Questions autour du phénomène anti-vaccin

Jusqu’au 2 mai, c’est la semaine européenne de la vaccination. Une nouvelle fois, c’est sur le vaccin contre la rougeole (auquel sont associés les vaccins contre les oreillons et la rubéole, d’où l’acronyme ROR) que l’accent sera mis car la France n’arrive pas à se dépêtrer d’une épidémie qui a commencé en 2008 et ne cesse de prendre de l’ampleur, comme le montre le graphique ci-dessous, tiré d’un bilan effectué par l’Institut de veille sanitaire (InVS) :

Ce bilan indique que 14 500 cas ont été déclarés. Le nombre réel de cas est probablement bien supérieur. La principale raison expliquant pourquoi le virus court, au point que la France est accusée de contaminer ses voisins européens, tient à une vaccination trop parcellaire, que déplore l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pourtant, la vaccination n’est pas du luxe car la rougeole n’est pas bénigne : comme l’explique l’OMS, “les complications les plus graves dues à la maladie sont notamment la cécité, l’encéphalite, des diarrhées graves et la déshydratation qui s’ensuit, des infections auriculaires et des infections respiratoires graves comme la pneumonie. Jusqu’à 10% des cas de rougeole s’avèrent mortels chez les populations atteintes de niveaux élevés de malnutrition et ne pouvant recevoir des soins de santé adéquats.”

En 2010, sur les quelque 5 000 personnes touchées par la maladie en France, 30% se sont retrouvées à l’hôpital. Selon L’Express, la très grande majorité d’entre elles (95%) n’étaient pas vaccinées ou n’avaient subi qu’une seule injection alors que deux sont nécessaires pour être protégé. Depuis le début de l’épidémie, on compte également quatre décès. On sait par ailleurs qu’une vaccination de 95% de la population peut à terme permettre la disparition de la maladie comme c’est le cas en Amérique du Nord et du Sud. On est, en France, bien loin de ce chiffre puisque, selon les chiffres de l’InVS de 2005-2006, seulement 44% des enfants de 6 ans avaient été soumis à la double injection.

La question qui se pose donc est la suivante : si des pays moins riches et moins bien équipés sur le plan sanitaire que la France sont parvenus à se débarrasser de la rougeole, pourquoi n’y arrivons-nous pas ? Pourquoi la couverture vaccinale est-elle mauvaise ? Il y a bien sûr toujours une part de négligence, notamment dans le fait que beaucoup de parents se contentent parfois d’une seule injection alors que le calendrier vaccinal en prévoit deux, la première entre 9 et 12 mois, la seconde entre 12 et 24 mois. Mais cela ne suffit pas à expliquer le phénomène.

Etant donné que le ROR n’est pas obligatoire, mais simplement recommandé (ce qui en réalité devrait signifier “indispensable”), chacun est libre de vacciner ou pas ses enfants. Certains ne le font pas car ils pensent, à tort, que la rougeole est une maladie bénigne. D’autres parce qu’ils craignent les effets secondaires, alors que le rapport risque-bénéfice est clairement en faveur du vacciné. Autre raison que décrit Catherine Ducruet dans Les Echos, l’individualisme bien français qui aboutit au raisonnement suivant : « Je n’ai pas besoin de faire vacciner mon enfant, les autres le sont. » Enfin, comme le dit Didier Houssin, directeur général de la santé, cité dans le même article, « à la sous-estimation des maladies s’ajoute la perméabilité du public – mais aussi d’une partie du corps médical – aux médecines alternatives, voire aux courants anti-vaccination ».

Ce mouvement anti-vaccin est une réalité et il gagne du terrain aux Etats-Unis et en Europe. Pour ce qui concerne la France, le fiasco gouvernemental dans la communication sur le vaccin contre la grippe A/H1N1 en 2009-2010 n’y est sans doute pas étranger mais les racines de ce mouvement sont plus profondes. On se souvient notamment de la controverse, à la fin des années 1990, sur un éventuel lien, jamais prouvé, entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques. C’est à la même époque qu’une étude, dirigée par le chercheur britannique Andrew Wakefield, fait le rapprochement entre le ROR et des cas d’autisme. On sait aujourd’hui que ce médecin, qui touchait de l’argent de l’industrie pharmaceutique, avait délibérément falsifié ses données, raison pour laquelle personne n’était parvenu à reproduire ses résultats. Wakefield a depuis été interdit d’exercer la médecine. Mais le soupçon a mis une dizaine d’années à être lavé et, comme toujours dans ce genre de cas, le mal est fait et les médias ont été beaucoup moins bruyants lorsque le scandale s’est évaporé que lorsque l’article original est paru dans The Lancet

Le problème, c’est que cette atmosphère de soupçons et de rumeurs, contre laquelle il est déjà par nature difficile de lutter, est entretenue par un petit courant d’activistes anti-vaccins. Aux Etats-Unis, on y retrouve des promoteurs de médecines dites naturelles comme Mercola.com ou le National Vaccine Information Center. Tous les deux viennent d’ailleurs de s’offrir une campagne publicitaire sur un des fameux écrans de Times Square à New York, ce qui a provoqué un tollé dans le monde médical outre-Atlantique. L’égérie de ce mouvement est l’ancienne modèle de Playboy Jenny McCarthy, qui a vu un lien de cause à effet entre la vaccination et l’autisme de son fils. En France, pas encore de “célébrité” pour brandir le même étendard, mais un groupuscule recruté, comme l’a montré une enquête de Conspiracy Watch, chez les habitués des théories du complot, pour la plupart d’extrême-droite. Certains craignent que les médecins profitent de la vaccination pour injecter des puces sous la peau qui serviront aux juifs à prendre le contrôle de l’humanité, d’autres que les vaccins eux-mêmes soient des armes bactériologiques déguisées, le tout dans le but de réduire drastiquement le nombre d’humains sur la planète. Ce genre d’argumentation prêterait plutôt à rire mais, par la magie d’Internet, ces idées diffusent. Ainsi, une de leurs vidéos sur le vaccin de la grippe A/H1N1 a-t-elle été visionnée plus de 800 000 fois.

Chacun est évidemment libre de se faire vacciner ou pas. Ce que je crains cependant, et ce que l’on constate en partie avec cette épidémie de rougeole, c’est que ce genre d’élucubrations se nourrisse du rejet des experts auquel une partie de la société française s’adonne depuis quelques années. Nous sommes passés d’une image sans doute caricaturale où le progrès scientifique et technique allait apporter joie et prospérité à tous et où la figure du chercheur était respectée, car auréolée d’objectivité, à un autre extrême dont j’ai déjà parlé, une image où le savant joue les apprentis-sorciers au service secret de firmes industrielles puissantes qui le payent pour promouvoir les vaccins, les médicaments dangereux comme le Mediator, les téléphones portables aux ondes mortifères, le wifi, les OGM et les produits phytosanitaires, le nucléaire, les nanotechnologies et, maintenant, les sacrifices à faire pour lutter contre le réchauffement climatique. Tous ces produits de la science ne sont pas forcément inoffensifs. Mais pour évaluer leurs vrais risques, il faut s’informer sans sombrer dans la paranoïa.

Pierre Barthélémy

Petite mise au point : après la publication de ce billet et ma participation, sur le même sujet, à l’émission de Mathieu Vidard, la Tête au carré, beaucoup d’auditeurs et de lecteurs s’en sont pris à moi en m’accusant d’avoir fait un gros amalgame avec le mouvement anti-vaccination et d’être vendu à l’industrie pharmaceutique (tout comme certains m’ont accusé, gratuitement, d’être vendu à Areva lorsque j’ai dit que la catastrophe nucléaire japonaise n’aurait pas de retombée significatives en France). Lisez attentivement mon texte (que j’ai repris en très grande partie dans l’émission) et vous vous apercevrez qu’il n’en est rien. J’ai bien spécifié qu’il y avait deux choses différentes : d’un côté ceux qui pour X raisons, ne faisaient pas vacciner leurs enfants contre la rougeole et, de l’autre, ceux qui faisaient la promotion active et souvent délirante de l’anti-vaccination. Et j’ai bien dit que chacun était libre de ses propres choix mais que, pour ma part, je préférais les choix qui résultaient d’une analyse objective. Voilà. Alors, oui, je pense que le vaccin contre la rougeole est une bonne chose parce qu’en seulement dix ans, il a évité le décès de millions d’enfants dans le monde. En revanche, je ne me prononcerais pas sur le vaccin contre la grippe A/H1N1 parce que 1/ il a été fait très vite 2/ on a vu aussi, très rapidement, que la dangerosité de cette grippe n’était pas celle qui nous avait été annoncée. Donc, j’aimerais bien qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, parce que c’est pire que l’amalgame dont on m’accuse.

Pour ce qui est de ma “complicité” avec l’industrie pharmaceutique. Je dirais tout d’abord que si j’étais payé par cette industrie, je ne serais probablement pas à écrire des piges les jours et des billets de blog la nuit pour nourrir ma famille. C’est un premier point. Ensuite, l’angle de ce billet (qui n’est même pas un article, on est sur un blog), c’était d’exposer les raisons de la non-vaccination contre le virus de la rougeole et pas du tout d’enquêter sur les industries pharmaceutiques avec lesquelles je n’ai aucun conflit d’intérêt, pas plus que j’ai de conflit d’intérêt avec le nucléaire comme d’autres lecteurs l’ont soupçonné.

D’un autre côté, il est vrai qu’il me serait beaucoup, mais alors beaucoup plus facile, d’écrire des petits billets pleins de sous-entendus ironiques sur les potentielles collusions entre Big Pharma et l’Etat : pas besoin de lire des articles de recherche, pas besoin de dénicher de rapports et d’études, de les lire, des les mettre en lien. Non, juste du jus de crâne et c’est bâché en une demi-heure. Si c’est cela que vous cherchez, du café du Commerce qui ne fait pas mal à la tête et ne fait que conforter l’ère du soupçon généralisé, vous ne le trouverez pas ici. Parce que, de la même manière que je déteste qu’on m’accuse sans preuve, je déteste accuser sans preuve.

Un dernier point : c’est tellement facile et lâche, dans l’anonymat des commentaires, d’attaquer gratuitement ceux qui osent prendre la parole pour défendre publiquement la science quand elle assume correctement sa mission, que je commence à en avoir plus qu’assez de tous ces internautes soi-disant experts qui ne donnent jamais aucune référence, ne signent pas de leur nom et s’adonnent avec délices au dénigrement et à la diffamation quand ce n’est pas carrément de l’insulte. Je suis pour le débat à partir du moment où il se fait de manière équitable et cordiale. Les lecteurs ne sont pas obligés d’être d’accord avec moi, et heureusement d’ailleurs. Simplement, pour le dire, il faut qu’ils y mettent et les formes et des arguments valables parce que je déteste la mauvaise foi et les preuves bidon qu’on me balance sans arrêt.
Quant à ceux qui me disent qu’ils sont très déçus et qu’ils ne me liront plus parce que je n’ai pas lissé leurs convictions dans le sens du poil, c’est leur choix. De toute manière, il y a des années que j’ai réalisé qu’on ne prêchait que les convaincus et que ce genre de texte ne pouvait faire changer d’avis qu’à une fraction infinitésimale de la population. Il est des jours où je me demande encore pourquoi je les écris alors que je pourrais passer mon temps à flotter sur mes petits textes rigolos et sans conséquence. Mais c’est précisément parce que je m’en prends plein la tête pour pas cher que je persiste, parce que si un journaliste scientifique ne parle pas des gros problèmes auxquels la science est confrontée, personne ne le fera.


63 commentaires pour “Questions autour du phénomène anti-vaccin”

  1. […] votre enfant contre cette maladie très contagieuse. L'épidémie de rougeole qui sévit en …Questions autour du phénomène anti-vaccinSlate.frLa Semaine européenne de la vaccination en trois questionsMesVaccins.netLyon: Alerte rouge […]

  2. […] enfant contre cette maladie très contagieuse. L'épidémie de rougeole qui sévit en …Questions autour du phénomène anti-vaccinSlate.frLa Semaine européenne de la vaccination en trois questionsMesVaccins.netLyon: Alerte rouge […]

  3. assistante maternelle,j’ai eu le vaccin hepatite b,qques mois,premieres douleurs,puis le rappel,qques mois après,apres aggravation des premieres,retrouvée paralysée….resultats:sclérose en plaques,handicapée a vie,fauteuil roulant…64 ANS,depuis septans…….retraite révée! mais bien sur,NON RECONNU…..

