2 ou 3 questions sur The Americans

La nouvelle série de la chaîne câblée américaine FX (Justified, Sons of Anarchy, Louie) a débuté hier soir aux États-Unis. Je vous dirai ce que je pense dans mon “traditionnel” post du samedi — je trouve ça pas mal du tout. J’avais pu voir le pilote en octobre, à l’occasion du MIPCOM, à Cannes. Après la projection, une conférence était organisée avec Keri Russel (Felicity) et Matthew Rhys (Brothers & Sisters), qui incarnent un couple d’agents soviétiques infiltrés à Washington, en 1981. Étaient aussi présent (et nettement plus bavard) Eric Schrier (Vice President de la programmation d’FX) et David Madden (Président des studios Fox Television). Voici ce qui s’est dit de The Americans. Les questions ne sont pas de moi, mais de la modératrice.

Keri, Matthew, qu’est-ce qui vous a poussé à accepter de jouer dans The Americans ?
Keri Russel :
Matthew ?
Matthew Rhys :
C’est toi l’Américaine ! C’est toi qui réponds (Matthew Rhys est Galois, ndlr).
K.R :
Oui, comme ça ça évitera que tu me voles mes idées. J’ai accroché au script, au côté thriller, espionnage de la série, mais ce qui m’a vraiment convaincu, c’est la relation qu’entretiennent les personnages principaux. Comment construire une relation sur un mensonge ? Comment faire confiance à l’autre ? C’est une forme extrême de mariage arrangé, où les deux parties ne savent rien de l’autre… ce qui finalement est une métaphore du mariage en général, où il faut apprendre à se connaître.
M.R : Moi, je voulais juste porter des fringues qui me rappellent ma jeunesse.

Comment est né le projet ?
Eric Schrier : Nous avions un précédent projet de série d’espionnage avec Joe Weisberg, qui a créé The Americans (ancien de la CIA pour de vrai, et ancien de Damages, ndlr). Nous étions très intéressés par l’idée de faire ce genre de thriller, mais ça ne collait pas. Nous voulions quelque chose de neuf, réinventer le genre. Et puis, il y a deux ans, la presse a révélé qu’une cellule secrète du KGB était toujours en sommeil à Washington. On a pensé que ça ferait une super série, on l’a proposé à Joe et à Graham Yost, qui fait Justified sur FX.

Faire une série historique, c’est un peu opportuniste en ce moment, non ?
David Madden : Je ne vois pas The Americans comme une série historique, comme Mad Men peut l’être. Tout ce que vous devez savoir de 1981, c’est qu’à l’époque, les méchants, c’étaient les Russes. Aujourd’hui, on ne compte plus les ennemis de l’Amérique, on ne sait pas d’où va débarquer le prochain. En 1981, les choses semblaient nettement plus simples. Ceci étant dit, les thèmes abordés dans la série, la paranoïa, la sécurité intérieure, et surtout la confiance que vous avez en votre mariage, en votre famille, en votre pays, en votre gouvernement… tout ça est finalement très contemporain.

Keri, Matthew, avez-vous reçu une formation particulière pour cette série ?
M.R : Ça a été un plaisir de devoir apprendre à réagir comme un espion en prenant des cours d’arts martiaux et en se faisant hurler dessus par un formateur…
K.R : Et de pouvoir coller quelques baffes à Matthew.
M.R : Euh, ça c’était en dehors du tournage.

On connaît mieux Keri pour son rôle en étudiante timide dans Felicity. Qu’est-ce qui vous a poussé à lui proposer ce rôle ?
E.S : Quand nous avons cherché qui pourrait jouer Elizabeth Jennings (le mari s’appelle Phillip Jennings, ndlr), nous avons pris une liste de noms suggérés par les producteurs. Keri est sortie du lot justement parce que ça nous semblait frais, surprenant, de la caster.
D.M : Elle apporte quelque chose d’indispensable au personnage. Parce qu’elle est violente, froide, et soviétique, on est censé la détester. Mais Keri, en partie parce qu’on la connaît de rôles plus attachants, nous permet de l’aimer.

Quels sont vos choix en terme de reconstitution historique ?
E.S : Nous ne voulons pas faire une série maniaque, qui soulignerait lourdement tous les détails historiques. Il faut que la reconstitution soit discrète, naturelle.
D.M : Tout est authentique, mais on ne veut pas faire comme dans Mad Men, aussi brillant soit leur travail. La reconstitution ne doit pas devenir l’obsession première.

Joe Weisberg est un ancien de la C.I.A. A quel point The Americans est-elle réaliste ?
E.S : Tout est fictif. Ces personnages n’ont jamais existé. Nous nous rattachons à des faits historiques, comme la tentative d’assassinat de Reagan, mais ça ne va pas plus loin. Joe a reçu une formation d’agent mais il n’a jamais été actif sur le terrain. Il sait comment les gens se comportent dans cet univers, donc la série est authentique, mais pas inspirée de faits réels.

Comment va évoluer la relation entre les deux héros ?
D.M : C’est le cœur de la série. Chaque semaine, ils vont devoir réaliser des missions périlleuses, mais l’arc central de The Americans, c’est l’impact de cette vie d’espions sur leur vie intime, leur relation, leurs espoirs, leurs décisions.

Si vous voulez voir la conférence dans son intégralité, en VO, c’est ici.

Image de Une : The Americans, FX.

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Journaliste spécialiste des séries télévisées, je collabore avec Télérama, Le Mouv', Le Mag Séries et L'Optimum.



Crédit photo : Christophe Abramowitcz, Radio France

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