Mars est-elle vraiment rouge ?

La couleur rouge de Mars est due à l’importante concentration en fer d’une partie de sa surface. Conséquence: elle rouille et la poussière d’oxyde de fer se répand dans son atmosphère ce qui lui donne, même à l’oeil nu depuis la terre, sa couleur rose caractéristique. Néanmoins, comme le montre la vidéo de la Nasa ci-dessus, la composition de la surface de Mars varie de façon importante et lui confère différentes couleurs, du rouge au vert en passant par le gris et le brun. Espérons que la zone que va explorer le robot Curiosity, dont l’atterrissage est prévu lundi 6 août 2012 à 7h31, se trouvera dans une zone métallique afin que les images que nous recevrons de lui soient conformes à la légende de Mars, la rouge.

Michel Alberganti

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Un homme en chute libre peut-il franchir le mur du son ?

Felix Baumgartner rêve de devenir le premier homme à franchir le mur du son. Jusqu’à présent, seuls les pilotes d’avions militaires y sont parvenus, à l’exception de ceux du Concorde dont les vols se sont arrêtés en 2003 et de Andy Green qui a atteint 1227.99 km/h le 15 octobre 1977. Mais tous ces pilotes étaient protégés par des avions ou des engins terrestres. Felix Baumgartner, lui, n’aura qu’une combinaison…
Il faut dire que cet Autrichien de 43 ans, parachutiste depuis l’âge de 16 ans, n’est pas un personnage ordinaire. Il a sauté en parachute depuis le Christ de Rio de Janeiro et, en 2007, depuis le 91ème étage de la plus haute tour du monde à l’époque, la Tapei 1001 de Taiwan. Quand on a sauté 2500 fois d’à peu près n’importe où, que faire de plus ? La réponse de Felix Baumgartner à cette question que peu de gens se posent est simple: franchir le mur du son… Tout seul, sans moteur, sans avion. C’est le défi qu’il s’est lancé avec l’équipe du projet Red Bull Stratos qui veut également  battre le record du monde l’altitude pour un saut en parachute. Un record établi le 16 août 1960 par Joseph Kittinger, un pilote de l’US Air Force, qui s’est élancé depuis une sorte de gondole tractée par des ballons gonflés à l’hélium à une altitude de 31,3 km. Ce record, établi en pleine guerre froide et course à l’espace avec les Russes, n’a jamais été battu depuis.

A 36,5 km du sol

Le 25 juillet 2012, équipé d’une combinaison de cosmonaute,  Felix Baumgartner a sauté depuis une altitude de 29 km au dessus de Roswell, célèbre pour ses OVNI depuis 1947. Au mois d’août, sans doute vers le 16…, il doit tenter un saut à 36,5 km d’altitude. Et battre ainsi le record de Joseph Kittinger qui n’est autre, à 83 ans, que son conseiller. Au delà de ce gain de 5 km d’altitude, c’est le passage du mur du son qui devrait donner sa principale originalité à cet exploit. Mais comme imaginer que Felix Baumgartner y parvienne alors qu’un parachutiste dépasse à peine les 200 km/h en chute libre ? Le mur du son, lui, ne peut être atteint qu’à environ 330 m/s ou 1200 km/h. Impossible, a priori…

Toute l’astuce : exploiter l’altitude

Toute l’astuce du parachutiste réside, justement, dans la prise d’altitude. A 36 km de la Terre, la gravité existe toujours mais les molécules d’air sont devenues beaucoup plus rares qu’au sol tandis que la température voisine les -40°C. La pression est tombée à 1% de sa valeur sur la surface de la Terre (0,9 kPa contre environ 100 kPa au sol, soit une atmosphère). La densité de l’air a également été divisée par 100. De plus, la vitesse du son a changé. Fonction de la pression, de la densité et de la température, elle est passée des 330 à 340 m/s au sol (suivant la température) à 302 m/s à 30 km d’altitude. Soit “seulement” 1087 km/h, un gain de 100 km/h par rapport au sol. C’est justement à cette altitude que Felix Baumgartner estime qu’il atteindra sa vitesse maximale après s’être élancé de 36,5 km. C’est à 30 km, après 6 km de descente, qu’il atteindra l’optimum entre la vitesse acquise et la résistance de l’air. Au delà, cette dernière commencera à le ralentir.