  4. Pour les sceptiques, je suis moi même victime de ces sites pro-conspiration, anti-vaccins, catho-facho et négationnistes. En effet, mon père qui était un fervent écolo a, depuis mon départ du foyer parental, commencé à regarder ces sites et y croit maintenant dur comme fer. Et oui, selon lui, les vaccins sont le vecteur le plus efficace pour nous introduire des nano-puces etc. Sa paranoïa est telle qu’il prévoit bientôt une guerre mondiale et fait ses réserves d’eau et fait sa bouffe lui même.
    Il a même dit à ma mère qu’il regrettait d’avoir fait un fils avec elle (elle est Laotienne) car les métisses c’est le mal.
    Bref, pas de grands rapports avec ce dossier mais j’avais besoin de m’exprimer.
    PS: attention, je n’ai pas dit qu’être écolo c’était bien, ni qu’être catholique était directement associé au fascisme et que faire sa nourriture soi-même était pas bon hein :p)
    Être méfiant oui, sombrer dans la paranoïa non.

  5. Faudra qu’on m’explique un truc : selon l’OMS, la couverture vaccinale a augmenté en France et pourtant il y a une augmentation des cas de rougeoles (http://apps.who.int/immunization_monitoring/en/globalsummary/countryprofileresult.cfm).
    En matière de statistique, la corrélation entre vaccination et cas de rougeoles n’est donc pas du tout établie.
    Alors pourquoi cet article???
    Je précise que ma remarque n’indique rien sur des effets secondaires, sur une opposition aux vaccins ou autre.
    Le sens de mon propos est simplement de montrer que statistiquement, la recrudescence de rougeole ne peut être imputée à une baisse de la couverture vaccinale ! Il vaudrait mieux du coup chercher les vraies raisons de cette épidémie et effectivement se poser la question de l’efficacité réelle de ces vaccins.

  6. Bonjour

    Quelle objectivité !

    Plutôt que de dire que les anti-vaccins sont des hurluberlus qui croient que la vaccination permet d’injecter des puces, renseignez-vous sur les raisons scientifiques, puisque vous avez l’air d’apprécier la science !

    On voudrait ridiculiser les groupes qui mettent en avant les dangers de la vaccination qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

    Sachez que le problème du vaccin n’est pas sur le principe, mais sur le contenu : le fameux adjuvant. C’est un dérivé du mercure. Sachez que le mercure est interdit partout (sauf bien sur dans la bouche des gens via les amalgames, mais puisqu’on vous dit que ce n’est pas dangereux…) et que la France l’a classé dans les CMR (cancérigène, mutagène et reprotoxique).

    Alors bien sur, on nous dit que les doses sont minimes, mais à force de doses minimes, un bébé peut naitre déjà bien chargé en mercure car sa mère lui aura déjà donné une bonne dose (le mercure traverse le placenta). Sachez qu’on est déjà exposé au mercure en mangeant les gros poissons (saumons, thon…) en allant chez le dentiste (les dépose d’amalgame sont catastrophiques) et maintenant en cassant une ampoule basse consommation !

    Pourquoi sur la campagne de vaccination de l’an dernier il y avait des vaccins sans adjuvant pour les enfants et femmes enceinte ? mais parait-il ca marche moins bien alors…

    Évidement, nos supers scientifiques n’arrivent pas à comprendre les liens entre mercure, sclérose en plaque, certains cancers, alzheimer, fatigue chronique, fibromyalgie … et pourtant il doit y avoir des liens. J’en veux pour preuve ma compagne qui en a fait les frais ! Et qu’on vienne pas me dire que c’est psychosomatique car les labo français n’ont rien vu. Les labo allemand, eux, savent faire les analyses qui mettent en évidence un problème lié au métaux lourd ! (d’ailleurs l’Allemagne à interdit les amalgames et prend en charge les personnes qui ont des problèmes de santé lié aux métaux lourd)

    Attention, je ne suis pas entrain de dire que le mercure est la cause de tous les problèmes, mais c’est très certainement un facteur aggravant d’un bon nombre de problème de santé moderne.

    Voilà, en espérant que vous ferez des recherches sur le sujet avant de prendre parti aussi franchement.

    David

  7. @David : Il faudrait peut-être citer, pour éclairer notre lanterne, les études scientifiques sérieuses, publiées dans des revues à comité de lecture, qui appuient ce que vous dites. C’est aussi cela l’objectivité, citer ses sources.

  8. Très bon article, merci !

  9. Désolé, mais comme la totalité des médias, vous êtes complètement à “coté de la plaque” !
    Le problème qui se pose est une épidémie qui, en France, frappe des adultes.
    Même s’ils ont été vaccinés dans l’enfance, la protection du vaccin s’atténue avec le temps. Quand on veut réellement éviter une maladie (par exemple le tétanos) le principe est de faire, toute sa vie des rappels, tous les cinq à dix ans.
    Certes, le ROR est un vaccin “vivant”, mais il n’est pas “éternel”.
    Pour d’autres maladies virales, telle que la Varicelle, il n’est pas du tout exceptionnel que des parents en refassent “une deuxième” avec leurs enfants : il n’y a donc pas de protection “à vie”, ou du moins, comme toujours en médecine, des “exceptions qui confirment la règle”.
    La rougeole est redoutable pour les enfants malnourris, mais dans les pays occidentaux (bien nourris) cette maladie a un taux de complications (gravissimes) plus élevé chez les adultes.
    La solution serait donc de vacciner les adultes, mais le vaccin ROR est réservé aux enfants , chez qui il est bien connu pour donner des effets secondaires : on constate fréquemment une poussée de fièvre à 40°, plus rarement une éruption, une sorte de “rougeole atténuée”, avec le délai d’incubation habituel de dix jours.
    Il règne sur ce sujet une opacité totale, mais il semblerait que le vaccin soit “inutilisable” chez les adultes : il a du être essayé, mais on n’en parle jamais….La aussi, les effets secondaires ont du être beaucoup plus inacceptables pour les adultes ?
    La solution actuellement proposée est donc une tentative de réponse au fait qu’un vaccin ne protège pas toute la vie.
    Faire deux injections prolongera probablement un peu la durée d’efficacité du vaccin de notre présente génération d’ enfants, mais ne résout absolument pas le problème qui nous est posé.
    Et de toutes façons, nous n’en verrons les effets que dans une vingtaine d’années…

  10. @siddartha : désolé, mais c’est vous qui êtes à côté de la plaque : sur les 5000 malades de la rougeole en 2010 (dont beaucoup d’adultes qui sont, a priori, d’anciens enfants), 95 % n’avaient soit pas été vaccinés soit n’avaient eu qu’une injection. Les arguments que vous avancez ne concernent que 5 % des malades. Avant de lancer des accusations, on vérifie ses infos, merci.

  11. J’approuve sans réserve cet excellent article parfaitement argumenté qui dénonce avec raison l’acharnement irrationnel du lobby anti-vaccin intégriste qui combat le principe même de la vaccination, nie ou falsifie la réalité scientifique pour imposer ses thèses délirantes et voudrait nous faire retourner au Moyen Age !

    Comme tout traitement ou moyen thérapeutique, les vaccins peuvent évidemment entraîner des effets secondaires, le plus souvent bénins et malheureusement, dans certains cas, plus graves.

    Mais si l’on fait le rapport global bénéfices-risques depuis le début de la vaccination, il est incontestable que le nombre de vis sauvées par les vaccins est infiniment plus grand que les décès qu’ils ont provoqués.

    En outre, les vaccins sont de plus en plus surs et efficaces et les nouveaux vaccins qui seront disponibles d’ici quelques années, je pense notamment au vaccin contre ce fléau du paludisme qui devrait arriver en 2012, permettront de nouvelles avancés médicales majeures.

    La vaccination a déjà permis d’éradiquer complètement la variole en 1975 et nous sommes proches de l’éradication de la polio, grâce à un effort planétaire de vaccination contre cette maladie.

    Il faut aussi évoquer les vaccins “thérapeutiques” qui permettent de combattre certains cancers et commencent à donner des résultats remarquables

    Les vaccins resteront donc dans l’avenir une arme irremplaçable en matière de santé publique, n’en déplaisent aux obscurantistes et intégristes de toute nature.

  12. @ Daivid : justement, peu de chance que les les labos français aient décelé un problème psychosomatiques, vu qu’ils ne sont pas aptes à diagnostiquer psychologiquement des individus… Et finalement, vous êtes trop impliqué dans le sujet pour pouvoir critiquer l’objectivité de l’auteur de cet article.

  13. A mon tour d’être désolé que vous soyez désolé, et ne cherchons plus la plaque…
    Une rapide recherche sur internet n’ayant pas abouti, j’ai simplement retrouvé dans ma bibliothèque le petit livre rouge “Pédiatrie d’Urgence” de G.Huault et B.Labrune, publié chez Flamarion, 2ème édition , Novembre 1983.
    C’était la bible de tous les internes, et à l’époque on faisait une seule injection de Rouvax. Un travail de documentaliste devrait permettre de déterminer en quelle année la notion de “deuxième injection” est apparue.
    Et bien sûr, jusqu’à cette modification, 100% de la population n’avait qu’une injection ! (excusez moi, mais je vous ai trouvé un peu agressif dans votre réponse…)

    Je ne sais pas si mon message était clair, mais je vous le répète : vacciner la génération actuelle d’enfants n’apporte absolument pas de réponse ou de solution à une épidémie qui touche des adultes. Résultats dans vingt ans !
    Dans les dernières années, les cas de rougeole en France, c’étaient typiquement de jeunes adultes revenant d’un séjour dans des pays où la rougeole reste encore endémique, et ils peuvent aussi ensuite se contaminer entre eux.

    Mais surtout cette notion de “vaccination pour toute la vie” n’est qu’une spéculation et pour tout dire, un “cache misère” pour les vaccins dont on sait que les rappels à l’âge adulte comportent un risque d’effets secondaires nettement plus élevés : si vous êtes un tout petit peu objectif et informé, vous saurez que c’est le cas pour le vaccin Hépatite B (dans le cas contraire, je ne prendrai pas le temps de vous convaincre…)
    Et comme je l’ai écrit plus haut, je constate que le “ROR pour adulte” reste un sujet assez tabou : il n’est pas officiellement interdit, mais il est très peu “encouragé” !
    Sans rancune ?

  14. Bonjour
    4 morts par an, il y a urgence…

    La rougeole, comme beaucoup de maladies infantiles, affecte plus les adultes que les enfants. Que je sache, nous avons traversé les millénaires sans problème particulier vis à vis de ces maladies, alors pourquoi vacciner contre ce qui est anodin si ce n’est pour le portefeuille des actionnaires ?

    Les anti-vaccins ne sont pas assimilables à des fachos conspirationnistes, cet amalgame est insultant et inobjectif. Il y a des médecins qui ont publié des études très sérieuses sur les campagnes de vaccination BCG dans les villes minières de Sibérie qui montre que 50% de la population adulte a été pour le moins très affectée par cette vaccination (là ce sont des milliers de morts).

    Pasteur était un voleur de travaux bien en vue dans les salons. La baisse de la mortalité au début du 20ème siècle a été récupérée par les pasteuriens, alors que ce sont les avancées de l’hygiène qui en est la cause.

    Les lobby pharmaceutiques sont très fort pour étouffer tout ce qui les dérange et les études indépendantes ont beaucoup de mal à trouver des financements. L’épidémie de “scléroses en plaque” suite à la vaccination hépatite B est là pour l’attester.

    Je vous avoue être déçu par vos propos propagandistes, sous couvert d’informations scientifiques objectives vous prenez fait et parti pour ces chimistes qui nous empoisonnent à tous les niveaux.

    Je ne vous salue pas et ne vous lirez plus !

  15. @chondrina : vous faites ce que vous voulez et je suis désolé que la vérité vous choque. La vérité c’est qu’il n’y a AUCUNE raison objective de ne pas vacciner ses enfants contre la rougeole. Celle-ci n’a fait que quatre morts (et c’est déjà beaucoup trop si on se place du côté des familles des défunts) en France depuis 2008 mais, en réalité, en 2008, il y a eu 164 000 décès de la rougeole dans le monde. Vous trouvez que c’est assez, là ? Dix ans plus tôt, avant une intense campagne de vaccination, il y avait 733 000 par an. Soit autant que le nombre d’enfants nés en France en un an…
    Je n’ai pas dit que tous ceux qui ne faisaient pas vacciner leurs enfants étaient des fachos conspirationnistes : lisez-moi bien et vous verrez que cela ne s’adressait qu’aux quelques personnes qui font la promotion active de l’anti-vaccination en France.

