Passe ton Bach d’abord

Que ma joie

J’entame mon ultime semaine de blog à cette adresse (on en reparle) en vous parlant d’autre chose que d’une série. Mieux vaut tard que jamais. Je vais vous parler d’un spectacle autour de Bach. Le musicien. Jean-Sébastien, comme on l’appelle en français, Johann Sebastian, pour les germanophiles. Vous ne voyez pas le rapport ? Je vous le donne. Que ma joie demeure !, diffusé ce soir sur Comédie+ à 20h45, est écrit et interprété par Alexandre Astier, mieux connu de ceux qui ne regardent que la télé pour Kaamelott. Ça a beau ne pas être une série, je vous le recommande chaudement quand même.

Musicien de formation, compositeur de la B.O de Kaamelott, Alexandre Astier est un peu plus qu’un griffonneur de mélodies. C’est un mélomane passionné de Bach, et il lui rend ici un hommage drôle et touchant, qui ne laissera pas indifférent ceux qui aime son style sur le petit écran, et qui leur fera peut-être réaliser un peu mieux l’étendue de son talent. Seul sur scène, avec un clavecin, un tableau noir et quelques jeux de lumières, Astier incarne donc Jean-Sébastien Bach, beaucoup plus détendu qu’on ne l’avait imaginé. Le compositeur (1685-1750), malin mais ronchon – on retrouve là du Arthur de Kaamelott – se voit contraint d’animer une journée portes ouvertes, et de donner une leçon de musique au petit peuple.

Entre deux explications techniques vraisemblablement incontestables musicalement, mais où le novice n’y comprend que couac – et du coup hilarantes – Astier s’isole, raconte les souffrances de Bach, sa vie de famille compliquée (ses enfants tombaient comme des mouches), son égo. Il livre un portrait en creux, étonnant, du “Cantor de Leipzig”, qui ne fut vraiment reconnu, hors de l’Allemagne, qu’après sa mort, et qu’il met ici en scène à une heure où son style très conservateur était menacé par une modernité grandissante.

Inutile d’être amateur de musique baroque pour s’y retrouver. Bien sûr, mieux vaut ne rien avoir contre le clavecin et la viole de gambe, dont Astier joue parfaitement, mais ce qui importe ici, c’est l’humeur et l’humour du comédien, d’une intelligence et d’une subtilité réjouissante. Que ma joie demeure ! fait rire intelligemment, sans se priver de faire quelques grosses blagues absurdes – les gens en charge de l’orge de l’église voisine élèvent des chèvres et font du miel dedans – mais sans jamais transformer le portrait en suite de sketches

On pourrait craindre une histoire de triple croche, de contrepoint et de chœurs religieux qu’elle soit potentiellement barbante. Alexandre Astier réussit le tour de force de la rendre captivante et drôle. Pour peu que vous soyez un peu curieux (et que vous soyez abonné à Comédie+), foncez. Si vous aimez la musique (a fortiori la musique classique, voire plus spécialement le baroque) et que vous êtes fan de Kaamelott, c’est inévitable. Au pire, vous pouvez vous rattraper avec le DVD, édité chez Universal.

Que ma joie demeure, sur Comédie+ lundi 25 novembre à 20h45.

Un commentaire pour “Passe ton Bach d’abord”

  1. On peut aussi préciser, pour la référence sérielle, que la mise en scène du spectacle est de Jean-Christophe Hembert, à savoir Karadoc !

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