Si le parachutiste atteint ou dépasse cet objectif, 1087 km/ à 30 km d’altitude, il deviendra le premier être humain à franchir le mur du son. Que se passera-t-il alors ? Difficile à dire tant ce phénomène physique est complexe. On se souvient de l’angoisse des pilotes d’avion avant que cette frontière ne soit franchie. Après la seconde guerre mondiale, ils ont commencé à s’en approcher et ont ressenti les premiers effets du phénomène: instabilité, durcissement des commandes. La sensation d’une limite peut-être indépassable est à l’origine de l’expression “mur du son”. Pourtant, le 14 octobre 1947, Chuck Yeager réussit pour la première fois à franchir ce mur. Une aventure relatée remarquablement dans le film de Philip Kaufman “L’étoffe des héros” où Sam Shepard incarne Chuck Yeager.

Le mur du son désigne un moment particulier où la vitesse d’un objet dans l’atmosphère atteint la vitesse du son. Il se produit alors un phénomène de superposition des perturbations (ondes se propageant dans l’air) créées par l’objet qui engendre le fameux bang, ce bruit d’explosion qui accompagne le passage en régime sonique (vitesse égale à celle du son). La puissance de ce front d’ondes dépend de la forme et de la taille de l’objet qui le provoque. On peut se demander quel sera son impact sur la combinaison et sur l’organisme  de Felix Baumgartner. Risque-t-il un déchirement qui serait fatal ? Cela semble peu probable, encore en raison de la faible densité de l’air et de son faible poids. Néanmoins, de trop fortes perturbations pourraient le déstabiliser ce qui aurait également des conséquences graves. Tout dépendra donc de sa résistance physique et de sa technique. De ce coté, il semble difficile d’être plus aguerri que Felix Baumgartner. Il n’est donc pas impossible qu’il accroche ce nouvel exploit à son palmarès de performances toutes aussi spectaculaires qu’inutiles. Selon CBS, le mur du son et le record d’altitude pour un saut en parachute devrait lui coûter quelque 20 millions de dollars. On comprend la forte médiatisation qui accompagne le projet Red Bull Stratos.

Michel Alberganti

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La nuit sur Terre vue de la station spatiale internationale

Les images de cette vidéos proviennent de photos prises à bord de la station spatiale internationale, l’ISS. Il s’agit d’un exercice classique mais que le photographe Knate Myers réalise avec un talent de metteur en scène de film de science fiction. La musique de John Murphy extraite du film Sunshine contribue à la réussite de la vidéo. On pense souvent à 2001 L’Odyssée de l’espace, bien entendu, pendant les passages en accéléré. Et l’on découvre cette Terre nocturne embrasée par ce qui ressemble à des volcans en éruption crachant des torrents de lave. Les villes et leur éclairage tourné vers les étoiles… Et puis ces jeux de lumière dans l’atmosphère, aurores boréales prenant, vues de l’espace, des allures de sortilèges maléfiques. Enfin, la couche de l’atmosphère, dont la finesse et la fragilité surprend toujours. Un bon moment, donc, à quelque 400 km d’altitude, qu’il faut déguster plein écran et en 720p, après avoir attendu le chargement complet de la vidéo. Une patience récompensée par le spectacle.

Michel Alberganti

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La NASA teste son bouclier gonflable en forme de soucoupe volante

Que vous vouliez atterrir sur la Terre, Mars, Vénus, Titan ou même sur les géantes gazeuses comme Jupiter, Saturne, Uranus ou Neptune, voilà ce qu’il vous faut ! Ce bouclier gonflable de 3 mètres de diamètre ralentira et protégera votre vaisseau lors de son entrée dans n’importe quelle atmosphère ! Léger et peu encombrant, c’est la protection idéale ! Telle pourrait être l’argument publicitaire pour l’IRVE-3 (Inflatable Reentry Vehicle Experiment) si… ce nouveau produit pouvait concerner de nombreux acheteurs. Mais ce n’est pas vraiment le cas, surtout en ces temps de restrictions budgétaires pour l’exploration spatiale. Le nouveau bouclier de la Nasa en forme de soucoupe volante pourrait servir plus souvent à revenir sur Terre qu’à accompagner des missions lointaines.

