H1N1pdm : Des certitudes gouvernementales en béton

Que nous dirons de plus les futures enquêtes parlementaires ?

Il y a quelques jours Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, était au micro de Radio J. Interrogé sur le coût de la politique gouvernementale de lutte contre la récente vague pandémique grippale il a eu cette formule : « On n’en fait jamais assez s’agissant de la sécurité, de la santé de nos concitoyens ». Et M. Hortefeux de poursuivre dans la même veine. L’OMS ayant « alerté sur un risque de pandémie majeure », les pouvoirs publics français « ont agi de façon légitime ». Ou encore : dans un tel domaine  il n’y a « pas de précaution a minima, la protection doit être absolue ». On imagine les quelques théoriciens médiatiques du principe de précaution affûter en chambre leurs  griffes et leur plumes… De même que les enseignants de Sciences Po, de l’EHESP ou de l’ENA. Dissertations de rêve ; voyons jeunes gens ne « jamais en faire assez » veut-il dire que l’on ne saurait « trop en faire » ? Et comment imaginer (comment qualifier ?)  des pouvoirs publics français qui n’agiraient pas de façon « légitime » ?

Il y a quelques jours le Pr Didier Houssin prenait la parole. Il le faisait  dans les colonnes d’un ancien quotidien d’extrême-gauche. Ancien chirurgien digestif  le Pr Houssin  est aujourd’hui directeur général de la santé. Il est aussi délégué interministériel en charge des luttes contre les pandémies. L’homme est talentueux autant que réservé ; plus que prudent. Des caractéristiques que réclament de telles fonctions ; du moins si l’on veut les exercer durablement. Le quotidien explique en préambule que son interlocuteur s’est fait violence pour parler au grand jour ; qu’il ne le fait qu’après avoir reçu l’aval de sa ministre de tutelle (Roselyne Bachelot, ministre de la santé) ; qu’en coulisse il se dit blessé par certaines polémiques mais qu’il se refusera « à parler des dissensions avec la ministre ou avec son cabinet ». De l’art, en somme, de dire beaucoup sans jamais véritablement parler.

L’homme se dit partagé. « D’un côté, quitte à vous surprendre, j’arrive à la conclusion que notre action a été couronnée de succès. Par rapport à ce que l’on pouvait craindre, il n’y a eu à ce stade qu’autour de 300 décès. Et nous avons passé le premier cap sans catastrophe, explique-t-il. Mais c’est vrai qu’en écoutant les commentaires et les analyses ici ou là, on peut avoir un sentiment mitigé. On nous rétorque aussi que l’on a eu de la chance. Cela étant, pourquoi n’est-ce pas un succès sur toute la ligne ? Nous allons y travailler. Il va y avoir les enquêtes parlementaires, et d’autres travaux pour identifier les raisons. Il n’empêche, mon sentiment reste que, face à un événement qui avait un potentiel dramatique, le résultat qui compte le plus, la santé des Français, est plutôt bon. »

Des enquêtes parlementaires à venir, certes, mais déjà la certitude d’avoir agi comme il le fallait. « Qu’avons nous tenté de faire ? Au début, notre objectif a été d’essayer de retarder au maximum l’avancée de l’épidémie. D’où les mesures dites barrières, mais aussi les traitements antiviraux, puis les fermetures de classe, rappelle-t-il. Ces mesures, prises dès le mois de mai, ont cherché à limiter l’impact sanitaire et à gagner du temps. Quelle a été leur efficacité ? Ce n’est pas facile d’y répondre, mais la première vague pandémique est survenue tard en France et il me parait donc hasardeux d’affirmer que ces mesures ont été inefficaces. Puis, il y eu une seconde phase avec la vaccination. »

Précisément la vaccination. Echec et mea culpa ? Que nenni ! « Au début, la crainte portait sur la sécurité des vaccins. On a vu qu’ils étaient sûrs. La question de la couverture vaccinale focalise maintenant l’attention. Echec ou succès? Avant d’y répondre, reprenons le fil de l’histoire. D’abord, n’oublions pas qu’avant 2009, l’hypothèse que l’on puisse disposer d’un vaccin avant la première vague pandémique était jugée quasi-nulle. C’est pour cela que l’on avait mis l’accent sur les masques et les antiviraux, se souvient le Pr Houssin. De fait, nous avons aussi eu de la chance : que le virus ait émergé en mars-avril, donc près de cinq mois avant l’automne ; qu’il ait surgi dans des pays qui ont sans délai alerté l’OMS, puis réalisé le séquençage du virus ; que les 35 fabricants de vaccin dans le monde aient reçu très vite de l’OMS les souches semences. »

Et ensuite ? « On savait qu’il fallait autour de 4 mois pour produire les vaccins, et c’est ce qui s’est passé. Des années de travail d’anticipation et la mobilisation durant l’été ont permis que l’on dispose de vaccins avec autorisation d’utilisation dès la fin du mois de septembre. Et on a donc pu proposer la vaccination un peu avant le pic. C’était une chance inattendue (…) Je constate que la couverture vaccinale n’est pas meilleure en Allemagne, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Espagne, en Italie, au Danemark. Elle est du même ordre, un peu moins de 10%. La France n’a pas le taux de couverture le plus bas. Les britanniques n’ont vacciné que 4,5 millions de personnes. Aux Etats-Unis, le taux de couverture n’est connu que par sondage. Il semble variable selon les Etats et serait autour de 15%. Bref, on a le sentiment que, dans la plupart des pays, la couverture a été plutôt basse. Mais avec des exceptions : le Canada, et la Suède, la Norvège, à un moindre degré la Hongrie. »

Fallait-il décider manu militari de tenter de vacciner la quasi-totalité de la population française ? « Dès début mai, il est apparu, du point de vue sanitaire et éthique, qu’il fallait être en position de pouvoir le faire et qu’il y aurait nécessairement un ordre de priorité. Qui vacciner en priorité ? Au passage, ce fut une surprise de noter qu’il n’y a pas eu de polémique sur l’ordre de priorité retenu pour les populations à vacciner. La polémique a porté après coup sur un autre aspect : pouvoir ou ne pas pouvoir proposer la vaccination à toute la population (…) Evidemment, il y a des leçons à tirer. La question des médecins généralistes, de l’organisation des soins primaires est importante. Et comment parler en 2010 de la vaccination ? Et comment faire avec Internet ? Pour autant, je ne suis pas sur que si c’était à refaire, nous referions les choses très différemment.

La suite ? « Il serait aussi dangereux de croire que la pandémie est vaincue, que de se dire que la prochaine ne sera pas plus grave. Il faut éviter l’euphorie comme la démobilisation. Dans le cas présent, face au virus de la grippe A/H1N1, le niveau d’immunisation de la population est sans doute assez haut et la probabilité d’une nouvelle vague est jugée faible. Mais, en même temps, ce virus ne va sûrement pas disparaître. Il peut aussi changer. Comment va-t-il réapparaître ? Seul ? Va-t-il devenir notre prochain virus grippal saisonnier? Ou s’associer à d’autres? Nous n’en savons encore rien. Il vaut mieux se méfier. »Méfions-nous, donc.

Dans quelques semaines -quelques mois tout au plus- sonnera l’heure des enquêtes parlementaires. Qu’en attendre ? Rien ou presque. Sauf peut-être à découvrir enfin qui –et sur quelles bases- a véritablement pris la décision politique d’acquérir de quoi vacciner la population française dans son ensemble alors que de nombreux experts assuraient qu’une couverture vaccinale d’environ 30% suffirait à bloquer la circulation virale au sein de cette même population…

Faute de quoi, à l’évidence Brice Hortefeux et Didier Houssin reproduiront des propos à l’identique. Roselyne Bachelot fera de même ainsi, le cas échéant, que le chef du gouvernement. Quant au président de la République il a d’ores et déjà pris la défense de la stratégie anti-pandémique de ses troupes. Une telle stratégie n’a certes rien d’ « illégitime ». Un citoyen qui ne serait nullement un militant du parti au pouvoir pourrait même soutenir qu’elle a sa cohérence. Mais encore : comment tirer au mieux les leçons démocratiques et sanitaires de ce que nous venons de vivre ; ce que nous/ d’autres vivront un jour prochain ?

Jean-Yves Nau

«  Danger » ou « bonne occasion » ?

Comme le dit l’économiste Joseph Stiglitz à la page 467 de son ouvrage « Le triomphe de la cupidité » (éditions Les Liens qui Libèrent, 22€) : « les caractères du mot chinois qui veut dire crise signifient « danger » et « bonne occasion » ». Le prix Nobel parlait certes d’une autre pandémie, la crise financière mondiale, que nous avions évoquée en d’autres moments (7 octobre 2008). Mais cette crise sanitaire est certainement une bonne occasion de revisiter les idées reçues que les uns et les autres avaient de l’épidémiologie de la grippe, de la gestion d’une crise mondiale, de la notion d’alerte, de la surveillance sanitaire, des choix et stratégies vaccinales. Les autorités de santé, les experts, les producteurs de vaccins et d’antiviraux aujourd’hui, grâce notamment aux commissions d’enquêtes qui se mettent en place, sont contraints à cet arrêt sur image, à ce retour d’expérience. On n’a pas fini de réfléchir à la première pandémie du vingt-et-unième siècle, et c’est tant mieux si l’on peut saisir cette occasion pour tenter d’accumuler les fruits d’une expérience qui serait profitable pour la prochaine crise qui ne manquera évidemment pas d’arriver. Nos esprits bloqués peuvent avoir du mal à ce retour sur nous-mêmes, à cet examen de conscience, parfois à cette autocritique un peu douloureuse. Lorsque nos esprits s’ouvrent, au contraire, ils revendiquent alors un droit à l’erreur, ils acceptent ce droit d’inventaire sans concession, et se nourrissent des leçons retenues pour la prochaine fois… qui ne sera évidemment pas identique à cette pandémie partie du Mexique en avril 2009.

Quand le Ministre de l’Intérieur déclare qu’ « on n’en fait jamais assez pour la santé des concitoyens », n’est-ce pas le contrat tacite que les Français ont passé avec lui ? Que lui répondre ? Que ce n’est pas exact, qu’on accepte bien de contempler les épidémies de grippe saisonnière depuis des décennies, plus tueuses que cette grippe pandémique sans faire tant de bruit ni prendre tant de mesures ? Que l’on se contente de contempler 12 000 suicides par an et 7 ou 10 fois plus de tentatives sans prendre le problème véritablement à bras le corps (« un incident voyageur retarde temporairement la rame, veuillez nous excuser pour le retard occasionné »). Que l’on continue à enregistrer les dégâts du tabac, de l’alcool et des drogues sans mettre en œuvre des politiques réellement efficaces de prévention ? Que l’épidémie d’obésité est annoncée aussi par de nombreux experts, sans que le tocsin qu’ils sonnent ne rameute les foules ni les forces militaires dans des centres municipaux dédiés ? Certes, la santé publique est encore un parent pauvre de nos systèmes de santé, tous confondus, surtout quand ses dégâts sont au fil de l’eau, à peine perceptibles, non médiatiques. Une excellente analyse portant sur la prévention (« Vaut-il toujours mieux prévenir que guérir », à paraître en ligne le 16 mars 2010, centre d’analyse stratégique, gratuit en ligne) revisite l’idée a priori d’une efficience médico-économique automatique de la prévention. Ne seraient efficaces et rentables sur le plan économique que certaines mesures de préventions, et encore, lorsqu’elles sont ciblées sur les populations à risque. Donc même en ce domaine, il est plus rapide de jeter l’anathème que de proposer des mesures dont l’efficacité attendue serait indiscutable.

Le problème avec la grippe H1N1pdm est que nous avions affaire à une terreur collective, celle d’une pandémie due à un agent viral nouveau, grippal certes, mais nouveau, et appelé « pandémique », c’est-à-dire doté d’une force de propagation mondiale. Le catalogue des pandémies de grippe était peu fourni (trois dans le siècle précédent) et la première, la grippe espagnole, au bilan catastrophique, était survenue avant même que le virus grippal ne fut identifié par les hommes, avant l’ère de la virologie, discipline du vingtième siècle. Pas de quoi rassurer la classe politique aux commandes à l’heure de la résurgence de la souche (de même nom) de la première pandémie du nouveau siècle. Non, on peut retourner les choses dans tous les sens, le Ministre de l’Intérieur a probablement agi comme on aurait pu l’attendre de tout ministre de l’Intérieur, mais ce n’est probablement pas à l’épidémiologiste ni au journaliste de juger ces choses, de donner des satisfecits ou des blâmes, il y a des commissions ad hoc pour faire ce job.

Dans le discours du Directeur Général de la Santé, il y a un point qui méritera d’être creusé dans les mois qui viennent, c’est de comprendre pourquoi le Canada, la Suède, la Norvège et la Hongrie ont obtenu des taux de couverture vaccinale supérieurs à ceux des autres pays développés, dont notamment la France. La souche n’y était pas plus virulente. Alors – et nous travaillons sur cette question – quels sont les éléments qui pourraient expliquer ces différences ? C’est important, parce que si il devenait nécessaire un jour de vacciner rapidement une grande proportion de la population, il faudrait peut-être tirer les leçons de nos échecs de 2009. Nous n’avons sans doute pas échoué bien davantage que la plupart de nos voisins, mais nous avons échoué clairement à vacciner nos populations. Ce ne fut pas un manque de moyens. Ce ne fut pas un manque de préparation. Ce ne fut pas un manque d’information. Mais alors, ce fut quoi ? Quel est le dénominateur commun à tous les  pays qui ont échoué ? Et quel est le dénominateur de ceux qui ont mieux réussi ? Posons ces questions sans a priori, sans dogme, sans idéologie. Voilà ce que nous enseigne l’idéogramme chinois : c’est une « bonne occasion », sachons la saisir !

Antoine Flahault

64 commentaires pour “H1N1pdm : Des certitudes gouvernementales en béton”

  1. Faut-il vraiment s’imposer de chercher un dénominateur commun aux pays qui ont boudé la vaccination et un autre pour le Canada et la Suède ? Si on exclut a priori toute cause qui ne serait pas partagée on risque de passer à côté de certaines.

    Ceci dit, on peut trouver une cause commune à la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne qui ont chacune eu sur les bras une grosse affaire vaccinale récente : la France avec la vaccination hépatite B, la Grde Bretagne avec le ROR et l’autisme, l’Allemagne avec les vaccins hexavalents accusés publiquement de provoquer des œdèmes du cerveau et d’entrainer la mort du nourrisson.

    Cette affaire a été peu connue en France mais à partir de 2002 l’Allemagne a assez massivement utilisé les vaccins hexavalents de GSK (Infanrix hexa) et de Sanofi (Hexavac).

    Cette affaire avait été relaté dans un documentaire d’ARTE diffusé le 27 novembre 2007 et réalisé par une équipe allemande (Valentin Thurn).Elle a interviewé un médecin légiste allemand le pr Randolf Penning qui reconnaissait avoir soudain eu à autopsier des nourrissons pour œdèmes du cerveau avec une fréquence jamais vue auparavant.

    Cette affaire a fait grand bruit en Allemagne, probablement amplifié par la volonté de Sanofi d’acheter Aventis qui était une association franco-allemande à 50/50. Les Allemands ont été ulcéré par cette opération et cela explique vraisemblablement l’acharnement des Allemands contre le seul vaccin de Sanofi alors que Penning mentionnait les 2 et que le même documentaire exposait en détail le décès du petit Kevin à l’âge de 5 mois en juillet 2006. Comme cette affaire avait conduit Sanofi à retirer son vaccin du marché en septembre 2005 il avait été vacciné avec celui de GSK .

    Le 30 septembre 2007 le Dr Anne Castot (Afssaps) faisait une communication aux journées de veille sanitaire sur les leçons de la vaccination hépatite B. Elle fera une allusion à l’autisme en Angleterre et aux hexavalents en Allemagne en disant (ce sont ses termes exacts ) :

    « Les vaccins hexavalents en Allemagne ont aussi fait du mal. Chacun des pays a son dossier… ».

    Question : puisqu’on a là un dénominateur commun entre ces 3 pays, est-il partagé par le Canada et la Suède ?

    A noter que la Suède, comme les autres pays nordiques, la Grde Bretagne, l’Irlande et les Pays-Bas, ne vaccinent pas les enfants contre l’hépatite B mais seulement ceux dont la mère est infectée. Ils n’ont donc pas eu d’affaire de ce côté, contrairement à la France.

    A noter aussi qu’au début les Canadiens ne voulaient pas aller se faire vacciner. Ce serait la diffusion à la télé de cas gravement atteints par la grippe qui aurait fait basculer l’opinion publique. Les causes ne sont peut-être pas toutes communes entre la Suède et le Canada.

    A noter aussi qu’en Suède, une pédiatre très connue là-bas et qui faisait campagne contre la vaccination H1N1 avait été limogée.

    Il n’y a pas d’obligations vaccinales au Canada et en Suède. Au Québec, le principe de l’accord éclairé est de rigueur avant toute vaccination. Si cela correspond à la loi Kouchner 2002 c’est encore loin d’être entré dans les mœurs en France et d’abord au niveau des têtes pensantes de la santé publique comme on peut en juger avec l’affaire du BCG en 2006-2007, les différents exposés, oppositions et prises de position qui s’étaient manifestés au cours de l’audition publique sur le sujet et qui l’avaient rendu nécessaire.