  16. Article Interessant, mais attention a ne pas tout mélanger. le probleme de SEP qui s’est déclaré en France suite a la campagne de vaccination contre l’hepatite est un probleme serieux, grave, et dont les consequences n’ont pas finies d’etre evaluees. le vaccin est peut etre hors de cause, mais en attendant que ce soit prouvé, le principe de précaution reste.

    ne pas vacciner ses enfants contre la rougeole, c’est mal.

    qu’un gouvernement refuse de mettre a plat les responsabilité de chacun suite au grand nombre de scleroses en plaques declarees depuis la fin des annees 90, c’est mal, egalement.

    que les gens deviennent mefiants et paranoiaques vis a vis des vaccins n’a rien de surprenant. surtout apres l’affaire du H1N1 et des narcoleptiques de scandinavie.

  17. @Florent : deux études publiées dans le New England Journal of Medicine en 2001 ont totalement disculpé le vaccin contre l’hépatite B. L’ambiguïté est demeurée parce que le gouvernement français a choisi, contre toute logique, d’indemniser certaines personnes victimes de SEP alors que le lien de cause à effet n’était pas démontré.

  18. Je vous lis depuis un certain temps et vous ai écouté hier sur France Inter. Comme beaucoup de gens, j’ai été très désagréablement surpris par le ton accusatoire et l’amalgame douteux entre ceux qui doutent du bienfondé de la vaccination obligatoire et les quelques dangereux mythomanes qui déversent leurs délires sur la toile et ailleurs.
    Trouvant l’argumentation des autorités très discutable, j’ai fait partie de ceux qui ont refusé le vaccin contre la terrible grippe B et les évènements semblent nous avoir donné raison.
    Ma fille de 24 ans, pourtant vaccinée en bonne et due forme durant son enfance, a fait une rougeole cet hiver (elle doit faire partie des fameux 5% que vous évoquez).
    Sur le fond, la nécessité de la vaccination obligatoire, je n’ai pas d’idées arrêtées. Comme beaucoup, j’essaye de prendre mes informations à diverses sources. Mais en caricaturant toute opposition à la vaccination et en oubliant de relever la réalité du merchandising des laboratoires, vous perdez de la crédibilité. Parce qu’au bout du compte, sur toute votre intervention, à la radio comme sur ce blog, vous mettez le même soin à caricaturer les opposants à la vaccination qu’à éviter soigneusement d’émettre le moindre doute sur la probité des industries pharmaceutiques. C’est quand même un peu gênant.

  19. @Olivier : je n’ai fait aucun amalgame. Lisez attentivement mon texte et vous vous en apercevrez. J’ai bien spécifié qu’il y avait deux choses différentes : d’un côté ceux qui pour X raisons, ne faisaient pas vacciner leurs enfants contre la rougeole et, de l’autre, ceux qui faisaient la promotion active et souvent délirante de l’anti-vaccination. Et j’ai bien dit que chacun était libre de ses propres choix mais que, pour ma part, je préférais les choix qui résultaient d’une analyse objective. Voilà. Alors, oui, je pense que le vaccin contre la rougeole est une bonne chose parce qu’en seulement dix ans, il a évité le décès de millions d’enfants dans le monde. En revanche, je ne me prononcerais pas sur le vaccin contre la grippe A/H1N1 parce que 1/ il a été fait très vite 2/ on a vu aussi, très rapidement, que la dangerosité de cette grippe n’était pas celle qui nous avait été annoncée.
    Donc, j’aimerais bien qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, parce que c’est pire que l’amalgame dont vous m’accusez à tort.
    Pour ce qui est de votre dernier point : l’angle de ce billet (qui n’est même pas un article, on est sur un blog), c’était d’exposer les raisons de la non-vaccination contre le virus de la rougeole et pas du tout d’enquêter sur les industries pharmaceutiques avec lesquelles je n’ai aucun conflit d’intérêt, pas plus que j’ai de conflit d’intérêt avec le nucléaire comme d’autres lecteurs l’ont soupçonné. Je peux vous dire qu’il me serait beaucoup, mais alors beaucoup plus facile, d’écrire des petits billets pleins de sous-entendus ironiques sur les potentielles collusions entre Big Pharma et l’Etat : pas besoin de lire des articles de recherche, pas besoin de dénicher de rapports et d’études, de les lire, des les mettre en lien. Non, juste du jus de crâne et c’est bâché en une demi-heure. Si c’est cela que vous cherchez, du café du Commerce qui ne fait pas mal à la tête et ne fait que conforter l’ère du soupçon généralisé, vous ne le trouverez pas ici.
    Un dernier point (vous n’avez pas de chance, je n’ai rien de spécial contre vous, Olivier, mais c’est sur vous que ça tombe) : C’est tellement facile et lâche, dans l’anonymat des commentaires, d’attaquer gratuitement ceux qui osent prendre la parole pour défendre publiquement la science quand elle assume correctement sa mission, que je commence à en avoir plus qu’assez de tous ces internautes soi-disant experts qui ne donnent jamais aucune référence, ne signent pas de leur nom et s’adonnent avec délices au dénigrement et à la diffamation quand ce n’est pas carrément de l’insulte. Je suis pour le débat à partir du moment où il se fait de manière équitable et cordiale. Les lecteurs ne sont pas obligés d’être d’accord avec moi, et heureusement d’ailleurs. Simplement, pour le dire, il faut qu’ils y mettent et les formes et des arguments valables parce que je déteste la mauvaise foi et les preuves bidon qu’on me balance sans arrêt.
    Quant à ceux qui me disent qu’ils sont très déçus et qu’ils ne me liront plus parce que je n’ai pas lissé leurs convictions dans le sens du poil, c’est leur choix. De toute manière, il y a des années que j’ai réalisé qu’on ne prêchait que les convaincus et que ce genre de texte ne pouvait faire changer d’avis qu’une fraction infinitésimale de la population. Il est des jours où je me demande encore pourquoi je les écris alors que je pourrais passer mon temps à flotter sur mes petits textes rigolos et sans conséquence. Mais c’est précisément parce que je m’en prends plein la tête pour pas cher que je persiste, parce que si un journaliste scientifique ne parle pas des gros problèmes auxquels la science est confrontée, personne ne le fera.

  20. @Pierre BArthélémy : Je fais partie de ceux qui vous ont écouté sur france Inter et j’apprecie votre mise au point car je n’étais pas sûr d’avoir bien compris ce que vous disiez. Dans notre monde de l’individualisme forcené, plus personne ne supporte les voix discordantes comme la vôtre, qui parlent du bénéfice que la société peut tirer d’une somme de comportements individuels intelligents (cf la vaccination). On préfère ceux qui croient comme nous et on se réfugie dans un communautarisme de croyance (et surtout pas de pensée…) hermétique à toute intrusion extérieure. Vous n’avez donc pas à vous en faire : ces gens-là ne viendront plus vous voir, vous êtes trop différent d’eux ! Mais rassurez-vous, il existe encore des lecteurs qui acceptent la différence, qui ne seront pas d’accord avec vous mais l’exprimeront correctement.
    Sur la non-vaccination, je ne suis pas personnellement favorable à ce que tous les vaccisn deviennent obligatoires. En revanche, je suggère de faire payer l’hospitalisation de ceux qui sont malades de ne pas s’être fait vacciner. Au moins, il y aura une cohérence.

  21. @ Pierre Barthélémy.
    Je veux bien vous avoir mal lu, mais alors permettez-moi de vous retournez la remarque.
    Je ne vous accuse pas de collusion avec Big Brother ou qui que ce soit, pas plus que je ne parle d’article mais bien d’intervention à la radio et sur ce blog. Je ne vous dis pas être déçu ou renoncer à vous lire et je n’ai pas l’impression d’avoir écrit le moindre propos diffamant. Je vous fais simplement part de mon étonnement quant au ton de vos interventions sur ce sujet tout en précisant que je n’ai pas d’idées arrêtées sur le bienfondé ou non de la vaccination obligatoire.
    Une fois les choses remises à leur place, je persiste à penser qu’en essayant d’analyser un peu plus les raisons de la désaffection populaire pour la vaccination et du doute grandissant que suscitent les affirmations de certains scientifiques (à tort ou à raison), votre propos aurait été certainement plus intéressant et probablement plus convaincant.

    Quant aux suggestions de Bigoudi, je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer…

  22. @Olivier : je suis désolé : comme je vous l’ai dit, votre commentaire est tombé au moment où le vase n’attendait plus qu’une goutte pour déborder. Ce que vous m’avez dit est tout à fait courtois et pondéré et mon commentaire avait une portée plus générale qu’une réponse aux points particuliers que vous évoquiez. D’ailleurs, j’en ai repris une grande partie pour la mettre dans une mise au point que vous avez peut-être vue.
    Encore une fois, il ne s’agit que d’un blog. Je ne suis malheureusement pas payé pour faire des enquêtes approfondies mais je vous suggère d’écrire à Slate pour me rétribuer en ce sens 😉
    Les raisons de la désaffection sont multiples et j’en ai cité plusieurs. Peut-être faut-il ajouter, à la lumière de ce que j’ai entendu depuis hier, une atmosphère de soupçon encore plus dense que je ne le croyais pour toutes les formes d’autorité ou d’expertise et le fait que, plus que jamais, tous les avis se valent à partir du moment où ils ont la moindre exposition médiatique. Et quand je dis exposition médiatique, je parle aussi bien d’une vidéo amateur sur Youtube, d’un reportage à la télévision, d’un post sur un blog, etc. Bigoudi a raison sur un point : ceux qui croient à quelque chose, envers et contre tous, trouveront désormais toujours une niche médiatique, même minuscule, qui renforcera leur croyance et montrera que le monde extérieur conspire à faire croire le contraire. Ce qui me désole, c’est que donner des chiffres et des faits ne convainc plus personne aujourd’hui car il se trouvera toujours quelqu’un pour dire qu’ils sont truqués. Il y a des jours comme ça où je me dis que je devrais changer de boulot et m’occuper de la rubrique people… J’aurais au moins le plaisir d’aller à Londres pour parler de la robe de mariée de Kate. Enfin, bon, je ne sais pas : peut-être m’accuserait-on d’être payé par telle ou telle grande maison de mode.

  23. Bonjour,

    Excellent billet. Le mouvement anti-vaccination est un vrai danger pour nos enfants. Et il faut que cela se sache!

    Sceptiquement vôtre,

  24. @ Pierre Barthélémy,

    Vous savez, il ne faut pas vous décourager pour si peu. Nous avons besoin de gens comme vous qui décryptent les informations scientifiques. En tout cas, j’en ai personnellement besoin, n’ayant ni le temps ni les connaissances suffisantes pour le faire moi-même. Alors je peux critiquer le ton d’une intervention ou avoir l’impression d’un parti-pris trop prononcé, tout comme il m’arrive de le faire en lisant les magazines comme Science & Vie ou Science & Avenir, ça ne m’empêche pas d’y revenir dans la mesure de mon temps disponible car c’est quand même intellectuellement plus satisfaisant d’essayer de comprendre le monde dans lequel nous vivons.

    Quant à la défiance vis à vis des experts, que voulez-vous, il s’est quand même trouvé des scientifiques pour nous expliquer que le nuage radioactif généré par la catastrophe de Tchernobyl s’était arrêté à nos frontières, d’autres nous ont décrit la grippe B comme la peste (je prends volontairement des exemples extrêmes, mais nous pourrions parler des nombreux conflits d’intérêts de scientifiques qui sont rémunérés par des groupes privés tout en siégeant parallèlement dans des commissions “indépendantes” censées agir pour le bien commun). Dès lors, comment voulez-vous créer un climat de confiance ? Remarquez que le même phénomène touche le monde politique. À force de petits arrangements entre amis, de moins en moins pudiques, de connivences douteuses affichées, le monde politique entretient lui-même un climat de suspicion qui pourrait avoir de graves conséquences.
    La solution ? Peut-être faut-il que les vertueux, car je veux croire qu’il en reste plus qu’on ne le dit en science comme en politique, élèvent la voix clairement, quitte à y perdre quelques amitiés.
    Bonne continuation.

