Mi-Saison 2012-2013 : semaine 1

Et c’est reparti pour un tour ! Depuis la semaine passée, c’est la mi-saison outre-Atlantique. Un moment que j’apprécie particulièrement, puisqu’on y voit souvent débarquer des séries un poil plus osées, que c’est là que les chaînes câblées s’agitent le plus, et que franchement vu ce qu’on a du supporter depuis septembre, ça ne peut qu’aller mieux. On s’y remet donc dans la joie et la bonne humeur massacrante (avec désormais un petit pitch pour ceux qui n’ont pas vu la série) avec ce samedi quatre nouveautés : Deception, Banshee, The Carrie Diaries et Legit. Alors, heureux ?

DECEPTION (NBC)

De quoi ça cause. Une riche héritière en errance est retrouvée morte. Overdose, dit la police. Meurtre, dit mon petit doigt, et celui du FBI, qui envoie fissa une jolie fliquette qui se trouve être (ah bah c’est un sacré coup de bol ça) l’ancienne BFF de la morte. Mission infiltration dans le monde sans pitié des riches, tout plein de mensonges et de mystères.

Comment je la sentais. Au risque de me faire des ennemis, je ne suis pas un grand fan de Revenge. Je ne suis pas un fan des soaps en général, de leurs scénarios volontairement poussifs et de leurs personnages joyeusement caricaturaux. Du coup, je n’attendais aucun miracle de Deception, une série au titre qui se prête aux jeux de mots foireux — même si c’est un faux ami, je sais, je sais.

Ce que je pense du pilote. NBC fait le boulot. Il y a un meurtre, des gens beaux et riches (ou l’inverse) qui mentent plus qu’un fournisseur internet, une héroïne super sexy (ceux qui ont vu la saison 5 de Californication savent ce qu’il se passe quand Meagan Good prend l’avion), des regards en coin, des couloirs qui murmurent, des rebondissements pas possible… Bref, c’est improbable, c’est grotesque, c’est caricatural, c’est prévisible. Donc, ça m’emmerde, mais ça devrait plaire à ceux qui aiment les soaps.

Ma note : 4/10, parce qu’on ne voit pas bien ce qu’on pourrait attendre de Deception, qui du coup n’en est pas une — c’est au faux ami, je sais, je sais.

 

BANSHEE (Cinemax)

De quoi ça cause. Un type sort de taule. Il a moisi là pour avoir trop volé, et compte bien : 1. récupérer son dernier butin, qui traine dans un bled paumé, Banshee et 2. Récupérer la fille qui va avec, et qui, elle, a échappé à la taule. Manque de pot 1. Y’a plus un rond et 2. La fille s’est mariée. Ah, et 3. Le type qu’il a dépouillé est rancunier, et veut lui faire la peau. Heureux hasard, il récupère l’étoile du nouveau shérif et, ni vu ni connu je t’embrouille, le voilà gardien de la paix à Banshee.

Comment je la sentais. Banshee, produite par Alan Ball, semblait vouloir flatter nos bas instincts. En gros, ses bandes annonces promettaient la sainte trilogie : du cul, du fric et de la violence. Du coup, ça donnait assez envie. La majeure partie de mon cerveau en veille, je voulais exulter devant pif, paf, boum, wiz, mmh, et le faire sans trop utiliser l’adjectif “coupable”, parce qu’un bourrinage peut-être “intelligemment” fait (comme un footballeur peut jouer “intelligemment”). En gros, je sentais que je pouvais aimer.

Ce que je pense du pilote. C’est donc bien un bourrinage. Ball assume à fond, c’est assez con, et rapidement improbable. C’est joliment filmé, avec une belle photo et de chouettes décors. Quand ça castagne, c’est sympa, et ça s’envoie aussi en l’air. Ça ne vaut pas Justified, mais ça pourrait en être le petit cousin pas malin. Reste un problème majeur : Antony Starr, le héros de Banshee, croisement entre Scott Speedman et une vache charolaise, est très bovin, aussi charismatique qu’une cabine photomaton et aussi expressif qu’un radiateur. Or, comme je le répète tout le temps, une bonne série, c’est avant tout de bons personnages — et, au passage, un bon casting.

Ma note : 5/10, parce que si ça se trouve, Starr s’était gouré de plateau quand il a tourné le pilote. Il croyait jouer dans Spartacus.

 

THE CARRIE DIARIES (CW)

De quoi ça cause. Carrie Bradshaw, 16 ans en 1984, découvre la vie. Autrement dit : le sexe, l’alcool, la nuit, la mode et Manhattan. Ou en tout cas leur déclinaison grand public. Carrie… ah, mais, ce serait pas l’héroïne de Sex & the City ? Si.

