Ode au fait maison

Transformer sa kitchenette en usine de fabrication de fromages, c’est faisable. Fabriquer des pâtes dans 2 mètres carrés, c’est aussi tout à fait envisageable. Nicole Spiridakis, nous en donne la preuve dans un article publié sur Npr. Ce qu’elle veut, c’est «créer quelque chose à partir de zéro», fabriquer des produits que l’on a souvent l’habitude d’acheter tout faits.

La liste des produits de base que l’on peut bricoler dans une petite cuisine est dans fin: gnocchis maisons, barres de granola, sauce piquante, conserves de fruits, sirop au chocolat, bonbons, chips, beurre, bière voire même charcuterie… Il suffit d’avoir un poil d’intérêt pour la chose et beaucoup d’imagination. Nicole, un jour où elle achetait des concombres en grande quantité pour faire des conserves au vinaigre, a même eu une illumination devant le stand de miel. Pourquoi ne pas aussi produire du miel maison?…

Là c’était peut-être aller trop loin. Elle mit un véto à son activité d’apicultrice en herbe, pour se concentrer sur les confitures, gelées, sauces… Même sans jardin gigantesque, il suffit d’acheter en gros, sur les marchés, et à la bonne saison bien sûr, pour avoir des produits savoureux et bien moins chers… Un exemple: des mignons oignons nouveaux marinés et mis en conserve, avec un morceau de cheddar et un bout de pain, ça donne envie, non?

Bien sûr, il n’y a aucune honte à acheter de la moutarde ou à tartiner son pain de pâte chocolatée à l’huile de palme (ouf). La plupart d’entre nous n’ont ni le temps ni l’envie de créer des produits à partir de zéro. Mais il y a une satisfaction intense à fabriquer tout cela, tout comme une réduction de coûts non négligeable, surtout si on achète les ingrédients en vrac. Et bien sûr une augmentation du goût!

La clé, c’est de choisir les produits qui vous séduiront et que vous utiliserez vraiment dans la vie de tous les jours… Et de connaître vos limites, en préférant faire de la confiture de rhubarbe plutôt que de vous lancer dans l’apiculture! Aussi, si vous n’avez pas le temps ou la patience de confectionner un lot de saucisses maison, ne vous forcez pas…

Pour tenter le DIY (Do It Yourself, Faites le vous même) chez vous, Npr propose quelques recettes: le gravalax maison (saumon fumé à l’aneth, avec du sucre, du sel, du vinaigre, à déguster avec de la vodka!), la moutarde maison, les pâtes fraîches, la ricotta, et une version mi-amère du Nutella. Vous m’en donnerez des nouvelles?

Photo: Three types of mustard/ WordRidden via Flickr CC License by

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La moutarde de Dijon ne vient pas toujours de Dijon

N’importe qui peut faire de la «moutarde de Dijon» dans sa cuisine, en France ou ailleurs, et la mettre sur le marché, rapporte le quotidien britannique The Telegraph, dimanche 7 août. La moutarde de Dijon est selon lui l’exemple même de ce qui arrive à un produit régional traditionnel s’il n’est pas protégé par un statut juridique.

La «moutarde de Dijon» vendue aux Etats-Unis, que les Américains commandent en supplément dans leurs burgers pour ajouter une «french touch» à leur repas à l’image du président Obama (qui, rappelle le Telegraph, s’était fait accuser il y a quelques années d’avoir renié sa nation en demandant de la moutarde de Dijon), est bien souvent fabriquée dans l’état de New York. De plus, en France, 80 à 90% des moutardes vendues seraient fabriquées à partir de graines canadiennes. L’appellation «moutarde de Dijon» «ne veut [donc] plus rien dire».

Le proverbe du XIVème siècle «Il n’y a de moutarde que celle de Dijon» perd donc tout son sens, tout comme le goût de ce condiment qui, dès lors qu’il n’est pas protégé juridiquement, peut être changé en fonction des différentes recettes. En effet, la recette originale se fait avec du vin blanc, raconte The Telegraph; mais aujourd’hui, de plus en plus de moutardes «bas de gamme» utilisent du vinaigre et de l’acide citrique à la place.

D’autres produits européens sont protégés par des normes tels que les statuts AOP (appellation d’origine protégée) ou IGP (indication géographique protégée) s’il existe un lien entre les caractéristiques de ces produits et leur origine géographique. Le site europa.eu, qui fait la synthèse des législations européennes, l’explique:

«L’AOP est valable pour un produit dont la production, la transformation et l’élaboration doivent avoir lieu dans une aire géographique déterminée avec un savoir-faire reconnu (Mozzarella di Bufala Campana). L’IGP indique le lien avec le territoire dans au moins un des stades de la production, de la transformation ou de l’élaboration (Turrón de Alicante). Dans le premier cas donc, le lien avec le territoire est plus fort.»

Photo: moutarde de Dijon sur une cuillère/Reiner Zenz via Wikimedia Commons

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