  25. @Olivier : merci pour vos encouragements. Le problème, c’est que le “pour si peu” n’est pas si petit que cela. Aujourd’hui c’était la vaccination, hier le réchauffement climatique ou la datation du suaire de Turin au carbone 14. Certes, à mon petit niveau ce n’est pas grave et je ne devrais pas le prendre autant à coeur. Mais quand on voit que quelqu’un qui est président des Etats-Unis est obligé de faire une conférence de presse pour montrer son certificat de naissance et faire taire des rumeurs idiotes, il y a de quoi se poser de graves questions sur la manière dont s’informe la société. Voilà ce qu’a dit à ce sujet le porte-parole de la Maison Blanche et cela résume très bien ce que je pense : “There are no more arbiters of truth. So whatever you can prove factually, somebody else can find something else and point to it with enough ferocity to get people to believe it. We’ve crossed some Rubicon into the unknown.” En français, cela donne ceci : “Il n’y a plus d’arbitres de la vérité. Alors peu importe ce que vous pourrez prouver factuellement, n’importe qui d’autre pourra trouver autre chose et le montrer avec suffisamment de férocité pour que les gens y croient. Nous avons franchi le Rubicon vers l’inconnu.”

  26. http://jid.oxfordjournals.org/content/early/2011/04/25/infdis.jir115.full

    Sur le cout d’une épidémie de 14 cas de rougeole hospitaliére ,importée aux USA : 800 000 dollars pour juguler cela.

    J’ai découvert votre blog il y a peu. Ne changez rien. :-).
    Je comprends parfaitement votre lassitude.

  27. Eh bien moi j’aime bien ce billet et votre blog en général. Je l’ai, tout comme topol, découvert il y a peu. Vos sujets sont toujours bien documentés, originaux et souvent remplis de petites touches d’humour qui le rendent très agréable à lire.

    Ca faisait un moment que je cherchais un blog comme celui-ci. Vous me comblez.

    Bonne continuation

  28. Intéressant, merci. J’attends une petite fille qui doit naître dans 1 mois, et ça m’a rappelé de faire faire ses rappels de vaccin au papa, idem pour moi qui n’avait rien fait depuis 10 ans après la naissance.

    Quant à ma fille, elle aura ses vaccins obligatoires et le ROR. J’avais entendu parler de cet amalgame autisme-ROR, de la part de gens qui effectivement ont pris au mot “l’étude” de Wakefield et ne l’ont pas fait faire à leur enfant.

    L’hystérie et la parano ambiantes me fatiguent, tout comme vous j’imagine.

    Merci pour cet article.

  29. @ pierre.
    Je partage votre avis ( et vos inquietudes ) sur la maniére dont s’informe ( et est informée) la societé, ainsi que sur le fait que tout le monde devient ” expert”. J’étais egalement ulcérée par cette histoire de certificat de naissance du président Obama.

    Coté ” sciences” :
    Une phrase bien balancée,lancée par la presse ou les infos TV, peut etre reprise en coeur, par beaucoup de gens qui ne penseront pas à essayer de vérifier l’info, et/ ou son degré de fiabilité ( d’expertise ) ou ne pourront pas le faire pour X raisons.

    Du genre : les vaccins antigrippe pandémique 2009 ont été fabriqués trop vite, mal fabriqués, pas de recul.
    Nous avons assisté à une campagne de dénigrement assez fantastique, alors que les premiers articles vacinologiques venaient à peine de sortir en septembre 2009.
    La chronologie, le fait que ces ” infos” soient sorties en meme temps dans beaucoup de pays,me fait penser à une orchestration. ( On en deviendrait un peu parano, pour le coup )
    Car, ces vaccins auraient pu , tout compte fait , être dénigrés bien avant, tranquillement, pendant l’été..( le procédé de fabrication étant connu , la seule chose qui ait changé était la souche utilisée et un peu d’adjuvant pour certains de ces vaccins ).
    Par ailleurs, quand l’OMS fait changer une ou deux souches virales dans le vaccin antigrippal saisonnier et le signale haut et clair, personne ne s’émeut.
    Dans le même ordre d’idée, les études sur le guillain barré post vaccinal ou post grippal ne datent pas d’aujourdhui, et il est bizarre que la menace du guillain barré post vaccinal, ait été brandie d’un seul coup, en septembre..
    Nous avons entendu tout et n’importe quoi… Cela me laisse trés perplexe.Ce qui m’a rassurée par contre, est la rapidité de réaction de la communauté scientifique internationnale qui a partagé en ligne ses données virologiques, immunologiques, réanimation, épidémiologiques. Un travail gigantesque a été effectué ( et se poursuit).

    Ne lachez rien, des blogs en francais comme le votre sont trop rares…

    un texte trés bien: datant de 2003,sur le vaccin contre l’hépatite B, à partir de la page 55, expliquant la réaction francaise contre ce vaccin, qui est assez singuliére.
    http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/034000441/0000.pdf
    petit extrait :

    L’hépatite B est un modèle remarquable pour tenter de comprendre comment,
    avec autant d’arguments scientifiques dans le pays dans lequel les experts sont les plus
    nombreux, les décisions prises au niveau politique et judiciaire sont tellement distantes
    du point de vue des experts. La mise en cause de l’objectivité des experts scientifiques
    a été faite par la presse du fait de leurs relations avec l’industrie (or il est impossible
    de travailler sur les vaccinations sans avoir de rapport avec l’industrie du vaccin). Dans
    ces conditions, tous les spécialistes du vaccin ont été exclus de principe des réflexions
    puisque suspects d’être achetés par l’industrie.

    Cette vision manichéenne est imposée
    par les groupuscules anti-vaccinaux qui amènent à penser que l’on ne peut être que
    contre les vaccins ou achetés par l’industrie vaccinale. Le Ministère de la Santé n’a pas
    eu, après la crise de 1998, une attitude pragmatique et rationnelle.

  30. Bonjour Pierre Barthélémy

    Je sais que vous êtes venu sur mon blog hier soir. Vous n’avez pas passé mon commentaire qui expliquait pourtant pourquoi nous en sommes là aujourd’hui avec la rougeole même si on peut mieux préciser les choses mais je voulais faire court.

    C’est votre droit le plus strict et je le respecte. Sur mon blog les commentaires ne sont pas modérés et je ne supprime que ceux déposés en rafales par des robots, ça arrive parfois.

    Vous pouvez venir critiquer et contester ce que j’y écrit, en particulier sur la rougeole, votre commentaire restera en place.

    Votre décision de ne pas publier mon commentaire strictement technique m’éclaire évidemment sur vos objectifs mais cela restera entre-nous, je n’en ferai pas état. Seuls les aspects techniques m’intéressent. Je ne m’occupe pas des personnes.

    J’ajoute en annexe certaines propriétés mises en évidence par des études dans différents pays sur les comportements du vaccin contre la rougeole. A vous de décider si avec un tel outil on peut raisonnablement envisager d’éliminer la rougeole de façon durable. En France on était descendu à moins de 40 cas déclarés par an mais …la France est en contact avec l’Afrique…

    Pour avoir une petite chance il aurait fallu une stratégie mondiale imposant de commencer par les pays les plus difficiles et en terminant par les plus faciles alors qu’on a fait l’inverse. (Il fallait interdire aux pays les plus faciles de mener de grandes campagnes de vaccination trop tôt, oui, oui !)

    Ainsi on a crée une situation “impossible”. Il était impératif que tous les pays du monde terminent en phase afin d’éviter que les plus en retard soient des sources de contamination pour les autres. Les possibilités d’éliminer la rougeole par le vaccin actuel sont sans doute déjà derrière nous en raison d’une précipitation engendrant une erreur stratégique majeure au niveau mondial.

    Bien cordialement

    Bernard Guennebaud mathématicien réserviste (mais comme c’est la guerre …)

    ANNEXE

    Extraits d’une thèse relatant de nombreuses études sur la vaccination contre la rougeole (Grenoble 2002) [1] :

    “Une épidémie de rougeole s’est déclarée aux États Unis dans une population où 99% des enfants avaient été vaccinés (Gustafson; 1987). Ces échecs peuvent s’expliquer quand le vaccin est administré aux enfants de moins de 12 mois (Shaby, 1977) en présence des anticorps maternels contre la rougeole (Barrata, 1970). On estime que ces anticorps ont généralement disparu à 12 mois mais ils persistent encore plusieurs mois chez certains enfants et diminuent l’efficacité de la vaccination. Le taux de décroissance des anticorps maternels est inversement corrélé au niveau socioéconomique.

    La rougeole qui sévit dans les populations vaccinées est différente de la rougeole classique. Elle présente parfois des formes asymtomatiques ou des signes cliniques atténués. Le diagnostic clinique s’avère très difficile, ce qui augmente considérablement le nombre de personnes malades qui échappent au diagnostic. Le virus de la rougeole peut alors circuler sans être détecté dans une population vaccinée, ce qui augmente faussement l’estimation de l’efficacité de la vaccination (Orenstein 1988).”

    “Plusieurs études mettent en évidence une diminution significative du taux d’anticorps avec le temps. Paradoxe entre la grande efficacité du vaccin contre la rougeole et l’apparition des épidémies soutenues au sein des populations vaccinées. Il existe une différence d’antigénicité significative entre certaines souches sauvages et les souches vaccinales, qui rend les premières plus résistantes aux anticorps induits par la vaccination. De telles souches seraient à l’origine de l’infection observée dans les populations vaccinées (page 130). Le passage du virus de la rougeole dans les populations vaccinées exposerait le virus à une immunosélection et à la production de variants qui seraient éventuellement moins efficacement neutralisés par l’immunité induite par le vaccin (page 76).”

    “Les mères immunisées par la vaccination ont peu d’anticorps et sont donc prédisposées à transmettre un faible taux d’anticorps à leurs enfants (Markowitz, 1996 ; Zanetta, 2002). Les enfants nés de mères vaccinées perdent plus tôt leurs anticorps maternels et sont donc susceptibles à un très jeune âge.”

    “La vaccination ROR induit des taux de séroconversion plus faible chez des enfants âgés de 15 à 18 mois, enrhumés, par rapport à des enfants non enrhumés (Pabst, 1992 ; Maldonado, 1995). En Chine, on a observé une diminution des anticorps pendant les quatre années suivant l’administration du vaccin. Huit ans après la vaccination, 12,9% des sujets n’avaient pas d’anticorps détectables (Xiang & Chen, 1983).”

    “Le VIH augmente la transmission du virus de la rougeole et empiète sur les efforts d’éradication de cette maladie :

    la prévention est entravée par l’immunogénicité réduite du vaccin contre la rougeole chez les personnes infectées par le VIH. (Oxtoby,1989). La période de contagion est rallongée chez les sujets immunodéprimés (plus de 45 jours).”

    “Au regard de toutes ces études,nous pouvons dire que l’immunité acquise par le vaccin contre la rougeole semble être un continuum, allant d’une protection totale et durable à une protection minimale ou nulle, en passant par une protection partielle ou temporaire. Cette flexibilité de la réponse immunitaire est responsable de la circulation occulte du virus de la rougeole dans la population vaccinée.”

    [1] http://hvd.ens-lyon.fr/human_virology_dpt/teams/gs_immunoviro/theses/these-diane-waku/attachment_download/file

  31. @Bernard Guennebaud : je n’ai pas passé votre précédent commentaire car il balançait des affirmations sans référence et ça me saoûle. Là il y a des références. Du coup, les lecteurs peuvent aller vérifier pour voir 1/ s’il s’agit de références sérieuses ; 2/ si vous les citez à bon escient, ce qui est au moins aussi important.
    On peut notamment s’apercevoir que votre lien ne mène nulle part…
    On voit également bien où vous voulez en venir : comme la plupart des vaccins, le ROR n’est pas efficace à 100 % pour différents facteurs, que vous ne citez pas tous. Mais ce que vous oubliez de dire, c’est que, contrairement au BCG, qui a eu son utilité en un temps où la tuberculose faisait des ravages, son efficacité est suffisante pour que le rapport risque/bénéfice soit favorable à la population. En affirmant que l’efficacité du vaccin baisse avec le temps, ce qui est loin d’être prouvé de manière significative (voyez notamment ici, , ), vous insinuez qu’il vaut mieux ne pas vacciner et que les anticorps maternels feront le reste. C’est une erreur grave car, au bout de six mois, 95% des bébés ont perdu ces anticorps (voir ici). Le tout mène donc à un amalgame insultant pour les chercheurs que vous citez en les manipulant. Il y a notamment Walter Orenstein dont je vous recommande le texte suivant et notamment ce qu’il dit sur le vaccin contre la rougeole, dont il se félicite de l’efficacité aux Etats-Unis : http://www.hhs.gov/asl/testify/t011127.html
    Je ne suis pas sûr qu’il apprécierait que ses écrits soient réutilisés de la sorte.
    Je vous redonne aussi les chiffres de mortalité de la rougeole de l’OMS parce que seul cela compte : 164 000 décès en 2008, 733 000 dix ans plus tôt, avant un grand effort de vaccination. Plus de cinq millions de vies sauvées. Ou alors l’OMS ment et a établi un complot mondial pour faire croire à l’efficacité de la vaccination et remplir les poches de l’industrie pharmaceutique…
    Voilà, j’ai fait l’effort de passer votre commentaire alors que je répugne à participer à la diffusion d’informations douteuses et/ou de mensonges patents. J’ai eu exactement le même type de réactions avec la datation du suaire de Turin ou les données sur le réchauffement climatique. Vous illustrez à merveille ce que je disais dans un précédent commentaire : quoi qu’on prouve avec des faits, avec des chiffres, il se trouvera toujours quelqu’un pour réinterpréter les choses et tenter de leur faire dire le contraire.

