Trogloraptor, l’extraordinaire araignée aux griffes de rapace

Découvrir une nouvelle espèce d’insectes ou d’arachnides est monnaie courante. Les scientifiques en connaissent un million et ils suspectent qu’il pourrait en exister 5 millions. C’est dire… En revanche, le nombre de familles, la catégorie qui se situe au dessus du genre et de l’espèce, est beaucoup plus faible. Or, un groupe de “scientifiques citoyens” (expression utilisée récemment pour la découverte d’une espèce d’insectes sur… Flickr) et d’arachnologistes de l’Académie des sciences de Californie a bien découvert une nouvelle famille d’araignées… dans des grottes du sud-ouest de l’Oregon. Le lieu, a priori, semble moins se prêter à ce type d’exploration que les forêts inhospitalières de lointaines contrées. Et pourtant !

La nouvelle venue, baptisée Trogloraptor, première représentante de la nouvelle famille des Trogloraptoridae, dispose de tous les attributs pouvant permettre de comprendre l’arachnophobie. En particulier, ses griffes fourchues rappellent fortement celles d’un rapace, d’où le nom de raptor. Difficile de ne pas penser aux Vélociraptors de Michael Crichton popularisés par  Steven Spielberg dans Jurassic Park. Seule sa taille, 4 centimètres de large, n’aurait pu lui permettre de prétendre au casting des dinosaures réincarnés. Mais grâce au microscope électronique, le spectacle est à la hauteur.

Les auteurs de l’article publié dans la revue en ligne ZooKeys le 17 août 2012, Charles E. Griswold, Tracy Audisio et Joel M. Ledford, notent que l’Amérique du Nord est une région riche en matière de diversité des araignées qui la peuplent. On y trouvent 68 familles, 569 genres et 3700 espèces différentes. La Trogloraptor s’inscrit dans la catégorie (clade) des Haplogynes et se rapproche de la famille des Dysderoidea.

Les chercheurs considèrent que la nouvelle famille qu’ils viennent de découvrir, Trogloraptoridae, est la plus primitive vivant aujourd’hui dans ce groupe. L’analyse de ses caractéristiques pourrait remettre en question leur compréhension de l’évolution des araignées au cours du temps. Pour l’instant, la géographie des lieux dans lesquels on trouve la Trogloraptor reste inconnue. Les chercheurs notent que cette découverte stimule la curiosité vis à vis de lieux dans lesquels les araignées sont plus souvent détruites qu’étudiées.

“Si une aussi grosse et étrange araignée a pu rester inconnue pendant si longtemps, qui sait ce qui peut rester tapi dans cette remarquable partie du monde”, concluent-ils. Ah! Ces Américains ! Toujours prompts à considérer leur pays comme la seule merveille de la planète. Mais, après tout, ce sont eux qui ont inventé Spiderman, il y a exactement 50 ans…

Michel Alberganti

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La glace de l’Arctique fond beaucoup plus vite que prévu

Un article publié dans le quotidien anglais The Guardian le 11 août 2012 révèle que 900 km3 de glace ont disparu de l’océan Arctique par rapport à l’an dernier. Cette donnée révèle un taux de perte de la calotte glaciaire 50% plus fort que celui que les scientifiques prenaient en compte jusqu’à présent. Ce constat provient des mesures effectuées par le satellite CryoSat-2 lancé par l’Agence spatiale européenne (ESA)en 2010, spécialisé dans le mesure de l’épaisseur des glaces polaires. Le volume de glace de mer dans la partie centrale de l’Arctique serait ainsi passée 17 000 km3 au cours de l’hivers 2004 à 14 000 km3 cet hivers, selon les mesures effectuées par le satellite.

Plus aucune glace en été

A ce volume réduit en hivers, s’ajoute une fonte plus forte en été. Seymour Laxon, chercheur du Centre pour les observations et les modélisations polaires (CPOM) à l’Université College London (UCL) qui traite les données fournies par CyoSat-2, indique que “les analyses préliminaires montrent que le taux de réduction du volume de glace en Arctique semble beaucoup plus élevé que prévu”. Selon The Guardian, il ajoute: “Très bientôt, nous pourrions vivre ce moment symbolique où, un jour d’été, les images satellites ne montreront plus aucune glace sur l’Arctique, juste de l’eau liquide”.

