Entretien avec le réalisateur du documentaire 3D “Du sable à la poussière” sur l’art de Burning Man

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Le réalisateur Arnaud Paris et le producteur Andrea Biscaro ont lancé une campagne sur Indiegogo, premier site de financement communautaire mondial, afin de lever les fonds nécessaires à l’achèvement du tournage du documentaire ‘Du Sable à la Poussière’. Ce film tourné en 3D relief très haute résolution propose au spectateur une immersion dans l’univers du festival Burning Man en mettant en avant les œuvres et les artistes présents lors de l’édition 2013. Ce film est un témoignage de cet événement culturel majeur et une démonstration saisissante d’un art largement méconnu.

Campagne Sur Indiegogo: http://igg.me/at/burningmanmovie

Pour le dernier jour de cette campagne, Viddy Well revient sur cette aventure au coeur de Burning Man grâce à un entretien exclusif avec le réalisateur du film, Arnaud Paris.

Comment avez-vous entendu parler de Burning Man pour la première fois et comment vous est venue l’idée de ce documentaire?

“J’ai habité dans une communauté d’artistes près de Los Angeles pendant plusieurs années qui se rendait chaque année au festival. Je voulais faire un documentaire sur l’art de Burning Man qui puisse témoigner de la créativité de ces artistes souvent inconnus dans le monde de l’Art. C’est une forme d’expression artistique très particulière que l’on trouve à Burning Man, fortement influencée par la nature et les valeurs du festival ainsi que par son côté éphémère et sa relation au feu.

Les “Burners” (les gens qui vont à Burning Man) disent qu’il est impossible de décrire Burning Man à quelqu’un qui n’y ait jamais allé… Voulez vous essayer ?

En vérité je ne pense pas avoir encore vécu ma première véritable expérience à Burning Man. Nous étions tellement obnubilés par notre tournage et ses challenges permanents… Je ne suis sans doute pas la meilleure personne pour vous répondre. Peut-être cette année !

Il y a eu plusieurs documentaires sur Burning Man, le votre s’en démarque et n’est pas axé sur l’organisation elle-même ni sur les clichés sexe et drogue du festival… Vous avez choisi de mettre en lumière les artistes, pourquoi ?

Ce festival est en effet controversé et comme vous le dites le sujet avait déjà été traité à plusieurs reprises. Il y avait tellement de choses à dire sur l’Art de Burning Man qu’il ne me semblait pas nécessaire d’aborder ces aspects là qui ne se prêtaient pas nécessairement à un tournage 3D non plus.

C’est aussi le premier film IMAX 3D fait à Burning Man, pourquoi avoir choisi ce format et quels ont été les challenges de tourner dans un tel environnement ?

Les installations artistiques présentées à Burning Man sont souvent imposantes de par leur taille, sans parler du décor même en plein désert avec de magnifiques chaînes de montagnes au lointain. Je pensais que la meilleure façon de partager avec le spectateur ce que l’on peut ressentir au contact de cet Art unique au monde était de le filmer en Imax3D.

 Mais je dois avouer que ce n’était pas chose facile que d’arriver à filmer avec ce type de technologie tout en étant une production indépendante. Nous avions la chance d’avoir des équipes familières des tournages en 3D et j’ai moi même travaillé en tant que stéréographe sur plusieurs projets cinéma 3D ces dernières années. Le matériel que nous avons utilisé avait été optimisé et préparé à un tournage en plein désert, de manière à offrir suffisamment de mobilité et de réactivité pour un tournage ‘documentaire’.

Cependant quand on se retrouve avec une configuration pas très éloignée de celle de “The Hobbit” alors qu’une énorme tempête de sable nous tombe dessus je peux vous garantir qu’on n’est pas très serein. Mais le matériel a quand même bien tenu malgré ces conditions difficiles et nous avons ramené les 8 caméras Epic du tournage intactes.

Les Burners sont connus pour être gentiment réfractaires à l’arrivée de nouveaux festivaliers qu’ils appellent “les vierges”… Comment ont-ils perçu le regard de votre caméra et la présence de votre équipe ?

C’était évidemment un point délicat que nous avons essayé d’anticiper au mieux avec les organisateurs du festival. Mais le fait que notre documentaire se concentre sur l’Art de Burning Man lui a permis d’obtenir un soutien de la plupart des participants qui accueillaient chaleureusement une telle initiative. Nous avons senti qu’il y avait une véritable attente dans la communauté des ‘Burners’ pour un tel projet.

Comment s’est fait votre travail avec les artistes ; y-a-t-il eut beaucoup de préparation avant le festival ou avez-vous improvisé les rencontres sur place ?

Nous avons établi une relation avec la plupart des artistes en amont du tournage pour que notre caméra ne soit pas intrusives lorsque nous étions en train de les filmer dans leur travail. C’était aussi une façon pour moi en tant que réalisateur d’obtenir de ces artistes le plus de naturel possible durant les interviews. Nous avons aussi improvisé quelques rencontres sur place mais la communication à l’intérieur du festival est très problématique; aucun téléphone ne fonctionne car nous sommes en plein désert. Sans connaitre les gens de visu il est presque impossible de les retrouver au milieu de ces 68 000 participants.

 Quels oeuvres vous ont le plus marquées cette année ?

J’ai vraiment été interpellé par Church Trap pour son questionnement de la religion tout en célébrant sa portée artistique. Il y avait aussi la statue Truth Is Beauty de Marco Cochrane qui était véritablement sublime avec une éclairage incroyable la nuit. Le Temple était également une installation avec une portée émotionnelle très forte; les gens venaient y témoigner leur amour pour leurs proches récemment disparus en disposant des messages et des photos à l’intérieur de cette gigantesque pyramide de bois.

Votre meilleur souvenir de BM? Le pire? :)

Le meilleur serait quand nous je me suis retrouvé à 50m de hauteur sur une grue avec une de nos caméras 3D pour filmer le ‘Burn’ du Temple et que ce dernier s’est transformé en un gigantesque foyer dans le silence le plus absolu alors qu’une foule de plus de 30 000 personnes était rassemblée tout autour. Ce moment de communion était tout simplement magique.

