Les forçats, le retour

Crédit: Flickr/CC/Rocknrobotblog

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«Les jeunes journalistes qui rêvaient de parcourir le globe à la recherche d’un sujet de reportage sont maintenant scotchés à leur ordinateurs. Ils s’efforcent d’être les premiers à publier jusqu’à la plus marginale des informations, histoire d’impressionner les algorithmes de Google et d’attirer le clic des internautes». C’est contre cette vision des journalistes Web, décrite dans le New York Times, que s’est érigé Henry Blodget, le patron de Business Insider: «Nous en avons assez de ce portait. Non seulement nous aimons ce que l’on fait, mais nous pensons aussi que nous avons créé un état d’esprit et des lieux de travail excitants et dynamiques – des espaces dans lesquels les gens talentueux, motivés, bosseurs, solidaires de leur équipe et créatifs sont récompensés.»

En France aussi, il y a eu le même «traumatisme» avec l’article «Les forçats de l’info» publié dans Le Monde en mai 2009. Plus d’un an après, il serait temps revenir sur ces soi-disant forçats du Web français. Ceux qui travaillent sur des sites de presse, des pure players, mais aussi sur des plates-formes de contenus, comme Orange, Yahoo!News ou Dailymotion, ou pour des agences.

Pour préparer cet article et récolter des éléments tangibles, j’ai élaboré un questionnaire… Plus nombreux vous serez à y répondre, plus «parlant» sera l’ensemble, et plus tangible le futur article sera. Bien sûr, les réponses sont anonymes.

Merci à tous de votre collaboration.

>> Par ici pour répondre aux questions sur les travailleurs du Web >>

Alice Antheaume

8 commentaires pour “Les forçats, le retour”

  1. J’ai lu sur Internet que tu paies une bière à ceux qui répondent, est-ce vrai ?
    http://twitter.com/rocknrobot/statuses/19253260190
    Je me méfie car le gouvernement et Jean-Pierre Pernaut disent qu’Internet est le lieu de la rumeur et de la diffamation (même les sites d’info).

  2. @Augustin Ton information est survendue 😉

  3. Bonjour,

    En tant que journaliste web, je salue votre démarche qui est intéressante, mais je ne répondrai pas à votre questionnaire en l’état. Car si l’article de Ternisien comportait des contre-vérités et des clichés, il avait aussi le mérite de soulever de vrais problèmes qui sont absents de votre questionnaire. Pourquoi n’y a-t-il aucune question sur le fond du travail des journalistes sur le net? Aucune question sur le rythme, aucune question sur les tâches à accomplir (bâtonnage de dépêches, etc.)ni les missions: reprise d’infos, vérification, enquête, gestion de communautés… (il y a bien une question sur la définition du métier, seulement).
    Au delà des statuts précaires des journalistes, de leur pratique de Facebook et Twitter et de leurs habitudes de vie, il me semble qui s’agit là d’un point essentiel malheureusement négligé par votre questionnaire.

  4. @vinvin Bonjour, merci pour votre commentaire. Ce questionnaire vise à chiffrer et formuler ce qui n’est pas visible, comme les conditions de travail, les salaires, l’état d’esprit des personnes qui travaillent sur le Web. Pour le reste, le rythme, la vérification des informations, cela est difficilement quantifiable via un questionnaire, le reportage sur les lieux est plus efficace pour comprendre ces aspects-là.

  5. Dans ce cas-là, la spécificité du Web n’en est pas forcément une. Il n’y a qu’à voir les conditions de travail et les salaires de certains pigistes et CDD de Radio France pour se rendre compte que les sites d’infos n’ont pas -vraiment- de leçons à recevoir des ‘vieux’ médias…

  6. C’est toujours intéressant de récolter des données (pour peu qu’elles soient un peu représentatives, ce qui va être plutôt difficile à établir dans ce cas, puisqu’il n’y a guère de références quantitatives).

    Au niveau qualitatif, il est assez étonnant que le débat ouvert par l’article de @xternisien dans Le Monde (avec ses qualités et ses insuffisances) n’aie pas renvoyé immédiatement à l’étude bien plus solide et documentée du sociologue Yannick Estienne sur le même sujet : “le journalisme après internet” (L’Harmattan, 2007).

    Estienne met pourtant bien en évidence que la question n’est pas tant celle des conditions de travail et de rémunération des jeunes “forçats” (indéniablement inférieures) par rapport aux autres catégories de journalistes, que celle de la projection dans un imaginaire du journalisme, à travers des projets de plan de carrière personnels. Les seconds aspects “compensant” assez largement les premiers.

    Les “forçats” s’estiment marginalisés par le reste de la profession, souligne-t-il, mais ils se vivent aussi comme pratiquant un journalisme innovant porteur d’avenir (l’avenir du journalisme est de notre côté).

    Il n’en reste pas moins que la plupart ne voient ce journalisme en ligne que comme une porte d’entrée dans la profession, et qu’ils souhaitent évoluer vers des postes plus prestigieux dans l’imaginaire de la corporation, dans laquelle la presse quotidienne nationale papier tient toujours le haut du pavé (de plus en plus concurrencée sur ce point par la télévision).

    Bref, à leurs yeux, le journalisme en ligne mène à tout condition d’en sortir !

    Le second point vraiment très intéressant de l’étude d’Estienne, c’est en quoi le journalisme en ligne est (pour les éditeurs) un laboratoire pour de nouvelles pratiques qu’il s’agit ensuite d’importer dans les autres formes de journalisme. Notamment dans le rapport au markéting, et surtout le markéting éditorial (la télévision et la presse magazine ayant été le premier terrain d’essai dans ce domaine).

    Il est remarquable que ce point capital pour l’avenir de l’ensemble de la profession soit resté totalement écarté dans le débat des forçats suite à l’article de @xternisien.

    Ce qui s’expérimente en ligne, c’est pourtant bien un “déplacement” (si ce n’est l’effondrement à terme) de la “muraille de Chine” entre information et promotion, qui constituait pourtant le socle de l’identité professionnelle des journalistes. Et tout cela se déroule sans soulever pour le moment le moindre débat de fond sur la redéfinition en profondeur de la déontologie et de l’identité sociale des journalistes que ça entraine.

  7. Les réponses à choix unique ne sont pas une très bonne idée : parfois les frontières sont floues, ou bien il n’y en a pas, et on est bien en peine pour répondre correctement.
    Certains items mériteraient davantage d’amplitude dans les choix (volume horaire, salaires…) quitte à rassembler après au moment de l’analyse.

  8. Great detailed info, I just saved you on my google reader.

    Sent from my iPhone 4G

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