Moins 50% en 8 ans

Déjà, les glaces de mer en été sont passées d’un volume de 13 000 km3 en 2004 à 7 000 km3 en 2012, soit une réduction de près de 50% en 8 ans. A la vitesse de 900 km3 de glace fondue de plus chaque année, il faudrait moins de 10 ans pour atteindre la disparition totale des glace en été. Seymour Laxon a beau appeler à la prudence en raison du caractère préliminaire des résultats de CryoSat ainsi que d’éventuelles modifications de l’évolution du taux de fonte au cours des prochaines années, il est difficile de ne pas constater que ces nouvelles mesures vont dans le sens des précédentes. Toutes les prévisions concernant l’évolution de la calotte glaciaire arctique se sont révélées trop optimistes, c’est à dire qu’elles ont sous-estimé le phénomène, preuve que les modèles climatiques actuels ne sont pas bien adaptés au cas particulier des pôles.

Le spectre du méthane

Si les mesures de CryoSat-2 sont confirmées, elles sonneront une nouvelle fois l’alerte au réchauffement climatique. Mais il ne s’agira plus d’un problème pour les générations futures ou pour la fin du siècle. La disparition des glaces couvrant l’Arctique en été pourraient avoir des conséquences très importantes sur le climat et la météo des prochaines décennies. En effet, moins de glace induit un changement d’albédo de la surface terrestre qui favorise son échauffement (la mer ou la terre absorbent plus de chaleur que la glace dont la couleur blanche réfléchit les rayons solaires). Un réchauffement du pôle Nord réduira la différence de température avec l’Equateur ce qui influencera les grands courants aériens (jet stream) en rendant la météo plus instable. Le réchauffement de océans favorisera les relâchements dans l’atmosphère du méthane stocké au fond des océans. Or, le méthane a un impact beaucoup plus fort sur l’effet de serre que le CO2…

Si la glace de l’Arctique est un indicateur du réchauffement climatique, elle en est également un acteur important. Lorsque la Nasa a révélé que 97% de la surface des glaces du Groenland s’est mise à fondre en juillet 2012, certains ont pu comprendre qu’il ne restait que 3% de la surface couverte par les glaces. C’était faux, bien entendu, en 2012…

Michel Alberganti

 

 

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Premières images du théâtre d’opération de Curiosity


Après les premières photos assez décevantes prises par le rover Curiosity à la surface de Mars depuis son atterrissage, le 6 août 2012, voici enfin des images permettant de se faire une idée du théâtre des opérations du robot à 6 roues chargé de détecter des traces de vie passée sur la planète rouge. Ci-dessus, la vue en 3D du cratère Gale, reconstituée à partir de 3 images prises par des sondes en orbite autour de Mars (Mars Express, Mars Reconnaissance Orbiter et Viking) , montre l’ensemble du cratère de plus de 155 km de diamètre avec, en son centre le Mont Aeolis, haut de 5500 mètres.  Pour visualiser la position de Curiosity,  le point vert dans l’ellipse bleue de la zone d’atterrissage, il faut agrandir cette image en cliquant sur elle. Le rover se situe dans la partie basse, un peu à droite.


La zone qu’il va étudier pendant au moins  deux ans se trouve entre sa position actuelle et le Mont Aeolis. Grâce aux photos prises à la verticale par le satellite Mars Reconnaissance Orbiter, dont les couleurs ont été accentuées, nous découvrons (à gauche), le terrain que Curiostity va explorer. Cette bande de terre s’étend de la position du robot (partie haute de l’image) jusqu’à une zone située avant le début du Mont Aeolis (en bas) qui est donc invisible. On découvre le champ de dunes que le rover devra traverser et qu’il analysera.