    D’une manière générale, plus on utilise massivement et sur une durée courte un vaccin potentiellement à risque et plus on risque d’avoir un accident type airbus A 380 plutôt que des accidents d’autos et de vélos dispersés dans le temps et l’espace et dont la trop faible densité ne permettra pas de créer une affaire de santé publique.

    Ce point de vue avait été exprimé au cours de la réunion de consensus des 10-11 septembre 2003 sur la vaccination hépatite B : si on ne vaccine que les adultes exposés, les incidents de vaccination ne suffiront pas à créer une affaire de santé publique (exposé de Bernard Bégaud et Annie Fourrier pharmacologues à Bordeaux).

    Le meilleur moyen de protéger la réputation de l’autorité de santé publique n’est pas forcément d’utiliser massivement des vaccins. Mais en France on vaccine d’abord, on réfléchit ensuite…

  2. Pour essayer de comprendre pourquoi les Belges ne se sont pas précipité sur la vaccination :

    « D’après une première évaluation, il semble que la Belgique échappe à la pandémie de grippe tant redoutée. »

    C’est daté du 23/11/2009 et diffusé par la radio-télévision belge qui avait annoncé dès début novembre que la grippe diminuait déjà en Belgique, c’est à dire avant que les vaccins soient disponibles. Comme d’ailleurs dans l’Île de France.

    Et si c’était d’abord ça la première raison pour laquelle les populations ne se sont pas précipitées : l’épidémie ne fut pas au niveau de ce qui avait été annoncé et régressait déjà avant l’arrivée des vaccins.

    L’exemple venait de haut :

    Cette même rtbf qui annonça le 29 décembre que Margaret Chan ne s’était pas faite vacciner !!!

    http://www.rtbf.be/info/economie/la-directrice-de-loms-nest-pas-encore-vaccinee-contre-la-grippe-h1n1-173685

    « “J’ai demandé à mon service médical de s’informer sur l’endroit où je peux me faire vacciner”, a-t-elle dit en affirmant, en réponse à des questions des journalistes, que “bien sûr” elle allait le faire.

    Margaret Chan a fait valoir qu’elle revient juste de congés. “Beaucoup de membres du personnel” de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se sont faits vacciner dans les centres mis en place par la Suisse, a-t-elle assuré. »

    Ce 29 décembre elle revient de ses congés de Noël et elle n’a pas eu le temps de se faire vacciner auparavant ? De plus, un général en chef en pleine bataille ne se met pas en congés, c’est incroyable ça !!! Et il met son casque lourd et son gilet pare-balle…Non mais ?

  3. Oh là !
    Docteur Nau, Antoine Flahault, Bernard vous mettez la charrue avant les bœufs !

    L’important ce n’est pas de savoir pourquoi les citoyens ne se sont pas fait vacciner.

    La vraie question est : fallait-il leur proposer la vaccination ?

    Il est clair que de mai à juin la réponse était oui, de juillet à octobre peut-être et à partir de novembre la réponse aurait dû être NON !

    Le vrai problème c’est : pourquoi n’avons pas pu (ou pas voulu ?) se donner les moyens, au niveau mondial, d’évaluer en temps réel la situation de terrain ?

    Seul Google a tenté quelque chose dans ce sens ! Mais personne ne s’y est intéressé…alors que les courbes Google indiquaient clairement la fin des hostilités dans le sud et le passage du pic aux USA, à Genève l’OMS continuait à affoler les peuples !

    Sur des rapports alarmistes venus d’Australie et de Nouvelle Zélande où l’on a confondu qualitatif et quantitatif certains états investissent : masques, vaccins… Normal !

    Mais très vite une remise en question aurait dû s’imposer…
    Cela n’a pas été fait. Pourquoi ?

    Et à cela personne ne cherchera à répondre, la réponse, presque évidente, mettrait trop d’intérêts en péril.

    Une fois de plus, ne rien entendre , ne rien dire, ne rien voir sera la règle.

    Les enquêtes parlementaires, une fois de plus n’auront pour effet (ou pour but ?) que de masquer la vérité !

    En 2010, seuls les imbéciles peuvent croire qu’il n’y avait pas les cerveaux et les machines pour gérer correctement ce qui est apparu comme un risque majeur.

  4. Entièrement d’accord avec vous Jean, d’ailleurs je préparais dans ma tête, tout en coupant du bois, un troisième commentaire sur ce thème. En particulier cette remarque :

    « il y a des commissions ad hoc pour faire ce job » nous dit Antoine Flahault. Des Commissions ? J’ai quelques doutes qu’elles parviennent à des résultats pertinents car elles n’oseront jamais toucher aux aspects tabous.

    Qu’est ce qu’un dromadaire ? Un chameau dessiné par une commission disait Churchill…

    Donc, comme Jean, je ne me fais aucune illusion sur la capacité des commissions parlementaires à apporter quelques lumières pertinentes mais plutôt à mettre un couvercle opaque sur la lumière. Cela laissera bien des opportunités aux internautes pour occuper le terrain ainsi délaissé…

    Et les commissions de se demander comment faire pour contenir internet !!! De la VRAIE information et non pas de la communication, ce qui n’a rien à voir, la communication étant la manière utilisée pour faire accepter une croyance par les personnes visées par cette communication. Mais quand la communication est cousue de fil blanc elle ne trompe plus personne…

    Je voulais en particulier soulever le rôle de la température dans l’activité du virus : Certains internautes avaient déjà soulevé le problème dès le mois d’avril dans les forum de grands journaux en faisant remarquer qu’il faisait déjà chaud au Mexique.

    On est obligé de constater qu’en France l’épidémie s’est développée en octobre en Île de France alors qu’il faisait encore chaud et ensoleillé, pour y régresser ensuite.

    Les mois de décembre…février jusqu’à la mi mars au moins auront été durablement froids et pourtant l’épidémie n’a cessé de régresser en France pendant cette période.

    Je me souviens d’une conférence de presse tenue au ministère où le président de la commission sécurité sanitaire du HCSP Christian Perronne disait qu’on a des infos grâce à l’hémisphère sud mais qu’on ne les a pas toutes car en Australie il ne gèle pas. Et en Nouvelle Zélande ?

    Le monde des experts semblait convaincu que le froid allait exacerber le virus tant froid rime avec grippe. Ce ne fut pas le cas et on pouvait se poser la question dès le mois d’avril 2009.

    De plus, puisque des laboratoires sophistiqués disposaient du virus, ne leur était-il pas possible de rechercher à quelles températures le virus était le plus à l’aise ? J’ai du mal à comprendre que nos laboratoires de recherches ne soient pas capables de faire cela rapidement.

    Il y a aussi l’hypothèse formulée sur ce blog par ReverendFR et pour laquelle il fait semblant d’en espèrer …le prix Nobel : que le virus se soit essoufflé en passant d’une personne à l’autre, ce phénomène d’atténuation étant justement à l’origine de la préparation des vaccins.

    Quoi qu’il en soit, il paraît acquis que ce virus ne se comporte pas comme attendu, c’est à dire comme les autres virus grippaux et a pris ainsi à revers bien des pronostics.

    Comme le dit Jean, la question fondamentale n’est pas de savoir pourquoi les populations ont boudé cette vaccination mais pourquoi elle leur a été proposée alors que dans l’état actuel des choses on est bien obligé de reconnaître qu’elle n’a servi à rien.

    Pourquoi ne pas faire un sondage d’opinion en interrogeant des personnes n’ayant eu à souffrir ni de la grippe ni du vaccin. Il y a fort à parier que celles qui ne se sont pas faites vacciner s’en félicitent et que celles qui y sont allé se demandent si elles ne se sont pas faites avoir.

    Quant à celles qui ont souffert du vaccin elles regrettent sûrement leur décision. Pour celles qui ont eu à souffrir de la grippe elles seront bien obligées de constater qu’elles n’auraient pas pu être vaccinées à temps pour la plupart.

  5. Réponses à Rabat et Guennebaud : vous m’étonnerez toujours de la distance que vous avez (et de la méfiance aussi) à l’égard des politiques qui nous gouvernent ! Cela ne trahit-il pas une attente un peu déraisonnée de votre part, à propos du politique ? Comme le disait de Gaulle “l’Etat c’est moi” ! L’Etat c’est nous, il avait raison. Les gouvernements sont constitués d’hommes et de femmes, comme nous. Les gouvernements n’ont pas d’aptitude supérieure à la nôtre à savoir la vérité, à prédire l’avenir. Le management, thème qui m’est cher et sur lequel je me penche intensément par mes fonctions actuelles, n’est pas une aptitude à avoir raison face aux personnes que l’on a en charge de manager. Les commissions ne chercheront pas nécessairement à mettre le couvercle sur la vérité comme vous en avez la conviction. Pourquoi ne faites-vous pas l’hypothèse que comme vous, ils ont la même volonté de mieux comprendre, et la même ambition d’aider leur pays à mieux aborder une crise ultérieure. Vous me trouvez naïf ? Alors vous me connaissez mal. Vous croyez qu’ils méprisent nos blogs ? Alors je crois que vous les connaissez mal aussi.

  6. Réponse à Guennebaud : La question de la température (et de l’humidité) optimales pour la multiplication (ou la survie) du virus est très complexe. J’ai beaucoup étudié cette question passionnante qui a donné lieu à des publications, notamment dans Nature il y a fort longtemps déjà. En résumé , des virus comme celui de la polio “aiment” le chaud et l’humide quand le virus de la grippe humaine “préfère” le froid et le sec. Mais il se multiplie dans un corps humain fébrile et fortement aqueux…Complexe donc. Pire l’hiver est la saison où il règne la plus grande humidité relative à l’extérieur et où nos intérieurs chauffé centralement connaissent une sécheresse saharienne ! La grippe est saisonnière (automne et hiver), certes, mais dans les pays tempérés seulement. Le virus de la grippe se transmet aussi dans les zones tropicales (celles où il ne gèle jamais à basse altitude). Comme je l’ai écrit il y a quelques semaines, le virus H1N1pdm nous a peut-être moins trompé qu’on le croit, c’est presque un “brave” virus de la grippe humaine… mais de type H1N1, c’est-à-dire frappant beaucoup plus électivement que le virus H3N2 les jeunes (ceux de moins de 60 ans) et ne faisant ainsi pas le contingent de victimes (par mortalité indirecte) que beaucoup (moi le premier) attendions, à tort avec un H1N1 (mais qui serait survenu probablement avec un H3N2, Serfling n’ayant pas tort, mais mélangeant dans la même soupe les deux souches saisonnières). Il aurait fallu mieux étudier le H1N1 saisonnier pour mieux prévoir. Là où il nous a surpris (surtout une surprise pour l’hémisphère sud en juillet-octobre 2009), c’est par sa force mortifère directe, très supérieure à celle des H1N1 ou H3N2 saisonniers. Ces virus nous réservent donc toujours des surprises, peut-être une autre grande leçon de la pandémie 2009.

  7. Merci pour ces indications sur les préférences climatiques des virus, Pr Flahault. Peut-on dire que les virus grippaux ”aiment” le froid sec ou plutôt aiment que nos organismes subissent un froid sec qui les perturbent dans un sens favorable à ces virus ?

    Et pour tenter de trouver une réponse aux paradoxes que vous soulevez, est-ce que ce ne seraient pas les variations importantes de température et d’hygrométrie, quel que soit leur sens, qui, en perturbant nos organismes, favoriseraient le virus par des chocs thermiques comme entre l’appartement chauffé et le froid extérieur ?

  8. Antoine Flahault nous dit : « vous m’étonnerez toujours de la distance que vous avez (et de la méfiance aussi) à l’égard des politiques qui nous gouvernent ! »
    Normal, Bernard et moi avons eu une formation qui « laisse des traces » : rigueur et recherche de la vérité.
    Deux « concepts » que l’on n’enseigne ni à Science Po ni à l’ENA !
    Durant 4 ans j’ai « baigné » dans la politique et j’ai eu à négocier un sujet important (agriculture bio en Midi Pyr ) avec un des seconds de Malvy et son équipe.
    Outre le fait que Malvy se prend pour Louis XIV (le ROI et non l’Etat, c’est MOI), je n’ai jamais vu d’individus aussi faux et malhonnêtes, intellectuellement bien sûr !
    J’ai pu aussi constater que, quand il s’agit d’occulter un sujet grave, si deux partis y trouvent un intérêt commun, ils savent garder le silence et bien s’entendre… Il s’agissait du PCF et des Verts…qui, à priori, n’ont pas grand chose en commun !

    Antoine Flahault nous dit aussi : « Vous croyez qu’ils méprisent nos blogs ? »

    Je suis convaincu que non, « ils » les supervisent tous. Lorsque vous avez mis en place ce blog, je n’ai pas pris de pseudo et j’ai indiqué : « inutile car les RG auront tôt fait de m’identifier ».
    Jusqu’en 1980 j’ai eu le SAC comme superviseur, en 1981 grâce au « changement » les RG ont pris la relève.
    Je ne veux pas dire par là qu’il est procédé systématiquement à un « flicage » des individus. La surveillance ou plutôt disons la « veille » est utile et je suis convaincu que le suivi de ce qui a été dit sur ce blog a dû intéresser certaines personnes ayant des « responsabilités » et mises au courant par le « superviseur ».

    Tous les politiques ne sont pas des malhonnêtes (au sens de la loi) et des irresponsables, mais il n’empêche que j’ai 68 ans, plusieurs années consacrées à la politique et au syndicalisme (agricole notamment) et que je n’ai jamais rencontré un élu au niveau député et au dessus qui soit altruiste et tienne ses engagements!
    J’ai vu un Préfet me garantir telle chose, qui ne dépendait que de lui…et trois jours après constater le contraire, un président de Conseil Régional (socialiste), m’affirmer, après plusieurs réunions de mises au point qu’il avait la volonté politique d’aller jusqu’au bout et n’en rien faire.

    Si de Gaule fut altruiste, la trop haute estime de sa personne l’a empêché de devenir un modèle…
    L’Etat c’est Moi…pourquoi pas, mais la rue en mai 68 lui a dit NON !

    Aujourd’hui nous avons peut-être des pantins en première ligne. Qui « drive » Dame Bachelot ? Qui a conçu sa communication pour la vaccination ? Qui a choisi et programmé les participants à la séance du 2 décembre, à l’Assemblée Nationale, où Antoine Flahault a été pratiquement le seul à ne pas « encenser » les choix faits par les politiques ?

    Juste une dernière remarque : la réflexion sur cette pandémie a été conduite, entre autre par une sénatrice « dite » verte. Quand on connaît la position des militants et des sympathisants verts sur la question de la vaccination, on a vraiment envie d’en rire … S’est-il agit d’une tentative pour « enrayer » un début de contestation , un moyen de faire taire une partie des anti vaccination, des anti ci des anti ça au nom de l’écologie ?
    Alors que vivent les commissions, les enquêtes administratives… aussi efficaces que la suppression du juge d’instruction pour enterrer certaines affaires qui, en fait dérangent tout ce petit monde d’élus qui, aussi bien à droite qu’à gauche, n’ont qu’un souci : que leur situation personnelle au moins perdure à défaut de s’améliorer !

  9. Jean parle de son expérience. J’ai aussi la mienne, bien que beaucoup plus limitée.

    Les 13-14 novembre 2006 j’ai assisté à l’audition publique sur le BCG organisée par la SFSP (Société française de santé publique, une association) à la demande et avec le financement du ministère.

    Cette audition résultait de l’impasse dans laquelle se trouvait l’obligation du BCG à la suite de la suppression du Monovax par multipuncture et de son remplacement par le BCG SSI en intradermique beaucoup plus difficile à réaliser chez les enfants et beaucoup plus réactogène.

    J’ai donc assisté au défilé des experts et à leurs exposés. Je donne un seul exemple. Un expert parle de la politique suédoise en matière de BCG : depuis qu’elle a abandonné la vaccination généralisée en 1975 elle utilise le BCG SSI uniquement sur les enfants dits à risque, c’est à dire ceux qui ne sont pas nés de parents suédois. Elle pratiquait cette vaccination à la naissance.

    Après avoir pratiqué 100 000 vaccinations jusqu’en 1993 elle constata 4 bécégites disséminées mortelles. Puis aucune depuis 1994, preuve qu’elles sont rares et qu’il n’y a pas à s’inquiéter.

    Bien, sauf 2 choses : d’une part il faut 50 ans de vaccination ciblée en Suède pour faire une année de vaccination généralisée en France (15 000 par an contre 750 000).

    D’autre part, le document où cet expert d’EuroTB (TB= Tuberculose) puisait ses informations avait été rédigé en français par un expert travaillant en Suède, Romanus, dans l’expertise collective publiée par l’Inserm sur le sujet fin novembre 2004 et ou on lit ceci : en septembre 1993, après avoir constaté ces 4 cas, la Suède modifia sa politique de vaccination BCG en repoussant la vaccination au delà de 6 mois afin de se donner la possibilité de dépister à temps les déficits immunitaires généralement à l’origine de ces bécégites disséminées et d’éviter de vacciner ces enfants.