Cela n’a pas empêché l’agence spatiale américaine de tester son nouveau matériel le 23 juillet 2012 avec un vol de 20 minutes dans l’atmosphère terrestre à la vitesse hypersonique de 12 230 km/h. Il aura fallu, tout de même, une fusée à trois étages Black Brant pour réalisé cet essai qui a permis, après 6 minutes de vol, de faire déployer le bouclier de 310 kg à environ 462 km d’altitude au dessus de l’océan Atlantique.

Le système de gonflage a injecté de l’azote dans l’IRVE-3 pour qu’il se déploie tel un champignon. Ensuite, le bouclier est sa charge utile ont plongé vers la Terre et ont traversé la couche d’atmosphère d’environ 120 km d’épaisseur. Les ingénieurs du centre de Wallops ont suivi les opérations grâce à 4 caméras embarquées pour vérifier le bon déploiement du champignon et le maintien de sa forme malgré la pression de l’air et la température élevée provoquée par le frottement de l’air.

L’IRVE-3 est ensuite tombé dans l’océan au large des côtes de la Caroline du Nord où un navire de l’US Navy devait le récupérer. La NASA a consacré trois années aux développement de ce premier bouclier gonflable et prévoit d’en fabriquer d’autres, de plus grande taille. Notons qu’elle indique que les matériaux utilisés se trouvent dans le commerce. Un gage d’économie même si le kevlar est largement mis à contribution. Les boucliers gonflables pourraient être utilisé par les vaisseaux qui font la navette entre la Terre et la station spatiale internationale (ISS), faute, pour l’instant, d’atterrissage sur des planètes plus lointaines. A terme, ils devraient permettre à de plus gros engins spatiaux de traverser l’atmosphère. D’ici là, gageons que leur forme va occuper les chasseurs d’OVNI…

Michel Alberganti

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Première décharge high-tech… sur Mars

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La Nasa vient de publier une nouvelle image de Mars à partir de plus de 800 clichés pris par la caméra du rover Opportunity. De Mars, on ne voit pas grand chose sur cette photo aux couleurs reconstituées et transformée en vidéo. En revanche, faute d’un drapeau américain comme sur la Lune, les traces des rovers et les débris de la mission d’exploration font penser à un embryon de décharge, certes high-tech. L’homme a donc vraiment imprimé sa marque sur la planète rouge…


M.A.

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Image: Les feux de forêt près de Colorado Spring

Les incendies de Colorado Spring analysés depuis l'espace

Le feu de forêt «Waldo Canyon Fire» a détruit près de 350 maisons en une semaine, depuis le 23 juin 2012, et provoqué l’évacuation de 36 000 personnes. Le satellite Pléiades 1A d’Astrium, lancé en décembre 2011, réalise des images avec une résolution de 50 cm. Retravaillée par les géo-experts d’Astrium, l’image ci-dessus permet d’étudier les zones protégées par des produits retardants, en particulier à proximité des habitations.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Et regardez les photos des incendies sur le Grand Format de Slate.fr

Michel Alberganti

 

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Manchots : deux fois plus nombreux

Manchot empereur en Antarctique

Exemples d'images utilisées pour le comptage par satellite.

Compter les Manchots empereurs est nettement plus délicat que de compter des moutons ou tout autre animal vivant sous des climats plus tempérés. Les célèbres oiseaux marins, eux, vivent en Antarctique où la température peut descendre à -50°C. C’est dire si l’opération est délicate. Les estimations de leur population variaient, jusqu’à présent entre 270 000 et 350 000.

Peter Fretwell, géographe au British Antarctic Survey, a décidé de prendre de la hauteur pour vérifier ces chiffres. Il a en effet utilisé des images prises par satellite à très haute résolution pour effectuer le comptage. Mais identifier des oiseaux, même s’ils mesurent jusqu’à 1,2 m pour un poids de 20 à 40 kg depuis l’espace n’est pas si facile. Peter Fretwell a donc été conduit à améliorer artificiellement la résolution des images grâce à une technique d’augmentation de la netteté. Ensuite, il a calibré sa méthode d’analyse à l’aide d’images prises par avion et de comptage au sol.