Le pire serait nous sommes retrouvé avec mon opérateur sans véhicule en plein milieu d’une gigantesque tempête de sable et que nous devions protéger notre matériel du mieux que nous pouvions sans voir plus loin que le bout de notre nez.”

Pour plus d’informations sur le film :

Site internet du film: artofburningmovie.com

Facebook: https://www.facebook.com/burningmanmovie

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Pour une majorité de personnes, ce film sera l’unique occasion de découvrir l’Art de Burning Man et les œuvres de l’édition 2013 uniquement exposées durant la semaine du festival et qui, pour la plupart, seront ensuite détruites ou définitivement démontées. Cette campagne Indiegogo apportera les fonds nécessaires pour terminer le montage, la musique et les nombreuses étapes de finition de ce film ambitieux avec une qualité similaire à celle d’un film en Imax3D. A l’aide de ce financement, le film « Du Sable à la Poussière » pourra être achevé dès le mois d’octobre 2014.

Pour soutenir ce projet, les artistes ont fait don de dessins originaux et de photos dédicacées pour remercier les participants à cette campagne Indiegogo. On trouvera parmi les donations des épreuves originales du photographe Michael Garlington, des morceaux de sculpture de l’artiste Jena Priebe ainsi que des esquisses de Michael Christian ou encore des pendentifs de bronze du sculpteur Marco Cochrane.

“Nous avons vraiment été touchés par le soutien de tous ces artistes depuis le début du projet. Ils ont tous collaboré et je souhaite que ce film en 3D rende leur vision artistique le plus fidèlement possible pour s’approcher de ce qu’ont pu ressentir les participants du festival.” explique le réalisateur Arnaud Paris.

 Arnaud Paris et son équipe ont travaillé pendant plus de 3 ans sur le film “Du Sable à la Poussière” avant de bénéficier d’une aide du CNC qui a permis de lancer le projet. Le producteur italien Andrea Biscaro s’est joint à l’aventure apportant le financement complémentaire que nécessite cette production ambitieuse en qualité Imax3D.

Les artistes participants au film ont tous bénéficié de bourses de la fondation Burning Man pour l’Art. Certains sont  reconnus depuis plusieurs années dans le monde artistique ayant exposé leurs œuvres dans des musées et en galeries. D’autres sont des fervents défenseurs d’un art ‘rebel’ qui ne s’expose qu’à Burning Man. Plusieurs équipes étrangères ont même parcouru des milliers de kilomètres pour venir installer leurs œuvres dans le désert du Nevada comme l’équipe russe, sud-africaine ou française.

Burning Man se veut aussi un incubateur pour jeunes artistes et propose un lieu d’expression sans limite et d’exposition immense, c’est en quelque sorte le plus grand musée du monde. C’est aussi un festival qui met en avant les nouvelles formes d’expression artistiques comme l’art interactif n’hésitant pas à mélanger l’art classique avec des installations son et lumières. La transformation du désert de Black Rock s’étale sur plusieurs semaines et voit chaque année naître une ville de plus de 60 000 habitants venus admirer le temps d’une semaine ces œuvres éphémères.

Viddy Well !

E.D.

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Philip Seymour Hoffman: le magicien d’Oz

Par E.C

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Il y a quelques années, j’avais eu le privilège de voir Philip Seymour Hoffman jouer Mort d’un commis voyageur à New York. J’étais sortie de l’expérience bouleversée. Voir Seymour Hoffman sur scène, c’était comme découvrir le magicien d’Oz derrière son rideau. Un magicien dont je connaissais bien le visage pour l’avoir vu dans de multiples rôles, très divers, drôles parfois, souvent tristes. Du Big Lebowski à Boogie Nights, de Magnolia aux Marches du pouvoir… On le voyait adopter des personnalités contrastées dans les films de Paul Thomas Anderson, pour qui il avait donné une performance magistrale dans le récent The Master. Maître, il l’était sur tous les plans de sa profession, interprétant ses rôles avec une facilité, un naturel déconcertants. Son intelligence du jeu lui permit de prêter ses traits à un grand génie littéraire, Truman Capote. L’arrogance, le cynisme, le talent de l’écrivain se trouvaient incarnés dans ce visage rond, presque poupon, et qui pourtant paraissait sans âge. Il prêta son ambiguïté, sa force morale et sa dignité à un prêtre accusé d’avoir des relations douteuses avec un de ses étudiants dans Doute tout comme il incarna un fils lâche, abdiquant toute morale pour braquer ses propres parents par besoin d’argent dans 7h58 ce samedi-là. Souvent Philip Seymour Hoffman était filmé de près, pour que l’on observe à loisir son visage et ses transformations multiples, passant en un éclair de l’humanité la plus profonde à une froideur et une rigidité implacables.

 

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Ce visage-là je le connaissais donc en arrivant au théâtre. C’est pourquoi le choc fut si grand en le voyant entrer sur scène. Comme dans la Rose pourpre du Caire, l’homme était sorti de l’écran, et je pouvais désormais ressentir physiquement sa présence. Imposant, charismatique, triste, calme. Voilà les mots qui viennent à l’esprit. L’acteur se mêlant bien évidemment au rôle, je ne peux dire ce qui émanait de sa personne ou bien du personnage. Et c’est là dire toute la force de l’acteur, faisant instantanément oublier le visage connu de l’acteur de cinéma pour devenir Willy Loman, le personnage de la pièce. Willy Loman, cet homme aux attitudes presque enfantines, piquant des colères, en conflit perpétuel avec son fils. Un homme qui souffre d’être commun, d’être ordinaire. De Seymour Hoffman se dégageait cette souffrance, avec une douceur inimitable. Comme si son corps entier diffusait un parfum de tristesse, qui, petit à petit, contaminait les spectateurs. J’ai rarement vu des gens pleurer au théâtre. Ils étaient pourtant nombreux ce soir-là.

Jean-Louis Trintignant a souvent affirmé que ce qui rendait le théâtre plus excitant et satisfaisant, c’était qu’on ne pouvait rater une scène et la refaire, comme au cinéma. Qu’au théâtre on se doit d’être formidable de bout en bout. Ce soir-là, Philip Seymour Hoffman fut, comme à son habitude, formidable.