    C’était donc très certainement cette nouvelle politique qui était à l’origine de l’absence de cette complication très grave.
    Mais la décision avait en fait déjà été prise en France de promouvoir la vaccination à la naissance pour sans doute des raisons de commodités (on a l’enfant sous la main). J’en ai parlé au cours du débat qui a suivi et mon intervention est d’ailleurs relatée page 51 dans l’ouvrage de 380 pages consacré à cette audition et vendu par la SFSP (sfsp.fr).

    Si vous aviez vu la tête de l’expert et l’échange de regard avec le modérateur Michel Rosenheim ! (Devenu depuis conseiller technique de Roselyne au ministère, tout particulièrement pour les vaccinations – Jean, c’est peut-être l’homme que vous cherchez ?) Ils ne s’attendaient certes pas à ce qu’un quidam soit au courant de cela !

    Il fallait donc écraser les risques de bécégites disséminées en cas de BCG à la naissance, ce qui fut fait tout au long de cette audition. J’ai bien sûr parlé dans le vide mais au moins ce fut dit et c’est publié.

    Le matin du 22 février 2007 il y eut une audition sur le même thème avec les mêmes experts dont Perronne qui était président du CTV-CSHPF. Elle était organisée au Sénat par Jean-Pierre Door (député) et Marie-Christine Blandin (sénatrice), les mêmes que ceux qui avaient organisé l’audition du 1er décembre 2009 sur le H1N1.

    Pourquoi une telle audition concurrente de la première et à laquelle l’avis de CTV-CHSP du 9 mars 2007 sur le sujet ne fait aucune allusion alors que son président y avait participé et que l’avis fait largement référence à l’audition de novembre ?

    Le Parlement avait été totalement exclu des âpres discussions sur la levée de l’obligation du BCG et il cherchait probablement à reprendre la main. La conclusion formulée par la sénatrice ”verte” stipulait qu’il fallait prendre son temps avant de lever l’obligation afin de tester pendant 2 ans l’efficacité du plan tuberculose. L’obligation fut levée en juillet, avec le nouveau calendrier, sans tenir compte des avis de ces parlementaires. Heureusement !

    Qu’une sénatrice ”verte” soit capable de soutenir ainsi le maintien de l’obligation d’un tel vaccin pour tous les nourrissons alors que tous les pays de l’Europe de l’Ouest (sauf Portugal) en ont supprimé l’usage ou l’ont énormément limité pourrait donner envie de rire (comme dit Jean) ou de s’inquiéter énormément.

    L’après-midi du 22 février une commission paritaire de députés et sénateurs votait que le refus de BCG obligatoire pour les enfants était désormais classé dérive sectaire !!! Oui, oui ! C’est dans la loi du 5 (ou 6) mars 2007 sur la protection de l’enfance…

    L’Assemblée Nationale avait voté ce texte le 10 janvier 2007 alors que le gouvernement était contre et avait demandé une suspension de séance pour déposer un contre-amendement pour faire annuler le vote. La commission des affaires sanitaires et sociales était contre (représentée par Valérie Pécresse rapporteure ).

    Mais un petit groupe de parlementaires décidés était parvenu à faire passer un tel texte qui s’applique aussi au refus de DTP !!!

    Un an auparavant, fin 2005, le même groupe était parvenu à faire voter l’obligation du vaccin grippal saisonnier pour le personnel de santé. Le décret du 14 octobre 2006 annulera son application sur avis du CTV-CSHPF du 19 mai qui recommandait l’annulation de cette obligation en priant poliment les parlementaires de s’occuper plutôt de leurs oignons…

    Au cours du colloque du 4 mars 2009 organisé par des parlementaires (”les vaccins : une excellence française à préserver”) et auquel Antoine Flahault intervenait, le sénateur Paul Blanc avait affirmé que c’était l’absence de décret d’application qui empêchait cette obligation d’être active et il réclama qu’il soit rapidement publié !
    Il avait l’air d’ignorer l’existence du décret qui bloquait cette application ?

    Avec de telles faits (et quand on lit les débats sur le vote du 10 janvier, c’est affligeant), je suis bien obligé de nourrir quelques restrictions vis à vis de l’action parlementaire sur la vaccination contre le H1N1.

  10. Voici une autre expérience. Les ”verts” avaient organisé le 31 janvier 2001 un colloque sur les vaccinations. Sa première particularité était qu’il donnait la parole à des personnes ou associations très critiques vis à vis des vaccinations et la seconde était qu’il se déroulait à l’Assemblée Nationale.

    Le premier orateur était un député vert européen qui ne manqua pas de dire que la variole avait été vaincue par la vaccination. Le second fut Lucien Abenhaïm alors directeur général de la santé. Lui aussi ne se fit pas faute de redire que la variole avait été vaincue par la vaccination.

    Le 3ième était un immunologiste de Strasbourg qui raconta l’histoire de la lutte contre la variole, depuis le fil de soie utilisé en Chine jusqu’à la victoire finale par la vaccination.
    Puis, ce fut le tour de Nicole Guérin qui travaillait à temps plein sur les vaccinations au ministère et était au CTV. Elle prit un ton ferme et haussa la voix pour dire que ”la variole avait été vaincue par la vaccination ET un certain nombre d’autres choses” sans préciser davantage car ce n’était pas l’objet de son propos. Mais visiblement elle avait tenu à corriger l’affirmation de ses 3 prédécesseurs.

    J’intervenais juste derrière elle pour exposer ce que furent ces autres choses, comme cela avait été prévu avec les organisateurs à la réunion préparatoire, puis je poursuivais sur la lutte contre la tuberculose et le BCG. J’avais sur la table le rapport de la Commission mondiale pour la certification de l’éradication de la variole et je le citais (page 32) :

    « Les campagnes d’éradication reposant entièrement ou essentiellement sur la vaccination de masse furent couronnées de succès dans quelques pays mais échouèrent dans la plupart des cas. »

    Un vieux professeur de 76 ans tape le poing sur la table en disant ”succès” et en me foudroyant du regard !!!
    A côté de moi il y avait Marc Brodin qui présidera en 2003 et 2004 la réunion de consensus et l’audition publique sur la vaccination hépatite B. Il regardera mes documents pendant que je parlais et ne fera aucun commentaire, trop intelligent qu’il est pour manifester ainsi comme…(j’allais dire comme un député dans l’hémicycle, mais je me suis retenu à temps). Nicole Guérin ne fera aucun commentaire sur mon exposé.

    La responsable de la commission santé des ”Verts” tenait beaucoup à ce que ce colloque soit à l’Assemblée Nationale. Mais quand des parlementaires découvriront qu’il s’agit d’un colloque avec des ”opposants” aux affirmations usuelles sur les vaccinations (ce qui n’est pas synonyme d’opposant aux vaccins), il y aura beaucoup de bâtons dans les roues. Ils parviendront à lui faire refuser une salle conséquente et nous nous retrouverons, serrés comme des sardines, dans une petite salle de commission.

    Neuf mois plus tard on ne parlait plus que d’une attaque terroriste par la variole. Jean-Yves Nau consacrera une page entière du Monde à une interview d’Henri Mollaret, 76 ans, ancien du service de la peste à l’institut Pasteur. Il dira qu’il fallait de toute urgence reprendre la vaccination antivariolique qu’il n’aurait jamais fallu abandonner et que les accidents graves qui lui étaient attribués étaient des coïncidences.

    Quelques jours plus tard, l’InVS publie un document sur le sujet. Il est signé de Nicole Guérin et Daniel Lévy Bruhl. Il n’est pas du tout sur la même ligne que Mollaret, c’est le moins qu’on puisse dire ! Il permettra à Bernard Kouchner de résister aux pressions multiples pour reprendre la vaccination.
    Dans les mois qui suivront, des parlementaires vont harceler le gouvernement de questions écrites priant celui-ci de reprendre de toute urgence la vaccination antivariolique, tout particulièrement pour ceux qui n’ont jamais été vaccinés.

  11. Je ne cherche pas à occuper le terrain mais puisque tout est calme sur ce blog, je donne une info :

    Voici l’intégralité du débat (très court) qui a fait voter en première lecture par l’Assemblée Nationale, le 10 janvier 2007, un amendement prévoyant 6 mois de prison et 3750€ d’amende pour refus de BCG pour les enfants (encore obligatoire à l’époque) et du DTP (toujours obligatoire), le tout figurant désormais dans la loi du 5 mars 2007 sur la protection de l’enfance dans la rubrique lutte contre les dérives sectaires…

    Le débat était présidé par Jean-Luc Warsmann vice-président de notre Assemblée. Il présente simultanément 2 amendements, l’un relatif aux obligations vaccinales (n° 139) et l’autre aux transfusions sanguines (n°190). Le rapporteur de la commission ayant étudié au préalable ces amendements est Mme Valérie Pecresse député des Yvelines.
     
     
    “Le président : Je suis saisi de deux amendements identiques, n°s 139 et 190. La parole est à M. Georges Fenech, pour défendre l’amendement n° 139 :

     Les vaccinations sont obligatoires, mais, suivant la vaccination, les pénalités ne sont pas les mêmes. Nous proposons de frapper des mêmes pénalités tous les refus de vaccination, c’est-à-dire six mois d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende.

    Le président : La parole est à M. Claude Leteurtre, pour défendre l’amendement n° 190 :

     C’est le même.

    Le président : Quel est l’avis de la commission ?

    Défavorable parce que les peines nous paraissent trop lourdes pour un refus de vaccination.

    Le président : Quel est l’avis du Gouvernement ?

    Même position.

    Le président : La parole est à M. Claude Leteurtre :

    Pour la transfusion sanguine, il était bien d’en rester où on en était parce que, concrètement, c’est très efficace.
    S’agissant des vaccinations, la situation paraît actuellement confortable parce que, globalement, la majorité des gens sont vaccinés, mais il est clair que cela va devenir un enjeu majeur. Il ne faut absolument pas qu’il y ait des foyers de non vaccination car c’est extrêmement dangereux en termes de santé publique. Il serait donc raisonnable de retenir ces amendements.

    M. le président : Je mets aux voix par un seul vote les amendements nos 139 et 190.

    Ces amendements sont adoptés.”

    On observera la brièveté du débat alors que ministre et la commission étaient contre. Un autre fait ressort de ce débat, si on peut appeler cela un débat : c’est le fait que nos parlementaires ne font pas la différence entre transfusion sanguine et vaccination. Il en existe pourtant une absolument fondamentale : une transfusion se fait toujours dans le cadre d’une maladie ou d’un accident et est la plupart du temps une urgence voire une extrême urgence.

    L’acte vaccinal BCG ou DTP n’est jamais une urgence. Cette différence est parfaitement reconnue par la loi Kouchner du 4 mars 2002.

    Par ailleurs, voici la phrase exacte prononcée le 13 février par Jean-Michel Dubernard, chirurgien et alors président de la commission des affaires sociales, telle qu’elle a été rapportée sur le site de l’Assemblée :

    “Le président Jean-Michel Dubernard a fait observer, à propos des articles introduits par l’Assemblée pour protéger les mineurs contre les agissements des sectes, que rien ne peut être autant sectaire que le comportement antisectaire”.

    Il sera suivi d’un second débat après le dépôt d’un contre-amendement déposé par Philippe Bas alors ministre et demandant l’annulation de ce qui venait d’être voté.

    A suivre, donc…

  12. Les Français (et d’autres) auraient donc montré une certaine capacité à ne pas obéir à l’injonction de l’État en n’allant pas se faire vacciner. Faut-il s’en affliger ou s’en réjouir ?

    On pourrait penser que cela dépend selon qu’on est pour ou contre le vaccin. Mais le débat du jour sur la relation entre la violence et l’obéissance pourrait faire voir le problème autrement. Je cite seulement un passage d’un article du Monde du 9 mars par un professeur de psychologie sociale et un philosophe :

    « les comportements passifs d’obéissance l’emportent toujours…sur le petit nombre de ceux qui se comportent, à un moment donné, en individus libres, responsables et par conséquent rebelles…l’action désobéissante est plus difficile pour les personnes les plus intégrées dans le système….les sujets sont d’autant plus incités à obéir qu’ils adhérent aux valeurs de la coopération sociale, de l’amabilité et qu’ils sont socialement intégrés. »

    Or, pour éviter de pratiquer certaines violences (en particulier collectives) il peut être nécessaire de savoir désobéir à des ordres ”légitimes”.

    Or, la question posée par la vaccination pré-pandémique est bien : ”comment faire pour que la prochaine fois la population se montre plus obéissante ? ”

    Mais si la vaccination n’a servi à rien, et en l’état actuel des choses c’est bien cela, la population aura eu raison d’être resté chez elle. C’est peut-être un coup de chance, mais ça compte aussi et à la lumière de l’éclairage inattendu sur les liens secrets entre certaines formes de violence et l’obéissance à une autorité, faut-il vraiment se désoler de cette capacité de réagir et de refuser ce que demandait instamment l’autorité de l’État ?

    Faire mieux la prochaine fois ne saurait se mesurer par un plus grand nombre de vaccinés obtenu par une communication plus convaincante. Il faudra surtout une adéquation plus grande entre la réalité épidémique et la campagne vaccinale proposée. Pour cela il faudra mieux prévoir. C’est difficile ? J’en conviens mais Jean dit bien que fin octobre on en savait assez pour faire un choix plus judicieux.

    On peut toujours dire qu’on ne sait jamais, si le virus mutait (le vaccin restant efficace), si le froid l’excitait et si…Certes !

    Mais il y a au moins autant de risque à annoncer la fin du monde si on ne se vaccine pas comme le faisaient les témoins de Jehovah qui l’avaient annoncé pour…1976, preuves bibliques à l’appui. Un an auparavant, j’avais pris 2 heures pour écouter par le détail un ”témoin” de ”haut niveau” qui m’avait expliqué tout le raisonnement avec les passages de la Bible. Il m’avait dit que toutes les bonnes places étaient déjà prises mais que si je me convertissais rapidement il y avait encore quelques strapontins disponibles… Je caricature à peine.

    Mais si je cite cet exemple c’est parce que le discours pandémique n’est finalement pas très différent : si vous voulez survivre dans le Nouveau Monde qui suivra la pandémie, convertissez-vous de suite à la vaccination sinon vous serez précipité aux Enfers.

    J’exagère ? A peine. Il cherche en tout cas à mobiliser les mêmes angoisses de l’être humain devant la mort.

    Donc, avant de se demander comment communiquer pour faire plus d’adhésions il vaudrait mieux se demander comment faire pour mieux prévoir ce qui va se produire et être en mesure d’ajuster à tout moment la campagne vaccinale à l’évolution des informations.

    Vis à vis de ce qu’on appelle le public, pas si public que ça, c’est à dire pas si passif qu’on le voudrait ou qu’on le croit, plutôt faire de l’information que de la communication. Car seule, une information solide sera capable de rétablir un peu de confiance plus qu’entamée par des scandales sanitaires en série et des catastrophes annoncées qui ne se produisent pas (H5N1 mais aussi attaque à la variole par exemple et pour laquelle on avait acheté en urgence des vaccins… On pensait vraiment que Ben Laden cultivait le virus au fond d’une grotte d’Afghanistan ? ).

  13. De nombreuses villes présentent la facture de la grippe à l’Etat. Elles risquent fort de ne pas rentrer dans leurs frais et avec la désagréable impression d’avoir fait tout cela pour rien.

    Comment réagiront-elles la prochaine fois ? Avec le même zèle ? Cela devient douteux. Il ne suffira pas de mieux convaincre les Français, il faudra aussi convaincre les villes et les communes. Voilà une aventure dont on va parler encore longtemps et qui n’a pas fini de produire ses cascades d’effets. Jusqu’à dissoudre le béton enrobant les certitudes ?

  14. Voici le commentaire du Point sur les auditions de ce jour au Sénat :

    « Très mauvais début de la commission d’enquête sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion par le gouvernement de la grippe A (H1N1). Les deux premières auditions, qui doivent se tenir au Sénat mardi après-midi, sont interdites à la presse.  Elles s’annonçaient pourtant parmi les plus intéressantes …»

    C’était bien là le problème !

    Lire la suite (flux Wikio à droite, ce jour) :

    http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2010-03-23/h1n1-grippe-a-opacite-au-senat/920/0/436656

    Jean et moi-même avions déclaré les conflits d’intérêts suivants :
    Jean : ”a toujours raison”.
    Moi : ”veut toujours avoir raison”.

    Sur ce coup, on n’aura pas eu besoin de forcer notre nature !!!

    Et certains vont se raidir des délires d’internet. Mais comme la Nature, internet a horreur du vide, il le comblera n’en doutons pas.

  15. Le printemps étant là, la 2 vague tant espérée par certains n’étant pas arrivée il est temps de faire le point.
    En temps que clinicien et amha, mon diagnostic à postériori sera celui d’une grippe saisonnière avec 3 particularités.