  32. @P. Barthélémy : Courage ! Continuez ! Trop peu de journalistes luttent contre l’obscurantisme pour que vous baissiez les bras.

  33. pierre barthelemy ,je vous lis assez souvent et touours avec plaisir ,que vous soyez amusant ou serieux vous etes toujours interressant.aujourd hui vous m avez demontrez que tous les vaccins ne sauraient etre considerer sur le meme plan ,chose qui ne m avait pas effleurée l esprit auparavant.
    Vous etes un vrai journaliste scientifique comme on aimerait en avoir plus sur des media plus generalistes et je n ai jamais douté de votre independance ,ce qui me parait evident lorsqu on vous lis.courage ! les facheux ne passeront pas!!!

  34. Cher Monsieur

    Je pense qu’il ne faut pas s’emballer ni juger trop vite !

    Vous avez raison sur un point, le lien ne fonctionne pas ou plutôt ne fonctionne plus. Je ne l’ai évidemment pas inventé pas plus que la thèse soutenue par une jeune virologue qui est allé étudier les virus de la rougeole en Afrique pour préparer sa thèse.

    Quand les institutions comme une université refond leurs sites tous les liens deviennent caduques, vous le savez sans doute et c’est très fréquent. C’est pourquoi il ne faut pas s’emballer parce que ce lien est périmé. La thèse existe, je l’ai lue plusieurs fois et elle doit pouvoir se retrouver car c’est un document publique comme toutes les thèses.

    Toutes les citations de mon annexe sont extraites de cette thèse, elles ne sont pas de moi. Je vous prie donc de ne pas m’en attribuer la paternité.

    Après avoir écrit ceci j’ai eu l’idée de faire une recherche : il y a diane waku dans l’adresse. Aussi j’ai tapé sur google Diane Waku thèse rougeole Grenoble 2002 et j’ai aussitôt trouvé. Comme le lien est très long je vous invite à faire de même. Voici la première page. Pour le reste je vous souhaite bonne lecture puisque vous aimez la Science :

    UNIVERSITE JOSEPH FOURIER-GRENOBLE 1
           SCIENCES & GEOGRAPHIE

                 THESE

    Pour obtenir le grade de

      DOCTEUR DE L’UNIVERSITE JOSEPH FOURIER
            DISCIPLINE : BIOLOGIE
         (arrêté ministériel du 30 mars 1992)
         présentée et soutenue publiquement par Diane NINKAM NGHEMNING le 09 Juillet 2002

    SOUCHES AFRICAINES DU VIRUS DE LA ROUGEOLE :
      ETUDE DE L’INTERACTION VIRUS-CELLULE    ET ANALYSES PHYLOGENETIQUES

         JURY

          Pr P. Lebon, rapporteur; Pr P. Pothier, rapporteur; Pr J.M. Seigneurin ; Dr. R. Ruigrok; Dr. T.F. Wild

      REMERCIEMENTS

    Je remercie le Dr. Fabian WILD pour m’avoir accueillie dans son laboratoire et dirigé cette
    thèse. Il n’a pas hésité à me confier la mission d’aller isoler des souches de virus de la
    rougeole au Cameroun. Ses conseils pratiques enrichissants, son expérience et sa disponibilité
    m’ont aidée à mener à bien ce travail. Sans son aide matériel et financière, ce travail n’aurai
    pas aboutit aussi vite.

    Je remercie le Dr. Rob RUIGROK pour m’avoir initié à la virologie depuis le DEA à l’EMBL
    et pour m’avoir suivi au long de ce travail. Qu’il trouve ici le témoignage de ma sincère
    reconnaissance.

    Je remercie la direction du Centre Pasteur de Yaoundé, notamment le Dr. Paul MARTIN V.
    M. pour m’avoir aider à obtenir une aide financière, le Dr Jocelyn THONNON pour m’avoir
    accueillie au Centre Pasteur de Yaoundé.

    Je remercie Monsieur le Professeur LEBON de l’Hôpital Saint Vincent de Paul de Paris et
    Monsieur le Professeur POTHIER de l’Université de Bourgogne qui m’ont fait l’honneur
    d’accepter de juger ce travail, Monsieur le Professeur SEIGNEURIN de l’Université Joseph
    Fourier de Grenoble pour avoir accepté de présider le jury de cette thèse.

    Je remercie le Dr Eric NERRIENET pour ses conseils et toute l’équipe du laboratoire de
    virologie du Centre Pasteur de Yaoundé pour son accueil chaleureux, le Pr TIECHE, le Dr
    TENE, le Dr EWANE EKOYOL de l’Hôpital Centrale de Yaoundé pour le diagnostic
    clinique et les prélèvements, le Dr TICHA JOHNSON MULUH de l’OMS de Yaoundé pour
    avoir mis à ma disposition les données épidémiologiques de la rougeole au Cameroun.

    Je remercie le Dr Robin BUCKLAND, pour avoir mis à ma disposition une paillase dans son
    laboratoire. Ses conseils et son humour au cours de ce travail m’ont aidé à m’intégrer dans
    l’équipe et à avancer dans mes travaux.
    Je remercie le Dr Florence PRADEL et le Dr Glaucia BACCALA du laboratoire Biomérieux
    pour m’avoir hébergé dans leur laboratoire pendant la réfection de notre laboratoire. Leur
    accueil chaleureux et leurs conseils sont inoubliables.
    Je remercie le Dr Laurent DURET pour m’avoir appris à utiliser les logiciels d’analyses
    phylogénétiques.

    Je remercie l’équipe d’immunobiologie des infections virales : le Dr Branka HORVAT pour
    ses conseils scientifiques, le Dr Nathalie DAVOUST pour sa disponibilité et ses conseils,
    Julien MARIE pour son humour et pour m’avoir appris tous les jours les nuances de la langue
    française, Bariza BLANQUIER pour ses conseils en matière de séquençage, Anabelle
    LEFEUVRE sur qui je peux compter à tout moment, Yann KERDILES et Olivier
    TOUZELET qui sont le symbole de la jeunesse et du dynamisme de l’équipe. A vous tous,
    merci pour l’ambiance chaleureuse qui règne dans l’équipe.

    Je remercie tous les membres de l’INSERM U404 pour leur aide spontanée et leur disponibilité au cours de ce travail.

  35. @Bernard : je ne jugeais pas, je ne faisais que constater que le lien ne fonctionnait pas.

  36. @ Pierre : accordez moi que vous en profitiez pour aller un peu plus loin. Mais bon, n’en parlons plus.

    Puisque vous faites une allusion au BCG je vous donne un lien vers l’audition organisée au Sénat le 22 février 2007 par le député Jean-Pierre Door et la sénatrice Marie-Christine Blandin sur le BCG et les conditions de la levée de son obligation.

    Ils avaient invité, entre-autres, le Dr Léopold Blanc qui est Français et est à l’OMS à Genève le bras droit de Mario Raviglione qui dirige la lutte mondiale contre la tuberculose.

    A cette audition il a déclaré ceci :

    “Docteur Léopold BLANC : Aucune donnée au niveau international ne permet de dire que la suppression de la vaccination a entraîné une augmentation de la tuberculose dans le monde. Il y a des pays, je voudrais le souligner, qui n’ont jamais vacciné par le BCG, comme les États-Unis, et qui ont les mêmes taux qu’en Europe. Ceci doit être très clair, et des documents extrêmement bien établis à ce sujet ont été publiés par l’OMS.”

    Pour le vérifier allez sur ce lien :
    http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-off/i3791.asp

    qui vous donne accès au compte-rendu apparemment très complet de la séance. Puis, dans la longue liste de liens vers les chapitres cliquez sur “l’effort de recherche de l’Institut Pasteur”. Puis allez chercher la brève intervention du Dr Blanc.

    Il y a aussi celle-ci au cours de sa propre intervention :

    « pour l’OMS, le BCG est efficace uniquement pour les formes graves de l’enfant »

    J’ajoute que ces formes sont à la fois rares et non contagieuses, l’enfant étant très rarement contagieux comme on le lit dans l’avis du CSHPF (Conseil supérieur d’hygiène publique de France) du 30/09/2005 où on lit aussi :

    “la vaccination par le BCG ne protège que les sujets vaccinés et n’intervient en rien sur la chaîne de transmission de la maladie,”

    “Le CTV/ le CSHPF soulignent que la vaccination généralisée des enfants par le BCG ne sert en aucun cas de stratégie de remplacement à la lutte contre la tuberculose. De fait cette vaccination n’a pas d’efficacité sur la transmission de la maladie entre adultes, qui sont, eux, la source principale de cette transmission.”

    Et comme le BCG n’a pratiquement pas d’efficacité sur la tuberculose pulmonaire de l’adulte (la forme contagieuse) comme le dit le Dr Blanc on peut en déduire que le BCG n’a eu aucune action sur la réduction de la propagation de la maladie. Il a seulement permis d’éviter, au mieux, certaines complications de la maladies tuberculeuse un peu comme l’antibiotique qui évite des complications d’une infection mais pas l’infection elle-même.

    A plus tard …

  37. J’ai oublié de donner le lien vers l’avis du CSHPF :

    http://www.hcsp.fr/docspdf/cshpf/a_mt_300905_vaccinbcg.pdf

    D’une manière plus générale on les trouve en allant sur le site du HCSP (Haut conseil de santé publique) hcsp.fr puis Section des maladies transmissibles etc

    Il faut aussi travailler comme ça plutôt que seulement avec les liens car on accède à beaucoup plus de documents.

    PS. Pour ce qui est de la rigueur scientifique Pierre, vous êtes journaliste scientifique, je suis mathématicien de formation, 6 ans de CNRS, une thèse d’État, 34 ans d’enseignements universitaires alors …j’ai probablement un peu d’avance sur vous. Alors, demandez des compléments d’information avant d’aller trop vite.

    Amicalement

    Bernard

  38. @Bernard : Claude Allègre aussi a beaucoup de diplôme, d’expériences, de médailles, etc. Cela ne l’empêche pas de dire n’importe quoi sur beaucoup de sujets sur lesquels il n’est pas plus qualifié que beaucoup de journalistes scientifiques… Ce qui compte aussi, c’est l’honnêteté intellectuelle et la bonne foi.

  39. Là je ne peux qu’être d’accord avec vous sur le fait que même la compétence technique ne suffit pas pour que la vérité soit dite. Cette compétence peut très facilement être mise au service de falsifications et les exemples abondent. Si en plus il y a incompétence…Il reste alors la bonne foi mais elle ne suffira jamais à suppléer la compétence.

    Le problème serait plutôt : a-t-on un intérêt à fausser ce qui est connu ? Pour le problème qui nous occupe se pose alors une autre question : ça veut dire quoi ”ce qui est connu” ? Il y a en effet ”2 vérités”, la vérité scientifique et la vérité destinée à ceux qui ne sont pas dans le sérail scientifique de la question et que je vais nommer ”vérité médiatique” pour faire court même si les médias n’en sont pas forcément à l’origine (il y a aussi l’école, les directives gouvernementales…)

    La première raison de cette distorsion est que la vérité scientifique peut être trop complexe et inabordable aux non spécialistes. Elle se simplifie alors en se déformant, en s’exprimant à travers des slogans, des croyances.

    Une seconde raison peut être que tout n’est pas connu à un moment donné. Quand de nouvelles données ébranlent les connaissances précédentes, la ”vérité médiatique” aura beaucoup de difficultés à évoluer, l’autorité ayant toujours la crainte de se déjuger et d’affaiblir son prestige en reconnaissant que les premières connaissances affirmées avec force, enseignées avec certitude, légalisées par des pratiques contraignantes voire pénalisantes étaient fausses.

    Avec ces 2 raisons il n’y a au départ aucune volonté particulière de tromperie. Un processus se met en place, des habitudes s’installent ainsi qu’un commerce lié à l’exploitation des premières idées. Il devient alors très difficile de revenir en arrière.