Viddy Well.

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Les 10 films les plus attendus de 2014

Par E.C

Après une année 2013 riche en cinéma, voici les films les plus attendus  par Viddy Well en 2014. Les choix qui suivent sont donc bien évidemment  subjectifs (on a même parfois triché), libre à vous d’être d’accord ou pas.

 

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1. 12 Years A Slave de Steve McQueen (sortie le 22 janvier)

Sorti depuis déjà plusieurs mois aux USA, le nouveau film très attendu de Steve McQueen arrive enfin sur les écrans français. Tricherie numéro une: Viddy Well l’a déjà vu. S’il y a un film à ne pas rater cette année, c’est bien celui-ci. McQueen montre sans détours les atrocités de l’esclavage tout en approfondissant une réflexion déjà entamée avec Hunger et Shame sur la perversion et l’enfermement mental. Ne vous fiez pas aux jaloux qui accusent McQueen d’académisme : le film est un chef-d’oeuvre incontestable. Et si le film apparaît plus classique ce n’est qu’en surface : artiste visuel hors pair et monteur exceptionnel, McQueen représente avec virtuosité la machine implacable de l’esclavagisme. (voir la bande-annonce)

2. Under the Skin de Jonathan Glazer (sortie le 25 juin)

Voilà dix ans qu’on attendait un nouveau film de Jonathan Glazer, après l’intriguant Birth en 2004. Le film offrait à Nicole Kidman ce qui restera une de ses plus belles performances d’actrice. Le cinéaste revient cette fois avec Scarlett Johansson pour vedette, en alien qui se nourrit d’hommes sous la pluie écossaise. Le film a reçu des critiques dithyrambiques à la Mostra de Venise, et la bande-annonce angoissante et lynchienne à souhait nous fait trépigner d’impatience… (voir la bande-annonce)

3. American Bluff de David O’Russell (sortie le 5 février)  ET The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson (sortie le 26 février)

Voilà deux films qu’on attend tellement qu’on regarde la bande-annonce au moins une fois par jour au bureau en faisant semblant de travailler !  David O’ Russell, ce génie du dialogue, le seul cinéaste ayant su moderniser la comédie screwball sans la rendre vulgaire ou idiote, nous offre cette année American Hustle (American Bluff pour nos chers traducteurs, qui poussent désormais leur flegme jusqu’à traduire  des titres anglais en… anglais !!!). Christian Bale, Bradley Cooper, Amy Adams, Jennifer Lawrence… Le tout en paillettes des années 70. (voir la bande-annonce)

Quand au film de Wes Anderson, le casting est éclatant. On est ravis de retrouver la fine équipe du plus parisien des new-yorkais, qui après l’appartement, le train et les scouts, nous propose de découvrir les dessous d’un hôtel à Budapest pendant l’entre-deux guerres, et les aventures de son concierge séducteur de vieilles dames. Tout cela s’annonce jouissif ! (voir la bande-annonce)

4. Her de Spike Jonze (sortie le 19 mars)

Le film, couvert de louanges outre-Atlantique, a reçu le prix de la meilleure interprétation féminine au festival de Rome. Un exploit puisqu’il s’agit d’une interprétation vocale uniquement : Scarlett Johansson prête en effet sa voix suave à un ordinateur. Le film de Spike Jonze (adoré de la critique depuis le délirant Dans la peau de John Malkovitch) a pour héros Joaquin Phoenix en âme solitaire qui tombe amoureux de son ordinateur. Autres présences notables et toujours délicates : Amy Adams (dont la versatilité ne cesse d’étonner) et la poétique et romantique Rooney Mara. (voir la bande-annonce)

5. Saint Laurent de Bertrand Bonello (sortie le 14 mai)

Si  la presse semble plébisciter à l’avance le film de Jalil Lespert sur le roi de la haute couture, nous, on préfère suivre les pas de Gilles Jacob et parier sur la version de Bonello. Du film on ne connaît pour l’instant que l’affiche et le casting. Quelques doutes persistent sur les capacités de Gaspard Ulliel, en revanche on danse comme les claudettes à l’idée de revoir Jérémie Rénier dans un rôle à sa mesure (il joue Pierre Bergé) et la belle Léa Seydoux. En plus, si L’Apollonide nous a bien appris quelque chose, c’est que question mise en scène et direction d’acteurs, Bonello assure.

6. Night Moves de Kelly Reichardt (sortie le 30 avril)

Viddy Well a toujours eu un faible pour la réalisatrice américaine, auteure de film ultra-indépendants, qui filme avec grâce et une poésie dure les paysages américains (à voir absolument si ce n’est déjà fait, ses trois premiers films, Old Joy, Wendy and Lucy et La dernière piste). Toujours adepte de films intimistes, Reichardt s’entoure cette fois d’un trio exceptionnel, Jesse Eisenberg, Dakota Fanning et Peter Saarsgard, sur fond de terrorisme écologique. (voir la bande-annonce)

7. Son épouse de Michel Spinosa (sortie le 12 mars)

Eclipsé par d’autres gros succès français à sa sortie, Anna M., le précédent film de Michel Spinosa, est un des films les plus passionnants et les plus perturbants qui aient été donnés de voir au cinéma français ces dernières années. Isabelle Carré y livrait une performance courageuse et profonde, dont on regrette beaucoup qu’elle ait si peu marqué les esprits. Pour son nouveau film, Spinosa a choisi de réunir un des couples phares du cinéma français : Yvan Attal et Charlotte Gainsbourg.

8. Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch (sortie le 19 février)

Tom Hiddleston – Tilda Swinton – Mia Wasikowska. Une romance de vampires rockeurs. Jim Jarmusch. Doit-on vraiment vous en dire plus ? (voir la bande-annonce)

9. Dans la cour de Pierre Salvadori (sortie le 23 avril)

Qu’il soit réussi ou raté, un film de Pierre Salvadori fait toujours plaisir. Surprise, cette année, Salvadori délaisse sa muse de ces dernières années, Audrey Tautou. Mais puisque c’est pour la plus grande actrice du cinéma français, l’immense Catherine Deneuve, qui pourrait l’en blâmer ?