    Grippe saisonnière car elle est survenue pendant la saison des grippes dites saisonnières en France (cela paraît une lapalissade mais je crois bien qu’on l’a oublié).
    Pour preuve comparez la courbe 2003-2004 avec celle 2009-2010 sur http://www.google.org/flutrends/fr/#FR

    Grippe saisonnière donc de par sa chronologie mais aussi son nombre de morts.
    Au dernier rapport de INVS 308 décès en France métropolitaine dont environ 83%* chez qui on a trouvé le H1N1 (* donnée issue du bilan du 16 février 2010)
    Or entre 2000 et 2006, le nombre de morts dues au virus grippal saisonnier allait de 117 à 1.561, selon les années, avec une moyenne de 560″, d’après le Dr Isabelle Bonmarin, épidémiologiste à l’Institut de veille sanitaire.
    Ou encore d’après le CEDIP : «on a en France de 1979 à 2007 de 117 à 2942 décès par grippe ( valeur médiane : 990) »
    Retenons donc les 2 chiffres suivants pour la mortalité directe imputable à la grippe : moyenne 560 (de l’année 2000 à 2006) et 990 de valeur médiane de 1979 à 2007.

    Concernant son taux de reproductibilité je reproduis l’article de Mr DUGUE du 21 janvier 2010 sur Agora vox :
    « Les études disponibles à ce jour indiquent un taux de reproduction compris entre 1.4 et 3.2. Les auteurs de l’article jugent surévalués les taux mesurés autour de 3, notamment ceux estimés pour la ville de Mexico. Ils citent des données canadiennes évaluant ce taux à 1.3 pour une période compris entre le 13 avril et le 29 juin 2009. C’est-à-dire aux tous débuts de la vague « pandémique ». Ces chiffres sont accessibles sur le site du CCNMI, l’équivalent canadien de l’InVS. Un taux de 1.3 place le virus pandémique dans la fourchette moyenne, voire basse, de la grippe saisonnière dont le taux varie entre 0.9 et 2.1. Quant à l’intervalle de génération, les Canadiens l’évaluent entre 4 et 5 jours, et donc, sensiblement plus élevé que la moyenne saisonnière qui est de 3.6 jours. Ce qui laisse penser que cette grippe A(H1N1)p est sensiblement moins contagieuse qu’une grippe saisonnière et que les experts auraient raconté n’importe quoi en insistant sur une contagiosité massive ».

    Retenons un taux de 1,3 pour le variant H1N1 2009 avec des variations de 0,9 à 2,1 pour les grippes dites classiques.

    Au total pas de différence avec ‘une grippe classique’ sauf par 3 aspects.

    1° Pas de surmortalité chez les personnes âgées d’après les données de INVS sur l’île de la réunion ou encore en Belgique. Mais il ne faut pas oublier que l’on devrait parler plus ‘des grippes’ que de ‘la grippe’.
    En effet il existe plusieurs sous types comme le H5N1 H3N2… Or à partir de données de la société de Française de maladies infectieuses on peut dire que la surmortalité est plus le fait d’un virus type H3N2 que H1N1. Donc ce que nous avons constaté n’est peut être pas si surprenant que cela. Nous avons amalgamé les différents sous types sous le vocable grippe et nous affublons, à un des sous types toutes les caractéristiques de sa classe alors qu’il n’en est manifestement rien.

    2° une mortalité directe chez les sujets jeunes plus importantes voir les post du Pf Flahault

    3° nouveau variant de la grippe obtenu par réassortiment
    mais sans la virulence de celui 1918 dixit le Dr COX Nancy :
    « “Nous ne voyons pas les caractéristiques de virulence observés dans le virus de 1918”, l’épidémie de grippe la plus meurtrière de l’histoire moderne, a expliqué vendredi la Dr Nancy Cox, chef de la division grippe des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), lors d’une conférence de presse. » tiré de Publié le 01/05/2009 à 22:32 – Modifié le 02/05/2009 à 10:26 Le Point.fr GRIPPE A/H1N1 Le virus A/H1N1 semble moins agressif, la médecine mondiale reste en alerte

    Tout ceci peut sembler inutile mais en êtes vous certain ?

    Regardons ce que l’un des nos experts a dit ces derniers temps et je cite ma source :
    Pharmacritique dans le post intitulé : Grippe A H1N1 et vaccins: le Réseau Environnement Santé s’interroge entre autres sur le faible fondement scientifique des décisions (communiqué)

    Lu dans le Progrès de Lyon en date du 18/03/2010 : « C’est une certitude, iI y aura bien une nouvelle vague épidémique » estime Bruno Lina, directeur du Centre national de référence des virus de la grippe. « Soit le virus H1N1 se transforme en virus saisonnier et cette épidémie aura alors un impact modéré, soit il déclenche une deuxième vague l’hiver prochain » poursuit-il. Deuxième vague qui pourrait avoir un impact plus important, comme cela avait été le cas lors des épidémies grippales des hivers de 1957 (H2N2) et 1968 (H3N2) : « C’est lors des deuxièmes vagues, en hiver 58 et en hiver 69, qu’il y avait eu le plus de décès » rappelle le virologue.

???????
    Ecrit par : Trente7cinq | 18.03.2010

    D’abord on dit qu’il y aura une nouvelle vague. On a vu que le virus est survenu à la saison classique des grippes donc oui il y aura bien une nouvelle saison de grippes en 2010 2011 mais il ne s’agira pas d’une nouvelle vague. Il s’agira de la nouvelle grippe saisonnière qui sera probablement du au H1N1.

    Ensuite le H1N1 pourrait devenir saisonnier et avoir un impact modéré.
    Mais c’est déjà un virus saisonnier à impact modéré !!! A quoi bon lui dénier ce que l’on constate déjà chiffre en main ! On lui dédaigne le nom de saisonnier parce qu’il est nouveau, qu’il a remplacé les autres virus et qu’il s’est diffusé dans le monde entier ?
    Mais chaque année on a des virus nouveaux qui diffusent dans le monde ; sinon à quoi bon les vaccins que l’on produit sur la terre entière valable aussi bien au sud comme au nord ? Quant au fait que le H1N1 a remplacé les autres virus regardez donc ce qui s’est passé en 2003 2004

    D’après les archives du grog à l’adresse zzz .grog.org/documents/Bilan_GROG_03_04.pdf que je cite ci dessous la grippe en 2003 20004 du au H3N2 n’a pas laissé beaucoup de place aux autres virus .

    « Saison 2003/2004 : une épidémie de grippe A(H3N2)
    Au cours de la saison de surveillance 2003/2004, le virus grippal A(H3N2) a circulé de façon épidémique en France et en Europe. Détecté par les GROG dès le début du mois d’octobre, il a été responsable d’une vague épidémique brève et intense observée, en France, entre la semaine 47/2003 (du 17 au 23 novembre 2003) et la semaine 01/2004 (du 29 décembre 2003 au 4 janvier 2004). Le pic épidémique a été franchi pendant la semaine 49/2003 (du 1 au 7 décembre 2003).
    L’intensité de cette épidémie de grippe peut être qualifiée de moyenne. Une première estimation effectuée à partir des données des GROG évalue à 4.139.000 le nombre de cas de grippe en France au cours de la saison 2003/2004. L’impact de la circulation de ce virus a été particulièrement important chez les plus jeunes puisqu’un cas sur deux concernait un enfant de moins de 15 ans.
    Au cours de la saison, les virus de grippe B, A H1 n’ont été signalés que de façon sporadique. »

    Enfin on assiste à un amalgame entre les sous types cad H2N2, H3N2 et H1N1. Ainsi on applique au H1N1 ce que est advenu au H3N2 alors qu’on a vu que cette année il n’y a pas eu de surmortalité par le fait peut être que c’est l’apanage du H3N2 est pas du H1N1 ou bien que l’épidémie est survenue tôt dans la saison et que le froid n’a pas eu d’action.
    On peut réfuter la première hypothèse en montrant qu’en 2003 2004 il n’y pas eu de surmortalité du au H3N2. Tient d’ailleurs combien y t’il eu de décès en 2003 lors de la deuxième épidémie cad en fin d’année ?

    Bon, certains diront que c’est facile de critiquer mais que neni, tout cela ne sert pas à cela .

    Cela prépare pour 2010 2011, une prédiction factuelle , chiffrée , bornée, avec un ordre de grandeur et réfutable ( donc modifiable) dès juillet 2010 par ce qui se passera dans l’hémisphère sud voire dès maintenant par ceux qui ont les données des grippes survenus en 1972 après l’épidémie de 1971 par le H1N1.

    1° scénario : épidémie par le H1N1 modérée cad avec un nombre de morts entre 110 et 560 sans vacciner la population en entier. Probabilité (à la louche par un clinicien isolé 😉 ) d’environ 80%.
    2° scénario épidémie par H1N1 et un ou des autres virus. Les autres sous types vont finir par trouver une évolution favorable à leur survie, il ne faut pas en douter. Mortalité attendue entre 110 et 1500 avec une moyenne à 590. Probabilité 19%
    3° scénario : la mutation celle que tous redoutent. Sur le H1N1 ou sur un autre ? mortalité ? probabilité moins de 1%

    Notez bien que les scénarios 1 et 2 sont du à des grippes classiques. Bien évidemment le nombre de décès, même si le virus 2009 H1N1 nv ne changeait pas d’un iota, ne serait pas le même en 2010 2011. Cela paraît évidemment mais je crains fort qu’on essayera de nous tromper par là.
    En effet si le H1N1 dans mon scénario 1 est le principal agent de contamination et qu’il donne soit moins de morts, soit plus (ce qui est une quasi certitude) alors on pourrait bien entendre dire, que soit la vaccination a été un grand succès soit que le virus comme annoncé est responsable de plus de décès lors de sa 2 ° vague et que si on avait pas vacciner alors on en aurait eu encore plus !

  16. Pourquoi les personnes de plus de 65 ans possèderaient déjà une immunité partielle contre le H1N1 ?

    A cause de 1918 :

    « Les chercheurs ont découvert que l’un des domaines de l’hémagglutinine, appelé site antigénique SA, est pratiquement identique sur les souches de 1918 et 2009. La similitude de ces sites pourrait expliquer pourquoi les personnes âgées (surtout celle de plus de 65 ans) possèdent déjà une immunité partielle contre le virus H1N1 de 2009. »

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/20100324.OBS0923/pourquoi_lage_procure_une_protection_contre_la_grippe_a.html

    Moi je veux bien mais entre 1918 et 2009 je compte au moins 90 ans. De plus, j’ai 66 ans et je vois mal comment la grippe de 1918 aurait pu me protéger contre celle de 2009. Par les anticorps maternels ? !!

    J’en profite pour nuancer un peu le propos de Jean sur la formation par les mathématiques : rigueur et recherche de la vérité disait-il. Je dirai plutôt recherche de la cohérence. C’est bien de cela dont il s’agit ici.

    Ne pas confondre cependant la cohérence des faits et des idées avec celle des prises de position :

    on observe cela par exemple chez certains parlementaires à propos de la vaccination hépatite B quand ils demandent que tout le corps médical soit cohérent sur cette vaccination, c’est à dire que tous ses membres tiennent le même discours sur son innocuité ainsi que son utilité pour tous les nourrissons qui doivent être affirmées haut et fort, voire martelées sans qu’aucune voix discordante ne se fasse entendre…

    Il s’agit alors de la cohérence d’un peloton de cavalerie quand il charge…Cela n’a plus rien à voir avec la cohérence recherchée en mathématiques. C’est pourquoi la cohérence n’est pas toujours un critère de qualité.

  17. Eh bien entre 1918 et 2009 vous avez justement 1947, 1977 et 1980 (je corrige donc l’erreur de mon précédent post il faut lire 1977 et non 1971 ) voyez plutôt:

    http://lara.inist.fr/bitstream/2332/1381/2/INSERM_grippe2.pdf

    “Pour la grippe A HlN1 (1947 et 1976-1977), on n’a pas observé de pandémie vraie, ni les deux vagues successives. Au début, elle s’est manifestée par des foyers atteignant les enfants d’âge scolaire et les jeunes adultes (militaires). En 1950, après trois ans de diffusion discrète sans surmortalité, une variation (dérive) antigénique s’est accompagnée d’une réelle diffusion épidémique avec surmortalité. La même observation a été faite en 1977 et en 1980 (Aymard, 1983).”

    Donc Mr Guennnebaud,vous avez bien pu rencontrer ce virus, l’attraper car on ne vaccinait pas à cette époque, et être immunisé en 2009!
    Au final pour les jeunes que nous sommes 😉 le bon choix a pu être de ne pas se faire vacciner >:}

  18. Bien Gyuran, c’est ce que je voulais entendre mais qu’on cesse de nous rabattre les oreilles avec 1918 ! D’ailleurs ces allusions permanentes et exclusives à 1918 ne sont peut-être pas innocentes : elles entretiennent l’idée d’une grippe dévastatrice.

    Avec les dates que vous donnez il n’y a que 1947 qui correspond à plus de 65 ans. 1976 ça fait 33 ans seulement !

    Pour mon cas personnel je pense qu’en 2009 je n’ai pas été contaminé. J’ai d’ailleurs eu très rarement une grippe, une fois dans les années 80 et aucun autre souvenir de grippe. Très jeune, en 1947 ? Peut-être mais je n’y crois pas.

    On peut aussi aller lire l’interview de Bruno Lina sur la grippe : “Je ne comprends plus rien” C’est pas triste !

    http://www.mag2lyon.com/article/10837/Bruno-Lina-et-la-grippe-A–Je-ne-comprends-plus-rien

  19. tjrs dans à partir du lien sus cité dans mon dernier post voici ce qu’on peut y lire:
    “L’épidémie mondiale de 1977 due à H1N1 a démontré clairement la persistance de l’immunité après la pandémie de 1947 à 1957 puisque seuls les sujets de moins de 20 ans ont été infectés et malades. La réinfection des plus âgés a été asymptomatique.”

    Que pensez vous donc de cela? Et si lors de cette épidémie on avait la même chose pour les moins de 28 ans (passage du H1N1 en 1980 à priori)?
    Quelqu’un sait il donner le nombre de mort chez les moins de 29 ans ?

  20. Encore un post instructif :

    “Et si la grippe tuait moins qu’on le disait ?
    Publié par aflahault 25 mai 2008 dans International et Recherche.

    Peter Doshi, un doctorant du programme “History, Anthropology, Science, Technology and Society” au MIT (Cambridge, USA) vient de publier dans l’American Journal of Public Health (numéro de mai 2008, pages 939-45) une étude portant sur la mortalité par grippe aux USA entre 1900 et 2004. Son travail remue beaucoup d’idées reçues à ce propos. S’il confirme que la pandémie de 1918-19 a été un accident extrêmement meurtrier de l’histoire de la grippe au XXème siècle, il n’est pas possible de discerner l’excès de mortalité par grippe durant les trois autres pandémies de grippe (1957, 1968, 1977) des saisons grippales inter-pandémiques.”

    3 bonnes nouvelles
    l’une ce texte vient du Pf Flahault , on ne me taxera pas de sélectionner mes écrits,
    l’autre qu’il y a eu en 1977 une pandémie .Tiens donc !! Et vous savez quoi c’était du H1N1(voir post précédent) ; Je n’en avais pas beaucoup entendu parler avant ….
    Enfin il n’y a pas plus de surmortalité pdt ces pandémies que pdt les grippes interpandémiques.

    On peut ajouter que parfois il n’y même pas de surmortalité .

    Donc l’avenir immédiat dans un horizon de 2 ans devrait être classique. Il semble que la saison 2012 2013 sera la plus dure avec l’apparition d’un virus avec surmortalité. Allez savoir pourquoi? IL serait intéressant d’étudier la période 1977 1981 pour comprendre qqchose. En 1980 s’agissait t’il d’un H1N1 ou d’une association de plusieurs sous types? Combien y a t’il eu de décès au cours de cette période ( 1977 1981) directs et indirects? Quelqu’un sait il ou trouver les archives?

    Pour finir tiré de
    http://www.courrierinternational.com/article/2009/05/07/un-virus-parvenu-a-bon-porc on peut lire :

    “Le virus de la grippe espagnole était un H1N1. Jusqu’en 1918, c’était un virus aviaire, mais il a franchi cette année-là la barrière des espèces avec une telle vélocité – il a contaminé la moitié de la population mondiale et tué 40 millions de personnes – qu’une fois sa furie passée il est devenu la principale souche de grippe humaine saisonnière pendant plusieurs décennies. La reconstruction du virus de la grippe espagnole par Terrence Tumpey, du CDC d’Atlanta, et Adolfo García-Sastre, de l’école de médecine Mount Sinai à New York, a permis de montrer que le virus de 1918 est mortel pour tous les mammifères chez lesquels il a été testé – rats, furets, macaques –, sauf un : le porc. Cela “renforce l’idée que le virus a été introduit dans la population porcine pendant la grippe espagnole de 1918 et qu’il a engendré les souches classiques de H1N1 porcin”, expliquent les chercheurs. En 1979, un nouveau virus H1N1 aviaire a contaminé la population de porcs du nord de l’Europe et est devenu la souche dominante dans le cheptel du continent. Le même sous-type a été isolé par la suite chez des patients européens souffrant de la grippe.”

    Donc, en été , tester le virus chez le rat furet et le porc et si les animaux des 2 premiers groupes meurent et pas ceux du 3° alors vous aurez à faire face à un virus ultradangereux. Mais cela vous le saviez déjà vous les agents de la task force 😉

  21. Tsss tss tsss ! Les oreilles ça ne se rabat pas, ça se rebat. Les oreilles rabattues, c’est pour attaquer. Quand aux brides …. Bon je n’ai rien de plus malin à dire.