    Il y a aussi bien sûr une troisième raison qui serait une volonté initiale délibérée de tromper. Je ne suis pas certain que ce soit la plus fréquente. On est plutôt doucement conduit par une sorte de pesanteur à une situation qui contraint à ne pas dire tout ce qu’on sait et à maintenir une autre version.

    Un exemple : j’avais assisté les 13-14 novembre 2006 à l’audition publique sur la levée de l’obligation du BCG pour les enfants, organisée par la Société française de santé publique à la demande du DGS Didier Houssin.

    Le premier jour des experts viennent exposer les propriétés épidémiologiques du BCG comme celles que je rappelais dans mon message du 1er mai 15h14. Une juriste devait intervenir le lendemain. Elle avait élaboré son exposé sur les propriétés épidémiologiques ”médiatiques” apprises à l’école, lues dans un journal ou entendues à la télé. Elles étaient bien différentes et même radicalement opposées à celles exposées par les experts.

    Aussi, pendant la nuit (comme elle l’a dit) elle avait remanié le début de son intervention pour contester, sans aucun argument, la véracité de ce qu’avaient exposé les experts la veille ! Elle n’avait d’ailleurs guère d’autres choix sinon tout son exposé tombait à l’eau.

    (Les exposés et interventions depuis la salle ont été publiées par la Sfsp dans un gros ouvrage de 400 pages environ. J’ai ainsi pu relire les miennes, 4 au total) Site : sfsp.fr (boutique)

    Mais d’un certain point de vue c’était très intéressant de voir en direct et dans une situation importante et ”chaude” pour ne pas dire brûlante la confrontation entre des ”vérités médiatiques” et des ”vérités scientifiques” et les conséquences que cela pouvait avoir sur la politique de vaccination BCG.

    Je parle du BCG et de la tuberculose sur un autre blog que j’ai ouvert en 2007 : http;//vaccinbcg.canalblog.com

  40. @Bernard : jusqu’à preuve du contraire, la problématique du vaccin BCG n’est pas la même que celle de la rougeole dont je parlais. Le vaccin contre la rougeole sauve des vies et ceux qui, notamment à la Ligue nationale pour la liberté des vaccinations, font semblant de croire le contraire ou veulent faire croire le contraire, portent une responsabilité extrêmement grave.
    Les insinuations qui sont faites sur l’utilité de la seule vaccination obligatoire qui existe en France, le DTP, sont de cet acabit. Entre 2000 et 2009, 41 personnes en France sont mortes du tétanos parce qu’elles n’avaient pas fait leur rappel. Je n’imagine même pas à combien ce chiffre pourrait monter si le vaccin n’était plus obligatoire.

  41. Ce mouvement anti-vaccin est, je pense, plus une réponse sociologique inconsciente à un raz le bol de nos gouvernements respectifs, à cette politique de consommation à outrance.
    Alors oui, je pense qu’il faut aller vers un monde à moindre consommation et qu’il ne faut pas toujours croire les médias etc. Mais quand il s’agit de vie humaine, c’est non !
    Si vous êtes prêt à mourir pour défendre vos idées sceptiques c’est votre problème, mais vaccinez vos enfants. Quand je dis vous, c’est un vous impersonnel hein :)

  42. D’accord Pierre sur le fait que la problématique des différents vaccins n’est pas la même voire pas du tout la même. D’ailleurs j’ai un blog spécial BCG-tuberculose.

    Cependant, les Grands vaccins anciens, c’est à dire le vaccin antivariolique et le BCG, tout particulièrement en France pour ce dernier, ont été les vaccins fondateurs de la mentalité vaccinale en France. Les autres se sont appuyé sur ce que les premiers avaient crée. D’un point de vue psycho-sociologique le BCG a certainement été beaucoup plus important en France que le ROR, du moins jusqu’à présent. On a eu 2 jours pleins d’audition sur le BCG. Ce serait impensable pour le ROR, tout au plus une matinée.

    Pierre je voudrais vous posez une question : à quel niveau vous faites vos investigations ? Je précise : prenons le problème du lien entre sclérose en plaques (SEP) et vaccin hépatite B (VHB). Il y a le niveau des études elles-mêmes. Celui des rapports des comités institutionnels d’experts. Celui des revues médicales ou autres. Celui d’autorités sanitaires (ministres, DGS, experts) dans des communiqués de presse ou conférences de presse. Journaux, autres.

    Pour le vaccin DTP il n’est plus commercialisé depuis le 12 juin 2008 (suspendu par l’Afssaps en raison d’effets indésirables). Aussi, pour faire le DTP il faut monter au moins au DTPC avec la coqueluche non obligatoire ce qui pose un problème juridique en cas de complications : comment définir l’indemnisation au sens juridique quand on combine des vaccins obligatoires et non obligatoires ?

    Il est reconnu qu’il n’est plus utile de vacciner en France un enfant à 2 mois contre la diphtérie comme l’avait dit un médecin infectiologue aux journées de veille sanitaire de novembre 2008 organisées par l’InVS et auxquelles j’assistais.

    Mais il est impossible de vacciner un enfant contre le tétanos sans le vacciner aussi contre la diphtérie la polio et la coqueluche. Cela n’est pas satisfaisant. Mais les laboratoires ne veulent pas multiplier les vaccins commercialisés pour raison évidente de rentabilité. C’est même sans doute la véritable raison de la disparition du DTP.

  43. @Bernard : en tant que journaliste scientifique, mes sources sont essentiellement les études scientifiques, les rapports d’experts et, bien sûr, les chercheurs eux-mêmes.
    Ce que vous me dites sur le DTP+Coq est juste irresponsable. Il y a toujours des cas très graves de coqueluche, qui entraînent des hospitalisations très longues, très lourdes (et très coûteuses), voire des décès. Et ce même en France.
    On ne joue pas avec la vie des autres.

  44. Mais mon cher Pierre je ne comprends pas votre logique. Vous parlez du vaccin antitétanique et de sa nécessité. Je soulève le problème juridique lié à la disparition du vaccin DTP. Je ne dis pas qu’il ne faut pas vacciner contre la coqueluche. Je disais seulement que des médecins infectiologues posaient la question de l’utilité de la vaccination antidiphtérique à l’âge de 2 mois en France.

    D’ailleurs le CTV/HCSP a émis le souhait de l’existence d’un vaccin monovalent contre la coqueluche pour les enfants. On sait aussi que la combinaison des vaccins les rend plus dangereux et moins efficaces comme l’OMS le reconnait avec les vaccins polio monovalents plus efficaces que le trivalent. Il serait préférable de vacciner séparément contre la coqueluche et le tétanos, en particulier si l’un est obligatoire et pas l’autre.

    Il ne faut pas caricaturer et déformer les propos des adversaires comme vous venez de le faire encore une fois avec moi et comme vous le faites avec ceux de la ligue pour la liberté des vaccinations avec la rougeole. Je ne cherche pas à défendre cette association mais je les connais et je sais qu’ils savent parfaitement que c’est justement l’efficacité du vaccin contre la rougeole qui est à l’origine des problèmes actuels comme d’ailleurs l’écrit Michel Georget dans son ouvrage sur les vaccinations dont la ligue s’inspire.

    Il n’est pas le seul. Il est d’abord constaté un déplacement des cas vers les nourrissons (407 cas de moins d’un an en 2010 dont 232 de moins de 9 mois non vaccinables) et vers les adultes même âgés (record 86 ans) pour lesquels la rougeole est beaucoup plus graves. Cela c’est un fait que rappelait Didier Houssin dans la conférence de presse du 24 mars 2011 (vidéo sur le site du ministère).

    Pourquoi ce déplacement ? Les épidémiologistes semblent tous d’accord comme je l’ai entendu le 30/11/2005 aux journées de veille sanitaire dans les propos de Lévy Bruhl de l’InVS : c’est la vaccination des enfants qui, grâce à sa très grande efficacité a, dans un premier temps, réduit à presque rien la circulation du virus chez les enfants. D’où la chute spectaculaire du nombre de cas.

    Cette chute résulte de l’addition de l’immunité crée par le vaccin ET de l’immunité acquise par la maladie chez les adultes. Cela est fondamental et on l’oublie trop souvent pour attribuer ce mérite au seul vaccin. On en mesure l’importance aujourd’hui.

    La circulation du virus chez les enfants n’avait pas pour seul effet de provoquer de nombreux cas de rougeole chez eux.

    Elle avait aussi pour effet de relancer l’immunité acquise par la maladie chez les adultes. Cette relance disparue, on a vu une rougeole chez un médecin de 43 ans en 2008, chez des personnes de plus de 50 ans qui avaient sans doute fait la rougeole. On aimerait que les bulletins de l’InVS nous renseignent à ce sujet. La question n’est même pas posée et j’en avait fait la remarque à plusieurs reprises à Isabelle Parent qui s’occupe de la rougeole à l’InVS. Elle m’a répondu mais en éludant cette question pourtant importante.

    De même pour les nourrissons : un enfant né d’une femme ayant fait la rougeole a des anticorps pendant au moins 12 mois, souvent plus. Si elle a été vaccinée cela ne dépasse pas 6 mois. Comme les nourrissons ne sont pas vaccinables avant 9 mois pour raison d’efficacité vous voyez le problème.

    Christian Perronne, président de la commission sécurité du HCSP, disait au cours de la conférence de presse du 24 mars 2011 qu’on recommandait maintenant aux médecins de faire la seconde dose 1 mois après la première pour ne pas l’oublier. Si la maman a fait la rougeole, il y en a encore aujourd’hui, et qu’on fait les 2 doses à 12 et 13 mois à son enfant il y a toute chance qu’elles ne servent à rien car la présence d’anticorps maternels bloque l’action du vaccin qui est à virus vivant.

    En conséquence, la répartition des 2 doses ne devrait pas être la même selon que la mère a été vaccinée ou pas mais les recommandations de l’autorité n’en tiennent aucun compte. Il faut 2 doses point final et ils répètent cela comme un slogan pour que les médecins n’oublient pas.

    Vous voyez que pour gagner une guerre il ne suffit pas d’avoir de bons fusils, il faut aussi s’en servir correctement et avoir une stratégie pertinente. Il ne suffit donc pas de crier le vaccin est efficace, c’est vrai qu’il l’est (avec certaines restrictions comme rappelé dans la thèse de Diane) mais il faut aussi d’autres conditions.

    Pour conclure la ligue…ne dit pas que le vaccin est inefficace en soit mais que la stratégie de vaccination nous conduit à la situation que nous connaissons aujourd’hui et d’ailleurs annoncée par Lévy Bruhl en novembre 2005 aux journées de veille sanitaire.

    Sur ce blog, Thomas Petit (29/04/2011) donnait un lien OMS montrant que la couverture vaccinale avait progressé en France et qu’il fallait chercher les raisons de cette épidémie ailleurs. Il a raison de poser ce problème. Le même lien montre qu’en France il y avait très peu de rougeole il y a quelques années (moins de 50). Pourquoi cela c’est inversé. J’en ai donné quelques raisons que j’avais aussi exposées dans le commentaire que vous n’avez pas passé.

    Alors oui, le vaccin contre la rougeole est un bon fusil mais on s’en sert mal et pas uniquement parce que des familles le refusent. L’autorité sanitaire elle-même organise une mauvaise utilisation de celui-ci, ce qu’on peut regretter, et mettra les échecs sur le compte des opposants qui, une fois de plus, auront bon dos en permettant d’esquiver les vraies responsabilités.

    S’il n’y avait pas d’anti-vaccins il faudrait les inventer, ils sont si commodes !!!

  45. @Bernard : je cesse là ce débat stérile. Quand on vous sort un argument qui vous contredit, vous en trouvez toujours un autre en déplaçant le débat. C’est très pénible. Vous esquivez toujours la réponse à la question : oui ou non la vaccination contre la rougeole sauve-t-elle des vies et est-elle bénéfique aux individus et à la société. Et la réponse est oui, incontestablement.
    Comme je l’ai écrit plus haut, on ne joue pas avec la vie des autres.

  46. Pierre, je ne sais pas si ce message passera. ce sera mon dernier pour vous dire et vous le lirez si vous ne le publiez pas :

    si les vaccins ont le potentiel pour sauver des vies il ne faut pas pour autant les utiliser n’importe comment et sans stratégie y compris mondiale et c’est tout particulièrement vrai pour la vaccination contre la rougeole.

    Pour que les succès remportés sur la rougeole grâce à la vaccination soient durables il fallait, pour les raisons déjà exposées, commencer par les pays les plus difficiles comme l’Afrique et terminer par les plus faciles comme ceux du continent américain même s’ils sont pauvres,ce n’est pas lié qu’à la richesse du pays mais à son isolement.