La qualité de ces images (62 cm par pixel) nous plonge dans ce décor qui ressemble fort à celui d’un désert terrien. De quoi conforter ceux qui continuent à penser que l’exploration spatiale n’est autre qu’un film tourné par la Nasa sur notre Terre… Les autres pourront interpréter ces similitudes comme l’un des signes de parenté entre Mars et la Terre. Au fond, ces deux planètes sont telluriques et elles ont pratiquement le même âge (plus petite, Mars se serait formée plus rapidement que la Terre).

Curiosity va partir en quête d’une autre parenté : celle de la vie. Avant de perdre l’eau qui l’a recouverte, Mars a-t-elle été le berceau d’une quelconque forme de vie ? Le robot dispose des moyens d’analyse nécessaires pour faire une telle découverte qui serait l’une des plus importantes réalisées par l’humanité. Mais il lui faudra peut-être de la chance pour que ses outils dénichent cette preuve. Malgré l’absence d’hommes sur Mars, la mission de Curiosity s’annonce donc comme l’une des plus passionnantes de l’exploration spatiale.

Michel Alberganti

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Semachrysa jade: nouvelle espèce d’insectes découverte… sur Flickr

Il existe désormais un nouveau terrain de chasse pour les zoologistes et autres entomologistes : Flickr et tous les sites de publication en ligne de photos ou de vidéos. C’est là que, sans doute assis devant son écran, Shaun Winterton, entomologiste du département de l’agriculture de Californie à Sacramento, a découvert l’existence de Semachrysa jade, un insecte de la famille des Chrysopidae (ordre des Neuroptera). L’image en question a été prise par Hock Ping Guek, photographe animalier à Kuala Lumpur, dans une forêt de Selangor, en Malaisie, et publiée sur Flickr. Avec l’aide l’entomologiste Stephen J. Brooks, du Musée d’histoire naturelle de Londres, la découverte a été officialisée par une publication sur le site ZooKeys.

Scientifique citoyen

Dans le texte, Hock Ping Guek est présenté comme un “scientifique citoyen” élevé au rang de co-découvreur avec le concours de taxonomistes professionnels. L’appellation pourrait faire, en quelque sorte, jurisprudence s’il s’agit de sa première utilisation. En effet, comme dans le domaine de l’information où se développe une sorte de “journalisme citoyen”, la science peut tirer grand profit de ces nouveaux collaborateurs. Équipés de matériel de plus en plus proche de celui des professionnels, surtout dans les domaines de la photo et de la vidéo, ces amateurs souvent éclairés se transforment en auxiliaires d’autant plus précieux qu’ils sont nombreux et rigoureux. Après Wikipédia et les blogs, voici donc les photographes entomologistes. La beauté de Semachrysa jade parle d’elle-même. Merci à Hock Ping Guek de l’avoir mise en lumière.

Michel Alberganti

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Explosion du module d’atterrissage lunaire Morpheus lors d’un test

La scène ressemble à ces essais tragi-comiques des pionniers de l’aviation qui tentaient maladroitement de s’affranchir de l’attraction terrestre. Jeudi 9 août 2012, le module lunaire Morpheus s’est élevé de quelques mètres avant de basculer et de s’écraser au sol en prenant feu instantanément. Trois jours après le formidable succès de l’atterrissage de Curiosity sur Mars, la Nasa subit ainsi un échec cuisant… sur Terre. Preuve que le spatial n’est pas si simple qu’il y paraît lorsque tout se passe bien.

En quelques secondes, en raison d’une défaillance d’un composant électronique, selon la Nasa, le prototype du module d’atterrissage lunaire Morpheus, d’une valeur de 500 000 $, a été totalement détruit lors de son premier teste en vol libre. La Nasa ne semblait guère préparée à une telle éventualité comme le montre la vidéo ci-dessus. Il a fallu attendre plus de 2’30 et plusieurs explosions pour que les lances à incendie entrent en action. Décidément, le retour sur la Lune ne semble pas pour demain. On imagine l’impact médiatique d’un tel accident s’il était survenu avant le succès de Curiosity sur Mars…

Michel Alberganti

 

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Parfois, une bonne colère vaut mieux que le pardon et l’oubli

L’expression de la colère peut s’avérer nécessaire pour résoudre certains problèmes relationnels. Dans ce cas, il s’agit de faire le sacrifice d’un moment désagréable au profit d’un bénéfice à long terme pour la santé de la relation. Ainsi, pardonner et oublier ne serait pas la panacée pour faire durer un mariage. Telle est la conclusion d’une partie des travaux menés récemment sur la compréhension des raisons pour lesquelles certaines relations durent alors que d’autres échouent. Ces études tentent également d’évaluer l’impact de la qualité des relations intimes sur la santé.