10. The Monuments Men de George Clooney (sortie le 12 mars)

S’il y a quelque chose d’encore plus alléchant qu’un film avec George “What Else” Clooney, c’est un film de George Clooney. L’acteur-cinéaste s’est bien entouré pour cette aventure de soldats américains chargés de récupérer des oeuvres d’art volées par les nazis : Matt Damon, Bill Murray, John Goodman et Jean Dujardin ! Une seule petite réserve : l’inquiétude de voir Cate Blanchett s’essayer à passer pour une Française… (voir la bande-annonce)

Bonus: Dates de sorties inconnues pour le prochain Tim Burton, Big Eyes, pour lequel le cinéaste a (enfin) réengagé de bons scénaristes et un casting éblouissant (Amy Adams, Christoph Waltz entre autres), Sils Maria d’Olivier Assayas avec Juliette Binoche et … Kristen Stewart (!), et Gone Girl, adaptation du bestseller par David Fincher.

Et vous quelles sont vos attentes pour 2014 ?

Viddy Well !
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Conseils de la script doctor Kate Leys au Festival des scénaristes de Londres

Par E.D.

(Photo de Annabel Vere)

(Photo de Annabel Vere)

3 jours, (du 25 au 27 Octobre), 700 participants et des dizaines d’intervenants, le London Screenwriters’ festival est l’événement à ne pas manquer si l’on est scénariste aspirant ou confirmé.

C’est là l’opportunité de pitcher votre projet à des producteurs britanniques ou américains,  de faire du networking avec d’autres passionnés de l’écriture et d’en apprendre plus sur le métier.

Parmi les intervenants présents lors du festival, nous avons assisté à la séance de Kate Leys, script doctor renommée. Elle a suivi le développement de films tels que Quatre mariages et un enterrement, Trainspotting, The Full Monty, ou encore La jeune fille à la perle. Autant dire qu’elle sait vaguement de quoi elle parle lorsqu’elle donne des conseils sur l’écriture de scénario.

Dans une salle pleine à craquer, les oreilles tendues de scénaristes avides de conseils étaient tournées vers la Mecque du savoir narratif et de la structure. Kate Leys a parlé et nous avons pris note.

 

Soumettre un scenario : ce que les producteurs n’aiment pas. 

 

-       Des photos sur la page de couverture.

Pas besoin d’images, il faut les faire rêver avec vos mots.

-       La peur obsessive qu’on vous vole votre idée.

N’ayez pas peur de pitcher, vous avez une idée? Parlez-en.

(Conseil perso : si vous avez un scénario en anglais fini, je vous conseille tout de même de faire une demande de copyright au U.S. Copyright Office ou de l’enregistrer en ligne sur le site de la Writers Guild of America pour avoir une trace de cette version… Après cela, pitchez à volonté)

-       Des gros blocs de texte.

Et oui, malheureux, il faut aérer, sauter des lignes dès qu’il y a un changement de plan ! Sachez qu’un simple coup d’œil à une première page suffit à ces gens là pour déceler le scénariste amateur. Si vous ne voulez pas que votre scénario finisse à la poubelle, appliquez vous (au moins) sur les dix premières pages…

-       Les monologues.

A éviter, à moins d’être un Shakespeare des temps modernes. Regardez bien si ce que vous dites en 10 lignes ne pourrait pas se dire en deux. Si ces 10 lignes sont vraiment nécessaires, éviter de les mettre au début du scenario mais plutôt à la fin, lorsqu’on connait déjà les personnages, lorsque l’émotion accumulée au long du film justifie l’emploi d’un monologue dans l’intrigue.

-       Un film à plusieurs genres

Evitez de pitcher votre scenario comme une comédie qui vire au drame, une science-fiction d’époque à tendance horrifique ou encore un film d’aventure qui tend vers la comédie romantique mais qui finit mal. Ca ne passera pas.

-       Les descriptions des personnages sur une page de garde.

Il ne s’agit pas d’une pièce de Molière, ce que l’on doit savoir sur les personnages doit se voir dans le corps du scenario.  Si votre personnage est un astronaute timide qui rêve d’être pâtissier, à quoi le voit-on ?

-       les tendances du mois

Vous aurez remarqué qu’il existe des tendances au cinéma comme en mode et qu’il n’est pas rare de voir sortir en salle des films similaires ou sur le même thème comme par exemple la sortie simultanée de 15 films sur Coco Channel ou sur La guerre des boutons. Tenez vous au courant de ce qui se fait, lisez, lisez ; Vanity Fair, The Hollywood Reporter et bien d’autres, pour éviter de pitcher ce qui est dans l’air du temps. Il faut deviner les tendances à venir et non pas recycler les films présents.

Voilà pour les conseils du jour, en attendant pour plus d’info :

-       sur Kate Leys : http://www.kateleys.co.uk/

-       sur le London Screenwriters’ Festival : http://www.londonscreenwritersfestival.com/

Viddy Well !

 

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Quelques idées de costumes d’Halloween pour être dans l’actu ciné !

Par E.C

Si vous êtes fans de séries…

Fans de séries, misez sur des grands classiques qui reviennent à la mode. Déguisez-vous tout simplement en sorcière pour suivre la tendance American Horror Story qui fait sortir de leurs tombes les sorcières de Salem. Le costume devra donc remettre au goût du jour l’habit de la sorcière: l’habit doit être seyant mais aussi inquiétant…

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Si vous souhaitez en mettre plein la vue, pourquoi ne pas se transformer en Cavalier sans tête ? Ce fameux cavalier trancheur de têtes revient sur le devant de la scène avec la série Sleepy Hollow, un plaisir fort coupable que l’on s’autorise pour les beaux yeux de son héros Tom Mison et le charme de son héroïne Nicole Beharie. A vous de trouver le moyen le plus ingénieux (et confortable) pour faire disparaître votre tête tout en profitant de votre soirée !

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Pour être en phase avec l’actu cinéma.

