Carven

Carven

 

Doyenne de la mode, la fondatrice de la maison Carven devient de disparaître à l’âge de 105 ans. Inspirée par sa petite taille, elle décide de créer ses vêtements et ouvre une maison de couture en pensant aux femmes à son image. Elle choisit une forme de simplicité élégante : jupe sans histoire, tailleur sans souci, robe sans prétention. Des modèles empreints de fraîcheur.

Née Carmen de Tommaso, elle débuta par la couture, mais s’adapta au prêt-à-porter avec une grande facilité. Madame Carven (le nom est une contraction de CARmen et de BoyriVEN, patronyme d’une tante) continua son métier jusqu’à plus de 80 ans. D’une robe blanche balayée de rayures vertes baptisée « Ma griffe » naquit un code couleur pour la maison et un parfum emblématique lancé en échantillons avec de petits parachutes à rayures.

ma griffe

En mode, madame Carven « inventa » le balconnet avec une corsetière et signa des uniformes notamment ceux des équipages d’Air France dans les années 60.

Différents stylistes dessinèrent pour la maison ainsi Angelo Tarlazzi ou Pascal Millet. La maison vit une nouvelle jeunesse avec l’arrivée de Guillaume Henry en 2009 et vient de changer de styliste avec la nomination d’Alexis Martial et d’Adrien Caillaudaud pour les collections femmes.

 

 

 

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Line Vautrin

 

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Créatrice de bijoux et d’objets atypiques, Line Vautrin a eu une carrière remarquable même si son nom demeure peu connu du grand public. Enfant, elle bricole un chapeau pour sa mère. Un père fondeur lui donne envie de fondre. Elle débute avec la création de bijoux fantaisie. Elle a un stand où elle montre ses créations en 1937 puis ouvre une boutique rue de Berry. Elle utilise de nombreuses matières : bronze, laiton, terre cuite, plastique… Elle met au point une matière qu’elle baptise talosel, un acronyme composé de syllabes issues de l’acéTAte de celluLOSe Elaboré. Du talosel (disponible en différentes couleurs) posé dans l’eau donne des résultats aléatoires, ainsi naquirent les « Pellimorphoses ».

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Jeux de mots, rébus signent boîtes et miroirs (avec une technique d’irisation particulière) d’un univers particulier. Line Vautrin eut à une époque 50 personnes oeuvrant dans son atelier, elle créa aussi une école pour partager ses techniques.

En 1990 Rei Kawakubo pour le magazine Six (N°5) met en scène des oeuvres de Line Vautrin qui eut aussi les honneurs d’une exposition à la boutique Comme des garçons d’Aoyama (Tokyo).

En 2004 Chantal Roos choisit pour le parfum Cinéma d’Yves Saint Laurent une inspiration d’une oeuvre de Line Vautrin, une magnifique idée et un flacon très original.

La postérité de Line Vautrin se lit aujourd’hui dans les ventes aux enchères avec une cote qui ne cesse de s’envoler.

Le 20 mai a eu lieu une vente chez Christie’s de pièces d’exception appartenant à sa fille, Marie-Laure Bonnaud-Vautrin. Des records de vente furent établis.

LOT 381 - Line Vautrin - Si tous les gars du monde €80.000-120.000

Si tous les gars du monde, miroir sorcière en talosel. 421. 500€.

Le monde est plein de fous. Bracelet, 1960, Record du monde pour un bracelet. 31.250€

Ville et campagne. Boite en bronze, 61.500€

Les trois âges de la vie, sculpture en talosel. 48.300€.

La vente des objets de Line Vautrin chez Christie’s a atteint   3.393.938€

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C Christie’s Images Limited.

 

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La rayure « multico » est une signature Sonia Rykiel

 

 

Rayures Rykiel

 

S’il n’est pas possible de déposer des combinaisons de couleurs, la justice peut néanmoins trancher et considérer que si une marque utilise régulièrement un motif, il fait partie de ses codes. Dès 1963 Sonia Rykiel a imaginé ce motif emblématique de rayures de couleurs vives sur fond noir. Ces rayures « multico » sont devenues, au fil du temps, une signature maison reconnaissable. Madeleine Chapsal écrivait à propos de la créatrice : « sa vraie gloire, à l’égal de celle des peintres, ce sont les rayures ».

