DU RÉCHAUFFÉ

L’avez-vous remarqué? Alors que l’hiver “prend vigueur” comme le dit la chanson, on en vient – enfin! – à contester de toutes parts les ayatollahs du réchauffement global, ceux qui nous prédisaient la fin de notre monde, sinon la fin du monde, pour très bientôt. Et, dans nos journaux favoris, leurs défenseurs patentés – on ne citera pas de noms, en vertu de la sacro-sainte confraternité qui n’est pourtant, chacun le sait, qu’une “haine vigilante” – commencent à baisser le ton: on les sent soudain plus frileux. On a même des raisons de croire que quelques-uns d’entre eux vont, avant peu, retourner leur veste (ce qui n’est pas forcément la pire manière, au vrai, d’affronter les froidures) .
Les avait-on cependant assez rebattues, nos malheureuses oreilles, avec les conclusions du GIEC, ce Groupement Intergouvernemental d’Experts sur l’Évolution du  Climat qui prétend régenter nos mœurs et nos pensées: Le Big Brother d’Orwell s’est armé d’un thermomètre et d’un baromètre, comme un médecin de Molière de sa seringue à clystère. On sait aujourd’hui (les aveux les plus doux sont ceux qui se mangent froid, aurait affirmé sans désemparer notre ami le maire de Champignac) que lesdits experts se contentent de recopier, sans les vérifier, des affirmations péremptoires, mais fausses, publiées on ne sait pas trop où par on ne sait pas trop qui: du réchauffé, mal réchauffé d’ailleurs, en quelque sorte.
Ainsi des glaciers de l’Himalaya qui devaient avoir disparu, par fonte et ablation, en 2035. Maldonne et gourance, ce n’était pas prévu en réalité avant 2350 – ce qui apporte, pour le coup, une différence de degré (on ne fait pas allusion ici à des degrés centigrade, même si on ne s’est jamais refusé, on doit l’avouer, au plaisir d’un calembour, en général, et, en particulier, à la joie profonde d’un mauvais calembour), outre une différence de nature. Devant cette perspective à long terme, plus de trois siècles, on peut penser qu’il n’y a pas encore péril en la demeure, et que bien des événements, non prévus parce qu’imprévisibles, même par des experts, peuvent survenir d’ici-là. Appelons Lord Keynes à la rescousse pour rappeler que “à long terme, nous serons tous morts“, ce qui contribue, somme toute, à redresser les perspectives.
Le GIEC, tout le montre, adopte un comportement de secte ou de parti stalinien: hors de nos dogmes, point de salut. Foin, d’ailleurs, de la méthode scientifique. Le GIEC réchauffe entre amis sa petite soupe dans son petit coin, façon apprentis sorciers touillant des bouillons d’onze heures entre cornues et alambics, et tout un chacun est prié d’avaler sans se plaindre le brouet élaboré par ces messieurs. Y a-t-il, même pas des opposants, des incrédules? Le GIEC, mails à l’appui entre les conjurés et secret professionnel en bandoulière, va d’abord les ignorer avant de les excommunier pour climatoscepticisme, par le truchement de plumitifs promus motu proprio inquisiteurs, comme on ostraciserait, à bon droit cette fois, des pseudo-fascistes pour populisme.
Le GIEC, à vrai dire, évoque la Jolie Rousse d’Apollinaire qui n’était ni jolie ni rousse, ou encore le Peloton de Protection et de Reconnaissance du “Hussard bleu” de Roger Nimier “où on ne protégeait rien du tout, et où on reconnaissait seulement qu’on s’ennuyait ferme”. À savoir que ses membres, à en juger par ce qui transparaît maintenant, ne sont ni experts, sauf en communication, ni capable de déterminer l’évolution du climat. Au demeurant, qui le pourrait en considérant les ignorances des meilleurs scientifiques – qui sont aussi, comme par hasard, les plus modestes? S’il revenait parmi nous, Georges Clemenceau dirait peut-être que le climat, encore plus mal connu que la planète au XVIIème siècle, est une chose bien trop sérieuse pour être, à vues humaines, confiée à des climatologues.
Nos citations, on le reconnaît, ont quelque chose de réchauffé. Espérons seulement qu’elles contribueront à nous rafraîchir les idées.

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