  22. Effectivement, la pandémie de 1977 c’est nouveau. En 2005-2006 avec la préparation à la pandémie par le H5N1 on nous disait qu’il y avait eu 3 pandémie au XXe siècle, 1918, 1957 et 1968, que ça faisait une tous les 30 ans et que donc la prochaine ne pouvait pas tarder…

    Maintenant ça fait 5 avec 1947 et 1977. Il est vrai que la définition a changé. Mais quel est l’objectif poursuivi depuis 2005 ? A cette époque les vétérinaires de haut niveau disaient que le H5N1 n’avait pas les caractéristiques pour devenir pandémique. En France, Mme Brugère Picoux de l’école vétérinaire d’Alfort le disait autant qu’elle le pouvait sur tous les médias qui l’acceptaient.

    L’OIE (l’OMS de la santé animale) qui a son siège à Paris et est dirigée par le français Bernard Vallet le disait aussi ainsi que la FAO. Je me souviens que le vétérinaire en chef de la FAO, Domenech, disait sur le site de la FAO qu’elle avait d’excellents virologues qui ne voyaient pas dans le H5N1 un candidat pour une pandémie humaine. Ceux de l’OMS voyaient le contraire ?

    En novembre 2005 il y avait eu à Genève une réunion entre l’OMS d’une part, l’OIE et la FAO d’autre part et la Banque mondiale pour arbitrer. Ce fut une bataille terrible entre les 2 parties le Secrétaire général de l’ONU avait même menacé d’intervenir si ces organismes de l’ONU ne parvenaient pas à s’entendre.

    Ou ira l’argent, telle était sans doute la question et l’OMS soutenait qu’il fallait sans délai investir directement dans la santé humaine des sommes énormes car une terrible pandémie était imminente alors que la FAO et l’OIE disaient qu’il s’agissait d’abord d’une maladie animale et que c’était là qu’il fallait investir. Pour l’OMS c’était déjà trop tard…Elle a eu le plus gros du pactol…

    Mais pourquoi une telle agitation ? A l’époque, pour tenter d’expliquer ce que je pouvais observer, j’avais pensé que l’objectif n’était pas de se préparer à lutter contre une pandémie mais de booster très fortement la vaccination saisonnière contre la grippe au niveau mondial en agissant sur 3 points : augmenter considérablement la capacité de production des laboratoires; convaincre les États; persuader les populations de se faire vacciner.

    L’effet de la supposée menace de la pandémie H5N1 a certainement permis d’accroître considérablement la capacité des laboratoires.

    Aujourd’hui on voit bien qu’il ne s’agit pas de lutter un moment contre une pandémie pour revenir ensuite au niveau vaccinal habituel mais de passer de façon définitive à un niveau annuel de vaccination grippale beaucoup plus élevé.

    Les ”antis” ont beaucoup commenté le fait que Sarkozy avait inauguré il y a un an une usine de vaccins antigrippaux au Mexique comme étant un événement non fortuit préparant la vaccination pandémique qui allait suivre mais oubliant qu’elle ne serait opérationnelle qu’en 2012…

    Il serait d’ailleurs bien difficile d’avoir une industrie capable de produire une fois tous les 30 ans et à l’improviste des milliards de doses de vaccin et qui, le reste du temps, se contenterait d’en produire quelques centaines de millions.

    En fait, il semble bien que l’objectif n’est pas, n’est plus en tout cas, et n’a peut-être jamais été, la lutte contre une pandémie mais une amplification considérable de la vaccination saisonnière.

    Pour cela il y avait 2 stratégies : la ”douce” qui consiste à montrer que la grippe saisonnière est une maladie provoquant beaucoup de dommages qui ne sont plus supportables aujourd’hui et qui nécessitent des mesures vaccinales importantes et quasi permanentes. La ”forte” qui consiste à brandir la menace de pandémies type 1918 pour tenter de franchir rapidement d’importants paliers dans cette progression.

    Mais la méthode forte a peut-être été un peu trop forte. Comme le disait Margaret Chan : on n’avait pas prévu que les populations n’iraient pas se faire vacciner. Et comme ça, pas possible de dire que c’est la vaccination qui a stoppé l’épidémie comme cela aurait sûrement été le cas si la vaccination avait été massive et si l’épidémie s’était poursuivie tout l’hiver comme tout le monde s’y attendait.

    Comme le dit Bruno Lina : je n’y comprenais déjà pas grand chose avant, maintenant je n’y comprends plus rien mais je sais ce qu’il faut faire..Il faut vacciner ! Oui, oui, allez voir son interview sur le lien donné ce jour (2h10 pm)

  23. j’invite tout en chacun à lire l’article publié dans le LANCET infectious diseases vol 9 Issue 12 pages 784 à 788 de Décembre 2009 , intitulé :
    Vaccination antigrippae annuelle une épée à double tranchant?

    Comme vous le savez on ne peut pas reproduire le texte du Lancet donc il vous faudra faire la recherche. Ceci dit il est essentiel de relater l’expérience mené sur des souris.

    2 groupes, le premier vacciné par une souche H3N2 avec adjuvant l’autre des souris atteintes par le H3N2.
    Puis on leurs infectent du H5N1 à dose léthale.

    Résultat les souris vacciné par le H3N2 ont développé une maladie grave et sont mortes tandis que celle qui n’ont pas été vaccinées ont été moins malades et ne sont pas mortes.!!
    La maladie des souris vaccinées était similaire à celles des souris naïves à savoir une pneumonie nécrosante grave .

    Il semble donc que la vaccination des enfants pourrait empêcher le développement d’une immunité ‘hétérosubtypic’ via les CD8 et la formation de tissu lymphoïde des bronches .

    Enfin je lance l’idée de proposer ensemble ne définition de ce que pourrait être une pandémie.
    Je jette quelques idées d’abord faire attention aux choix des mots

    En fonction du nombre de pays touché on pourrait parler épidémie s’ il y a moins de 3 pays ou zone atteints puis de ‘transdémie’ si plus de 3 pays sont touchés , ceci afin de garder le terme de pandémie pour une forme mondiale et grave défini par 2 autres critères.

    Classez les virus en fonction de leur type bien sûr H1N1 H5N1 … mais aussi si il s’agit d’un nouveau variant ou pas . Ceci dit qu’il soit nouveau ou pas n’est pas une condition pour qu’il soit pris pour un virus pandémique. Rien n’exclu qu’un virus saisonnier mute et devienne hyper-virulent.

    Donnez un taux de létalité des virus en inoculant le virus sur des furets et en comptabilisant le nombre de décès exprimé en pourcentage. Par ex au delà de 50% dire qu’il s’agit d’une maladie grave donc en faire un critère de pandémie. J’ignore le pourcentage de décès par exemple avec le variant 2009 H1N1 mais il est clair qu’il ne se classe pas dans la catégorie pandémie

    Donnez le taux de reproductibilité et classer le virus au delà de 2 dans la catégorie pandémie

    Qu’en pensez vous ? on pourrait avoir un prix pour cela à nous tous 😉

  24. Bernard nous dit :
    « Il serait d’ailleurs bien difficile d’avoir une industrie capable de produire une fois tous les 30 ans et à l’improviste des milliards de doses de vaccin et qui, le reste du temps, se contenterait d’en produire quelques centaines de millions. »

    Il a bien raison , c’est là qu’est le problème !

    Oui MAIS, ce n’est le problème que si on admet que la vaccination est la seule solution.

    Je suis convaincu que le H3N2 ou le H2N2 ou le H1N1pdm2009 aurait, en fait, causé les mêmes dégâts que le H1N1 de l’époque, parce qu’en fait ce sont les virus, microbes et bactéries opportunistes qui ont tué, les possibilités de la médecine de l’époque étant très limitées.

    Si le H1N1pdm2009 n’a pas fait de dégâts importants c’est GRACE A NOS SERVICES DE REA !!!!

    Le drame c’est que maintenir un service hospitalier performant c’est cher.

    On veut donc nous orienter vers la vaccination de masse, et on prévoit grâce à la « réorganisation » la suppression de 4000 postes (France Info d’hier) dans un proche avenir.

    Comment des doctes en médecine compétents et « haut placés » comme le Pr Antoine Flahault, par exemple, ne dénonce pas ce que quelques « conseillers » des ministres ont concocté, et ce dans tous les pays ou presque !

  25. Le site de l’InVS donne 1330 cas graves dont 263 décès en France métropolitaine à la date du 23 mars 2010. 14 sont encore en réa.

    Donc, sans services de réa on aurait pu avoir au maximum 1330 décès. Je ne dis pas que c’est peu ni qu’on peut désorganiser les services de réa mais on est encore très loin de certaines pandémies et pas seulement de 1918.

    Il y a aussi eu beaucoup moins de malades qu’attendus, ce qui réduit d’autant le nombre de cas graves.Sur ce point on attend toujours une explication sûre : pourquoi l’épidémie s’est-elle arrêtée aussi vite ?

    Pour trouver une ”bonne” définition d’une pandémie on sera toujours confronté au fait que le terme pandémie est très chargé côté émotionnel et on n’évitera pas que certains cherchent à en jouer. Le rôle de la définition pourrait être justement de mettre un garde-fous ou plutôt un garde-Sage du nom du comité OMS ad hoc puisque c’est l’OMS qui pose les définitions, en change à l’occasion et proclame qu’elles sont satisfaites.

  26. Réponse à Gyuran :
    Je ne partage pas votre proposition de définition de la pandémie, de l’épidémie, du néologisme “transdémie”, parce qu’elle semblent guidée par l’émotion que suscite le mot “pandémie” alors qu’il existe des définitions scientifiques.
    – une épidémie est une augmentation brutale d’un nombre de cas d’une maladie. Cette définition n’est pas très précise ? Il y a une définition plus mathématique, qui définit l’épidémie lorsque la courbe épidémique prend une pente positive (ou en langage un peu plus compliqué lorsque le taux de reproduction de base devient supérieur à 1).
    – une pandémie, c’est une épidémie mondiale, c’est à dire se répandant vers tous les pays du globe : on a parlé – à raison – de pandémie du sida ; il n’y a pas eu de pandémie du SRAS. Il n’y a pas de notion de gravité incluse dans le phénomène pandémique. Ne succombons pas à nos émotions, sachons regarder les phénomènes qui se déroulent sous nos yeux avec lucidité. Une pandémie de grippe n’est pas nécessairement très mortifère, ce fut le cas en 1977 avec H1N1, c’est semble-t-il le cas avec H1N1 à nouveau, en 2009-10 (même si le film n’est pas encore terminé). Celle de 1918 fut exceptionnellement mortifère. Toutes furent des pandémies. Plus ou moins graves.
    – il est vrai qu’une notion s’ajoute à la simple description du phénomène de diffusion globale d’un agent infectieux que je prétends définir le terme de “pandémie” : dans le cas de la grippe, on réserve l’usage du terme de pandémie à l’apparition d’une nouvelle souche à la suite d’une mutation brutale par cassure antigénique (appelée “shift”), bien sûr lorsque cette souche se diffuse sur toute la planète ; on pourrait formellement appeler chaque épidémie saisonnière qui surviennent à la suite de glissements antigéniques du virus (“drifts”) des “pandémies saisonnières”, car elles font aussi le tour de la planète, ça ne me gênerait pas personnellement, mais on ne le fait pas.
    – enfin, je voudrais insister sur le fait que l’on ne devrait probablement plus -depuis l’expérience acquise par cette dernière pandémie- mélanger l’impact de la grippe H1N1 avec celui de la grippe H3N2 en termes de mortalité, car ils sont de nature différente. H1N1 est un virus qui attaque préférentiellement les jeunes (il est peut-être rapide d’en conclure que c’est parce que les plus âgés sont davantage immunisés, mais pourquoi pas) ; H3N2 attaque beaucoup les jeunes aussi, mais également les plus âgés, de plus de 60 ans. C’est la circulation de H3N2 qui justifiait la vaccination des populations âgées, car ce sont les personnes âgées qui meurent préférentiellement de la grippe H3N2, par mortalité indirecte (décompensation de pathologies graves pré-existantes). Ainsi, si H3N2 ne réapparaît plus dans l’hémisphère sud dans quelques mois (hiver austral), on verra peut-être disparaître (au moins jusqu’à la prochaine pandémie) ces excès de surmortalité chez les personnes âgées durant l’hiver (comme on les a vu disparaître cet hiver 2009-2010). Mais on fera face à une mortalité inhabituelle chez les plus jeunes adultes (comme on l’a constaté cet automne-hiver 2009-10). La définition d’une stratégie vaccinale saisonnière à venir n’en sera pas facilitée.

  27. Bernard dit 1330 cas grave donc au plus 1330 morts évités ;
    PAS SUR !
    Combien de c

  28. Bernard dit 1330 cas graves donc au plus 1330 morts évités ;
    PAS SUR !
    Combien de cas ne sont pas devenus graves, grâce au système hospitalier performant et réactif ?

    En 1918 un malade ne voyait pas facilement de médecin…et les antibio et antiviraux inexistants.

    Il faudrait ajouter quelques 0 au chifre que donne Bernard.

  29. En fait il s’agit de 1330 cas graves ET hospitalisés. Il pourrait a priori exister des cas graves non hospitalisés bien qu’il me paraît probable que presque tous les cas graves ont été hospitalisés, les médecins de ville pouvant hésiter à prendre des risques.

    On peut aussi penser qu’un cas hospitalisé est toujours déjà grave au moment de l’hospitalisation, hypothèse raisonnable ? Donc l’hospitalisation ne peut empêcher l’évolution vers la gravité mais seulement vers une gravité encore plus grande et la mort. Donc l’hospitalisation n’aurait pu éviter au plus que 1330-263=1067 décès.

    Les antibiotiques ne soignent que les complications bactériennes de la grippe. On peut penser que les médecins attendaient l’apparition des complications pour les utiliser. Alors bien sûr ils ont pu éviter ainsi des formes plus graves, l’hospitalisation et peut-être des décès, contrairement à 1918.

    Au début, il semble que les antiviraux n’étaient pas utilisés en médecine de ville mais seulement à l’hôpital bien que Reverend nous disait le contraire. Pourtant, j’ai bien lu, il me semble, que la libéralisation du tamiflu dans les pharmacies s’était faite en décembre et plutôt après le 15 qu’avant ?

    Notre système médical a sûrement évité des formes graves, très graves et des décès, cela n’en doutons pas. Combien, ou même simplement de quel ordre, il faudrait regarder de plus près.

  30. Voilà les derniers chiffres de notre H1N1pdm 2009 :

    Par âge (en France métropolitaine) :
    · 202 personnes de 15 à 64 ans
    · 74 personnes de plus de 65 ans
    · 18 enfants de 1 à 14 ans
    · 8 nourrissons de moins d’un an

    Par sexe (en France métropolitaine) :
    · 177 hommes
    · 124 femmes
    · Absence de données : 1 cas

    Par facteur de risque (en France métropolitaine) :
    · 75 : Pathologie respiratoire chronique (dont asthme : 14)
    · 47 : Aucun facteur de risque
    · 39 : Insuffisance cardiaque
    · 39 : Diabète
    · 34 : Déficit immunitaire acquis ou iatrogène
    · 15 : Obésité morbide
    · 3 : Grossesse (ou post-partum)
    1) En aucun cas ils ne permettent de dire que les plus de 65 ans soient immunisés ! Proportionnellement il en est mort plus que des moins de 65 ans, sans doute pour beaucoup dû à une maladie sous-jacente connue ou non.
    Il est vraisemblable que, après étude de tous les cas, on constatera une mortalité plus faible qu’à l’habitude.
    2) 47 sans aucun facteur de risque APPARENT ! Combien ont plus de 50 ans dans ce lot ? Exit ce qu’a indiqué le JAMA ?

    Les chiffres concernant la France, quoique vous puissiez en penser, ne permettent pas de dire que les jeunes avec, effectivement, aucun facteur de risque, ont une probabilité plus grande qu’avec les autres virus de mourir du H1N1pdm 2009 !

    En premier lieu parce qu’on n’en connaît pas le nombre de façon précise.
    Avec les autres HiNj ont avait, dit-on, de l’ordre de 5 cas par an.
    Cette année on en aura X avec X<47 et sans doute très inférieur à 47.
    Peut-on estimer X ?
    Ensuite parce que, rapporté au nombre de Français concernés, la différence constatée ne peut pas être, statistiquement, significativement différente.

    C’est parce que l’on a mal interprété les chiffres ( volontairement ?) et confondu (volontairement ?) qualitatif et quantitatif que l’OMS a pu induire en erreur l’ensemble de la planète …avec l’aide du lobbying pharmaceutique.

    Et si le mot PANDEMIE fait peur, c’est parce qu’on l’utilise avec l’intention de faire peur !
    « Une PANDEMIE qui tue les JEUNES ! ». Tremblez de peur dans les chaumières…

    Il fallait faire passer une décision : la diminution du coût du système hospitalier.
    On focalise sur une pandémie, on indique la solution miracle (vaccination) et en même temps dans les bureaux du ministère, on peaufine le démantèlement du système de santé, via une restructuration…

    Ce qui est dramatique c’est que des doctes en médecine comme Lina , Weber…voire Debré aient pris, à ce point, leurs concitoyens pour des imbéciles en jouant à fond la carte du ministère.
    On a même fait appel à un syndicaliste pour « salir » les médecins libéraux !