Par chance, le plumage en partie noir des Manchots empereurs se distingue bien sur la neige. Le géographe a facilement identifié les colonies existantes et en a compté 44 sur les côtes de l’Antarctique dont 7 étaient inconnues auparavant.  “Les méthodes que nous avons utilisées constituent une avancée considérable en matière de connaissance de l’écologie de l’Antarctique car elles permettent d’effectuer des recherches en sécurité et avec un très faible impact environnemental tout en estimant la population complète des Manchots”, indique Michelle LaRue, co-auteur de l’étude publiée dans le journal Plos ONE le 13 avril 2012.

Le résultat du comptage dépasse les attentes des chercheurs. “Nous sommes ravis d’voir pu localisé et identifié un aussi grand nombre de Manchots empereurs”, déclare Peter Fretwell. “Nous avons compté 595 000 oiseaux, soit presque le double des estimations précédentes. Il s’agit du premier recensement d’une espèce réalisé depuis l’espace”. De fait, la méthode devrait pouvoir s’adapter au comptage d’autres animaux. “Les implications de ce travail vont plus loin puisque nous disposons désormais d’une méthode économique applicable à d’autres espèces mal connues en Antarctique”, souligne Michelle LaRue.

Cette nouvelle technique pourra se révéler précieuse en cette période de réchauffement climatique affectant de nombreux animaux vivant dans ces régions, dont les Manchots empereurs qui voient leur habitat se réduire en raison de la fonte de la glace qui couvre le continent lors de printemps devenus plus précoces. Du fait de son coût réduit, le comptage par satellite devrait pouvoir être réalisé à intervalles réguliers afin d’analyser l’évolution des populations et mesure ainsi l’impact du changement climatique. La méthode a, toutefois, ses limites puisqu’elle ne fonctionne bien que sur un sol blanc, donc couvert de neige. A moins d’utiliser des images satellites prises en infrarouge. Mais, là encore, l’absence de végétation en Antarctique permet de visualiser plus facilement des animaux qu’au sein de paysages où ils peuvent être masqués par des arbres ou des abris. Le recensement des hommes par satellite se révélera donc nettement plus délicat…

Michel Alberganti

 

 

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La colère du Soleil épargne la Terre

Près de 3000 articles en langue anglaise sont répertoriés par Google au sujet de la tempête solaire qui s’est produite le 6 mars 2012. L’événement, considéré comme le plus puissant depuis 5 ans, pouvait dérégler les satellites, perturber le GPS et mettre en danger les réseaux électriques comme lors de la grande panne de 1989 au Québec. Après un voyage de 150 millions de km, l’onde de particules éjectée par le soleil dans l’espace a touché la Terre ce jeudi 8 mars et l’on craignait de nombreuses perturbations. La Terre, et surtout les terriens, sont devenus tellement dépendants de l’électricité et de l’électronique que les colères magnétiques du Soleil les mettent en grand danger. Or, que s’est-il passé ? Rien pour l’instant… Si ce n’est de belles aurores boréales comme il s’en produit lors que chaque orage solaire. Notre étoile semble sortir d’une période de sommeil et promet donc de nouvelles éruptions au cours d’un nouveau cycle de 11 ans qui devrait être marqué par quelque 200 orages solaires aussi puissants que celui du 6 mars, soit environ un peu moins de 2 par mois en moyenne. Gageons que les prochains événements de ce type déclencheront moins de tempête médiatique. A tort, peut-être. Car, visiblement, l’art de la météo du système solaire souffre des mêmes incertitudes que celle qui concerne la Terre. Il semble difficile de prévoir l’impact de telles tempêtes sur notre bouclier constitué par la magnétosphère terrestre. Pour l”heure, réjouissons-nous d’avoir échappé à la colère du Soleil.