La psychologie positive contestée

Le travail réalisé par James McNulty, psychologue de l’université de Floride, a été présenté au dernier congrès annuel de l’association américaine de Psychologie (APA) à Orlando. Il prend à contre pied une tendance dans la recherche qui, au cours des dernières années, a favorisé une approche positive de la psychologie assurant que le pardon, l’optimisme et la gentillesse pouvaient améliorer les relations après une sérieuse transgression. En analysant cette tendance, James McNulty est parvenu à des observations contradictoires. “J’ai constaté que les pensées et les comportements censés être associés avec le bien-être produisaient chez certaines personnes un effet inverse, en particulier chez celles qui ont le plus besoin d’aide pour parvenir au bien-être”, témoigne-t-il. D’où sa tentative d’évaluation du coût potentiel de la psychologie positive.

L’efficacité du pardon

Dans plusieurs études récentes, James McNulty a découvert que le pardon dans le mariage pouvait avoir des effets négatifs imprévus. “Nous avons tous fait l’expérience d’un partenaire qui transgresse les règles d’une relation à notre désavantage. Cela peut arriver si ce partenaire dépense trop d’argent, est infidèle ou n’est pas assez présent. Dans de telles situations, nous devons décider si nous sommes en colère et ne pas céder sur cette colère ou bien s’il est préférable de pardonner”. L’étude de James McNulty montre qu’une série de facteurs influence l’efficacité du pardon, y compris le degré de correction du partenaire fautif ainsi que la gravité et la fréquence de la transgression.

“Penser qu’un partenaire pardonnera conduit les personnes correctes à avoir moins tendance à offenser ce partenaire et les personnes incorrectes à l’offenser plus”, estime-t-il. Par ailleurs, la colère peut jouer un rôle important pour faire comprendre au partenaire indélicat que son attitude n’est pas acceptable. “Si ce partenaire peut faire quelque chose pour résoudre le problème qui, sinon, va continuer à affecter négativement la relation, des bénéfices à long terme peuvent résulter d’une suspension temporaire du pardon et de l’expression de la colère”.

En fait, comme bien souvent dans les recherches en psychologie, la conclusion de l’étude de James McNulty est frappée au coin du bon sens. “Ce travail suggère que les gens doivent être plus souples dans leur façon de traiter les problèmes qu’ils rencontrent fatalement aux cours d’une relation. Il n’existe pas de solution miracle, pas d’attitude ou de comportement unique dans une relation. Les conséquences de chaque décision que nous prenons dans nos relations dépendent des circonstances de chaque décision”.

La frontière de la colère…

Le bon sens a souvent du bon, même lorsqu’il semble enfoncer des portes ouvertes. En contestant certains postulats de la psychologie positive, James McNulty fait sans doute oeuvre utile. La réhabilitation d’une bonne colère, lorsque les circonstances la justifient, est probablement une bonne nouvelle pour ceux qui pouvaient trop se l’interdire. Mais la prudence du chercheur nous renvoie à la source du problème. Quand décider que la frontière de la colère est dépassée ?…

Michel Alberganti

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Remonter à la source d’une rumeur, d’une épidémie ou d’un crime

Avec Internet, les réseaux se sont complexifiés, par rapport aux relations hiérarchiques de la mafia par exemple, mais ils ont également la particularité de laisser des traces qu’il est possible de suivre pour peu que l’on dispose d’un outil mathématique capable de démêler l’écheveau des liaisons entre les protagonistes. Et cela peut s’appliquer, alors, aussi bien au crime, à une épidémie ou à une simple rumeur. Tel est l’objectif  de Pedro Pinto, chercheur à l’école polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) au sein du laboratoire de communication audiovisuelle. Le programme qu’il a mis au point fait l’objet d’une publication dans le journal Physical Review Letters du 10 août 2012.

