Histoire ? “Cette correspondance pleine de passion amoureuse montre la personnalité complexe de Mesrine”, ose affirmer l’hôtel des ventes Drouot dans un communiqué. Ben oui, il faut bien vendre messieurs dames.

L’écriture paraît sortir tout droit d’un cahier d’écolier, les dessins qui les accompagnent (des coeurs enchaînés par exemple) aussi. “Tout se vend, même l’amour, affirme de son côté le quotidien québécois Le Devoir. Surtout quand il s’agit de missives portant la griffe de l’un des plus grands gangsters du dernier siècle.” Oui mais voilà, le côté fleur bleue ne fait pas recette puisque le lot de 178 lettres n’a finalement pas été attribué. “Joyce” en voulait 80 000 €, les enchères se sont arrêtées à 48 000…

D’autres lots ont tout de même trouvé preneur, comme une chevalière gravée de ses initiales pour 12 000 €, un passeport à son nom troué d’une balle à 900 € et sa valise Samsonite jaune à 850 €. On ne sait que penser de ce genre de vente comme de ces lettres. C’est la Dépêche qui a sans doute trouver la réponse, en titrant son article sur le sujet : “Mesrine, l’amoureux public n°1.”

2 commentaires pour “Mesrine, bisounours n°1”

  1. Faut il rappeler la définition de l’expression de coeur d’artichaut ? Elle n’est pas comparable à celle de Bisounours !

  2. Heureusement pour ce journaliste qui a écrit cet article non-signé qu’il vit dans une époque actuelle de “Bisounours”, avant le 2.11.1979, il aurait fini comme un corbeau à terre comme dirait Bruno…

« »