    Dame Bachelot n’a pas voulu enrichir les labos à partir d’octobre. C’était déjà fait ! Elle a (comme on le lui a ordonné) saisi l’opportunité, qui se présentait, de mettre en place tout un « scénario » pour sauver la Sécu…
    Pour cela ridiculiser, aux yeux des Français les doctes en médecine de l’épidémiologiste au médecin référent, et faire passer la réforme sans heurt !

    Croyez-vous, qu’aujourd’hui, il y ait beaucoup de citoyens prêts à manifester pour conserver le système de santé Français ?
    Notre ministre rigole… merci bel H1N1 !
    Et aux USA aussi on a saisi l’occasion.

    On va avoir un remake de ce qui s’est passé avec l’éducation nationale !
    Diviser pour régner : on a fait comprendre aux parents que l’échec scolaire de leur gosse est dû aux enseignants…

    Et les doctes en médecine, trop imbus de leur personne, ont des oeillères telles qu’ils REFUSENT de voir le mur dans lequel on les envoie !

  31. Bernard nous dit :

    “On peut penser que les médecins attendaient l’apparition des complications pour les utiliser”

    Pas sûr du tout.

    Beaucoup de médecins “de famille” en cas de grippe prescrivent quasi-systématiquement des antibiotiques pour éviter les complications.
    Et vu le « tapage » cet hiver ils n’ont pas baissé la garde…

    En 1918 il n’y avait pas d’antibiotiques, pas de médecin ou presque dans les campagnes très peuplées, pas de pharmacie, pas de médicaments contre microbes et bactéries…
    C’est le guérisseur que l’on consultait pour les humains et les animaux et on faisait brûler un cierge…

    Les textes de l’époque, pas ceux écrits depuis l’arrivée de notre cher H1N1, indiquent bien que la majorité des décès étaient dus à des agents infectieux opportunistes qui ont profité de l’affaiblissement des défenses immunitaires par l’action conjuguée du virus et de la guerre (du moins pour l’Europe).

    On indiquait 20 millions de morts dus aux « CONSEQUENCES » du passage du H1N1.

    Avec le H5N1, puis le H1N1pdm 2009 qui tue les jeunes on a réévalué…le double, voire le triple…On a agité l’épouvantail, en prenant une fois de plus les citoyens pour des « cons » !

  32. @ Guennebaud

    J’ai bien lu l’article attribué au Pf LINA et si je n’en disais rien c’était pour laisser une place aux autres. Ceci dit il y a à redire c’est sûr. Ce qui me gêne c’est de porter critique à l’article sans que l’intéressé ne le sache et puisse y répondre.
    Cependant je ne peux que m’interroger sur un des propos attribué au Pf LINA qui lui fait dire je cite :
    « Mais cette grippe n’est pas dangereuse ! 
40 % des 5-14 ans ont quand même été touchés mais c’est vrai que cette grippe a été moins agressive que ce qu’on avait prévu. Ce qui est déroutant, même si c’est une excellente nouvelle. Cela dit, cette “grippette” a envoyé en réanimation une centaine de personnes qui parfois ne présentaient aucun facteur de risque. Ce qui ne se voit jamais avec une grippe saisonnière. Et puis la mortalité directe a été 5 à 10 fois supérieure à celle de la grippe classique. »

    Là c’est moi qui ne comprends rien … si la mortalité directe a été 5 à 10 fois supérieure à la grippe classique alors d’après les données de INVS avec une moyenne de 560 on devrait avoir de 2800 décès à 5600.
    Sans risques je peux dire que ces propos sont mensongers reste à savoir de qui ils sont.

    Quant à dire que 40% des 5 -14 ans ont été touchés je m’interroge.

    De quoi parle t’on ? D’enfants symptomatiques c’est à dire du taux d’attaque ou alors d’enfants infectés avec ou sans symptômes ? Que nous dit la littérature ?

    « Les enfants sont d’incontestables réservoirs du virus de la grippe. Ils sont donc les plus touchés. En période d’épidémie la grippe atteint 1 enfant sur 3 et jusqu’à 50 % des enfants de 6 à 10 ans. L’effet immédiat est la propagation du virus au sein des familles : lorsque l’enfant est scolarisé, le risque est deux fois plus élevé. Un enfant grippé contamine une fois sur trois un autre membre de la famille.Article rédigé par Dominique A.C. pour Bloc.com – Publié le 02/08/2007 »

    Du côté de la société de pathologie de maladie infectieuse de langue Française : http://www.grog.org/documents/grippe_long_2005.pdf page S247
    le taux d’infection par un virus grippal : proportion de sujets infectés par un virus grippal qu’ils soient symp- tomatiques ou non sur l’ensemble de la population mis en contact avec le virus. Ce taux peut être mesuré par l’intermédiaire d’études de cohortes avec détermina- tion du statut sérologique des individus au début et en fin de saison grippale. Ces taux sont de 50 % chez l’enfant et de 20 à 30 % chez les adultes [18,19].

    ␣ le taux d’attaque par un virus grippal : proportion de sujets infectés par un virus grippal et symptomatiques sur l’ensemble de la population mis en contact avec le virus. Une revue systématique récente [1] montre que le taux d’attaque moyen est de 6,55 % (IC à 95 % : 2,91–12,59 %) chez les adultes (neuf études poolées), de 19,21 % (IC à 95 % :14,89–24,47 %) chez les enfants (sans distinction d’âge, neuf études poolées), de 6,17 % chez les sujets âgés de plus de 60 ans mais non institutionnalisés (IC à 95 % : 2,91–12,59 %) (deux études) et de 4,85 % (IC à 95 % : 2,82–8,17 %) chez les sujets âgés vivant en institution (huit études poolées).

    Donc ce qu’on décrit, est probablement le taux de sujets infectés (dans le langage de l’article touchés) qui est la norme d’une grippe classique. On joue sur le fait que les gens ignorent les données de référence et que le chiffre de 40% est sensé impressionné. Par extension on espère que le lecteur pensera que le taux d’attaque moyen de la population est aussi de cet ordre. On nous prend pour des ignares et y en a marre… je dirais même comme Sieur Rabat pour des cons .
    Un procès verbal de la task force est demandé. Pour remplir le formulaire j’écris à qui ?
    Je ferai un autre post en réponse au Pf Flahault au sujet de la définition de la pandémie car je crois que c’est très important, mais il me faut du temps

  33. « Mais cette grippe n’est pas dangereuse ! » est l’affirmation de la personne qui interroge Bruno Lina. Puis suit sa réponse dont les 40% de touchés parmi les 5-14 ans m’avaient aussi interpellé et le ”quand même” ne laisse guère de doute sur le but recherché alors que ce 40%, s’il est exact, est porteur de 2 bonnes nouvelles :

    1- Dans la plupart des cas l’infection serait quasi asymptomatique donc sans gravité.

    2- Si au moins 40% des 5-14 ans sont déjà immunisés pour l’automne prochain cela laisse espérer une saison 2010-2011 plutôt calme dans les écoles.

    Quant aux antibiotiques, ”c’est pas automatique” mais ce serait donc uniquement pour les angines depuis qu’il existe un test rapide permettant de distinguer entre les angines virales et bactériennes. Mais avant, la couverture antibiotique était systématique. Pour les grippes ce serait toujours automatique ? Possible.

    La pub a pu ainsi présenter comme des demeurés les patients qui croyaient encore à la nécessité de cette couverture (pour les angines) alors que c’était la médecine qui avait martelé cette nécessité auprès des praticiens et des patients pendant des décennies.

    De plus, on nous dit depuis longtemps que les Français sont les plus gros consommateurs d’antibiotiques.

    Voici un lien sur l’évolution des mentalités des français et des médecins sur les antibiotiques.

    http://www.cpam21.fr/PSnew/ObjSante/Docs/antibio1erresultatscequiachange02.pdf

  34. Je signale l’anomalie suivante dans les chiffres de décès : pour la métropole on lit dans le même bulletin InVS du 23 mars 2010 :

    310 décès dans la rubrique spéciale décès grippe A H1N1 2009 au 23/03/2010 et 263 dans la rubrique cas graves confirmés ou probables grippe A H1N1 2009 à la même date. On pourrait donc penser que les 263 sont les décès à l’hôpital mais la définition des cas graves est la suivante :

    « patient confirmé ou probable A (H1N1) 2009 ayant fait un passage en réanimation, en soins intensifs ou décédé »

    Selon cette définition, tous les cas graves non décédés sont allés à l’hôpital et même dans un service particulier (soins intensifs ou réa). Tous les décès sont classé cas graves.

    Je ne comprends pas. Contrairement à ce que j’avais écrit à 12h51 pm, tous les cas graves ont été hospitalisés sauf décès à la maison.

  35. Nous avons tenté d’y voir plus clair à propos de la quantification des facteurs de risque de gravité et de décès, à partir des données publiées par l’InVS dans un article que nous avons récemment publié dans PLoS Currents Influenza, sur le lien (en Anglais, gratuit, en ligne) : http://knol.google.com/k/thomas-hanslik/preliminary-estimation-of-risk-factors/1v20hce9mm0m3/2?collectionId=28qm4w0q65e4w.1&position=4#

    Beaucoup des points que vous soulevez dans vos différents derniers billets y sont traités.

  36. Réunissons les pièces du puzzle. En effet en 1977 il ya bien eu une pandémie H1N1 comme l’a confirmé le Pf Flahault. Voyez ce qu’on peut trouver sur le net à son sujet :

    http://www.desinfect.ch/moedias-15.htm?do=download&fileID=58La grippe russe – 1977 à 1978
    « Un sous-type A/H1N1 d’un virus de la grippe fut à l’origine de celle qu’on a appelée grippe russe, qui était déjà responsable du déclenchement de la grippe espagnole. Le virus fut isolé pour la première fois en mai 1977 au nord de la Chine et s’est répandu sur l’ensemble du globe jusqu’en janvier 1978 et occasionna le décès d’environ 700’000 victimes. La grippe russe fut ainsi la dernière grande pandémie du XXe siècle. Les enfants, adolescents et jeunes adultes de moins de 23 ans furent particulièrement touchés par la vague de la maladie (épidémie). Les experts en déduisirent que A/H1N1 domina mondialement dès 1918 et fut supplanté en 1957 seulement au travers du sous-type A/H2N2, l’agent pathogène de la grippe asiatique. Bien des personnes nées avant 1957 furent ainsi déjà exposées à ce sous-type et présentent une certaine protection immunitaire, mais pas ceux qui sont nés après 1957. Elle n’a pas été classée comme pandémie, étant donné que la vague de la maladie s’est concentrée sur des personnes jeunes. »
    Autre référence : zzz 3.chu-rouen.fr/NR/rdonlyres/31A3626E-C970-4392-B73D-C971B6678F44/2404/Retoursurlapandémiegrippalede19181919.pdf

    Grippe russe (enfants et jeunes de moins de 1977-1978 = grippe russe
    Enfants et jeunes de moins de 23 ans. Mortalité modérée: 0,7 Mi)
    ( probable accident de laboratoire)

    2 choses sont à noter

    La première c’est qu’il y aurait eu 700 000 victimes (à confirmer car je ne trouve pas le document source). Sachant que la grippe saisonnière tue entre 250 000 et 500 000 personnes dans le monde annuellement, cela représente quand même de 1,4 à 2,8 fois plus. Pas si banale que cela par rapport à celle ce 2009 puisque l’on compte 17 911 décès au 26 mars 2010 soit 39 fois moins que celle de 1977 !!!!
    N’oublions pas qu’il faudrait rapporter cela au nombre d’habitants ce qui sans erreur vu la démographie galopante va majorer l’écart. En 1977 il y avait 4,177 milliards d’habitants pour en 2008 6,430 milliards.
    (réf :zzz://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BilanEssai?codetheme=1&codeStat=SP.URB.TOTL.IN.ZS&anneeStat1=2008&grandesRegions=0&codetheme2=2&codeStat2=x&mode=carte&afficheNom=aucun&langue=fr&noStat=12)
    Cela donne un rapport de 167 584 / milliards d’habitants en 1977 contre
    2785 / milliards d’habitants en 2009 (chiffre population mondiale de 2008) soit un écart de 60 !!!!
    Maintenant en France combien y a t’il eu de décès et qui ?

    La deuxième c’est qu’on ne l’a pas considéré pour certains, comme une pandémie car elle aurait atteint les personnes jeunes. On peut se demander si réellement il n’y a pas eu de décès chez les plus âgés et si on n’a pas oublié de calculer en pourcentage, du genre de ce qui se dit aujourd’hui pour le H1N1 2009…

    Pour conclure, sachant que l’on suppose un lien très fort entre le virus de 1957 date de sa dernière circulation médiatiquement présentée, et celui de 1977 ; il est surprenant que les experts n’y aient pas fait allusion avant.
    N’a t’on pas parlé, d’une immunité résiduelle pour ceux de nous nés avant 1957 ?
    Cette omission volontaire relèverait elle d’une manipulation?
    On se joue de nous. La définition d’une pandémie est trop variable et nécessite que nous lui apportions des précisions. Que les experts de l’OMS en débattent ne nous oblige pas à ne rien en dire. La confiance que je leurs accordais n’est plus là, et encore moins après avoir lu les propos de Pf Lina. En tant que clinicien je souhaite une définition opérationnelle, réfutable, proche du terrain, cela sera l’objet de mon prochain post.Ne dis t’on pas qu’un problème bien posé et à moitié résolu 😉

  37. Là Gyuran vous faites fort, j’attends la suite.

    Si j’ai bien compris il y a la période 1918-1957 dominée par le H1N1 puis la pandémie H2N2 de 1957 avec le H2N2 qui supplante le H1N1. Puis la pandémie H3N2 de 1968 avec un H3N2 qui va dominer sans laisser sa place en 1977 malgré une pandémie de H1N1. Mais cette pandémie de 1977 aura pu immuniser bon nombre de personnes dans le monde et faire un rappel pour ceux immunisés avant 1957 d’où l’hypothèse que cela aurait largement contribué à faire tourner court la pandémie de 2009.

    Est-ce que j’ai bien compris ?

    Parmi les propos de Bruno Lina il y a aussi l’incontournable couplet sur la variole :

    « D’ailleurs, si on a éradiqué certaines maladies comme la variole qui faisait des millions de morts, c’est bien parce qu’on a vacciné tout le monde. »

    Même si c’était vrai que la variole avait été éradiquée par la vaccination généralisée on peut juger peu scientifique un argument du genre ”il faut vacciner tout le monde contre la grippe parce qu’on a vaincu la variole ainsi”. La grippe n’est pas la variole, à plus d’un titre et les vaccins sont très différents.

    Qui plus est, la variole n’a pu être vaincue par la seule vaccination, c’est le moins qu’on puisse dire, et ce ne fut pas faute d’avoir essayé. Mais il faut garder le mythe vivant. De plus, il ne faut pas exagérer non plus le nombre de décès provoqués par la variole. Les données du rapport sur l’éradication mondiale donnent pour 1958 par exemple, 280 475 cas pour le monde entier. On peut estimer 20 à 30% de décès soit moins de 90 000.

    J’ai entendu un jour, en conférence publique, un professeur de CHU que je venais de contester sur le sujet, affirmer qu’elle faisait des milliards de victimes… Un peu de calme !!!

  38. @ Guennebaud
    Vous avez parfaitement suivi et même prolongé le raisonnement en avançant l’idée que la pandémie de 1977 ai pu renforcer l’immunité des plus de 65 ans actuel.
    Pour l’instant je n’ai pas de données contradictoires. Je n’ai pas le document source qui donne le chiffre de 700 000 morts dans le monde et il se pourrait que cela soit faux. Ceci dit voyez aussi le lien suivant :

    zzz.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/lazare-un-mutant-ancetre-de-la-grippe-a_781360.html

    « Une fuite de laboratoire aurait fait ressurgir le virus de la grippe espagnole. Un ancêtre du H1N1, responsable de l’épidémie actuelle.
    Et si la grippe avait été provoquée par une erreur humaine ? Cela pourrait ressembler à l’une de ces théories conspirationnistes qui fleurissent sur Internet. Et pourtant, cette hypothèse n’a rien de saugrenu: selon une étude publiée le 16 juin dans le très sérieux New England Journal of Medicine, le virus responsable de la grippe actuelle descend d’une souche de la grippe espagnole de 1918, relâchée dans la nature à la suite d’un accident de laboratoire, dans les années 1970. Des chercheurs de l’université de Pittsburgh (Pennsylvanie) ont mené une véritable enquête policière pour arriver à cette conclusion, en reconstituant l’histoire du virus depuis un siècle, à travers les mutations et recombinaisons de son génome. Une souche qui mériterait le nom de Lazare, car elle ne cesse de disparaître et de renaître. »

  39. Venons en à la définition de la pandémie qui est en fait plus importante qu’on veut bien le dire.
    D’abord je ne suis pas un expert je l’avoue, juste un clinicien de base. Un clinicien déçu qui se vois obligé de formuler une définition qui colle à sa réalité de terrain. Que croyez vous que se pose les médecins de ville ou à l’hôpital comme questions?
    Les premiers se demandent combien y peut y avoir de malades en cas de pandémie et si ils pourront y faire face ? Faudra t’il ouvrir plus longtemps, déléguer, différer et pendant combien de temps ? Tiendrons nous le choc des journées et des gardes de nuit et de week end pendant les 12 semaines ?
    Même questions à l’hôpital avec en plus « vais je avoir des lits ? »
    Leurs a t’ont fourni une définition pertinente, opérationnelle ? Je ne vais pas revenir sur les annonces catastrophiques faites ! La réponse est simple NON.
    Alors que oui, nous avons besoin d’une définition opérationnelle que la société puisse comprendre et s’approprier, sur laquelle on puisse déclencher des actions de terrain.
    En avons nous les moyens ou manquons nous de volonté ? Comment faire ?