Ecouter un nombre limité de membres

Prenons l’exemple d’une rumeur qui se propage sur Internet via Facebook. “Notre méthode permet de trouver la source de toutes sortes de choses qui circulent sur le réseau juste en “écoutant” un nombre limité de membres de ce réseau”, explique Pedro Pinto. Supposons qu’une rumeur à votre sujet touche 500 personnes sur Facebook. Qui est à l’origine de cette rumeur ? Pour l’identifier, il suffit d’observer les messages reçus par 15 de vos amis et de prendre en compte le facteur temps.“Notre algorithme peut retracer le chemin suivi par la rumeur et remonter à sa source”, affirme le chercheur. Cet instrument peut, de la même façon, détecter l’origine d’un spam ou d’un virus à l’aide d’un nombre limité de capteurs sur le réseau.

Egalement dans le monde réel

L’intérêt du système est renforcé par le fait qu’il fonctionne également dans le monde réel. Là, il peut traquer la source d’une épidémie comme le choléra, par exemple. “Nous avons testé notre algorithme sur les données d’une épidémie en Afrique du Sud”, indique Pedro Pinto. “En modélisant les réseaux d’eau, de rivières et de transports des hommes, nous avons localisé le lieu de la première infection en n’analysant qu’un faible nombre de village”. La technique aurait pu être très utile lors de l’attentat au sarin à Tokyo en 1995, lorsque le gaz mortel a été relâché dans les couloirs du métro de la ville, faisant 13 morts et un millier de blessés. “Il n’aurait pas été nécessaire d’équiper chaque station d’un détecteur car un simple échantillon aurait suffi pour identifier la source de l’attaque terroriste”.

La méthode de Pedro Pinto s’applique également aux conversations téléphoniques qui auraient pu être analysées avant l’attentat du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Une simulation a permis de le vérifier. “En reconstruisant les échanges de messages au sein du réseau de terroristes à partir des informations diffusées au public, notre système a fourni 3 noms de suspects potentiels, dont l’un était le maître à penser du réseau”, explique Pedro Pinto.

Stratégies de diffusion virale

Bien sûr, il faut tenir compte du fait que ces validations ont été réalisées a posteriori. Mais Pedro Pinto assure que sa méthode fonctionne de manière préventive. “En sélectionnant avec soin les points du réseau à tester, nous pouvons rapidement détecter une propagation d’épidémie”, assure-t-il. En dehors du domaine de la sécurité, ce système pourrait permettre aux publicitaires de mettre au point des stratégies de diffusion virale de leur message sur Internet et les réseaux sociaux. L’algorithme pourrait identifier les blogs les plus influents vis à vis de la cible visée et suivre comment les billets de répandent au sein de la communauté en ligne.

Liberté ou sécurité ?

Une telle technique devrait, à coup sûr, intéresser les services secrets ainsi que la NSA aux Etats-Unis qui passe son temps à tenter de discerner l’apparition d’une menace au sein de milliards de messages espionnés. Comme toute technique de surveillance de masse, son utilisation pourrait considérablement réduire les libertés individuelles. Surtout dans les pays totalitaires. Comme toujours, sécurité et liberté se retrouvent alors en concurrence. La technique développée par Pedro Pinto devrait toutefois rassurer ceux qui pensent que les réseaux sociaux et Internet sont les lieux privilégiés de tous les complots. Grâce aux mathématiques, le monde virtuel pourrait devenir aussi “sécurisé” que les rues vidéo-surveillées.

Michel Alberganti

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Moins mentir rend-il moins malade ?

Certaines études, plus que d’autres, donnent le sentiment de trouver ce qu’elles cherchent plutôt que d’apporter une nouvelle connaissance objective. Celle d’Anita Kelly, professeur de psychologie à l’université de Notre-Dame (dans l’Indiana, non loin de Chicago) et son collègue Lijuan Wang, porte tous les stigmates induisant une telle suspicion. Avec le risque, bien entendu, du doute infondé. Enfin, tout de même… Jugez plutôt.