Trop classiques, les vampires ? Mais ils sont partout ! Dario Argento nous livrera sa version horrifique de Dracula le 27 novembre. Costume et maquillage à copier si vous désirez faire peur aux enfants. En revanche, si l’humeur est à la séduction, optez pour le vampire romantique imaginé par Jim Jarmusch dans son dernier film, Only Lovers Left Alive (sortie le 19 février 2014). On se pâme rien qu’à voir la belle chevelure de Tom Hiddleston, l’élégance dandyesque de Tilda Swinton, ou l’allure déjantée de Mia Wasikowska.

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Pour ceux qui cherchent une idée de costume à deux, en voici une facile: La Belle et La Bête. Que vous soyez l’un ou l’autre, vous aurez tout pour plaire. A vous de décider cependant de rendre hommage au chef d’oeuvre de Cocteau (célébré en ce moment à la Cinémathèque jusqu’au 22 novembre) ou bien au dernier film de Christophe Gans, dans lequel Vincent Cassel prête ses traits à la Bête, et Léa Seydoux à la Belle (sortie le 12 février 2014).

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Dur dur de parler d’Halloween sans parler de Tim Burton. Surtout que le maître du gothique revient sur le devant de la scène avec les rumeurs grandissantes sur la suite de Beetlejuice. Vous savez donc lequel de ses héros choisir pour vous déguiser cette année !

 

Enfin, si vous êtes un peu flemmard, équipez-vous d’un gel pour cheveux, et faites-vous la  coiffure imaginée par Javier Bardem pour son rôle de parrain de la drogue dans le dernier Ridley Scott. Javier Bardem devrait désormais devenir le coiffeur le plus réputé d’Hollywood pour ses créations diverses et variées dans No Country for Old Men, Skyfall, et Cartel (sortie le 13 novembre).

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Et pour être vraiment en avance sur l’actu ciné tout en étant original, on vous propose Moïse, actuellement en tournage sous la houlette de Ridley Scott, avec Christian Bale dans le rôle titre.  Et oui, le prophète est pour nous un costume idéal. Avec sa longue barbe et ses cheveux blancs, Moïse répand les 7 plaies d’Egypte armé d’un simple bâton. Si ça n’est pas terrifiant !

Viddy Well ! Et bon Halloween.

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Un Tramway nommé Jasmine

ATTENTION, CET ARTICLE CONTIENT DES SPOILERS

Par E.C

A la fin de Manhattan, Ike/Woody Allen fait la liste des choses qui font que la vie vaut la peine d’être vécue. Il parle des films suédois, de Marlon Brando et des natures mortes de Cézanne… Façon, pour le cinéaste, d’avouer combien l’art occupe une place centrale dans sa vie. Au fil des films, les citations se sont faites de plus en plus nombreuses. Match Point reprenait, par exemple, la  trame dramatique d’Une Place au soleil de George Stevens. Le Sortilège du scorpion de Jade empruntait copieusement à La Garçonnière de Billy Wilder. Scoop se référait précisément aux Enchaînés d’Hitchcock et au Péché Mortel de John M. Stahl. Et un segment de To Rome With Love ( la jeune innocente séduite par une star) était quasiment un remake du Cheikh Blanc de Fellini… Et voici qu’arrive Blue Jasmine… Et que l’on regrette que le générique ne précise pas, en-dessous du fameux « Written and Directed by Woody Allen » : « librement inspiré de Un Tramway nommé Désir ».

Car le film suit de si près la pièce de Tennessee Williams qu’on a du mal à se détacher de l’original. Les noms ont changé, certes, et certains personnages se retrouvent divisés en deux dans le film d’Allen. Le (seul) ajout ingénieux de cinéaste – tant félicité par la critique – a été de moderniser le passé de son héroïne, en faisant d’elle la femme d’un homme à la Madoff. Passons en revue ces points communs si nombreux qu’ils en deviennent gênants.

JASMINE / BLANCHE DUBOIS

 

 

 

 

 

 

 

 

Jasmine, de son vrai prénom Jeannette (notez la connotation française, pour se rapprocher de la Blanche de Williams) a un passé sulfureux. Mariée à un riche homme d’affaires, cette femme qui n’est plus une jeune fille se conduit en aristocrate, s’estimant supérieure au commun des mortels. Observez ses manières, qui renvoient à la préciosité des gestes et de l’expression de Blanche DuBois. Comme Blanche après avoir perdu Belle-Rêve, Jasmine perd toute sa fortune et se voit obligée d’emménager chez sa petite sœur. Comme Blanche toujours, Jasmine se répète, se plaint, parle toute seule, devient folle. Séductrice, elle a un soupirant, mais elle lui ment au sujet de son passé  pour paraître plus estimable. Blanche elle aussi mentait à Mitch, et prétendait être bien plus jeune et pure qu’elle n’était. Ces mensonges auront raison des deux héroïnes. Blanche DuBois tente de cacher un terrible secret : son attrait pour de très jeunes hommes. Jasmine en possède également un, révélé à la fin du film.

GINGER / STELLA

Ginger est l’opposée de Jasmine. Brune autant que l’autre est blonde, petite autant que l’autre est grande, sensuelle et langoureuse alors que son aînée est nerveuse, souvent au bord de l’hystérie. On retrouve entre Sally Hawkins et Cate Blanchett toutes les différences qui séparent les sœurs DuBois. Comme Stella, Ginger est généreuse : elle défend sa sœur malgré les remarques insultantes de cette dernière. Elle prend son parti contre les attaques de des hommes qui partagent sa vie, Augie et Chili. A cette relation fraternelle, Woody Allen superpose une autre histoire : celle de l’adoption. Car Jasmine et Ginger ont toutes les deux été adoptées et sont donc nées de parents biologiques différents. Ce qui explique pour Woody Allen, toutes leurs différences. Il y aurait ici à traiter un autre vaste sujet, à savoir l’adoption chez Woody Allen. Sujet épineux dans la vie du cinéaste, matière à de nombreuses allusions hostiles dans ses films.