    Pourquoi ? Pour que les différents pays terminent en phase, c’est à dire simultanément sans rougeole et donc sans risque de se recontaminer les uns les autres. En faisant l’inverse on prépare des lendemains très difficiles, prévisibles et prévus. C’est une erreur stratégique magistrale et aux conséquences irréversibles.

    C’est pourquoi les experts Français comme Lévy Bruhl ne veulent pas qu’on se lance dans une vaccination généralisée contre la varicelle avec à la clé une épidémie de zona comme conséquence de l’affaiblissement de l’immunité contre le virus chez les adultes. Pour la rougeole ils disent “on est au milieu du gué, alors on ne peut plus reculer”. Mais si c’était à refaire je ne sais pas s’ils s’y lanceraient…

    Aux journées de veille sanitaire 2005 j’ai entendu :”Avec la vaccination contre la varicelle on joue avec le feu”.

    Ceci dit, votre dernier message Pierre résume bien la problématique générale provaccinaliste : penser par slogan. Le vaccin sauve des vies, oui, non ? Oui donc c’est bon, continuons sans se poser des questions pour faire mieux. Attitude généralisée (s’il n’y avait que vous, mais elle a déteint sur vous), totalement irresponsable et très dangereuse. Mais les anti-vaccins seront là pour porter le chapeau.

    Ceci dit, nous avons confronté nos arguments sans en être venu aux mains et c’est déjà bien. A part quelques bêtises de vos supporters mais c’est le risque avec des supporters comme on le voit au foot.

    Amicalement

    Bernard

  47. Pour une fois je laisse un petit commentaire, pour dire merci à P. Barthélémy pour cet article, comme pour son travail au quotidien comme journaliste scientifique.
    Faire preuve de sang-froid et d’abnégation face à des propos virulents basés sur des arguments de mauvaise foi (quand ils ne sont pas complètement irrationnels) est toujours un exercice difficile, et je vous soutiens complètement dans votre recherche d’objectivité.
    Au plaisir de vous lire, ou de vous entendre.

  48. Vous dites : « … une étude, dirigée par le chercheur britannique Andrew Wakefield, fait le rapprochement entre le ROR et des cas d’autisme. On sait aujourd’hui que ce médecin, qui touchait de l’argent de l’industrie pharmaceutique, avait délibérément falsifié ses données… »
    Vous dites : « … une étude, dirigée par le chercheur britannique Andrew Wakefield, fait le rapprochement entre le ROR et des cas d’autisme. On sait aujourd’hui que ce médecin, qui touchait de l’argent de l’industrie pharmaceutique, avait délibérément falsifié ses données… »

    Un journaliste, pour rester crédible, ne devrait-il pas, avant de publier sur son blog, dit sérieux puisque scientifique, et de s’exprimer sur une antenne nationale telle que France-inter dans une émission réputée elle aussi pour sa fiabilité, se tenir au courant des dernières informations relatives à la question traitée ?

    Je crains fort que, contrairement à ce que vous affirmiez dans La Tête au carré, le problème du lien entre le vaccin contre la rougeole et l’autisme ne soit pas classé du tout. Dans cet article http://www.prnewswire.com/news-releases/autism-and-vaccines-researcher-for-cdc-indicted-for-fraud-and-money-laundering-119853574.html (qui n’est pas issu, que je sache, d’un site opposé aux vaccinations) on peut lire :

    « ATLANTA, April 14, 2011 /PRNewswire-USNewswire/ — Poul Thorsen, the principal coordinator of multiple studies funded by the Centers for Disease Control and Prevention (CDC) used to deny a vaccine/autism link was indicted on April 13th on 13 counts of fraud and 9 counts of money-laundering. The charges relate to funding for work he conducted for the CDC, which claimed to disprove associations between the mercury-based vaccine preservative, thimerosal, and increased rates of autism. »

    Soit traduit en français à la volée : « ATLANTA, le 14 avril 2011 / CNW / – Poul Thorsen, le coordinateur principal de plusieurs études financées par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et utilisées pour refuter un lien autisme/vaccin a été inculpé le 13 avril de 13 charges pour fraude et de 9 chefs d’accusation pour blanchiment d’argent. Les accusations portent sur le financement du travail qu’il a mené pour les CDC, lequel a conduit à réfuter les associations entre le conservateur à base de mercure des vaccins, le thimérosal et l’augmentation des taux de l’autisme. » etc.

    Je ne prétendrai pas non plus, moi-même, que le sujet est clos, mais je pense qu’il serait bon de rester plus prudent dans les assertions publiques sur un sujet si sensible.

  49. @Jahirga : 1/ Wakefield a bel et bien truqué ses données et a été radié à vie de l’ordre des médecins. 2/ Personne n’a jamais pu reproduire ses résultats, et pour cause. 3/ L’histoire dont vous me parlez n’a aucun lien avec ce dont je parle, tout simplement parce que Thorsen (c’est une vieille lune des antivaccins, bien connue des journalistes scientifiques !) a avant tout été condamné pour détournement des fonds de recherche !!! Lisez cet article pour avoir le fin mot de l’histoire. 4/ Contrairement à ce que vous affirmez, la source de ce communiqué est Safeminds, une association antivaccin, dont le communiqué de presse a été repris par PRNewswire qui, vous devriez le savoir si vous aviez un tantinet regardé ce que vous m’envoyiez, est un agrégateur de communiqués de presse !!! La manière dont l’affaire Thorsen est présentée est complètement mensongère. 5/ Il est bien connu que les militants anti-vaccin ressortent cette histoire comme une tarte à la crème. Par conséquent, soit vous vous êtes fait avoir, soit vous en faites partie. Assez de malhonnêteté intellectuelle, je vous prie.

  50. Merci Bernard d’avoir donné le titre de cette thése trés interressante, pas trop difficile car en francais , ni trop longue, que j’ai lu en biais ( je n’ai pas lu les annexes en anglais, manque de temps )… mais trés bizarrement, je n’en tire pas les memes conclusions que vous.Elles seraient meme opposées.

    Quant à la variole, j’ai vu sur l’un de vos blogs que vous en parliez… elle aurait disparu d’aprés vous, sans l’aide des vaccins, grace à de simples quarantaines..
    J’ai une version un peu différente : ici : doyen patrick Berche à propos du docteur Foedge lors d’une épidémie de variole, quand il vint à manquer de vaccins…
    http://blogs.univ-paris5.fr/berchep/weblog/4748.html

    De maniére anecdotique, la vaccination contre la rougeole selon le principe du vaccin contre la variole à ses débuts a failli etre ” lancée” au XVIII siecle..à l’époque, la rougeole tuait un enfant sur 12 en france. Le docteur Tissot note que
    « La rougeole inoculée est beaucoup plus douce que la natu- relle ; l’on n’en meurt point ; la fièvre, l’inflammation, l’inquié- tude ne parviennent point au même degré ; plusieurs malades ne toussent point du tout, les autres très peu. On ne voit point de ces maladies de langueur qui succèdent si souvent à la rougeole naturelle »
    :-)
    tout cela avec une vaccination faite de maniére tout à fait empirique en 1700 et quelque.
    ‘ voir le chapitre historique dans cet article..
    http://www.scribd.com/doc/11544751/Rougeole-II-Diagnostic-Traitement

    Merci à Pierre Barthélemy pour ses billets interressants , documentés,parfois humoristiques.

    Une supportrice.

  51. Je reviens ici pour vous topol, fidèle supportrice sans doute mais qui apporte autre chose que les précédents. C’est mieux ! Continuez !

    Pour la thèse rougeole j’ai seulement rapporté des extraits qui ne signifient pas que le vaccin soit mauvais ni que des campagnes de vaccination ne peuvent pas connaitre des succès, au moins au début, mais qui montrent qu’il a des limites qui peuvent poser problèmes.

    De plus on voit mal comment une jeune virologue qui veut très certainement convertir sa thèse en travail rémunéré dans un laboratoire pourrait tirer à mort sur le vaccin contre la rougeole alors qu’elle s’est spécialisée sur les virus de la rougeole.

    Ce serait suicidaire. Mais il y a comme ça, en passant, des petites choses qui sont dites comme les petites lignes en bas des contrats d’assurance. Et ces petites choses ne sont pas d’elles mais de multiples auteurs qui ont pu écrire aussi beaucoup de bien sur le vaccin, l’un n’empêche pas l’autre. C’est cela que j’ai voulu faire ressortir.

    Comme on dit aujourd’hui ça fait des conflits d’intérêt.

    Pour vos remarques sur la variole, un autre message à suivre et après je tire ma révérence…

  52. Voici, pour topol et la variole (et en plus ça rime !)

    Ce que vous rapportez sur la variole confirme totalement mon propos : après son éradication on assista à l’occultation de tout ce qui n’était pas de la vaccination dans ce qui avait permis de vaincre la variole. En effet, dans le lien que vous donnez on parle de la vaccination en anneau venant compléter la vaccination de masse mais en oubliant de dire qu’il y avait aussi recherche active des malades, et leur isolement, recherche active des contacts par des critères pertinents, surveillance de leur température avec isolement si elle dépassait 38° soit avant qu’ils deviennent contagieux.

    Comme je l’ai aussi écrit les contacts étaient vaccinés.
    L’existence de cette stratégie est avérée par le document fondamental daté de décembre 1979 Rapport de la Commission mondiale pour l’éradication mondiale de la variole. Ce rapport a présidé à la proclamation par l’Assemblée mondiale de la santé le 8 mai 1980 de l’éradication mondiale de la variole.

    J’en ai un exemplaire devenu précieux puisque depuis peu il est déclaré épuisé en français et en anglais. Espérons qu’il sera réédité voire mis en ligne puisque l’OMS a annoncé que les archives sur les campagnes d’éradication le seraient. Mais c’est un énorme travail.

    Dans mon texte PDF sur cette éradication je rapporte et analyse ce qui est exposé dans ce rapport de 144 pages. J’extrais ceci (page 22 du rapport) :

    « « Dès lors que les varioleux étaient isolés dans une enceinte où ils n’avaient de contacts qu’avec des personnes correctement vaccinées ou précédemment infectées, la chaîne de transmission était rompue . En identifiant et en isolant immédiatement les contacts qui tombaient malades, on dressait un obstacle à la poursuite de la transmission . »

    Ce rapport ne peut plus être modifié. Par contre j’ai pu constaté que des historiens de la médecine comme Pierre Darmon (La longue traque de la variole 1985 thèse faite au CNRS) semblent ignorer l’existence de ce rapport qui à ce moment là était disponible. Je me le suis procuré en 2000 et le lien que je donne pour l’acheter sur le site de l’OMS le proposait encore il y a 1 an environ.

    Ce que je lis à propos de Foege sur la vaccination en anneau est identique à ce que j’ai lu dans l’ouvrage de Saluzzo (le Monsieur vaccins de Sanofi) que je rapporte sur mon blog et chez Pierre Darmon : aucun ne parle de l’isolement des malades et des contacts. C’est exactement ce que j’expose. Aucune surprise donc et je vous remercie de me donner un autre texte confirmant mon constat c’est à dire la contradiction flagrante et indiscutable pour qui dispose du document entre ce qui y est écrit et ce qu’on a raconté plus tard.

    Soit dit en passant, à l’émission de Jacques Pradel sur Europe 1 à 9h où celui-ci présentait tous les jours des livres et leurs auteurs, Saluzzo avait parlé de l’isolement des malades et des contacts dans son expérience africaine…

    Une anecdote : le 31 janvier 2001 j’ai participé en tant qu’orateur à un colloque à l’Assemblée nationale sur les vaccinations. Il était organisé par les Verts qui formaient alors un groupe à l’Assemblée, ce qui leur permettait de faire cela.

    Premier orateur un député Vert européen qui dira «”la variole a été vaincue par la vaccination”. Second orateur Lucien Abenhaïm alors DGS. Même affirmation sans plus s’étendre ni l’un ni l’autre.

    Troisième orateur un immunologiste de Strasbourg qui fera tout son exposé sur la variole depuis le fil de soie des Chinois jusqu’à l’éradication par la vaccination.

    Cinquième orateur le Dr Nicole Guérin qui travaillait au ministère à temps plein pour le Comité technique des vaccinations dont elle était un membre éminent. Elle exposera aussi à l’audition BCG. Elle corrigera les 3 précédents en disant très fermement : « La variole a été vaincue par la vaccination ET un certain nombre d’autres choses ». Elle n’en dira pas plus.