L’étude qui a été présentée lors de la 120ème convention annuelle de l’Association américaine de psychologie (APA), s’intitule “la science de l’honnêteté”. “Nous avons trouvé que les participants ont pu réduire volontairement et considérablement leurs mensonges quotidiens et que cela a été associé avec une amélioration significative de leur santé”, explique Anita Kelly. Pour parvenir à ce troublant résultat, elle a fait appel à 110 personnes dont 35% d’adultes et 65% d’étudiants. Les âges de l’échantillon allaient de 18 à 71 ans avec une moyenne de 31 ans.

11 mensonges par semaine

Environ la moitié des participants ont accepté d’arrêter de dire des mensonges, aussi bien majeurs que mineurs, pendant une période de 10 semaines. L’autre groupe, utilisé comme contrôle, n’a reçu aucune instruction particulière au sujet du mensonge. Les membres de chaque groupe se sont rendus au laboratoire d’Anita Kelly chaque semaine pendant l’expérience pour des tests concernant leur santé et la qualité de leurs relations humaines ainsi que l’épreuve du polygraphe pour évaluer le nombre de mensonges, aussi bien majeurs que pieux, proférés au cours de la semaine écoulée. Anita Kelly note que la moyenne des Américains se situerait autour de 11 mensonges par semaine.

Au cours des 10 semaines, le lien entre la réduction du nombre de mensonges et l’amélioration de la santé s’est révélée plus forte chez les participants du groupe des “non-menteurs”. Par exemple, quand ces derniers disaient 3 pieux mensonges hebdomadaires de moins qu’auparavant, ils ressentaient, en moyenne, 4 problèmes psychologiques de moins, comme la tension ou la mélancolie, et 3 problèmes physiques de moins, comme les maux de gorge ou les maux de tête.

En revanche, lorsque les membres du groupe de contrôle disaient 3 pieux mensonges de moins, ils ne ressentaient que 2 problèmes psychologiques de moins et environ 1 problème physique de moins. Mais les résultats se sont révélés identiques en ce qui concerne les mensonges non pieux.

Le sentiment d’être plus honnête

Anita Kelly note que, en comparaison avec les participants du groupe de contrôle, ceux du groupe faisant des efforts pour moins mentir ont effectivement réussi à dire moins de mensonges aux cours des 10 semaines d’expérience. Vers la cinquième semaine, ils ont commencé à se considérer comme plus honnêtes. Lorsque les participants des deux groupes mentaient moins au cours d’une semaine, ils ressentaient une amélioration significative de leurs problèmes psychologiques et physiques.

Le rôle des interactions sociales

L’étude révèle également un impact positif sur les relations et les interactions sociales qui se révèlent facilitées en l’absence de mensonges. Lijuan Wang, statisticien, note que “l’amélioration des relations a un impact significatif sur l’amélioration de la santé liée à la réduction du nombre de mensonges”.

A la question de savoir s’il est difficile d’arrêter de mentir au cours des interactions quotidiennes, les participants ont répondu avoir réalisé qu’ils étaient capables de simplement dire la vérité sur leurs réalisations plutôt que de les exagérer tandis que d’autres ont déclaré avoir arrêté de donner de fausses excuses à leurs retards ou à leurs échecs. Enfin, Anita Kelly note que certains ont appris à ne pas mentir en répondant à une question délicate par une autre question ayant pour but de distraire l’interlocuteur.

Amen…

Il faut noter que l’université de Notre Dame, classée en 12ème position dans le top 100 des universités américaines par Forbes, a été fondée en 1842 par un prêtre de la congrégation de la Sainte Croix et reste une université catholique. L’étude d’Anita Kelly a été financée par la fondation John Templeton qui distribue environ 60 millions de dollars par an en bourses et financements de programmes de recherche. Cette fondation est souvent critiquée pour son soutien de travaux mêlant science et religion et accusée, malgré ses multiples dénégations, de collaborer au développement de l’Intelligent Design.
L’utilisation du Polygraph comme méthode de détection des mensonges concernant les mensonges peut sembler contestable.