 

AUGIE & CHILI / STANLEY

 

Pour faire oublier Marlon Brando et son Stanley Kowalski, Woody Allen divise le personnage en deux, et décide de le rendre comique, même ridicule. Augie donc est l’ex-mari de Ginger : un macho en marcel qui n’est pas dupe des grands airs que se donne Jasmine. Chili en est la réplique, en plus jeune. Le compagnon actuel de Ginger, Chili (notez l’ingéniosité du nom – alors que Kowalski était un « Polack ») a du piquant ! Il est colérique, violent, déborde de désir pour sa compagne. Souvenez vous de cette scène flamboyante dans laquelle Stanley hurle « Stella » pour faire revenir auprès de lui la femme qu’il aime… Ici, la scène se situe dans un supermarché, où Chili vient pleurnicher sur des tomates, concombres et autres fruits et légumes afin de récupérer Ginger, caissière dans un supermarché.

DWIGHT & Dr. FLICKER / MITCH

 

Venons-en aux soupirants de Jasmine. La lourdeur de Mitch – prétendant de Blanche – échoue au Docteur Flicker, un dentiste qui emploie Jasmine comme secrétaire, et tente de la séduire de manière assez brutale. Dwight partage avec Mitch une profonde naïveté : il croit aveuglément aux affabulations de Jasmine. Dwight rejettera Jasmine tout comme Mitch désavoue Blanche lorsque l’âge de cette dernière et son passé sulfureux ressurgiront.

Viddy Well !

A lire également sur Viddy Well: Le Top 10 des personnages féminins chez Woody Allen

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La déferlante de biopics

Par E.C

Regarder la liste des sorties de l’année cinéma qui débute en septembre revient à peu près à lire une compilation de noms célèbres car des deux côtés de l’Atlantique, on s’est passé le mot : la saison d’hiver 2013-2014 sera celle des biopics !  En France, par exemple, ce n’est pas un mais DEUX films sur Yves Saint Laurent qui se préparent (l’un officiel parrainé par Pierre Bergé et signé Jalil Lespert, l’autre réalisé par le talentueux Bertrand Bonello). A Hollywood, on parle déjà d’Oscars pour Le Majordome, ou Mandela …. Voilà donc ce qui vous attend prochainement au cinéma.

Les biopics de stars

DIANA (sortie le 2 octobre)

Princesse du peuple, silhouette de star de cinéma, amours impossibles… Voilà qui avait de quoi séduire Hollywood. C’est Oliver Hirschbiegel, réalisateur du très controversé La Chute, qui s’attaque au sujet. Mais la seule controverse cette fois-ci tient à la réduction de l’histoire complexe et non dénuée d’intérêt de Lady Di à une bluette à l’eau de rose. La presse britannique ne s’est pas gênée pour assassiner le film et la performance peu crédible de Naomi Watts. Dixit le Guardian : « Pauvre Princesse Diana. J’hésite à employer le terme de carambolage cinématographique. Mais voici la terrible vérité : 16 ans après ce jour tragique en 1997, elle est morte une seconde fois de manière affreuse. »

Pronostic de VW: naufrage total.

 

MA VIE AVEC LIBERACE (sortie le 18 septembre)

Le (dernier ?) film de Steven Soderbergh avait été réalisé pour la télévision HBO au Etats-Unis. Il sort cependant au cinéma en France, après avoir été projeté à Cannes, et c’est tant mieux ! Il aurait été cruel de cantonner ce beau film au petit écran. Michael Douglas interprète Liberace, célèbre pianiste virtuose qui affolait la gente féminine lors de ses shows exubérants à Las Vegas tout en vivant dans le privé de torrides amours masculines. Basé sur l’autobiographie de l’un de ses amants, Scott Thorson (joué par Matt Damon), le film retrace les tumultes de leur relation : des rapports fusionnels et enflammés  du début aux exigences cruelles de la star, qui demanda à Scott de subir de la chirurgie esthétique afin de mieux lui ressembler…

Avis de VW : à ne pas manquer

 

Les biopics politiques

MANDELA: LONG WALK TO FREEDOM (sortie le 18 décembre)

On parle déjà d’Idris Elba (le génial ‘Stringer Bell’ de la série Sur écoute / The Wire) pour l’Oscar du meilleur acteur. Le film retrace la vie de Nelson Mandela, depuis son enfance à son élection comme Président d’Afrique du Sud. La bande-annonce est assez alléchante et on attend le film avec curiosité. Seul bémol – de taille – au tableau : le réalisateur Justin Chadwick à qui l’on doit l’effroyable film historique Deux sœurs pour un roi

Pronostic de VW : un Idris Elba qu’on pressent extraordinaire mais une mise en scène qui risque d’être conventionnelle.

 

LE CINQUIEME POUVOIR (sortie le 4 décembre)

Polémique te revoici, avec ce film ayant pour héros Julian Assange. Le grand chéri de tous les nerds de la planète, Benedict Cumberbatch (alias Sherlock dans la série anglaise, et Khan dans le dernier Star Trek) prête ses traits au fondateur de WikiLeaks et l’acteur allemand Daniel Brühl, son associé. Et qui pensez-vous se trouve derrière la caméra ? Rien de moins que le réalisateur de Twilight Partie 4 et 5 et de la comédie musicale Dreamgirls, Bill Condon. Etrange, non ?

Pronostic de VW : on est optimiste et l’on fait confiance aux critiques plutôt positives du Festival de Toronto où le film a été projeté. (et tout ça malgré Twilight !)

 

Les anonymes

LE MAJORDOME (sortie le 11 septembre)

Oyez, Oyez ! Si vous n’avez pas encore entendu parler de ce film, préparez-vous à l’overdose ! Lee Daniels récidive après Precious et Paperboy avec ce film relatant le service d’un homme noir, Cecil Gaines, employé comme majordome à la Maison Blanche. Le film retrace donc une bonne partie de l’histoire des Etats-Unis : la lutte pour les droits civiques, la guerre du Vietnam. Lee Daniels s’entoure de stars Oprah Winfrey, Forest Whitaker, Terrence Howard et d’une galerie d’acteurs blancs qui ressemblent de loin aux divers présidents américains… Encore un film pressenti pour les Oscars.