    Pour ce faire je vais utiliser la grille proposée par Normand Baillargeon tiré de son livre « petit cours d’autodéfense intellectuelle » page 47 à 51. Son livre est intéressant à plus d’un titre. En le relisant je me suis demandé si les auteurs de la définition de la pandémie ne l’avaient pas lu avant, pour en utiliser les ficelles.
    Faisons d’abord un tour dans le chapitre « mots à maux » où il y est décrit les 8 plus grandes façons de nous abuser, pour mieux les éviter. Les voici par ordre :

    Dénoter / connoter
    Les vertus de l’imprécision
    Sexisme et rectitude politique
    L’art de l’ambiguïté équivoque et amphibologie
    L’accentuation
    Les mots fouines
    Le jargon
    Définir

    Vous trouvez déjà 2 des items utilisés dans la précédente définition de la pandémie:

    1 La connotation plutôt que la dénotation.
    L’utilisation du terme pandémie est associé dans l’esprit des gens à la grippe de 1918 qui fut une catastrophe humaine. IL se passe la même chose quand on dit à nos patients vous avez une tumeur. Ils comprennent j’ai un cancer. Le mot tumeur bien que voulant strictement dire tuméfaction, gonflement (voir la définition sur ‘au trésor de la langue Française’) est connoté négativement, au point que l’on ajoute tumeur bénigne ou maligne ou alors on parle de gonflement ; c’est mieux que « vous avez une boule » bien que !
    La même chose se passe donc, avec pandémie, et faire comme si cela n’était pas, n’est pas respectueux des personnes à moins de chercher à faire peur. Là nous ne sommes plus sur le terrain scientifique mais sur celui de la psychologie manipulatoire.
    D’ailleurs Pf Flahault vous sentez implicitement que le terme pandémie touche à l’émotionnel. Mais ne me retournez pas l’argument. Je souhaite diminuer le plus possible l’émotionnel et pas l’inverse.
    Si la définition était aussi scientifique que cela, alors il n’y aurait pas cette bizarrerie de l’histoire entre la pseudo pandémie de 1977: (« on n’a pas observé de pandémie vraie » dixit INSERM ; ou encore « Elle (H1N1 1977) n’a pas été classée comme pandémie, étant donné que la vague de la maladie s’est concentrée sur des personnes jeunes. ») et la pandémie de 2009. Enfin on parlerait de pandémie saisonnière chaque année, ce que vous admettez.
    Donc la définition actuelle n’est pas aussi claire que vous ne le dîtes et pour confirmer le choix de vos pairs vous rajouter que l’usage de ce terme est réservé au cas où une nouvelle souche apparaît.
    Parce que quoi ? Parce que le nouveau fait peur ? Qu’elle en est l’utilité de nos jours alors que l’on peut caractériser le virus de façon plus scientifique ? Dans des temps reculés le nouveau était synonyme de danger, c’est une réaction psychologique réflexe, mais cela n’en fait pas un argument scientifique. C’est un argument émotionnel.
    Ce qui compte ce n’est pas sa nouveauté pour nous sur le terrain, mais sa dangerosité et son impact.

    Que la définition linguistique et étymologique utilisée, le soi avec exactitude, je le veux bien, mais ne pas tenir compte de l’évolution de la représentation du mot dans la société, est un acte inconsidéré, émotionnellement motivé.
    Il nous faut donc soit restreindre le terme à quelque chose de plus précis, soit y adjoindre un qualificatif. Mais dans les 2 cas on ne pourra pas faire l’économie de la précision.

    2 L’imprécision est aussi au rendez vous. Pas de quantification de la nature du phénomène à part la notion que la maladie se diffuse dans le monde. Mais même là on pourrait donner un nombre de pays. Ceci dit Pf Flahault vous convenez que le terme épidémie puisse être utilisé quand, je vous cite : « le taux de reproduction de base devient supérieur à 1 »
    D’ailleurs vous aviez proposé une échelle dans votre communication du 5 juin 2009 à l’adresse suivante : http://www.sfhh.net/telechargement/nice/conferenceinvitee_modelisationdesrisquesinfectieux_dia.pdf intitulé modélisation des risques infectieux.
    (Au passage pour nos amis mathématiciens il y a un passage pour vous 😉 )

    « Ro : « Une échelle de Richter » pour les maladies transmissibles ?
    Rougeole Grippe Variole SRAS Hepatite B -Groupes à haut risque -Population générale
    Ro = 15 à 20 Ro = 1,8 à 2,5 Ro = 3 Ro = 2 Ro = 4 à 8,8 Ro = 1,1 »

    Pourquoi ne pas proposer ce taux de reproduction comme un des critères d’une pandémie ? Par exemple de 1 à 2,5 épidémie ; > à 2,5 pandémie ?

    Venons en au chapitre définir.
    On trouve dans ce paragraphe 6 notions de la définition. J’en ai présenté déjà 2. La définition linguistique et étymologique derrière laquelle l’OMS se range. Bien triste rempart.
    Reste les définitions dites opérationnelles qui indiquent les procédures à suivre pour observer un concept ; les définitions de convention comme la notion de surpoids, les définitions indicielles et les définitions conceptuelles.

    La définition d’un agent infectieux qui se propage relève des définitions conceptuelles, indicielles et de convention.
    A nous de formuler le concept, d’y adjoindre des indices et de le faire reconnaitre comme convention. Les anciens pour décrire une chose cherchait son genre (genus) et la différence spécifique (différentia) de ce l’on voulait définir. Certes nous sommes les modernes de ce temps, mais cela ne nous fait pas forcément les plus intelligents de tous les temps. Pourquoi ne pas suivre leur exemple ?

    Comme indice je propose en premier lieu le taux de reproduction qui par convention a pour limites discriminatoires 1 et 2,5.
    Je défends aussi l’idée d’y adjoindre un taux de létalité. D’ailleurs rien de neuf sous le soleil puisse que ce critère était proposé dans la précédente définition de l’OMS, sauf qu’il était imprécis par manque de volonté soyons clair.
    On peut le faire à partir d’injection de virus chez le furet mais je reconnais que si on pouvait trouver autre j’aimerais bien. Quelqu’un à t’il une autre idée ? Reste à fixer par convention les niveaux de dangerosité.
    Enfin le concept d’épidémie et de pandémie doive être revu afin de tenir compte de l’impact actuel de ces termes dans la société.
    Je reconnais que l’histoire à son importance et nous relie ; donc réservons le terme pandémie à des circonstances historiques dramatiques, ce qui ne nous empêche pas de leurs donner les indices sus cités. Créons un terme comme ‘transdémie’ ou autre chose, pour les cas où un agent infectieux sans grande létalité et/ ou avec un indice de reproduction < à 2,5 sévisse. Ou alors parlons d’épidémie généralisée à plus de 3 pays.

  40. Voici ma touche finale et je passe la main. Quels indices pour une pandémie ?

    1 un indice de sa structure génétique

    La nature du virus est importante car il semble que le H1N1 ne se comporte pas comme un H3N2 ni un H5N1 comme on l’a vu en terme de surmortalité cette année.

    2 un indice spatial :

    Qui dit pandémie dit, d’après sa définition étymologique, une épidémie qui s’étend à la quasi-totalité d’une population. De façon restrictive cela n’inclus pas le monde en entier puisqu’on se réfère à la notion de peuple. Il pourrait y avoir une pandémie en Europe ou en France et pas en Australie par exemple. D’ailleurs on parle parfois de pandémie mondiale. Toutefois la notion spatiale est importante et nous pourrions conserver ce terme pour les cas on la maladie se généralise à plus de 3 continents (sinon on parlerait d épidémie localisée) sans tenir compte de sa diffusion dans la population. En effet si on lui adjoint un indice qui caractériserait sa diffusion, donc le degré d’atteinte de la population, on peut se passer de cette notion dans cet indice.

    3 indice de diffusion :

    Peut on avoir une idée de son impact en terme de nombre de malades ? Ne peut pas imaginer un indice de diffusion résultant du produit du taux de reproduction par l’intervalle de génération ? Cette indice de diffusion ne recouvrerait il pas la notion de diffusion parmi la population à la base de la définition étymologique du terme pandémie?
    Mais comme ceux ci varient en fonction des conditions de terrain il est peut être plus pertinent de le faire dans des conditions standardisées.
    En effet d’après Fraser et al. le R0 pour l’épidémie au Mexique 2009 était de l’ordre de 1,4-1,6 d’après des modélisations basées sur des données épidémiologiques, tandis que leur estimation basée sur une analyse génétique était de 1,2. zzz.invs.sante.fr/international/notes/Point_Influenza_H1N1_200509.pdf

    Or au final, sur le terrain, on donne un taux de reproductibilité de 1,3 assez proche de l’estimation génétique à laquelle n’avait pas été donnée de borne. L ‘approche basée sur une analyse génétique semble pertinente. Peut être à t’on essayé avec les virus des précédentes pandémies 1918 -1947- 1958- 1968- 1977 ?
    Resterait à trouver des conditions dîtes standards pour étudier l’intervalle de génération. Là je me dis que si je suis capable d’imaginer une expérience avec des souris confinées dans un espace plus ou moins grand alors c’est que cette expérience à du être faite. La question est alors qui, et qu’est ce que cela à donné ?

    4 indice de sévérité

    Il semble que nous puissions nous donner une idée de la dangerosité des virus de la grippe. L’analyse génétique des précédents virus de la grippe permet de repérer 34 marqueurs de dangerosité ( http://vulgariz.com/actualite/genes-virus-grippe-a-porcine-h1n1-moins-virulents-pandemies ), dont le plus important semble être la présence du gène F2 complet. On pourrait en faire une échelle de risque en fonction des zones les plus à risques.
    Le test sur des souris ou des furets complèterait la mesure du taux de létalité, ou alors la culture sur différentes cellules de différentes espèces pour mesurer le taux viral qui est le plus élevé quand la maladie est la plus grave zzz.hcfdc.org/securise/pdf/h1n1_cure_n16.pdf.

    Ainsi on pourrait comme au USA proposer une échelle de sévérité des pandémies en fonction de ce taux ( zzz.inspq.qc.ca/pdf/publications/688-MesureGenSantePub.pdf page 45. Notez qu’il considère la grippe dite saisonnière comme une pandémie de niveau 1 !)

    Alors croyez vous encore, que nos experts n’auraient pas pu nous présenter les choses de la sorte ? Au final on aurait pu avoir ce genre de langage en 2009:

    Attention dans l’état actuel de nos connaissances, pandémie H1N1 de grade 2** et de sévérité 1***

    ** à la louche.
    *** d’après le tableau du CDC en connaissant le taux de mortalité réel

  41. D’abord un coup de chapeau à Gyuran pour le travail effectué.

    Je reviens sur les modèles mathématiques pour la grippe à partir du lien rappelé par Gyuran (fin du commentaire du 29 mars 4h58 pm).

    La proportion de personnes à immuniser pour arrêter l’épidémie est calculée comme devant être supérieure à 1-1/Ro, Ro étant le nombre total de contaminés par un contagieux. Pour ma part, par une mise en équation différente, j’obtiens 1-1/Ro-1/N, N étant la taille du groupe de personnes où l’épidémie est supposée se propager de façon aléatoire. Cette taille peut donc aussi jouer un rôle dans l’histoire.

    Si N est grand, la différence entre les 2 sera négligeable mais la condition de propagation aléatoire devrait conduire à suivre la propagation sur de petits groupes. Si c’est au sein d’une classe de 25 élèves ça fait quand même 4%.

    Admettons que l’épidémie arrive dans une maison de retraite de 50 pensionnaires en ayant été apportée par un petit-fils qui venait voir sa mère-grand. Admettons que le personnel soignant, parfaitement bien vacciné, ne transmettra pas le virus à l’extérieur et que les visites ont été interdites.

    L’épidémie qui se développera parmi les 50 retraités n’ira pas au delà. Si par exemple Ro=2 la barrière d’immunité calculée sera 50% d’une part et 48% d’autre part soit 25 immunisés nécessaires contre 24.

    La différence peut paraître faible ici. Mais quand l’épidémie va s’arrêter le nombre de cas devra être très faible, ce qui atténue les différences entre les 2 modes de calcul.

    Par contre, quant l’épidémie se propage de façon importante dans un groupe, les écarts peuvent devenir beaucoup plus sensibles entre les 2 modélisations. En prenant les mêmes notations que celles données par la publication — c’est à dire X individus susceptibles (non immunisés) et Y contagieux — la proportion de contaminés par ces Y contagieux sera CY/N en désignant par C le nombre tc, c étant le nombre de personnes en contact avec 1 contagieux et t (noté béta dans la publication) la probabilité de transmission du contagieux vers ses contacts.

    Pour ma part, quand j’avais cherché à faire une telle mise en équation je n’avais pas voulu savoir comment les autres faisaient, condition quasi indispensable en recherche si on veut se donner une chance d’avoir une idée originale. Si on commence par lire ce que les autres ont écrit on est sur des rails et on n’en sort plus.

    Aussi j’avais introduit C que j’appelais l’indice de contagion : le nombre de contaminés par un malade sur une unité de temps. D’ailleurs, pourquoi trainer dans les calculs un nombre tc sous la forme du produit de 2 nombres alors que t et c n’interviennent pas séparément ? Il sera toujours temps d’évaluer ensuite la valeur de C sous cette forme si c’est judicieux.

    Mais surtout, j’avais aussi tenu compte du fait que des contagieux différents pouvaient contaminer la même personne : même si chaque contagieux contamine 2 personnes, 100 contagieux ne contamineront pas forcément 200 personnes. La probabilité n’est plus CY/N mais 1-(1-C/N)^Y (puissance Y) qui est plus faible : pour N=1000, Y=100 et C=2 on a d’une part 20% et d’autre part 18,14%.

    Si on a encore 700 personnes susceptibles à ce moment là, le premier modèle donnera 140 malades contre 127 pour l’autre. Avec 540 susceptibles on obtient 108 pour l’un et 98 pour l’autre pour lequel le pic sera donc franchi. On voit que cela peut faire des différences non négligeables.

    Enfin, j’ai besoin de l’hypothèse d’une propagation aléatoire. Est-elle nécessaire pour le modèle avec les systèmes différentiels ? Quand on écrit que le nombre moyen de nouveaux contagieux sera CXY/N=[CY/N]X cela suppose que chaque individu a la même probabilité CY/N d’être contaminé.

    Il faudrait sans doute regarder d’un peu plus près les conditions de validité et se demander si on peut valablement appliquer ces modèles à des populations hétérogènes où la propagation n’est sûrement pas aléatoire.

    Et si c’était l’une des causes de l’échec des prévisions pour cette grippe 2009 ?

  42. Pour Bernard, juste deux remarques.

    S’il s’agit de prévision probabiliste le mot « échec » ne convient pas.
    Un événement qui a une probabilité 1 ne se produit pas obligatoirement et celui qui a une probabilité 0 peut se produire. Exemple : mesurer exactement 1,78 m !

    Si un événement est parfaitement connu il n’est pas aléatoire, si un événement n’est pas parfaitement connu il est réputé aléatoire en calcul des probabilités.

    Alors pour les contagions ?

  43. Pour les contagions, si on prend une valeur fixe pour la probabilité de transmission on est sur la valeur moyenne. Il paraît difficile de traiter un système différentiel autrement. Si on fait varier cette probabilité de transmission selon une loi de probabilité on a un modèle stochastique à traiter en faisant tourner le générateur de nombres au hasard de l’ordinateur selon une certaine loi. C’est ce qu’avaient fait nos amis de Polytechnique, mais c’est très différent.

    Le fameux Ro pris en compte pour évaluer la barrière d’immunité est calculé avec une valeur moyenne de la probabilité de transmission même si on en choisit 2 pour créer une évaluation basse et haute.

    De plus, toute modélisation fait appel à des hypothèses simplificatrices qui ne sont pas forcément satisfaites.

    Peut-on dire que les instituts de sondage ne se trompent jamais sous prétexte qu’ils donnent une fourchette et qu’on a le droit que la vraie valeur soit en dehors ? Ce serait trop facile même si c’est la réponse qu’ils font en pareil cas.

