Guerre et Paix au Pays du Matin Calme

Mon retour en Corée tombe trois jours après le bombardement par le Nord de l’île de Yoenpyoeng, l’un des territoires sud-coréens à la limite de la frontière, qui d’ailleurs n’a jamais été reconnue par le Nord à cet endroit là.
Il y en a eu des crises entre les deux Corée: les dernières décennies furent une succession de frictions et échanges de tirs à la frontière, d’attentats déjoués ou réussis, défections de part et d’autre ou incursions de commandos en tout genre. Il y a moins d’un an, un navire sud- coréen coulait suite à une probable attaque par un sous-marin du Nord – qui nie toujours être impliqué dans ces faits – entrainant la mort d’une quarantaine de marins.
Bref, les Coréens en ont vu d’autre et je retrouve un Seoul comme à son habitude: vibrante d’activité, grouillante de monde affairé à réaliser les plus de 5% de croissance prévus par les analystes.
Pourtant cette crise n’est pas exactement comme les précédentes. Il ne s’agit pas de frictions entre militaires ou d’actes terroristes: c’est la premiere fois que l’armée conventionnelle de la Corée du Nord bombarde le territoire sud-coréen et fait deux victimes civiles. Une vraie guerre en somme.
Et qui dit guerre, dit mobilisation générale dans un pays où le service militaire dure 2 ans et demi. C’est la préoccupation majeure des hommes en âge d’être appelés, comme le commercial de mon équipe à qui je demande ce qu’il pense de tout cela: “j’en pense que si ça pète, je vais devoir rejoindre ma garnison à Chungcheon,” une province à l’est de Seoul. Il n’a pas l’air de prendre cette perspective très au sérieux, mais on sent quand même une pointe d’inquiétude dans son regard. Car des manoeuvres militaires conjointes Etats-Unis – Corée du Sud sont prévues ce dimanche. Manoeuvres déjà condamnées par la Corée du Nord qui les qualifient de “danger majeur pour la sécurité de la région”.

Une étape de plus dans

l’escalade des tensions?

A Séoul, malgré les tensions, c'est "trafic as usual""

A Séoul, malgré les tensions, c'est "trafic as usual"

Mon retour en Corée tombe trois jours après le bombardement par le Nord de l’île de Yoenpyoeng, l’un des territoires sud-coréens à la limite de la frontière, qui d’ailleurs n’a jamais été reconnue par le Nord à cet endroit là.

Il y en a eu des crises entre les deux Corée: les dernières décennies furent une succession de frictions et d’échanges de tirs à la frontière, d’attentats déjoués ou réussis, de défections de part et d’autre ou incursions de commandos en tout genre. Il y a moins d’un an, un navire sud- coréen coulait suite à une probable attaque par un sous-marin du Nord – ce dernier nie toujours toute implication – entrainant la mort d’une quarantaine de marins.

Bref, les Coréens en ont vu d’autres et je retrouve un Seoul comme à son habitude: vibrante d’activité, grouillante de monde affairé à réaliser les plus de 5% de croissance prévus par les analystes.

Pourtant cette crise n’est pas exactement comme les précédentes. Il ne s’agit pas de quelques échanges de tirs entre militaires ou d’actes terroristes contre les membres du gouvernement. Pour la premiere fois depuis la guerre de Corée (1950-1953), l’armée conventionnelle de la Corée du Nord a bombardé le territoire sud-coréen et fait deux victimes civiles. Aujourd’hui, les médias sud-coréens font état de nouveaux échanges de tirs et spéculent que les bombardements d’il y’a trois jours auraient été le prélude d’une invasion finalement avortée de l’île par des commandos du Nord. Une vraie guerre en somme.

Et qui dit guerre, dit mobilisation générale dans un pays où le service militaire dure 2 ans et demi. C’est la préoccupation majeure des hommes en âge d’être appelés, comme ce commercial de mon équipe à qui je demande ce qu’il pense de tout cela: “j’en pense que si ça pète, je vais devoir rejoindre ma garnison à Chungcheon,” une province à l’est de Seoul. Je me demande un instant ce que je serais supposé faire si une guerre éclatait subitement en France: à part sauver ma peau et veiller à celle de mes proches, je n’ai aucune idée de mes devoirs vis à vis de mon pays. Un peu désinvolte peut-être mais assez normal pour tout citoyen d’un pays où la guerre n’est pas envisageable .

C’est finalement tout le paradoxe de la Corée: un pays si normal, paisible et en pleine réussite économique, mais qui peut basculer dans la guerre à tout moment et tout perdre, comme le lui rappelle brutalement son voisin du Nord de temps en temps.

Reste que mon commercial n’a pas l’air de prendre la perspective de la guerre très au sérieux. Quoiqu’on sent quand même une pointe d’inquiétude dans son regard. Car des manoeuvres militaires conjointes Etats-Unis – Corée du Sud sont prévues ce dimanche. Manoeuvres déjà condamnées par la Corée du Nord qui les qualifient de “danger majeur pour la sécurité de la région”.

Une étape de plus dans l’escalade des tensions?

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