Née en 2005, la marque Little Marcel, après avoir créé des modèles sur le principe de la rayure marine, s’est mise à créer des références dans l’esprit des fameuses rayures Rykiel sur fond noir. En 2009 au salon Who’s Next, la société Rykiel a fait constater la similitude avec ses propres rayures. Un premier jugement a condamné KLS (société de Little Marcel) a 250 00€ d’amende. Rebelote en 2012 avec 300 000€. Little Marcel a fait appel et a aujourd’hui perdu… Le tribunal a confirmé que les rayures ont  « un caractère propre et distinctif qui identifie les produits » Sonia Rykiel et « constituent un élément majeur de l’identité visuelle de cette marque ».

Cette signature fut aussi régulièrement utilisée par la maison Rykiel dans différents partenariats : la bouteille de Suze, la communication pour les créations avec H&M ou encore les bouteilles de Coca-Cola.

Il faut rendre les rayures sur fond noir à Sonia Rykiel, c’est chose faite.

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Vente Jean Patou

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Couturier visionnaire, Jean Patou a vu l’essor de sa maison dans les années vingt. Il a libéré la femme avec des modèles sans entraves, a mis la mode sur le chemin du prêt-à-porter et a « inventé » ce qui allait devenir le sportswear. La disparition en 1936 du couturier a mis fin à une carrière exemplaire.

Le 22 mai était organisée à Drouot une vente aux enchères (Pierre Bergé & Associés) autour d’objets détenus par la famille : des vêtements, des parfums et une collection de documents historiques, de manuscrits…

Du côté de la parfumerie, la maison Patou a créé Joy, offert puis lancé comme le parfum le plus cher du monde (son slogan) après le krach de 1929. Le Normandie en forme de bateau (6 500€) voguait auprès des passagers de première classe. Colony (600€) en forme d’ananas ou encore les trois temps de l’amour : Que sais-je ?, Amour Amour et Adieu sagesse. La maison est aussi à l’origine de la première huile solaire, l’huile de Chaldée. Dans la vente figurait un exceptionnel bar à parfums (10 000€).

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Sous l’expertise de Pénélope Blanckaert, 54 lots de mode ont été dispersés. Le style Jean Patou, dans l’air du temps de son époque signe les années folles. Des robes droites souples avec parfois une pointe d’exotisme dans les broderies ou le choix des noms : Princesse lointaine, Téhéran… Nuit de Chine (1923), remarquable robe en satin et tulle de soie à motif rebrodé de chinoiseries, a été adjugée à 6 800€.

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Black and White (1927), robe en crêpe de soie ivoire et rebrodée de perles de verre et strass a multiplié par 10 les estimations : 21 000€.

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Le clou de la vente était autour de la partie sport avec des pulls pas encore montés et des tenues de pratiques sportives. Des pièces historiques pour l’histoire de la mode. Deux pulls déconstruits (pas montés) un à 600€, l’autre à 2 000 dont l’un préempté par le musée Galliera.

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Un sweater en jersey de laine (5 000€) ou encore des lots de chaussettes…

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Mais les enchères les plus exceptionnelles allèrent vers des total looks de sport avec une tenue de golf (jupe et twin-set) de 1930 à 85 000€. La tenue de  sports d’hiver avec blouson et  pantalon à pinces resserré avec l’étiquette « Jean Patou Sport et Voyage » de 1933 a atteint le même montant : 85 000€. À pièces rares, prix d’exception…

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NB Aux prix des enchères, il faut ajouter plus de 20% de frais.

 

 

 

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Prix LVMH pour les jeunes créateurs de mode

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Soutien important des jeunes créateurs, le prix LVMH en est à sa deuxième édition et vient d’annoncer ses lauréats. Autour des directeurs artistiques des maisons de mode du groupe : J.W. Anderson (Loewe), Nicolas Ghesquière (Louis Vuitton), Marc Jacobs (Marc Jacobs), Karl Lagerfeld (Fendi), Humberto Leon et Carol Lim (Kenzo), Phoebe Philo (Céline), Raf Simons (Dior), Riccardo Tisci (Givenchy), les autres membres du jury étaient Delphine Arnault, Jean–Paul Claverie et Pierre-Yves Roussel.

Le prix a été remis à un duo : Marta Marques et Paulo Almeida. Basés à Londres, les créateurs ont été formés à la Saint Martins School et défilent à Londres où ils ont été remarqués pour leur travail sur le denim. Delphine Arnault a souligné : « leur savoir-faire technique et leur travail singulier sur la couleur et le cuir a été remarqué par notre jury ». Les deux créateurs vont recevoir un prix de 300.000€ et une aide personnalisée pendant un an sur tous les secteurs.