    Si on choisit mal son échantillon on peut trouver des valeurs très éloignées de ce qu’il faudrait et être mis en défaut quand on compare avec la réalité quand elle sera connue comme cela se produit avec les élections. Quand cette confrontation n’est pas possible on peut toujours dire ce qu’on veut. La mise en défaut n’est pas forcément uniquement celle permise par les lois de probabilités.

    Les probabilités hiérarchisent la dispersion par rapport à la valeur centrale trouvée comme on peut le voir en calculant des IC à 90%, 95%, 99% par exemple. Ce n’est pas on peut être en dehors n’importe où, ce serait trop facile !

    Si un échantillon donne 1,20m avec un IC à 95% [1,15 1,25] pour les tailles d’individus, peut-on dire qu’on avait droit à l’erreur quand on découvre que la vraie moyenne est 1,75m ?

    Dans mon exemple, c’était une soucoupe de Martiens venus étudier les Terriens. Elle s’était posée ”au hasard”, comme une feuille morte après avoir coupé son moteur bionique, dans la cour d’une école maternelle et avait mesuré l’échantillon trouvé ”au hasard”…

    Un événement mal connu n’est pas pour autant aléatoire car ce ne sont pas les variations de la connaissance que nous en avons qui créent l’aléatoire. Pour s’en convaincre, il suffit de faire lancer une fausse pièce avec 2 côtés piles à un myope qui n’a pas mis ses lunettes. Il croira voir parfois des faces et parlera de résultats aléatoires…

    Ces exemples montrent que si on ne connait pas suffisamment la population à étudier on est dans l’incapacité de choisir un échantillon qui soit vraiment au hasard, terme qui n’est pas synonyme de n’importe quoi.

  44. Bernard nous dit et c’est très intéressant : « Un événement mal connu n’est pas pour autant aléatoire car ce ne sont pas les variations de la connaissance que nous en avons qui créent l’aléatoire »

    Je suis d’accord avec ce qu’il dit sauf avec cette phrase.
    C’est intéressant d’en discuter .

    Pour un théoricien pur, il est clair que ce qui rend un phénomène aléatoire c’est uniquement la perception que nous en avons au temps T, pas ce qu’il est .
    Pour moi, dans mes modèles, un phénomène donné sera aujourd’hui considéré comme aléatoire parce que je ne le comprend pas et ne le sera plus demain si on me l’explique.
    C’est blanc ou c’est noir.

    Je constate que pour ceux qui appliquent les modèles il n’en est pas toujours ainsi.
    Ils considèrent que si un phénomène a potentiellement une explication il n’est pas « complètement » aléatoire, même si on ne connaît pas bien cette explication.
    Tout n’est pas blanc ou noir.
    C’est, pour moi, gênant car il n’y a pas, à ma connaissance, d’axiome, en mathématique, pour gérer une hiérarchie dans l’aléatoire.

    On peut en trouver une explication dans le fait que la conception d’un modèle se fait uniquement dans l’abstrait et que l’utilisation ne se conçoit que confronté à un problème concret.
    C’est-à-dire que l’utilisateur part du concret et cherche le modèle le « plus » en adéquation, ce qui conduit à introduire, parfois, des concepts non prévus par la théorie.

    Le concepteur du modèle justifie donc son assertion par référence à des axiomes, l’utilisateur, lui , utilise des exemples pour illustrer ses assertions.

    Je crois que c’est la différence entre Bernard et moi.

    La question de savoir qui a raison ne peut pas avoir de réponse.
    L’important c’est de réussir à trouver un compromis entre ces deux « visions » de l’aléatoire.

    De toute façon il est clair qu’un modèle n’a sa raison d’être, au sens sartrien du terme (je prends conscience de l’existence de l’arbre parce que je pose mon pieds sur une de ses racines pour relacer ma chaussure) que s’il est applicable, alors que bien souvent celui qui l’a conçu ne s’est pas posé le problème de son utilité.

    C’est tout le problème posé par la coexistence de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée.

    Je suis convaincu que si un jour l’une prend l’ascendant sur l’autre…se sera grave et regrettable.

  45. Les réflexions de Jean ont ravivé chez moi le souvenir du déterminisme cher à la doctrine du communisme soviétique dans les années 60. A un point tel que même Nikita Kroutchev avait fustigé dans un discours publique le recours aux calculs des probabilités, concept occidental décadent contraire à l’idéologie du parti !!! Pour eux, la notion même de probabilités était inconcevable car contraire au déterminisme !!!

    Ce sont de vagues souvenir pour moi car j’étais encore jeune et étudiant. En 1964 mon prof de calculs des probabilités nous avait dit que les soviétiques, tout en refusant et dénigrant la méthode et le principe, avaient crée un centre pour étudier quand même la méthode de l’adversaire afin de comprendre comment il procédait…Ce fut d’ailleurs un soviétique, Kolmogorov, qui énonça un système cohérent d’axiomes fondant le calcul des probabilités sur des espaces de probabilités. Comme quoi !

    Il y a peut-être eu des profs de français ou de philo qui, à l’époque, ont été inspirés par ce thème et ont proposé pour le bac : ”Déterminisme et probabilités, vous avez 3 heures”. Il y a bien eu un jour en fac comme sujet de philo : quel est la différence entre le concept de notion et la notion de concept. Alors, tout est possible !

    Face à un phénomène produisant plusieurs résultats on peut proposer de le modéliser par des probabilités comme le tirage du loto. Peut-être découvrira-t-on un jour que les 6 numéros du prochain loto sont déjà déterminés, avant même que la machine à faire tourner les boules soit lancée.

    En attendant, on admet que le modèle avec des probabilités rend bien compte du phénomène. Ce modèle indique que 1,2,3, 4,5, 6 a la même probabilité de sortir que 12, 15, 23, 32, 41, 43 et pourtant, personne ne jouera la première combinaison car il est convaincu d’avoir la certitude de perdre.

    Pour les jeux dans les casinos il y alors les théories des martingales qui proposent des stratégies visant à réduire le nombre de fois où on perd mais ne font pas gagner plus.

    Ceci pour dire que quand on modélise un phénomène par un espace de probabilités on admet certaines hypothèses. Bien sûr, il y aura toujours un décalage entre le modèle théorique et la réalité. Le modèle théorique n’a pas pour objectif d’imposer ses hypothèses à la réalité ni de se substituer à celle-ci mais d’essayer de nous aider à la décrire et à la prévoir.

  46. En 1964, j’ai soutenu une thèse avec comme sujet : test de Kolmogorov-Smirnov !
    Kolmogorov, comme Smirnov, écrivaient en Ukrainien…facile à traduire !

  47. lu sur http://www.grippeaviaire.gouv.fr/article.php3?id_article=1060

    “Une étude parue dans PLoS évalue l’impact de la pandémie de grippe A aux Etats-Unis, de mai à décembre 2009, à 25 800 (entre 7 500 et 44 100) décès et 1 153 500 (entre 334 000 et 1 973 000) années de vie perdues (AVP). A titre de comparaison les pandémies précédentes ont eu les impacts suivants :
    • la pandémie de 1968, avec 86 000 morts et des victimes en moyenne de 62,2 ans, coûta 1 693 000 AVP.
    • la pandémie de 1957, avec 150 600 décès et des victimes en moyenne de 64,6 ans, coûta 2 698 000 AVP.
    • la pandémie de 1918, coûta 63 718 000 AVP avec 1 272 300 morts et des victimes en moyenne de seulement 27.2 ans. Par ailleurs, une saison grippale moyenne, dominée par la souche A/H3N2, cause généralement 47 800 morts et 594 000 années de vie perdues, avec un âge moyen de 75,7.
    Les auteurs concluent que, en termes d’années de vie perdues, le virus pandémique a eu un impact important, aux Etats-Unis, au cours des premiers mois de circulation, comparable à celui de la pandémie de 1968, ce qui justifie les efforts pour protéger la population par la vaccination”.

    Malgré mes recherches sur PLOS médicine je n’ai pas trouvé l’article cité. En fait je suis surpris par les 25 800 décès retenu au USA sachant que dans le monde il n’ y a que 17 911 décès recensés au 26 mars 2010. Quelqu’un sait il comment on en est arrivé à ce décompte, sachant aussi qu’on n’a pas eu de surmortalité?

  48. Je m’interroge sur la valeur de ce critère : ”nombre d’années de vie perdues”. Je suppose qu’on cumule les jours de maladie de tous les malades : si 365 personnes sont malades 10 jours chacune cela fera 3650 jours soit 10 années de vie perdues.

    Le premier risque avec ce genre de critère c’est qu’on n’a aucune échelle de comparaison. Si les 64 millions de Français dorment 8 heures par jour, ça fait combien d’années de vie passées à dormir ? Ne cherchez pas, ça fait 58448 années de vie. Si je vis 90 ans j’aurais passé 30 ans à dormir ou du moins allongé sur un lit. Si j’y restais seulement 6 heures je pourrais avoir 7,5 années supplémentaires d’activité. Je pourrais en faire des choses !!!

    Mais peut-on vraiment mesurer valablement ainsi notre vie ? Quand on n’est pas malade, le repos et le sommeil sont des phases très importantes. On ne serait pas forcément plus actif ou plus créatif en réduisant ces phases où nous nous ressourçons.

    Et si on est malade, est-ce forcément toujours du temps perdu et gâché ? Je me souviens avoir eu une fièvre intense quand j’étais très jeune, moins de 10 ans sûr. Je ne sais pas si ce fut l’effet de la fièvre mais des images mentales très denses en formes et couleurs me sont apparues. Elle évoluaient continument bien que je pouvais les arrêter ou les relancer par une légère décision mentale. Les couleurs étaient extraordinaires, les formes étonnantes et j’étais bien incapable de créer volontairement ce qui défilait ainsi dans mon imaginaire. Si j’avais su manier le pinceau j’aurai pu envisager de reproduire sur la toile ce que je voyais et…je serais devenu riche…Mais j’ai au moins compris cette nuit là comment pouvaient naître certaines créations artistiques. Une nuit perdue ?

    Je me souviens aussi que les jours où j’étais malade sans aller à l’école étaient pour moi comme des jours bénis qui me reposaient du harcèlement et du stress scolaire : on nous faisait vivre en permanence dans la terreur de l’interrogation écrite ou orale par exemple. Ce stress était certainement le meilleur moyen de réduire nos possibilités mentales comme je l’ai compris plus tard.

    Les émotions, agréables ou désagréables, sont les pires ennemis de la concentration et de la réflexion. Une fois, en classe de troisième, j’avais approché le thermomètre de l’ampoule de la lampe de chevet…De plus, servi par les événements, j’avais saigné du nez, indice qui, ajouté à la fièvre, témoignait sûrement que j’étais malade ! Trois jours de repos au lit qui m’avaient fait du bien en me permettant un retour sur moi-même. Mais chut, ne dites rien !!!

    Bien sûr, quand la maladie s’accompagne d’une dégénérescence organique et ainsi d’une diminution du potentiel de la personne, c’est une autre affaire et je ne veux nullement soutenir qu’il faudrait encourager les maladies !

    Cependant, je connais des personnes qui ont eu à souffrir très gravement de maladies dégénératives et qui font preuve d’un courage admirable et d’une lucidité que pourraient envier les biens portants. Bien sûr, en raison de l’affaiblissement considérable de leur vitalité ces personnes ne disputeront jamais les jeux paralympiques qui sont réservés aux accidentés purement mécaniques de la vie, pas aux accidentés biologiques.

    A la fin de sa vie, à 50 ans, Jacques Anquetil, en phase terminale de son cancer de l’estomac, téléphone à Raymond Poulidor pour lui dire : je fais un Puy de Dôme toutes les 2 heures. Aujourd’hui c’est le tour d’un autre vainqueur du Tour, Laurent Fignon, de se battre contre un cancer :

    http://www.lemonde.fr/sport/article/2010/01/15/laurent-fignon-continue-son-combat-contre-le-cancer_1291933_3242.html

    Bien sûr, il préférerait vivre autre chose mais accepterait-il, comme tous les malades qui souffrent et qui se battent, qu’on leur dise que ce qu’ils vivent ne sont que des années perdues, sans aucun intérêt pour eux ni pour la société ?

    Non, c’est une très grave injure, proche de l’inconscience, faite aux malades de toutes sortes que de classer leur calvaire en ”années de vie perdues”. C’est de la statistique dégénérée car ce sont bien au contraire, souvent des jours et des années particulièrement intenses qui peuvent transformer profondément la personnalité.

    Ceci dit, je le répète, il ne s’agit pas de faire exprès de tomber malade ou de faire tomber malade bien entendu ni de faire l’apologie de la maladie ! Mais quand elle est là il faut aussi savoir l’accepter pour en tirer profit (pas au sens où certains semblent comprendre ce terme de profit dès qu’on parle de maladie…)

  49. Je précise :

    “Si les 64 millions de Français dorment 8 heures par jour, ça fait combien d’années de vie passées à dormir ? Ne cherchez pas, ça fait 58448 années de vie PAR JOUR.

  50. Tout est calme sur ce blog et pourtant ça s’agite pas mal sur le thème ”les certitudes en béton de l’OMS”. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les liens proposés à droite de nos messages…

    Donc, il y a d’abord le discours du Directeur général de l’OMS Margaret Chan :

    who.int/dg/speeches/2010/ihr_20100412/fr/index.html

    Puis, beaucoup plus explicite, celui de son second Fukuda qui accuse Twitter, les blogs et les mails d’être responsables de l’échec de la communication de l’OMS. Comment le prennent les internautes ? Il suffit d’aller par exemple sur le forum de l’article de Libération sur le sujet :

    liberation.fr/societe/0101629985-grippe-a-l-oms-debordee-par-internet-et-twitter

    ou sur le site de Guy Birembaum qui propose une chansonnette Celafotonet :

    XYYT://guybirenbaum.com/20100414/la-grippe-a-cest-la-faute-au-net/

    pour constater que tous rigolent bien de cette attitude complètement dépassée.

    De toute évidence, Keiji Fukuda, que j’avais vu et entendu aux journées de veille sanitaire de novembre 2005, en pleine pré-pandémie H5N1…, n’a toujours pas mis le nez dehors depuis cette époque.

    Cette attitude sera une erreur de communication supplémentaire de la part de l’OMS qui n’a visiblement rien compris au problème. Fukuda réclame le droit à l’erreur. Certes ! Pour ma part je suis tout prêt à lui accorder un tel droit mais pas 50 à la file !

    En 2005, c’était le H5N1 qui allait ravager l’humanité alors que les vétérinaires de haut niveau (OIE, FAO, Madame Brugère Picoux) disaient que ce virus n’avait pas les caractéristiques pour devenir un virus pandémique humain.

    Auparavant, fin 2001, c’était la variole et l’anthrax qui étaient annoncés entre les mains des terroristes. La France avait aussitôt acheté des vaccins et des antibiotiques (plan biotox).

    Sans parler, en octobre 1994, de l’hépatite B qui se propageait par la salive et tuait en un jour plus que le sida en un an. Version française mais avec la très chaude approbation du chef de la vaccination mondiale contre l’hépatite B le Dr Mac Kane. On connait la suite…

    Et puis, spécificité française, le BCG pour lequel tout arrive puisque le HCSP vient, dans sa grande sagesse, d’en recommander la suspension de son obligation imposée à certains adultes : personnel de santé, pompiers, nourrices…

    La saisine du ministère lui demandant d’émettre un avis sur le sujet est datée du 24 janvier 2008 et le président du CTV avait nommé dans la foulée une commission devant remettre sa copie dans les 6 mois…

    Tout arrive donc. Les rapporteurs ont interrogé les 27 autres pays européens sur le sujet. Ils constatent par exemple qu’aucun ne recommande le BCG pour les personnels de la petite enfance comme les nourrices.

    Ils constatent aussi qu’aucun n’a d’obligation pour les adultes et que seuls 5 recommandent ce vaccin pour certains adultes comme le Danemark mais uniquement pour les personnels travaillant sur les mycobactéries alors que le BCG SSI, le seul disponible en France (et en Europe je pense), est produit dans un laboratoire de Copenhague (le labo SSI).

    Pas de liens entre la grippe et son vaccin d’une part, la tuberculose et le BCG d’autre part direz-vous ? Si car ce sont les mêmes mentalités qui s’expriment, voire les mêmes personnes qui s’en occupent.

    L’OMS ne recommande plus le BCG pour les adultes depuis 1995. En 1995 elle avait recommandé de limiter le BCG à au plus une SEULE injection SANS contrôle tuberculinique. Il faudra attendre la fin 2004 pour que la France s’aligne sur cette recommandation.

    On savait pourtant tout ce qu’il fallait pour cela en 1970 pour ne pas dire 1950 et même 1930…Mais un jour vient, inexorablement, où il faut enfin changer…Quel gâchis.

    Si la France a lâcher, non sans d’énormes difficultés, en juillet 2007 l’obligation du BCG pour les enfants alors que de nombreux pays ignorent totalement ce vaccin, il y avait encore plus de raisons d’abandonner l’obligation pour les adultes visés par elle. Le décret n’est pas encore sorti à ma connaissance. On verra avec le très prochain nouveau calendrier vaccinal.

    Quelle confiance peut-on avoir pour une bonne gestion de la vaccination grippale quand on constate cela (et je passe les détails…) pour le BCG et l’indispensable lutte contre la tuberculose ?

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