Voici un remarquable court-métrage au sujet de l’utilisation de détecteurs de mensonges lors d’un entretien d’embauche :

L’absence d’un détecteur de mensonges n’est pas une garantie en matière d’entretien d’embauche comme nous le démontrent les incontournables Monty Python (cette vidéo n’a pas grand chose à voir avec le sujet de ce billet mais, bon, ce sont les vacances et l’on peut se permettre quelques libertés, surtout quand elles sont particulièrement drôles et délirantes…).

Michel Alberganti

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Curiosity sur Mars : objectif Mont Aeolis

A peine arrivé sur Mars, le robot Curiosity de la Nasa est à pied d’oeuvre. Son objectif final est là, devant lui. Une montagne de 5500 mètres de haut se dresse à l’horizon. Il s’agit du Mont Aeolis, le sommet situé au centre du cratère Gale dans lequel Curiosity s’est posé. En fait, ce Mont résulte d’une accumulation formidable des sédiments qui ont recouvert ce cratère de 154 km de diamètre vieux de 3,5 à 3,8 milliards d’années. Les sédiments qui constituent le pic central se sont accumulés pendant environ 2 milliards d’années.

A cette époque, le cratère a pu être situé au fond d’un lac où les sédiments se sont peu à peu accumulés. Jusqu’à le recouvrir complètement. Puis, l’épaisseur de la couche de sédiments a même dépassé sa profondeur (voir schéma à gauche). Ensuite, lorsque l’eau a disparu de la surface de Mars, les sédiments se sont érodés. Le cratère est réapparu mais il reste, en son centre, les vestiges des roches sédimentaires.

Ce scénario est une théorie pour expliquer l’existence du Mont Aeolis au centre du cratère Gale. Mais cette hypothèse, si elle se vérifie, sera très intéressante pour le travail de Curiosity. Les chercheurs de la Nasa espèrent en effet que le robot va faire des découvertes majeures en analysant certaines des couches qui composent le Mont Aeolis. Autant de témoignages de ce qu’était Mars il y a quelques milliards d’années… Si les sédiments se sont déposés lorsque Mars était couverte d’eau liquide, ils peuvent renfermer ses fameuses preuves de vie passée que la Nasa espère découvrir grâce à Curiosity.

Michel Alberganti

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Curiosity s’est posé sur Mars !

Lundi 6 août 2012

7h10 – Tension des grands jours dans le centre de contrôle de la mission au Jet Propulsion Laboratory.

7h13 – Premiers applaudissements – Le vaisseau est prêt à se séparer de l’étage de croisière.

7h15 – Soulagement lorsque la séparation est confirmée. Les sourires s’allument.

7h17 – Sept minutes avant l’entrée dans l’atmosphère. Les masses d’équilibrage du vaisseau sont éjectées.

7h20: 5 minutes avant l’entrée.

7h25: Début de l’entrée dans l’atmosphère de Mars – Tout va bien. Sourires sur les visages.

7h27: Contact avec la sonde Odyssée qui va relayer les signaux émis par  Curiosity après son atterrissage ! Applaudissements

7h29: Le parachute est ouvert !

7hh30: 6,5 km d’altitude – 90m/s

7h31: Séparation du parachute

7h32: Explosion de joie. “Curiosity s’est posé !!!”

7h34: Première image de Curiosity !!! “C’est la vraie! C’est la vraie!”

L'ombre de Curiosity sur Mars

7h37: Seconde image: “Vous pouvez voir. Incroyable. C’est fantastique !”

7h45: Le brouhaha continue dans le centre de contrôle.

7h47: Nous sommes sur le sol de Mars mais nous savons pas où.

7h48: La fête est finie. Tout le monde a repris sa place sans la salle de contrôle.

7h52: Arrivée des coordonnées de l’atterrissage.

La NASA vient de réaliser l’un de ses plus grands exploits: poser un robot de 900 kg sur la surface de Mars exactement comme prévu.

Michel Alberganti

Suivez l’événement sur la NASA TV

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