    Sixième orateur, moi-même. J’étais le premier des orateurs critiques sur la vaccination, ce que vous appelez les antivaccinalistes. Je vais décrire en détail ce que furent ces autres choses. Nicole Guérin ne fera aucun commentaire. Quand je vais lire, document en main, page 32 du rapport :

    « Les campagnes d’éradication reposant entièrement ou essentiellement sur la vaccination de masse furent couronnées de succès dans quelques pays mais échouèrent dans la plupart des cas. »

    un vieux professeur (76 ans) tapera sur la table en disant ”Succès!” Les échecs, même reconnus par la commission mondiale il ne veut pas savoir !!!

    A côté de moi il y avait le Professeur Marc Brodin qui présidera la réunion de consensus des 10-11 septembre 2003 et l’audition publique du 9 novembre 2004 sur le lien entre vaccination hépatite B et sclérose en plaques. Il regardera tous mes documents posés sur la table et ne fera aucun commentaire.

    Vous voyez topol il est logique que vous trouviez des différences ou contradictions avec ce que j’écris. Le problème c’est de les interpréter correctement.

    Lien variole sur mon blog http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2007/06/21/538071.html plus mon article PDF à partir de ce lien

    Quand Kennedy est allé à Berlin en pleine guerre froide il a déclaré “je suis un berlinois !” L’argumentation des antivaccins est tellement caricaturée, déformée, dénaturée et il y a une telle mauvaise foi que, sans me prendre pour Kennedy, je proclame : “Je suis un antivaccinaliste !”

    Pour moi, ce sera le mot de la FIN

  53. Je reviens quand même mais c’est juste pour corriger une erreur dans mon dernier commentaire : en fait Jean-François Saluzzo parle bien dans son livre “La guerre contre le virus” de l’isolement des malades par Foege quand celui-ci avait très peu de vaccins :

    “Il a alors l’idée de limiter les vaccinations dans les quelques villages où des cas suspects ont été rapportés et d’isoler les malades”

    J’ajoute que chacun sachant qu’aucune vaccination n’est efficace à 100% la seule vaccination des contacts en les laissant libres de leurs mouvements ne pouvait pas arrêter à elle seule la transmission. Par contre, l’isolement des contacts pouvait être efficace à 100%.

    Je précise pour topol qu’il ne s’agissait pas de quarantaine, terme qui s’applique à l’isolement d’un groupe contenant des malades, des personnes en incubation et des personnes qui ne seront pas contaminées.

    Dans la stratégie utilisée les personnes désignées comme contacts étaient seulement astreintes à une surveillance sanitaire quotidienne. Elles étaient isolées seulement en cas de fièvre. Or, dans la variole, la fièvre (très élevée) apparaissait environ 2 jours AVANT le début de l’éruption qui signait aussi le début de la phase de contagion. Donc seuls les malades étaient isolés et avant d’être contagieux.

    Ce fut cette remarquable propriété de la maladie qui fut la véritable clé de la victoire sur la maladie. C’est quand même plus intéressant que de dire on a vacciné et la maladie a disparu.

  54. “Mais quand on voit que quelqu’un qui est président des Etats-Unis est obligé de faire une conférence de presse pour montrer son certificat de naissance et faire taire des rumeurs idiotes, il y a de quoi se poser de graves questions sur la manière dont s’informe la société.”
    D’abord, ça ne vient rien faire dans cette discussion; ensuite, si j’écrivais : “Mais quand on voit le professeur Tournesol obligé de faire la preuve de ses titres académiques avant de donner un avis sur la vaccination, il y a de quoi se poser de graves questions sur la manière dont s’informe la société.”, vous me ririez au nez, et vous auriez raison…

  55. @Luc Secret : si, ça a énormément de rapport avec le sujet. Parce que le sujet va bien au-delà de savoir si le ROR doit être fait ou pas. Le sujet de cet article et, de plus en plus, de ce blog, c’est la manière dont les gens croient être informés parce qu’ils ont lu une info bidon sur un forum ou vu une vidéo délirante sur Youtube, sans essayer de comprendre ce qui motive les colporteurs de rumeurs. De ce point de vue, l’histoire du certificat de naissance d’Obama est des plus révélatrices. C’est le premier président de l’ère des réseaux sociaux et de l’information de niche (et à la carte) sur Internet, le premier président de l'”information” communautaire, celle que on valide parce qu’elle vient des gens que l’on connaît et qui pensent comme soi. C’est ainsi que s’informent les antivaccinalistes engagés, les climatosceptiques, ou les fanatiques du suaire de Turin, pour reprendre les exemples que j’ai vécus avec Globule et Télescope. Vous pourrez leur mettre toutes les études scientifiques que vous voudrez sous les yeux, cela ne changera rien parce qu’ils ne croient que les informations qui émanent de leur cercle. C’est pour cette raison que je ne suis pas sûr qu’Obama ait convaincu grand monde avec son certificat de naissance… Mais au moins, lui peut obliger le monde entier à l’écouter…

  56. J’ai largement préféré le débat sur l’expérimentation animale et le “droit de tuer”. Là tous ce que je lis c’est du troll (http://fr.wikipedia.org/wiki/Troll_%28Internet%29).

    Entendons nous bien, le billet de Pierre Barthélémy était tout ce qu’il y a de plus correct journalistiquement et scientifiquement, ce sont les commentaires qui ont suivis qui sont du trollage.

    J’ai beaucoup de peine pour les gens qui doivent cracher leur haine à tout pris en racontant n’importe quoi simplement parce qu’ils ne sont pas heureux et que salir bêtement le travail et l’intégrité des gens leur fait du bien.

    Continuez Pierre, et que les mal peignés se brossent eux-mêmes leurs poils dans le sens qu’ils préfèrent !

  57. @Piouaille : merci pour vos encouragements. Je dois dire que j’ai renoncé à crier au troll parce qu’à force d’en voir sur mon blog, j’avais l’impression de devenir parano !

  58. Excellent billet, et je n’ai pas pris la peine de lire les commentaires polémiques qu’il a pu susciter, car j’ai trouvé l’argumentation initiale tellement juste tout en étant sobre que je ne voit ce que l’on peut trouver à redire…
    Grâce a cet article j’ai un élément de plus sur les anti-vaccins qu’il y a dans mon entourage.

    Bravo !

  59. N’ayant pas eu de réponse, je reproduis mon commentaire précédent :

    “Faudra qu’on m’explique un truc : selon l’OMS, la couverture vaccinale a augmenté en France et pourtant il y a une augmentation des cas de rougeoles (http://apps.who.int/immunization_monitoring/en/globalsummary/countryprofileresult.cfm).
    En matière de statistique, la corrélation entre vaccination et cas de rougeoles n’est donc pas du tout établie.
    Alors pourquoi cet article???
    Je précise que ma remarque n’indique rien sur des effets secondaires, sur une opposition aux vaccins ou autre.
    Le sens de mon propos est simplement de montrer que statistiquement, la recrudescence de rougeole ne peut être imputée à une baisse de la couverture vaccinale ! Il vaudrait mieux du coup chercher les vraies raisons de cette épidémie et effectivement se poser la question de l’efficacité réelle de ces vaccins.”

    Je veux bien qu’il y ait des désinformations des anti-vaccins mais il s’agit de stats de l’OMS.
    Par ailleurs, on ne parle pas du tout d’immunité naturelle ni d’immunisation naturelle, bien plus efficace puisque pérenne alors que l’immunité vaccinale serait déclinante et peut être meilleure avec une deuxième injection (ce sont des arguments pro-vaccinaux je le rappelle).

    Pour finir, je n’apprécie pas que tout argument posant la question des vaccins soit cataloguée de désinformation, de provenance douteuse, d’intégrisme dangereux, etc… La même chose pourrait être parfaitement dite de tout argument pro-vaccinale.
    Je ne demande qu’une réflexion logique et froide, d’où mon commentaire initial : pourquoi corréler vaccin et rougeole alors que l’on constate l’augmentation de la couverture vaccinale et une épidémie de rougeole en parallèle?
    Scientifiquement, il n’y a pas besoin de diplômes, de titres ou autre pour voir qu’il y a un problème.

  60. @Thomas PETIT : retournez à votre tableau et regardez bien ce qu’il contient : certes, la couverture vaccinale pour la première dose a augmenté (mais elle n’atteint que 90% selon l’OMS, ce qui en soi est déjà insuffisant, surtout qu’une seule dose ne protège pas efficacement). En revanche, la France ne fournit plus de statistiques à l’OMS depuis des années pour ce qui est de la deuxième dose (MCV2 dans le tableau). Au sujet de cette seconde dose, les chiffres de l’InVS (en lien dans mon billet) sont éloquents : en 2006, on était à seulement 44% pour les enfants nés en 1999-2000. Même avec rattrapage, on est loin des 86% mesurés en 2003. On dirait bien que c’est une baisse, non ?
    Pour ce qui est de l’immunité naturelle, celle conférée par la mère disparaît au bout de quelques mois. Celle conférée par la maladie elle-même est bonne… à condition d’avoir survécu.
    Par conséquent, oui il y a un problème contrairement à ce que vous avez avancé un peu vite, et oui le billet se justifie parfaitement. 95 % des malades depuis le début de l’épidémie étaient soit non-vaccinés pour la plupart, soit n’avaient eu qu’une seule dose.
    Merci d’appliquer votre “réflexion logique et froide” à ces informations…

  61. Merci pour ces éléments.
    J’applique la réflexion froide et logique à ces informations :

    Je compare 2 cohortes comparables :

    GSM 2002-2003 : MCV2 : 28,1%
    GSM 2005-2006 : MCV2 : 44,3%

    CM2 2001-2002 : MCV2 : 56,8%
    CM2 2004-2005 : MCV2 : 74,2%

    Si vous constater une baisse de la vaccination (seconde dose), c’est que nous n’avons pas compris la même chose de ce qu’est l’esprit cartésien.

    Ces chiffres ne montrent pas une baisse mais une hausse. Je pourrais en déduire que ce sont les vaccins qui sont la cause de l’épidémie, ce que je ne ferais pas vu que l’épidémie est très soudaine et que je n’ai pas assez de chiffres pour le démontrer.

    Simplement, il est clair que dire que c’est la baisse de la vaccination qui est la cause de cette épidémie est clairement non scientifique. ça pourrait être le cas mais aucun élément ne semble aller dans ce sens.
    Ce n’est donc pas de la responsabilité de ces affreux donneurs d’alerte qui nous disent que les vaccins ne sont peut être pas aussi efficaces que l’on nous l’a dit pendant tant d’années.
    D’ailleurs, qu’ils aient tort ou raison, n’ont-ils pas raison de tout simplement appeler à réfléchir? La science consiste-t-elle à ne pas réfléchir dès lors que quelques sommités ont déterminé une vérité (comme le mur du son infranchissable, la Terre plate, le Soleil qui tourne autour de la Terre, etc…)?

  62. @Thomas PETIT : j’ai d’autant plus vu ces chiffres que c’est moi qui vous les ai cités. Simplement, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’ai écrit, dans mon commentaire : pour la seconde dose de vaccin, “en 2006, on était à seulement 44% pour les enfants nés en 1999-2000. Même avec rattrapage, on est loin des 86% mesurés en 2003. On dirait bien que c’est une baisse, non ?”
    Ce que les chiffres soulignent, c’est que les campagnes de rattrapage fonctionnent puisque la couverture vaccinale s’améliore bien après que l’entrée en maternelle. On est néanmoins plus bas que les 86% cités par l’OMS et, surtout, beaucoup plus bas que les 95% nécessaires.

  63. De votre dernier commentaire, je déduis :
    – la couverture vaccinale est inférieure au taux demandé de 95%
    – la couverture vaccinale augmente, notamment sur le rappel qui reste bas par rapport à la première injection

    Or selon les chiffres de l’INVS sur l’épidémie, celle-ci s’est déclenchée vers 2008 et augmente fortement depuis.

    De ces 2 éléments, la logique indique que si l’on part de l’hypothèse qu’un taux de vaccination inférieur à 95% implique des cas nombreux de rougeole, nous n’avons jamais été à 95% ces 10 dernières années et nous devrions avoir une épidémie depuis au moins 10 ans.
    Or ce n’est pas le cas. L’évolution de la couverture vaccinale augmente et pourtant nous avons une épidémie qui commence.
    Donc, cette épidémie n’est clairement pas liée à une insuffisance de la couverture vaccinale.
    Du coup, il faudrait réfléchir aux autres raisons qui peuvent avoir amené cette épidémie.
    La crise économique peut-être (mêmes dates)?

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