Un prix spécial (150.000€) a été aussi remis à Simon Porte Jacquemus, jeune Français qui, en quelques saisons seulement, s’est fait remarqué avec son énergie et son style aux coupes simples et géométriques.

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D’autres prix ont été remis à des créateurs leur donnant la possibilité d’intégrer le studio d’une des maisons du groupe.  Matty Bovan (Saint Martins) chez Vuitton, Gabriel Castro (Saint Martins) chez Kenzo et Josh Read (Kingston University) chez Dior.

Un appréciable coup de pouce pour de nouveaux créateurs et, pour LVMH, l’oeil sur un vivier de talents de demain.

 

 

Photos Peverelli

 

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Le bureau de Pascal Mourier

 

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Journaliste réellement amateur de mode, présentateur (France 24) de toutes les audaces, osant les tenues les plus improbables avec humour, Pascal Mourier présente à la Galerie Joyce son « bureau ».

Le parcours initiatique débute avec un premier tournage au Mali en 1986 autour de l’ouverture d’une maternité et d’un accouchement. Saut dans le temps pour atterrir aux antipodes, dans l’univers de la mode et du luxe depuis les années 90.

Sur le bureau une vidéo en boucle enchaîne les interventions sur le plateau et le jeu des poursuites de défilés qui s’enchaînent. Sur les murs, une fresque de photos de souvenirs, de rencontres émaillées des inévitables selfies.

A découvrir, des objets, des accessoires… Un casque du duo On aura tout vu rehaussé de paillettes donne des couleurs du luxe à un objet high tech du quotidien. Imposant, drôle, tonitruant, le poncho multicolore de Walter van Beirendonck fut porté par Pascal Mourier lors d’une émission, hommage à la créativité d’un des plus audacieux créateurs de mode au masculin.

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Les objets mémoriels de Régine Pierrot questionnent le temps avec les vestiges d’anciens objets (ainsi une disquette) du quotidien figés dans le bronze, archéologie poétique de la célérité de notre époque.

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La collection de cartons d‘invitations est mise à la disposition des visiteurs qui peuvent en choisir un et en échange verser une obole au profit de l’association, Jogo Bonito, qui associe capoeira et football, autre marque de l’éclectisme de Pascal Mourier.

 

Galerie Joyce Jusqu’au 24 mai.

 

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Mad MAC / Philip Treacy

 

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M & M, mode et maquillage, un bel alliage. Chapelier extravagant, Philip Treacy a imaginé pour MAC trois couvre-chefs dont l’esprit trouve écho dans un maquillage associé. Célèbre outre-Manche, Philip Treacy a conçu des chapeaux pour de nombreux créateurs dont Alexander McQueen, Chanel,… et coiffe souvent les mariages royaux.

Pour MAC ont été choisi deux chapeaux historiques et a été créé un masque en dentelle.

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Coiffe hiératique aux effets de brillance cristal avec un maquillage où l’oeil de biche s’étire, eyeliner prolongeant le trait. Poudre illuminatrice et scintillante pour magnifier le teint.

Bibi rose avec plume aguicheuse et fleurs, place au maquillage naturel et bouche rousse avec rouge à lèvres « Bourgogne jauni ».

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Voilette noire mangeant le visage d’où surgit un oeil maquillé de dégradés de bleu, turquoise et ciel avec fards colorés : bleu encre vif, sarcelle vif et noir mat.

Une façon ludique et grand public de découvrir les créations de Philip Treacy.

 