Comment je la sentais. Oulala, mal. Mais prudemment. L’homme étant une femme comme les autres, Sex & the City est un poil sacrée pour moi — même les films tenaient du blasphème, c’est dire — et je ne voulais pas qu’on me raconte l’adolescence de Carrie. Je voulais qu’on la laisse en paix avec sa future ménopause. Que ce soit l’équipe de Gossip Girl qui s’y colle ne faisait pas grand-chose pour me rassurer. Je craignais le formatage.

Ce que je pense du pilote. Comme c’est inconfortable. Je ne sais pas sur quel pied danser : si je pense Sex & the City, je reste agacé. Au mieux, je m’amuse des clins d’oeil, de la volonté des scénaristes de ne pas oublier qu’ils racontent les origines de Carrie, au pire j’enrage de ne plus reconnaitre la série d’HBO, je me sens volé. D’un autre côté, si j’active mon mode “j’ai 14 ans, je mange du pop-corn devant ma téloche”, je ne vois pas où est le scandale. The Carrie Diaries est une série ado rétro pas folichonne mais rythmée, pleine de tubes des années 80, portée par une actrice un peu tête à claques mais énergique. C’est un peu bâtard, un peu bancal, mais je n’ai pas passé un moment désagréable. J’en suis presque emmerdé…

Ma note : 5/10, mais je me demande bien pourquoi. Sans doute un mélange de nostalgie et d’affection pour les séries ados, qui me filent un coup de jeune…

 

LEGIT (FX)

De quoi ça cause. Jim est un glandeur de compet’. Pire, il est Australien (fan de Flight of the Conchords, tu me comprendras). Pire, c’est un con. Pire, il est méchant. Jusqu’au jour où il décide d’être sympa. Enfin, d’essayer, parce qu’être sympa, c’est bien pour profiter des autres.

Comment je la sentais. Vous aviez entendu parler de Legit vous ? Franchement ? Pour un peu, on l’aurait laissé passer sans la voir. Sauf que FX diffuse Louie, mon graal comique, et la sympatoche Philadelphia. Bon, elle diffuse aussi Anger Managment, qui ne me fait pas rire, et Wilfred, que j’aimerais aimer mais que je n’aime pas trop… bref, au pire, ça devait être provocateur.

Ce que je pense du pilote. C’est aussi fauché que Louie, mais moins génial. Toutefois, l’Australien (pour de vrai) Jim Jefferies, aussi comédien de stand-up, ne manque pas de talent. Il force un peu le trait, mais il est bien aidé par les seconds rôles, à commencer par son coloc coiffé comme Larry David, Dan Bakkedahl. A la manière de Philadelphia, Legit se jette tête la première dans le politiquement incorrect, avec handicapé moteur et putes dès ce pilote. On rit, ce qui est une bonne chose, mais non sans un brin d’émotion et de sensibilité sous la débilité ambiante, ce qui est encore mieux. Du coup, on tient peut-être là une bonne comédie “edgy”, comme disent les Ricains.

Ma note : 6,5/10, parce que tout n’est pas encore au point, et qu’il faudra trouver une juste dose de (ba)lourdeur.

 

Images : Legit (FX), Deception (NBC), Banshee (HBO Cinemax) / The Carrie Diaries (CW).

 

3 commentaires pour “Mi-Saison 2012-2013 : semaine 1”

  1. Hello,

    Merci pour ce billet, je n’étais pas au courant de la sortie de ces séries (même si après avoir lu vos critiques, ça ne donne pas trop envie…à part Legit maybe).

    Je rajouterais pour ma part THE FOLLOWING, qui débute en janvier, avec (tout de même) Kevin Bacon et James Purefoy en tête d’affiche.

    L’histoire d’un agent du FBI et d’un serial killer qui a crée sa propre secte (de serial killer).
    Rien que pour les acteurs, je vais regarder le pilote.

    Cheers,

  2. Thanks pour le résumé des nouveautés :)
    Pour ma part, je vais rester sur The Carries Diaries. Je n’ai jamais regarder S&TC, mais elle me donne envie en teen drama (j’aime bien 90210 et Gossip Girl, donc à partir de là, il y a de bonnes chances que j’aime cette série).

    Les 2 premières me donnent pas envie, mais suite à votre billet j’ai envie de tester Legit.

    Bonne continuation et n’hésitez pas à venir faire un tour sur mon blog ;)

  3. Les nouvelles séries américaines ne font que commencer.. pour ma part, j’attendrai d’avoir vu au moins 3 épisodes de chaque avant de me prononcer. Pourtant, je partage la critique de Carries Diaries. J’ai trop Sex and the Cityen tête…
    À l’horaire bientôt où déja entamé: The Following, Do No Harm, Motive, Smash, etc…

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Journaliste spécialiste des séries télévisées, je collabore avec Télérama, Le Mouv', Le Mag Séries et L'Optimum.



Crédit photo : Christophe Abramowitcz, Radio France

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