Michel Alberganti

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Mars a du plomb dans l’aile

La planète Mars - Image NASA

Les projets sur Mars font les frais du projet de budget de la NASA proposé par Barak Obama pour 2013. Une décision d’autant plus significative que la somme totale reste pratiquement égale à celle de 2012, à 17,71 milliards de dollars, incluant 4,92 milliards de dollars pour le recherche scientifique. Pourtant, le nouveau projet comprend un désengagement de la NASA dans les missions martiennes prévues pour 2016 et 2018 en collaboration avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

Ainsi le budget 2013 alloué à l’exploration des planètes serait amputé pour passer de 1,5 milliards de dollars à 1,2 milliards de dollars. L’essentiel de la réduction viendra de la diminution du programme martien de 587 millions de dollars en 2012 à 360 millions de dollars en 2013. Les programmes vers d’autres planètes passent de 122 à 84 millions de dollars.

Un seul projet “phare” pour Mars

Charles Bolden, l’administrateur de la NASA n’a pas donné d’explications claires sur ce brusque changement de stratégie vis à vis des missions martiennes. “Nous développons une stratégie interne pour nous assurer que les prochaines étapes du programme robotique Mars Exploration soient en mesure d’atteindre les objectifs à long terme de l’exploration humaine de cette planète et ceux du challenge lancé par le Président d’envoyer des hommes sur Mars vers le milieu des années 2030”, a-t-il indiqué. Ce qui est sacrifié, c’est l’un des programmes “phare” concernant Mars. “Ces programmes sont coûteux et nous ne pouvons nous permettre d’en mener un second”, a précisé Charles Borden.

La collaboration avec l’Europe mise à mal

En revanche, il a refusé de confirmer que l’augmentation du coût autre projet phare, celui du James Webb Space Telescope (JWST), était à l’origine des sacrifices réalisés sur les missions martiennes. “Nous sommes engagés dans un ambitieux programme d’exploration spatiale. Les temps sont durs pour les budgets”. L’éventualité d’une mission alternative sur Mars, vers 2018 ou 2020, au moment où la planète rouge se trouvera dans une position favorable pour l’envoi d’un vaisseau sur son sol, n’a pas été infirmée.

Pour l’instant, la seule chose sûre, c’est que ce sont les projets communs NASA-ESA qui font les frais de la nouvelle affectation du budget de la NASA. Après l’arrêt des navettes vers la Station Spatiale Internationale (ISS), il s’agit donc là d’un nouvel accroc dans les collaborations internationales de la NASA.

Michel Alberganti

 

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Offrez-vous un tour de Lune en 2017

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Attention ! Il risque de ne pas y avoir de place pour tout le monde ! Déjà un ticket vendu et un deuxième sur le point de l’être. Mieux vaut donc réserver au plus vite. D’autant que l’offre n’a jamais été aussi bon marché. Quasiment du low cost ! Pour la bagatelle de 150 millions de dollars, vous pouvez vous offrir la Lune !  Ou, du moins, un tour de Lune. Le plus grand manège que l’homme n’ait jamais conçu. De la Terre à la Lune  avec visite de la face cachée et retour. Imaginez la tête de vos amis qui ne se seront payés qu’un naufrage sur Costa Cruises, n’auront “fait” que la Chine en 3 jours ou même qu’un Super Trail autour du Mont-Blanc. Vous, vous reviendrez de la Lune !!! Eux n’en reviendront pas, pour sûr.

Au delà des limites…

C’est ainsi que l’être humain est en passe de repousser le tourisme au delà des limites de l’atmosphère et, surtout, du ridicule. Déjà passablement absurde, l’activité consistant à survoler des pays à la chaine sur Terre pourrait atteindre de nouveaux sommets. Bientôt, avec le tourisme spatial, les plus riches pourront se payer un saut de puce dans l’espace, histoire de s’éblouir d’un flash de grand noir du cosmos. Et mieux encore, la Lune. Comme certains autobus pressés par un programme surchargé, le vaisseau spatial ne s’arrêtera pas. Impossible, donc, d’ajouter l’empreinte de vos semelles à celles de Neil Armstrong. Ce sera pour plus tard, sans doute. Pour l’instant, vous pourrez découvrir “The Dark Side of the Moon” rêvé par les Pink Floyd et filmée récemment par la NASA et admirer un inégalable lever de Terre. Le tout dans une apesanteur premier choix et grâce, sans doute, à un hublot panoramique, genre 3D en HD.

