Fashion Mix

Robe de ville

De Worth à Issey Miyake. De Balenciaga à Martin Margiela. Les couturiers et créateurs du monde entier participent à l’histoire de la mode en France tout en conservant souvent un territoire inspiré de leurs origines.
L’exposition Fashion Mix présentée au musée de l’Histoire de l’immigration (le choix du partenariat hors les murs n’est pas anodin) rassemble de nombreux talents d’hier et d’aujourd’hui qui ont constitué et constituent la richesse de la mode dans sa globalité. Le prisme parisien de la capitale de la mode où certains sont installés et où d’autres simplement y défilent joue aussi un rôle dans cette création.
Si Worth est l’Anglais qui a initié la haute couture et a choisi de mettre des étiquettes à son nom, c’est un saut dans le temps qui conduit d’abord à Vivienne Westwood, remarquable exemple d’une excentricité sauce anglaise passant de la provocation punk au goût d’une tradition so british plongeant dans un passé pictural qui a remis au goût du jour les faux culs. La jeune génération britannique est le reflet de la réussite de l’école Saint Martin’s qui a permis à de grands talents d’éclore tout en conservant leur personnalité. Le remarquable John Galliano de son travail sur le biais à ses somptueux défilés chez Dior en attendant Maison Martin Margiela. Alexander Mac Queen et sa folie baroque. Hussein Chalayan et son style architecturé. Et aussi Phoebe Philo, Stella Mac Cartney.
robe Fragonard.
De l’Est, la fusion entre art et mode est particulièrement bien incarnée par Sonia Delaunay, née en Ukraine et qui a transposé ses recherches sur la couleur dans sa mode.
L’Italie est multi-facettes. L’élégance sophistiquée et raffinée de Fortuny (d’origine espagnole, mais installé à Paris et à Venise où existe son musée) conduit ses recherches vers un plissé hommage à la Grèce antique (robe Delphos). Viennent les années surréalistes où s’épanouit le talent d’Elsa Schiaparelli et son humour fabuleux : chapeaux côtelette, chaussure, cerveau… et ses collaborations avec Cocteau, Dali, Léonor Fini… Dans les années 80, la fantaisiste Popy Moreni et ses collerettes. L’humour pop de Moschino. L’esprit couture classique d’un Valentino et ses robes rouges. La créativité raffinée de Maurizio Galante. Sans oublier le talent baroque et poétique de Roméo Gigli. Autant de diversités pour une seule péninsule.
TEA-GOWNChapeau-chaussure
L’Espagne. Balenciaga et l’architecture, entre un esprit baroque et une forme d’austérité à la Zurbaran ( ?) pour arriver à la fantaisie poétique de Sybilla en passant par le futurisme de Paco Rabanne et l’utilisation des matières les plus extravagantes : métal, rhodoïd…
La mode japonaise a joué un rôle majeur dans l’histoire de la mode contemporaine. D’abord Kenzo avec Jungle a imaginé des métissages d’influence, un style d’un nouveau « folklore ». Issey Miyake, un des grands du travail sur le textile, a inventé le plissé permanent et a conduit la mode sur de nouveaux territoires de création. L’arrivée dans les années 80 de la déstructure, de l’asymétrie, du noir, du non fini… avec Yohji Yamamoto et Comme des garçons a révolutionné la scène de la mode et a réussi à imposer le noir en majeur. S’ajoute aussi souvent un concept de distance entre le corps et son enveloppe, venant sans doute du principe même du kimono et à l’opposé des codes occidentaux qui, en général, suivent les courbes du corps.
robe longue
Enfin les Belges. Dans le droit fil d’une révolution japonaise, ils se sont imposés d’abord avec le groupe des six d’Anvers en ajoutant en D’Artagnan, Martin Margiela. Maison martin Margiela incarne sans doute la dernière grande (r)évolution dans la mode contemporaine avec son goût de la récup, son travail unisexe, une forme d’anonymat (les étiquettes vierges, les numéros). L’exubérance tonitruante d’un Walter Van Beirendonck s’inscrit elle dans une truculence belge ( à rapprocher de Bruegel ?). La poésie de Dries van Noten, magicien des couleurs, a dessiné un style poétique souvent « ethnique » et artistique.
FM Margiela © Spassky Fischer
Sans oublier les cas à part comme Azzedine Alaïa d’origine tunisienne, ovni de la perfection en couture.
L’exposition se termine avec de nouveaux créateurs en train d’émerger ou de s’imposer sur la scène parisienne. Parmi les nouveaux talents venus d’ailleurs Rick Owens, Haider Ackermann, Gareth Pugh, Iris van Herpen…

Mode d’ici, créateurs d’ailleurs. Un parcours de mode au Musée de l’histoire de l’immigration en partenariat avec Le Palais Galliera et Olivier Saillard en commissaire d’exposition. Jusqu’au 31 ma

Worth & Bobergh C Roger-Viollet
Mariano Fortuny C Roger-Viollet
Schiaparelli C Roger-Viollet
V Westwood Robe Fragonard C Roger-Viollet
Issey Miyake C Roger-Viollet
Margiela C Spassky Fischer

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