Les morts marchent bien

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Au départ, j’avais pensé à “Meuueaaarrrrgggggghhh” comme titre, et puis je me suis dit que pour le référencement, ce serait pas terrible. On me demandait récemment mon avis sur The Walking Dead. Je viens de voir le deuxième épisode, aussi me suis-je dis que ce serait le moment de le donner, mon avis. The Walking Dead, pour ceux qui ne saurait pas ce que c’est, est une adaptation d’un fameux comic book post apocalyptique à très forte teneur en zombies. Produite par Robert Kirkman (le créateur de la BD) et Frank Darabont (réalisateur de La Ligne Verte et Les Évadés au cinéma), cette série a été lancée dimanche 31 octobre sur AMC, la chaîne des excellentes (le mot est faible) Breaking Bad, Mad Men et Rubicon. Ce devait être (sans mauvais jeu de mots) une tuerie. Et ça pourrait bien en devenir une…

D’abord, The Walking Dead réussit ce que trop peu d’adaptations sont parvenues à faire : être fidèle à son modèle sans pour autant en faire un vulgaire copier-coller. Le pilote de la série, qui reprend de très près la trame des premières pages du comic book, se permet déjà quelques infidélités, quelques scènes inédites (dont l’introduction, remarquable), quelques sorties de route du meilleur goût, les plus belles de l’épisode, quand Darabont laisse sa caméra glisser le long des décors vides, dans le silence assourdissant du monde dévasté. Le deuxième épisode, lui, est une digression totale, réduite dans la BD à quelques pages. Pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui n’ont pas vu la série, nous n’en dirons pas la teneur, mais elle permet d’introduire d’une manière originale une partie du casting, en plein cœur d’Atlanta, quand l’autre était montrée dès le pilote au campement des survivants, comme dans le comic book. Cette fidélité libre se retrouve aussi dans les détails, et dans les personnages, certains ressemblant à s’y méprendre à ceux des livres, d’autres étant inventés pour la série. Évidemment, la présence de Robert Kirkman au générique, qui ne s’est pas contenté de vendre les droits de la série, y est sans doute pour quelque chose.

Autre bon point pour The Walking Dead, son mélange de pur plaisir et de tension dramatique. Au visionnage du pilote, on pouvait penser que Darabont, Kirkman et le reste des producteurs (dont Gale Anne Hurd, productrices des Terminator, donc calée en mondes post apocalyptiques) voulaient exploiter au maximum le potentiel émotionnel, presque métaphysique de l’univers de la série, la notion de deuil, les souffrances des survivants. Ils prenaient leur temps, jouaient sur les silences. On s’en réjouissait. Et puis on a vu le deuxième épisode. Pas une seconde de répit, des zombies partout, des scènes d’action, un suspens haletant. Presque une autre série, sauf qu’on ne s’en étonnera pas. The Walking Dead, comme Breaking Bad, s’inscrit dans le registre pop trash, où alternent avec bonheur les séquences réflexives et les dérapages violents. Seulement, si Walter White est un homme qui tombe, c’est le monde entier qui s’effondre dans The Walking Dead, d’où une surdose d’action, de fun, et peut-être une complexité psychologique moindre (à confirmer).

Le visionnage de ce deuxième épisode trépidant confirme au moins une chose : AMC sort légèrement de son jardin, celui des drames puissants et profonds, et s’offre un divertissement haut de gamme et intelligent. Ce n’est pas encore une révolution, mais une évolution. The Walking Dead, remarquablement filmés, avec une très belle photo (la marque des séries d’AMC, d’une beauté visuelle sans égal), brillamment incarnée (à voir ce que vaut Sarah Wayne Callies sur la longueur), gore à souhait (même si on attend toujours la première scène insoutenable, car il y en a dans la BD), n’est certainement pas une distraction pour ménagère. Au risque de me faire taper sur les doigts, je risquerais ceci : The Walking Dead pourrait devenir le True Blood d’AMC, la série un peu plus fun, qu’on n’aura pas honte de classer avec les divertissements, quand le reste des dramas se plait bien chez les “auteurs.” La comparaison me semble d’autant plus valable que les deux séries s’inscrivent dans des mondes fantastiques, quoique tous deux très différents. Froid, sombre, crasseux chez AMC, torride et fantasmagorique chez HBO, mais toujours terriblement humains.

Image de Une : The Walking Dead, AMC.

5 commentaires pour “Les morts marchent bien”

  1. Autant le premier épisode m’avait super emballé, l’ambiance, les couleurs…

    Autant là le deuxieme me donne envie de fuir en courant. Le fait que ça dérive des livres bon ça devait arriver c’est sur…mais de là à faire courir les zombies, les faires porter des pierres, leur faire grimper des clotures…. non ça m’a cassé le truc.

    Je retrouve plus l’ambiance, ni les couleurs du premier, les zombies n’en sont même plus.

  2. Je n’ai pas lut le comic-book (même si tout ce que je lis autour de l’œuvre me donne très envie de tenter l’expérience) mais je tient juste à dire que cela fait très longtemps que j’attends une vrai série de zombie à la TV qui tienne sur la longueur (saison 2 déjà confirmé par AMC) et peut développer une histoire et des personnages mieux que les films du même thème. Certes Dead Set était un divertissement jouissif et acerbe sur la télé-réalité sous fond d’invasion de zombie mais ce n’était qu’une mini-série, malheureusement.

    Du coup, de mon point de vue, The Walking Dead est vraiment une série dont la vue des 2 premiers épisodes m’a laissé un excellent souvenir et dont j’attends désormais les futures épisodes avec impatience, car les zombies, l’apocalypse (Jericho) et la fin du monde (Survivors), j’adore! Par moment, je retrouve un mélange de ces deux séries de qualité (mais non dénué de défauts) dans The Walking Dead plus une touche de 28 Jours Plus Tard, film que j’affectionne particulièrement et ce mélange donne un résultat que je trouve génial :)

    PS : Sinon l’acteur principal (Andrew Lincoln) a joué dans L’Arnacœur dans un second rôle pas vraiment a son avantage dans cette production Française plus que moyenne mais on lui pardonne, au final il est plutôt convaincant dans TWD ! Pour ce qui est de Sarah Wayne Callies, pareil, j’attends de voir mais sa prestation plus qu’inégal dans Prison Break laisse de la place au doute, en effet…)

  3. Il est vrai que le deuxième épisode est moins bon et les personnages (ajoutés par rapport à la BD) ne sont pas très convaincants, notamment le raciste qui n’est pas scénarisé dans la dentelle. Ils auraient du mettre un panneau “détestez-le” à ce point là. Néanmoins, alors qu’il va y avoir une deuxième saison, la BD de Kirkman qui est un vrai bijou est très bien retranscrite, dans l’air du temps. La dimension psychologique est omniprésente dasn la BD tout comme dans le pilote. On ne peut qu’attendre la suite avec avidité, car elle est vraiment la série que tout le monde attendait cette année, dans une rentrée morose.

  4. […] Walking Dead cartonne. La série télévisée vient de commencer à être diffusée aux Etats-Unis (les deux premiers épisodes sont pas mal du tout d’ailleurs, très fidèles) et on est […]

  5. Ce deuxième épisode est très interéssant. Les deux persos qui ressortent le plus sont Glenn et surtout Andrea, interprétée par la magnifique Laurie Holden (X-Files, Silent Hill). Dommage qu’à côté de cela il y’ai des acteurs comme Sarah Wayne Callies et Jon Bernthal qui ne sont visiblement pas du même niveau.

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