Pour 150 millions de dollars

Après les visionnaires qui ont acheté des terrains sur la Lune, voici ceux qui vont se se l’offrir en destination touristique. Preuve que les distractions sur Terre ne sont plus guère à la hauteur. De fait, l’offre y est assez pauvre. Pour 150 millions de dollars, on a plus rien. D’où l’aubaine offerte, non par quelque illuminé en overdose de Tintin et de Jules Verne, mais par la très sérieuse société américaine Space Adventures.

Son président, Eric Anderson l’a annoncé mercredi 1er février dans une vidéo publiée sur Youtube : le départ est programmé pour février 2017. Dans seulement 5 ans. Pourquoi cette date ? Dans sa mégalomanie astronomique, Eric Anderson ne craint pas de choisir une célébration assez douteuse sur le plan publicitaire. Il a en effet fixé la date de ce premier vol touristique circum lunaire afin de fêter les 50 ans du premier vol Appolo.

Les astronautes Chaffee, White et Grissom avant le drame - NASA

L’idée serait symboliquement forte si cette mission ne s’était tragiquement terminée. Avant le lancement prévu pour  21 février 1967, les trois astronautes d’Appolo 1, Virgil Grissom, Edward White and Roger Chaffee, firent un test le 27 janvier 1967, à Cap Canaveral. Un feu ayant pris dans le module de commande, les trois hommes sont morts brulés et asphyxiés, faute d’avoir réussi à ouvrir l’écoutille du module pour s’en extraire à temps. Ils sont été retrouvés gisant sur le sol ou encore assis dans leur siège, brulés au troisième degrés sur une partie importante de leur corps.

 

L’entreprise privée pour stimuler les Etats

Cinquante ans plus tard, espérons que les touristes ne penseront pas trop à cet anniversaire, l’un des plus noirs de l’histoire de la conquête spatiale américaine, au moment d’entrer dans leur capsule.  Eric Anderson semble déterminé à effacer cette date des mémoires en la remplaçant par celle du premier vol touristique sur la Lune. Comme s’il était besoin de justifier une telle activité, il estime, dans sa vidéo, que les futures réussites de Space Adventures raviveront les ambitions de l’homme dans l’espace. “Si une entreprise privée peut emmener des civils autour de la Lune pour quelques centaines de millions de dollars, cela redonnera aux États, qu’il s’agisse des États-Unis, de la Chine, de la Russie ou de l’Europe, le désir de faire encore plus grâce aux moyens dont ils disposent”, explique-t-il en substance.

Promesses de Lune

Newt Gingrich - Photo: Gage Skidmore

Ces déclarations arrivent à point nommé dans la campagne présidentielle. L’un des candidats à l’investiture républicaine, Newt Gingrich, a promis, fin janvier, d’établir une base lunaire avant la fin de son second mandat (ambitieux lorsque l’on est pas encore candidat au premier…). Son concurrent Rick Santorum a considéré qu’un tel projet, à environ 100 milliards de dollars, n’est pas économiquement réaliste. Cela n’empêche pas la Russie de dresser ses propres plans sur la Lune en lançant une sélection d’astronautes pour une mission lunaire avant 2020, comme l’a annoncé la Pravda le 2 février 2012. Preuve que l’espace fait encore rêver et que, dans certains pays au moins, il existe des budgets pour financer de tels projets.

Bien avant la réalisation de ces hypothétiques missions de reconquête de la Lune par l’homme, vous pourrez aller vous faire une opinion de visu grâce à Space Adventures. Vous partirez donc à bord d’un vaisseau russe Soyouz-TMA équipé d’un module d’habitation supplémentaire. Peu après, une seconde fusée sera lancée qui viendra s’amarrer au Soyouz dans l’espace. Imaginez le spectacle ! Grâce à ce coup de pouce, vous échapperez à l’attraction terrestre pour partir faire le tour de la Lune et admirer sans face cachée à 100 km d’altitude. Il vous reste 5 ans pour vous préparer et sans doute moins pour racler vos fonds de tiroirs afin d’acheter un billet aller-retour…

Michel Alberganti

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