Pronostic de VW : grande méfiance à cause de Lee Daniels principalement, mais aussi de l’ensemble qui ressemble fort à une machine à Oscars.

 

JIMMY P. (sortie le 11 septembre)

Arnaud Desplechin signe ici son premier film américain, et son deuxième en langue anglaise après le sublime Esther Khan. Jimmy Picard (Benicio Del Toro), un Indien Blackfoot ayant combattu pendant la Seconde Guerre Mondiale, présente de nombreux troubles physiques et psychiques. Il est interné au Kansas où il est examiné par un psychanalyste français, Georges Devereux (Mathieu Amalric). Le film a déçu à Cannes, mais les avis tendent à changer hors festival. Suspense donc.

Pronostic de VW : on a confiance en Desplechin pour se tirer d’un sujet aussi ardu.

 

FRUITVALE STATION (1 janvier)

Le film retrace la dernière journée d’Oscar Grant III, jeune noir-américain de 22 ans tué par balle sur un quai de métro par un policier le soir du Nouvel An 2008. Le film est très rigoureux dans les faits, et ne cherche pas à cacher le passé de petit délinquant de la victime. Michael B. Jordan (repéré adolescent dans Sur écoute / The Wire) est subtil et émouvant et s’affirme comme un acteur à suivre. La deuxième partie du film est sidérante de réalisme. On regrette cependant quelques manipulations émotionnelles dans l’utilisation de la fille d’Oscar Grant.

Avis de VW : formidable

 

12 YEARS A SLAVE (sortie le 22 janvier).

On vous le dit tout de suite : ce film est une révolution en marche. La troisième réalisation de l’artiste Steve McQueen (Hunger, Shame) retrace l’histoire de Solomon Northup, un homme noir libre,  kidnappé et vendu comme esclave dans le Sud  des Etats-Unis. McQueen s’est entouré d’un casting impeccable, à commencer par Chiwetel Ejiofor, acteur remarquable et sous-employé jusqu’ici. Michael Fassbender, habitué du cinéaste, Paul Dano, Benedict Cumberbatch, Paul Giamatti, et Brad Pitt sont également au générique. Il suffit d’avoir vu Hunger et Shame pour se rendre compte que Steve McQueen est sans doute le plus grand cinéaste de notre temps. McQueen n’a peur de rien, traite ses sujets de manière crue et souvent violente, sans jamais montrer de complaisance. Qui d’autre que lui aurait pu mettre en image la cruauté et l’atrocité de l’esclavage ? Oubliez vite Amistad, et autres tentatives… Car bien plus qu’un film historique et réaliste, c’est un film d’art que nous offrira Steve McQueen.

Pronostic de VW : Chef d’œuvre.

Viddy Well !

 

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Hollywood Forever !

Par E.D.

Si vous passez par L.A. cet été, ne manquez pas le rendez-vous estival incontournable du cinéma en plein air. Il ne s’agit pas des légendaires Drive-Ins mais de projections de films en plein coeur de la ville dans le cimetière d’Hollywood…

Que les plus peureux n’aient crainte, la toile est brandie à l’écart des tombes avec une grande étendue sur laquelle se ruent les spectateurs munis de couvertures, d’oreillers et de paniers de picnic dès l’ouverture des portes.

La saison a bien démarrée avec la projection de Certains l’aiment chaud, de Billy Wilder. Ce week-end, c’était au tour de Pulp Fiction ! Des spectateurs se sont mis à danser le twist lors de la célèbre danse à la chorégraphie élaborée sur “Never Can Tell” de Chuck Berry, et il n’était pas rare de voir se promener des gens déguisés en Vincent Vega, Jules ou Mia Wallace entre les rangées surpeuplées de fans du film.

 

 

Conseil: Les projections commencent à 21h, ouverture des portes à 7h30. Si vous ne voulez pas vous retrouver perdu dans un coin de cimetière avec un demi-mètre carré d’espace pour vous assoir, sachez que certaines personnes font la queue depuis 17h.

Au programme pour la suite du mois de juin :

- Princess Bride, de Rob Reiner (15/06)

- L’homme qui en savait trop, Alfred Hitchcock (22/06)

- Badlands, de Terrence Malick (29/06)

 

Pour réserver: cinespia.org

Bonne ambiance assurée !

Viddy Well.

 

 

 

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TOP 5 des plus belles histoires d’amour homosexuelles au cinéma

Par E.C

Quelle semaine pour célébrer les couples de même sexe ! La victoire du mariage pour tous en France, la palme d’or pour La Vie d’Adèle, chef d’œuvre cinématographique d’Abdellatif Kechiche, projet de film sur une passion lesbienne pour Todd Haynes avec Cate Blanchett et Mia Wasikowska au casting…  Viddy Well a donc décidé de participer aux festivités en vous proposant un Top 5 des plus belles histoires d’amour homosexuelles sur grand écran. La Vie d’Adèle est évidemment notre numéro 1, mais nous l’excluons du classement afin de revenir sur des films antérieurs.

5. Velvet Goldmine (1998)

Le jeune journaliste Arthur Stuart (Christian Bale) enquête sur la carrière d’une star du glam rock, Brian Slade (Jonathan Rhys Meyers) et sur la relation de la star avec le chanteur Curt Wild (Ewan McGregor). La passion destructrice entretenue par Wild et Slade fait tout le film de Todd Haynes, qui modèle ses personnages principaux sur de grandes stars musicales : David Bowie, Lou Reed et Iggy Pop. A la violence et l’égocentrisme des deux chanteurs, se mêle la tendresse folle que leur inspire leur amour.

 

 

4. Lawrence d’Arabie (1962)

Lawrence d’Arabie, un film d’amour ? Oui, vous dit-on. Il suffit de revoir les regards langoureux échangés entre Lawrence (Peter O’Toole) et Ali (Omar Sharif) pour se rendre compte que leur relation est bien plus qu’une simple amitié masculine. Voyez cette scène où Lawrence revient du désert Nefud et où Ali marche à sa rencontre comme une belle retrouvant son promis ! Ou bien celle où  Ali choisit des habits dignes du désert pour son ami Lawrence. O’Toole, avec ses cheveux blonds, ressemble bien à une princesse et son Ali à un beau prince ténébreux ! Avec Lawrence d’Arabie, David Lean réalise plus qu’un film d’aventure, il réussit une superbe histoire d’amour !