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Le (Bon) Marché de Marni

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Marque italienne créée il y a vingt ans par Consuelo Castiglioni, Marni célèbre son anniversaire de façon originale avec un marché. Installée au Bon Marché, l’escale parisienne multiplie les couleurs à foison dans l’esprit des célèbres imprimés de la maison.
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Ludiques, les festivités se déroulent en trois étapes. La première a été consacrée aux fleurs et aux plantes avec des céramiques japonaises et des emballages en papier aux couleurs vives et vintage.
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Dévolue à l’art, la deuxième partie proposait des sandales notamment dans l‘esprit des geta, tissées, peintes avec aussi la participation d’ateliers de création Personimages. Dédiée à la mémoire, la troisième étape joue à la loterie vintage avec des souvenirs d’objets de la marque : tissus imprimés, bijoux, boutons…
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À découvrir, des ateliers créatifs pour composer un collier ou customiser des tee-shirts avec des motifs enfantins. Des cabas à rayures, des sculptures en fils de fer, un joyeux capharnaüm coloré et ludique. Sans oublier la dimension caritative des festivités avec les bénéfices versés au profit de l’association Vimala.
Après Milan, Hong Kong, Tokyo et l’escale parisienne, la série d’événements se clôturera à Venise au moment de la Biennale avec « Becoming Marni », une installation d’une centaine d’oeuvres en bois de l’artiste autodidacte Véio.
Une jolie façon de découvrir ou redécouvrir l’univers coloriel de Marni, au Bon Marché jusqu’au 16 mai.
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Courrèges / Coperni

Coperni

Marque futuriste et mythique des années 60, Courrèges a désormais deux directeurs artistiques qui vont assurer la création : Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant.
Rachetée en 2011 par Frédéric Torloting et Jacques Bungert (ex Young & Rubicam), la marque a pendant quelques années remis en avant des créations du passé et a relancé ses parfums en ajoutant des nouveautés ainsi La fille de l’air à découvrir en juin. Si pendant plusieurs saisons, le duo ne souhaitait pas nommer de directeur artistique, l’étape (quasi incontournable dans l’univers d’une mode en mouvement perpétuel ?) est aujourd’hui franchie.
05/05/2015 @Elodie Gregoire
Le choix s’est porté sur les créateurs d’une très jeune marque, mais déjà fortement médiatisée. Coperni Femme (avatar inspiré par Copernic pour leur révolution de mode) a été créée par Sébastien Meyer (stylisme) et Arnaud Vaillant (commercial) en 2013. Déjà lauréats du prix de l’ANDAM des premières collections l’année dernière, Coperni était en lice en 2015 pour le prix LVMH. Finalistes de ce prix, ils ont choisi de se retirer et de se consacrer à leur mission créative chez Courrèges.
Pour l’automne hiver 2015 ils avaient présenté en mars (sans défilé) leur collection Coperni Femme au Musée des arts décoratifs avec des vêtements aux réminiscences très années 60 privilégiant la forme, l’architecture des coupes.
Pour Frederic Torloting : « Ils ont la jeunesse et le talent qui nous semblent indispensables pour projeter Courrèges dans son temps d’avance. »
La vision du futur de Courrèges (2016) sera mise en orbite en octobre.

Portrait Coperni C J-B Talbourdet

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Guerlain, le muguet du 1er mai

Muguet OK
« Il sort le bout du nez
Quand arrive le mois de mai
Le muguet, le muguet du 1er mai »

Si les légendes sont nombreuses autour du muguet et de la coutume porte-bonheur du 1er mai, de Charles IX (?) jusqu’à nos jours et la fête du travail en passant par le chansonnier Félix Mayol (Bravo c’est drôle dit Trenet).
En parfum, si le muguet inspire avec son odeur caractéristique, il ne se livre pas avec des procédés classiques, mais est recomposé via la chimie. Parmi les quasi soliflores qui ont fleuri : Muguet des bois (Coty en 1941), Muguet du bonheur (Caron, 1952). Diorissimo (Dior, 1956) rend hommage à la fleur fétiche du couturier (une collection en 54 se nommait « ligne muguet ») avec une création mythique d’Edmond Roudnitska dans un bouquet rose, jasmin, fleur d’oranger, ylang-ylang. Le Muguet (Annick Goutal, 2001). Muguet blanc (Collection extraordinaire de Van Cleef & Arpels, 2009). Chez Penhaligon (1976) fleurit le muguet sous son patronyme anglais, Lily of the Valley.
Première interprétation du muguet en 1908 par Jacques Guerlain, le muguet est désormais une tradition de la maison avec un rendez-vous incontournable le 1er mai (en vente uniquement autour de ce jour). L’édition 2015 renoue avec la forme du flacon fleuri des origines, mais dans une édition en biscuit de porcelaine blanche (Artoria, « entreprise du patrimoine vivant ». Autour du muguet la fragrance s’entoure de notes rose, jasmin et un accord lilas. Ruban vert en organdi autour du cou, le parfum porte-bonheur se découvre dans une édition limitée de 1659 flacons.

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