 

 

3. La rumeur (1961)

La rumeur est un merveilleux film méconnu du grand William Wyler. Deux institutrices sont accusées à tort par une de leurs élèves d’entretenir une relation lesbienne. Le scandale coûte aux deux jeunes femmes leur travail et leur combat pour rétablir la vérité les unit. Jusqu’à ce que l’une d’elle, Martha (Shirley MacLaine) se rende compte qu’elle éprouve de véritables sentiments amoureux pour l’autre, Karen (Audrey Hepburn). Histoire d’un amour impossible, La rumeur est une véritable tragédie qui met à jour le puritanisme cruel de la société américaine.

 

 

2. Brokeback Mountain (2005)

Difficile d’échapper à ce western qui fit beaucoup parler de lui à sa sortie et qui valu au réalisateur un Oscar. Il faut dire qu’Ang Lee et ses scénaristes avaient vu juste en voguant sur la tradition du western de jouer sur les sous-entendus homosexuels (voir la célèbre scène de comparaison de revolvers dans La Rivière rouge de Howard Hawks). L’histoire est celle de l’amour indestructible de deux cowboys, interprétés par Heath Ledger et Jake Gyllenhaal, dans les montagnes du Wyoming. La fameuse réplique « I wish I knew how to quit you » fit pleurer plus d’un spectateur !

 

 

  1. Mulholland Drive (2001)

Certainement l’histoire d’amour entre deux femmes la plus déchirante. A travers le prisme du film noir, David Lynch filme la passion d’une femme double Betty / Diane (Naomi Watts) pour Rita (Laura Elena Harring), incarnation de la femme fatale. Pour raconter cette liaison passionnée, Lynch passe du lyrisme au cauchemar dans un film qui restera comme un tournant dans l’histoire du cinéma.

Viddy Well !

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La trace du Passé

Par E.C


N’en déplaise à certains jaloux qui auraient préféré que Asghar Farhadi ne s’aventure hors des frontières de l’Iran, son pays natal, Le Passé, première incursion du cinéaste dans un pays qui n’est pas le sien, est une réussite. Plus qu’une réussite, d’ailleurs, tant son film laisse, à l’instar de ses films précédents A propos d’Elly et Une séparation, une trace émotionnelle d’une rare intensité. L’écriture est intacte: analytique, fine, sensible. Le regard sur le couple, sur la famille recomposée, sur les personnages, sur la complexité de leur vie où le passé vient peser de plus en plus lourdement échappe aux raccourcis et simplifications trop souvent caractéristiques de notre cinéma hexagonal. Oui, la caméra prend le temps d’installer son histoire et ses protagonistes dans un quotidien qui pourrait être le nôtre tant il s’inscrit dans la banalité. Et cette histoire devient vite un passionnant thriller des sentiments où ce qui est tu et enfoui se développe en une dramaturgie passionnante.

L’histoire est celle de Marie (Bérénice Bejo) qui fait revenir d’Iran son mari, dont elle est séparée depuis quatre ans, afin qu’il signe les papiers du divorce. Cet homme Ahmad (Ali Mosaffa) a élevé avec Marie les deux filles qu’elle a eues d’une union précédente. On comprend  que la rupture, douloureuse,  a laissé en suspens une foule de choses non résolues entre les deux époux. Situation rendue encore plus difficile par le nouveau compagnon de Marie, Samir (Tahar Rahim), qui élève son fils avec Marie depuis la tentative de suicide de sa femme.

Tout tourne donc autour de la famille recomposée, de la difficulté de reconstruire une nouvelle vie en faisant table rase du passé. Mais le passé ne cesse de rattraper chacun des membres de cette famille, les isole les uns des autres, les empêche de se comprendre, de communiquer, de s’unir devant les difficultés de la vie. Autour du thème douloureux du suicide, Farhadi construit un véritable thriller des sentiments : quel est le lourd secret de Lucie, la fille aînée de Marie, pour se rebeller si rageusement contre sa mère ? Que s’est-il  passé entre Ahmad et Marie pour qu’elle éprouve envers lui autant de ressentiment ? Mais surtout qui est le véritable coupable, celui qui doit porter la faute du suicide de la femme de Samir ?

Avec Le Passé, Farhadi réussit une fresque des relations familiales d’une rare précision qui éblouit par sa virtuosité et par sa profondeur. Aucun des personnages, qu’ils soient principaux ou de second plan, n’est négligé. Au trio Samir-Marie-Ahmad s’ajoutent les relations entre frère et sœurs (dont une scène exceptionnelle de douceur entre Léa et Lucie, les deux filles de Marie), mère et filles, père et fils ainsi que les relations beau-père / belles-filles, belle-mère/beau-fils. S’y ajoute la plus surprenante, celle de Ahmad avec le fils de Samir, exprimée dans les gestes de tous les jours, mais tissée avec une délicatesse hors du commun. Précision virtuose là encore dans la direction des acteurs : chaque intonation, geste, expression est maîtrisée avec une justesse incroyable. Le cinéaste ne cherche pas le réalisme mais une vérité de ton, émotionnelle. Il permet ainsi à ses interprètes de livrer des performances époustouflantes. Bérénice Bejo, que l’on savait déjà douée, impressionne par sa simplicité de jeu et son intériorité. Ali Mosaffa exprime avec douceur et sensibilité une nature profondément aimante. Tahar Rahim est irréprochable en père dépassé par ses propres sentiments et la souffrance de son fils. Citons également Sabrina Ouazani, qui s’impose en deux scènes comme une actrice majeure.

On pense aux films de Kechiche dans la délicatesse et l’humanisme de la mise en scène, dans la manière dont Farhadi tire des non-professionnels (les enfants) un naturel désarmant. Si l’émotion à la dernière scène, dévastatrice, gagne tant le spectateur, c’est que le propos de Farhadi sur la résonance du passé dans le présent atteint l’universalité.

Viddy Well !

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